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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2010820

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2010820

mercredi 24 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2010820
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantBERNFELD ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement du 15 mars 2022, avant dire droit sur les conclusions de la requête de M. A F, M. C F, M. D F et M. G H tendant à la condamnation de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) à réparer leurs préjudices résultant du décès de B F qu'ils imputent à sa prise en charge fautive par l'hôpital Béclère à Clamart (92) le 31 octobre 2018, en leurs qualités d'ayants droit et de victimes indirectes, le tribunal a ordonné une expertise en vue d'apprécier l'existence d'une faute ou d'une négligence dans la prise en charge de B F, leur lien de causalité avec le dommage et les préjudices ayant pu en résulter.

Le rapport d'expertise a été enregistré le 30 juin 2022.

Par un courrier du 4 juillet 2022, les parties ont été invitées à produire des observations sur ce rapport.

Par des mémoires et des pièces complémentaires enregistrés les 6 septembre 2022 et 15 novembre 2022, les consorts H, représentés par Me Bernfeld, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner l'AP-HP à leur verser la somme de 30 000 euros en leurs qualités d'ayants droit de B F et la somme de 62 184 euros en réparation de leurs préjudices propres, sommes devant être assorties des intérêts à partir de la date de leur demande préalable et de leur capitalisation ;

2°) de condamner l'AP-HP aux entiers dépens, et notamment de mettre à sa charge les frais d'expertise ;

3°) de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a commis plusieurs fautes de nature à engager sa responsabilité lors de la prise en charge de B F le 31 octobre 2018 à l'hôpital Béclère en s'abstenant, d'une part, de lui prodiguer les soins adaptés à son état et, d'autre part, d'assurer sa surveillance de manière appropriée ;

- B F a enduré de ce fait des souffrances qui seront réparées à hauteur de 10 000 euros et un préjudice d'angoisse de mort imminente pour lequel ils demandent réparation à hauteur de 20 000 euros ;

- les fautes de l'AP-HP sont à l'origine d'une perte de chance de 80 % d'éviter le décès de B F ;

- après prise en compte du taux de perte de chance, M. A F a droit au versement de la somme de 24 000 euros au titre de son préjudice d'affection, tandis que M. C F, M. D F et M. G F demandent le versement de la somme de 12 000 euros chacun en réparation de ce même chef de préjudice ;

- M. A F demande le versement de la somme de 2 184 euros au titre des frais de médecin-conseil.

Par un mémoire complémentaire en défense, enregistré le 7 novembre 2022, l'AP-HP conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce que soit ordonnée une contre-expertise.

Elle fait valoir que :

- elle n'a pas commis de faute dans la prise en charge de la pneumopathie de B F dès lors que rien ne laissait supposer que celui-ci souffrait d'une telle affection, qu'un tel diagnostic semblait devoir être écarté après la réalisation d'une radiographie du thorax et que son encombrement bronchique pouvait être expliqué par sa station prolongée au sol après sa chute ;

- en dépit des allégations de l'expert, aucune recommandation en vigueur à la date de l'accident ne préconisait la réalisation d'un scanner pulmonaire ou l'administration de troponine ;

- il n'est pas établi que le patient a fait l'objet d'un défaut de surveillance de l'ampleur alléguée ;

- elle a mis en œuvre des moyens importants et adaptés pour la prise en charge de B F ;

- en tout état de cause, si sa responsabilité devait être retenue au titre d'une perte de chance d'éviter que le dommage ne survienne, celle-ci devrait être limitée à 10 % compte-tenu de l'âge du patient et de son état antérieur.

Par ordonnance du 8 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 8 décembre 2022.

Vu

- l'ordonnance du 6 juillet 2022 par laquelle les frais d'expertise du Dr E ont été liquidés et taxés à la somme de 1 200 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Moinecourt, rapporteure

- les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Bodilis, substituant Me Bernfeld, représentant les consorts H.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'une chute à son domicile, B F, né le 5 février 1925, a été transporté, le 31 octobre 2018, par les sapeurs-pompiers de Paris au service des urgences de l'hôpital Béclère, relevant de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). Le personnel a alors diagnostiqué, chez l'intéressé, une désorientation temporo-spatiale et un important encombrement bronchique. Dans l'après-midi du 31 octobre 2018, cet encombrement bronchique s'est aggravé et B F est décédé aux alentours de 19 heures 30 des suites d'une pneumopathie. M. A F, fils de la victime ainsi que Messieurs C F, D F et G H, petits-fils de la victime, ont adressé, par courrier du 3 mars 2020, une demande indemnitaire auprès de l'AP-HP. Par un jugement du 15 mars 2022, le tribunal a ordonné, avant dire droit, une expertise confiée au Pr E, anesthésiste, dont le rapport a été enregistré au greffe du tribunal le 30 juin 2022. Dans le dernier état de leurs écritures, les consorts H demandent au tribunal de condamner l'AP-HP à leur verser la somme totale de 92 184 euros en réparation des préjudices de B F en leur qualité d'ayants droit et de leurs préjudices propres en leurs qualités de victimes indirectes de son décès.

