Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2011246
vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2011246 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème Chambre (JU) |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 octobre 2020, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 15 septembre 2020 par laquelle Pôle emploi a refusé son inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 31 mars 2020 :
Il soutient que :
- il était bloqué en Côte d'Ivoire du 11 mars au 6 septembre 2020 durant la période de confinement dû à crise sanitaire liée à la pandémie de la COVID 19 et n'a pas pu procéder à son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi avant le 8 septembre 2020 ;
- il s'est trouvé sans ressource pendant sept mois durant son séjour en Côte d'Ivoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2024, France travail (anciennement Pôle emploi) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Jacquelin, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jacquelin, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a présenté le 8 septembre 2020 une demande d'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de France travail. Il a été inscrit sur cette liste à cette même date. Il a sollicité son inscription rétroactive au 31 mars 2020. Par une décision du 15 septembre 2020, France travail a refusé de faire droit à son inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 31 mars 2020. M. B demande l'annulation de cette décision.
2. D'une part, les services de Pôle emploi ont notamment pour mission, aux termes des dispositions de l'article L. 5312-1 du code du travail, de : " () 3° Procéder aux inscriptions sur la liste des demandeurs d'emploi () ". Aux termes de l'article L. 5411-1 du même code : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1. " Aux termes de l'article R. 5411-2 de ce code : " L'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi est faite par voie électronique auprès de Pôle emploi. Le travailleur recherchant un emploi qui demande son inscription déclare sa domiciliation et transmet les informations permettant de procéder à son identification. À défaut de parvenir à s'inscrire lui-même par voie électronique, le travailleur recherchant un emploi peut procéder à cette inscription dans les services de Pôle emploi, également par voie électronique, et bénéficier le cas échéant de l'assistance du personnel de Pôle emploi. ".
3. Les dispositions précitées du code du travail conditionnent l'inscription du travailleur sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par Pôle emploi à la formulation d'une demande d'inscription, puis soumettent le travailleur inscrit à des obligations telles que notamment le renouvellement de cette demande, l'acceptation d'emploi ou d'action de formation proposés, ou la réponse à des convocations. Ces dispositions font ainsi obstacle à ce que l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi soit opérée à une date antérieure à la date à laquelle la demande a été formulée, dès lors que cette inscription rétroactive permettrait aux demandeurs d'emploi effectuant tardivement leur demande d'inscription de se soustraire aux obligations afférant à celle-ci.
4. D'autre part, aux termes de l'article 1 de l'ordonnance n°2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, dans sa version applicable : " Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus. ". Aux termes de l'article 2 : " Tout acte, recours, action en justice, formalité, inscription, déclaration, notification ou publication prescrit par la loi ou le règlement à peine de nullité, sanction, caducité, forclusion, prescription, inopposabilité, irrecevabilité, péremption, désistement d'office, application d'un régime particulier, non avenu ou déchéance d'un droit quelconque et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois. "
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, que M. B s'est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi le 8 septembre 2020, et a demandé à ce que cette inscription soit rétroactive à compter du 31 mars 2020. Par une décision antérieure du 16 avril 2020, France travail a déclaré que l'intéressé cesserait d'être inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 31 mars 2020, ce que l'intéressé ne conteste pas. Si le requérant se prévaut qu'il était bloqué en Côte d'Ivoire, du 11 mars au 6 septembre 2020, ces allégations ne sont toutefois pas établies, et sont par ailleurs sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi ne peut être opérée à une date antérieure à la date à laquelle la demande a été formulée. Il ressort également des pièces du dossier, que le moyen, à supposer soulevé, tiré de la prorogation des délais d'inscription, issue de l'ordonnance du 25 mars 2020, est infondé, dès lors que le requérant a formulé son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de France le 8 septembre, soit plus de deux mois après la date d'expiration de la période soit à compter du 23 juin 2020. Le moyen doit être écarté.
6. En second lieu, la circonstance par ailleurs alléguée par le requérant mais non établie, relative à la précarité de sa situation financière pendant les sept mois passés en Côte d'Ivoire, est sans incidence sur la légalité de la décision du 15 septembre 2020 de refus son inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi. Le moyen doit être écarté.
7. Par suite, c'est par une exacte application des dispositions précitées du code du travail que, par décision du 15 septembre 2020, France travail a rejeté la demande d'inscription rétroactive de M. B sur la liste des demandeurs d'emploi à compter du 31 mars 2020. Il résulte de ce qui précède, que la requête de M. B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à France travail Ile-de-France.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024
Le magistrat désigné,
signé
G. Jacquelin
La greffière,
signé
E. Pradel
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2011246
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