mardi 10 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2011192 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LE GOFF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et un mémoire récapitulatif enregistrés les 30 octobre 2020, 12 avril 2021 et 12 octobre 2022, M. C A B et Mme D A B, représentés par Me Le Goff, avocat, demandent au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015.
M. et Mme A B soutiennent que :
- la signataire de la décision de rejet de leur réclamation préalable était incompétente ;
- l'administration fiscale aurait dû avoir recours à la procédure de désignation de bénéficiaire prévue à l'article 117 du code général des impôts ;
- l'administration fiscale n'apporte pas la preuve de ce que les sommes de 4 000 et 10 000 euros figurant sur le compte courant d'associé de M. A B ont été effectivement appréhendées par celui-ci, et ne pouvait, pour ce faire, avoir recours à la présomption de distribution au maître de l'affaire, dès lors que le résultat de l'exercice de la SARL Ki Renov Tou était déficitaire au titre de l'année 2014 ;
- l'administration fiscale n'apporte pas la preuve que la somme de 36 138 euros aurait été appréhendée par M. A B, en se bornant à soutenir que la somme en question correspondrait à des chèques remis par la SCI Dwi à l'intéressé, alors qu'elle ne pouvait avoir recours à la présomption de distribution au maître de l'affaire, dès lors que le résultat de l'exercice de la SARL Ki Renov Tou était déficitaire au titre de l'année 2014 ;
- l'administration fiscale n'apporte pas la preuve que les produits non comptabilisés par la SARL Ki Renov Tou au titre de l'exercice 2015 ont été appréhendés par M. A B ;
- la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenus mises à leur charge au titre des années 2014 et 2015 implique la décharge des cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux mises à leur charge au titre des mêmes années.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. et Mme A B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- et les conclusions de M. Barraud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. À la suite de la vérification de comptabilité de la SARL Ki Renov Tou pour la période allant du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015, dont M. A B était le gérant et unique associé sur la période vérifiée, M. et Mme A B ont été assujettis, au titre des années 2014 et 2015, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, par une proposition de rectification du 6 juillet 2017, selon la procédure contradictoire, pour des sommes regardées comme des revenus distribués par la société SARL Ki Renov Tou et imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. La réclamation, du 19 juin 2018, présentée par les requérants en vue d'obtenir le dégrèvement de ces impositions supplémentaires a été rejetée par l'administration fiscale par une décision du 1er septembre 2020. Par cette requête, M. et Mme A B demandent au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Les vices qui peuvent entacher la décision par laquelle le directeur des services fiscaux rejette la réclamation dont il est saisi par un contribuable sont sans influence sur la régularité ou sur le bien-fondé des impositions contestées. Est ainsi inopérant le moyen tiré de ce que la décision de rejet de la réclamation préalable de M. et Mme A B aurait été signée par une autorité incompétente.
3. Aux termes de l'article 117 du code général des impôts : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. / En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759. ".
4. Il résulte de ces dispositions que, si l'administration s'abstient d'inviter une personne morale à lui faire parvenir des indications sur les bénéficiaires d'un excédent de distribution qu'elle a constaté, cette abstention a seulement pour effet de la priver de la possibilité d'assujettir cette personne morale à l'impôt sur le revenu à raison des sommes correspondantes, mais est sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition suivie à l'égard des personnes physiques qui ont bénéficié de la distribution et que l'administration, compte tenu des renseignements dont elle dispose, est en mesure d'identifier.
5. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne peuvent utilement soutenir que la procédure d'imposition suivie à leur égard était irrégulière, faute pour l'administration fiscale d'avoir interrogé la SARL Ki Renov Tou, conformément aux dispositions de l'article 117 du code général des impôts, sur l'identité des bénéficiaires de l'excédent de distribution. Dans ces conditions, l'administration fiscale n'a entaché la procédure d'imposition d'aucune irrégularité en s'abstenant de recourir à la procédure de l'article 117 du code général des impôts.
Sur le bien-fondé des impositions :
6. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés () ". Aux termes de l'article 111 de ce code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes () ".
En ce qui concerne les sommes de 4 000 et 10 000 euros inscrites au compte courant d'associé :
7. Il résulte des dispositions précitées du 2° du 1. de l'article 109 du code général des impôts et de l'article 111 du même code que les sommes inscrites au crédit du compte courant d'un associé ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Pour que l'associé échappe à cette imposition, il lui incombe de démontrer, le cas échéant, qu'il n'a pas pu avoir la disposition de ces sommes ou que ces sommes ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu.