Sur la responsabilité de l'AP-HP :

2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute".

En ce qui concerne les manquements commis lors de la prise en charge :

3. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que B F présentait, lorsqu'il a été admis par le service des urgences de l'hôpital Béclère, des symptômes d'affection respiratoire avec un " graillonnement haut ", raison pour laquelle une radiographie du thorax a été réalisée, révélant une absence de foyer infectieux mais un " léger épanchement droit ". Selon l'expert, cette radiographie " de qualité médiocre " ne permettait pas d'éliminer une pneumopathie. B F présentait également dès son admission plusieurs symptômes tels qu'une saturation en oxygène basse (89 % à 10 heures), un encombrement bronchique, une hyperleucocytose (18 000 globules blancs) et un état subfébrile (37,6°). Selon l'expert, ces symptômes auraient dû faire évoquer une complication respiratoire et " une bonne pratique aurait consisté () d'un scanner pulmonaire pour éliminer une pathologie respiratoire à l'origine des signes sus-mentionnés ", ce qui n'a pas été fait. Si l'AP-HP conteste que l'encombrement bronchique de B F aurait pu faire évoquer une pneumopathie, estimant qu'un tel encombrement est classique chez les personnes âgées après une station au sol prolongée après une chute et se dégage en principe par lui-même après changement de positionnement, ou avec l'aide d'aérosols, l'expert ne retient aucunement cette analyse et souligne qu'en tout état de cause, les bronches de B F ne se sont pas dégagées après qu'il ait été relevé de sa chute, mais que son état s'est au contraire aggravé, en dépit d'un aérosol que l'établissement n'a d'ailleurs consenti à administrer à B F qu'à la demande de la famille. L'expert relève en outre que B F n'a fait l'objet d'aucune surveillance entre 14 heures 01, heure de la dernière prise de ses constantes figurant à son dossier médical, et son décès vers 19 heures 30. Il relève que " Cette absence de surveillance est patente : aucune trace d'une information médicale ou infirmière dans le dossier médical au-delà de 14h, aucune mesure des paramètres vitaux ". D'après les témoignages du fils de B F et de sa compagne, qui étaient présents sur place, et qui ne sont pas sérieusement contestés, ceux-ci " sont intervenus auprès de l'infirmière pour la prévenir de signes d'aggravation sans que ces alertes n'aient entrainé par elles-mêmes de mesure des paramètres vitaux ou d'appel à un médecin ". Ses proches témoignent également que B F a souffert d'une grande détresse respiratoire dans l'après-midi précédant son décès et n'a pas fait l'objet de l'attention que nécessitait son état par le personnel soignant, en dépit des tentatives du patient lui-même d'alerter les infirmières. Ainsi, selon l'expert, " les soins prodigués par le Service des Urgences de l'hôpital Béclère n'ont pas été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science " et " n'ont pas été adaptés à l'état de B F et aux symptômes que ce dernier présentait ". Dans ces conditions, les consorts H sont fondés à soutenir que l'AP-HP a commis plusieurs fautes de nature à engager sa responsabilité lors de la prise en charge de B F le 31 octobre 2018.

En ce qui concerne la réparation du dommage :

4. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation du préjudice doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

5. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise que les fautes commises par l'AP-HP, en s'abstenant de faire réaliser à B F un scanner qui aurait pu permettre de diagnostiquer sa pneumopathie, et de lui prodiguer les soins adaptés, et en le laissant sans surveillance pendant plus de cinq heures, ont conduit à son décès, l'expert relevant que ce décès " résulte des manquements constatés ". Si l'expert a précisé en outre dans son rapport que " la perte de chance de survivre dans l'année a été de 80 % ", cette estimation concerne seulement une appréciation aux termes de laquelle B F avait 20 % de chance de décéder au cours de l'année 2018 de cette pathologie ou d'une autre, ce qui ne correspond pas à la chance que B F a perdu de décéder de cette pathologie bronchique en ne se voyant pas prodiguer le traitement approprié lors de sa prise en charge du 31 octobre 2018. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a ainsi lieu de retenir que les manquements de l'AP-HP lors de cette prise en charge ont causé de manière directe et certaine le décès de B F. Il s'ensuit que la responsabilité de l'AP-HP doit être engagée dans la survenance de l'entier dommage que cet établissement doit être condamné à réparer intégralement.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices de la victime directe dont se prévalent les consorts H en qualité d'ayant-droit :

6. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède sans que ses droits aient été définitivement fixés, c'est-à-dire, en cas de litige, avant qu'une décision juridictionnelle définitive ait fixé le montant de l'indemnisation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. Cependant, le préjudice subi par la victime, ayant cessé au moment du décès, doit être évalué à la date de cet événement, y compris lorsque le décès est lié au fait ouvrant droit à indemnisation, auquel cas d'ailleurs ce décès peut être pris en compte au titre du droit à réparation des proches de la victime. Ces règles sont également applicables à l'indemnisation de dommages corporels au titre de la solidarité nationale.

7. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que B F a souffert avant son décès d'une détresse respiratoire et a eu conscience de l'imminence de son décès, sans qu'aucune des tentatives d'appel à l'aide de sa famille ou de lui-même ne soient prises en compte. En conséquence, il sera fait une juste appréciation des souffrances physiques et morales endurées par B F, comprenant l'angoisse de mort imminente, en les évaluant à la somme globale de 8 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices des victimes indirectes :

S'agissant des frais divers :

8. Il résulte de l'instruction que M. A F, le fils de B F, a engagé dans le cadre de la présente instance des frais pour la réalisation d'une expertise privée par un médecin conseil, pour un montant total de 2 184 euros, dont il justifie par la production d'une facture. Cette dépense étant en lien direct et certain avec la prise en charge fautive de B F, il y a lieu de fixer à cette somme le montant des frais divers dont M. A F doit être indemnisé au titre de ses frais divers.

S'agissant des préjudices d'affection :

9. Chacun des requérants indique avoir subi un préjudice d'affection en lien avec le décès de leur père ou grand-père, B F. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à la somme de 8 000 euros pour M. A F, le fils de B F, et à la somme de 5 500 euros pour M. C F, M. D F et M. G H, les petits-enfants de B F.

10. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'AP-HP à verser une somme de 8 000 euros à la succession de B F, la somme de 10 184 euros à M. A F, et les sommes de 5 500 euros chacun à M. C F, M. D F et M. G H.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

11. En premier lieu, aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343 2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.

12. Les consorts H demandent que les indemnités allouées par le présent jugement soient assorties des intérêts au taux légal. Il y a lieu de faire droit à ces demandes à compter du 13 mars 2020, date de notification de leur demande indemnitaire préalable à l'AP-HP.

13. En second lieu, aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. ". Pour l'application de ces dispositions, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande prend toutefois effet au plus tôt à la date à laquelle elle est enregistrée et pourvu qu'à cette date il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.

14. La capitalisation des intérêts a été demandée le 22 octobre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 13 mars 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les dépens :

15. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent la contribution pour l'aide juridique prévue à l'article 1635 bis Q du code général des impôts, ainsi que les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 200 euros par une ordonnance du 22 juillet 2022 à la charge définitive de l'AP-HP.

Sur les frais liés au litige :

17. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 2 500 euros à verser aux requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1 : L'AP-HP est condamnée à verser à la succession de B F une somme de 8 000 euros.

Article 2 : L'AP-HP est condamnée à verser à M. A F une somme de 10 184 euros.

Article 3 : L'AP-HP est condamnée à verser à M. C F, M. D F et M. G H une somme de 5 500 euros chacun.

Article 4 : Les sommes mentionnées aux articles 1 à 3 seront assorties des intérêts au taux légal à compter du 13 mars 2020. Les intérêts échus à la date du 13 mars 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 5 : Les frais et honoraires d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 200 euros sont mis à la charge définitive de l'AP-HP.

Article 6 : L'AP-HP versera aux consorts F une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 8 :

Le présent jugement sera notifié à M. A F, premier dénommé pour l'ensemble des requérants, et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Drevon-Coblence, présidente,

Mme Fléjou, première conseillère, et Mme Moinecourt, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2024.

La rapporteure,

Signé

L. Moinecourt

La présidente,

Signé

E. Drevon-CoblenceLa greffière,

Signé

D. Charleston

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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