8. Il résulte de l'instruction que le compte courant d'associé ouvert dans les livres comptables de la SARL Ki Renov Tou, dont M. et Mme A B étaient les seuls associés, avait été crédité, au cours de l'exercice clos en 2014, des sommes de 4 000 et 10 000 euros. Dans ces conditions, faute pour les requérants d'apporter la preuve que M. A B n'a pas pu avoir la disposition de ces sommes ou que ces sommes ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu, l'administration fiscale, qui ne s'est au demeurant pas fondée sur la présomption du maître de l'affaire, était fondée à réintégrer ces sommes aux revenus de capitaux mobiliers de M. A B au titre de l'année 2014.
En ce qui concerne la somme de 36 138 euros correspondant aux produits non comptabilisés par la SARL Ki Renov Tou au titre de l'année 2014 :
9. Il résulte des dispositions pécitées du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts et de l'article 110 du même code qu'en cas de refus des propositions de rectification par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire de sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir bénéficié des distributions effectuées par la société qu'il contrôle, la circonstance qu'il n'aurait pas effectivement appréhendé les sommes correspondantes ou qu'elles auraient été versées à des tiers étant sans incidence à cet égard.
10. D'une part, il résulte de l'instruction que si le résultat initialement déclaré par la SARL Ki Renov Tou au titre de l'année 2014 était nul, en revanche, à l'issue de la vérification de comptabilité dont cette société a fait l'objet, le service, après avoir rehaussé les résultats de la société, a constaté l'existence d'un résultat bénéficiaire à hauteur d'un montant de 68 591 euros. D'autre part, l'administration fiscale établit que M. A B était le maître de l'affaire en relevant que ce dernier était le gérant statutaire de la SARL Ki Renov Tou, dont il possédait 50% du capital, était titulaire de la signature du compte ouvert au nom de cette société, était le seul à être en relation avec les fournisseurs et clients de la société, et le seul à signer toutes les factures et procès-verbaux de réception de travaux destinés aux clients. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a imposé entre les mains des requérants, au titre de l'année 2014, la somme de 36 138 euros correspondant à des revenus distribués par la société Ki Renov Tou, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en application du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts précité.
En ce qui concerne la somme de 51 750 euros correspondant aux produits non comptabilisés par la SARL Ki Renov Tou au titre de l'année 2015 :
11. D'une part, il résulte de l'instruction que si le résultat initialement déclaré par la SARL Ki Renov Tou au titre de l'année 2015 était déficitaire à hauteur d'un montant de 36 089 euros, en revanche, à l'issue de la vérification de comptabilité dont cette société a fait l'objet, le service, après avoir rehaussé les résultats de la société, a constaté l'existence d'un résultat bénéficiaire à hauteur d'un montant de 34 110 euros. Par ailleurs, pour les mêmes motifs qu'énoncés au point 10. du présent jugement, l'administration établit que M. A B était le maître de l'affaire. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a imposé entre les mains des requérants, au titre de l'année 2015, la somme de 15 631 euros correspondant à des revenus distribués par la société Ki Renov Tou, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en application du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts précité.
12. D'autre part, à l'issue de la vérification de comptabilité dont a fait l'objet la SARL Ki Renov Tou, l'administration fiscale a pu constater l'existence de prestations réalisées, au cours de l'année 2015, au profit de la SCI Dwi, pour un montant de 51 750,20 euros, non comptabilisées et non déclarées au titre de l'année 2015. Pour établir que cette somme avait été appréhendée par M. A B, l'administration fiscale a relevé l'existence de dix chèques, spécifiquement identifiés et non encaissés sur le compte de la société, ni investis dans celle-ci, que le dirigeant de la SCI Dwi, interrogé par l'administration fiscale, a indiqué avoir remis en main propre, dépourvus de tout ordre, à M. A B. Elle a également relevé que M. A B était la seule personne, au sein de la SARL Ki Renov Tou, à être en relation avec les clients. Dans ces conditions, les requérants se bornant à soutenir que M. A B n'a pas appréhendé cette somme, c'est à bon droit que l'administration a imposé entre les mains des requérants, au titre de l'année 2015, la somme de 36 089 euros correspondant à des revenus distribués par la société Ki Renov Tou, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en application du 2° du 1. de l'article 109 du code général des impôts précité.
13. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. et Mme A B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et Mme D A B, et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
G. VILLETTE
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026