mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2011821 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 11ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | ACHACHE |
Vu la procédure suivante :
A une requête enregistrée le 17 novembre 2020, M. E B, représenté A Me Achache, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé A le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine sur son recours administratif préalable formé le 15 septembre 2020 et dirigé contre la décision mettant fin à sa prise en charge A l'aide sociale à l'enfance à compter du 31 août 2020 en qualité de jeune majeur ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de lui assurer un accompagnement, une solution d'hébergement ainsi qu'une prise en charge de ses besoins alimentaires et sanitaires afin de lui permettre de poursuivre sa scolarité´, et d'élaborer un projet d'accès à l'autonomie adapté a` ses besoins en matière éducative, sociale, de sante´, de logement, de formation, d'emploi et de ressources ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa demande de renouvellement de prise en charge à ce titre ;
5°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros à verser, à son conseil, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ou à lui-même dans le cas contraire et s'il n'était pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, en vertu des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
A une décision du 16 novembre 2020, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
A un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2022, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés A le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thomas Bertoncini, vice-président, pour statuer sur les litiges prévus aux articles R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertoncini, magistrat désigné ;
- et les observations de Mme D, représentant le département des Hauts-de-Seine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen né le 4 juin 2002, indique être entré en France le 26 septembre 2018. Il a été confié aux services de l'aide sociale du département des Hauts-de-Seine jusqu'au 4 juin 2020, A une ordonnance de placement provisoire du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nanterre en date du 19 novembre 2018 puis A un jugement du juge des enfants dudit tribunal du 3 décembre 2018. Le 4 juin 2020, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a maintenu la prise en charge de M. B A le service de l'aide sociale à l'enfance du 4 juin au 31 août 2020 dans le cadre d'un " contrat jeune majeur ". A une décision du 31 août 2020, il a refusé de maintenir la prise en charge de l'intéressé, au motif notamment que celui-ci avait été exclu de sept hôtels en raison de son comportement. Le recours administratif préalable formé A M. B le 15 septembre 2020 a été rejeté implicitement A le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale A une décision du 16 novembre 2020. Sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle s'est ainsi trouvée, antérieurement à son introduction, privée d'objet. Il y a donc lieu de la rejeter.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : / 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre ; () ". Aux termes des sixième et septième alinéas de l'article L. 222-5 du même code : " Peuvent être également pris en charge à titre temporaire A le service chargé de l'aide sociale à l'enfance les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui éprouvent des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants. / Un accompagnement est proposé aux jeunes mentionnés au 1° du présent article devenus majeurs et aux majeurs mentionnés à l'avant-dernier alinéa, au-delà du terme de la mesure, pour leur permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée ".
4. Sous réserve de l'hypothèse dans laquelle un accompagnement doit être proposé au jeune majeur pour lui permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée, le président du conseil départemental dispose d'un large pouvoir d'appréciation pour accorder ou maintenir la prise en charge A le service de l'aide sociale à l'enfance d'un jeune majeur de moins de vingt et un ans éprouvant des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants et peut à ce titre, notamment, prendre en considération les perspectives d'insertion qu'ouvre une prise en charge A ce service compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, y compris le comportement du jeune majeur.
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une prise en charge A le service de l'aide sociale à l'enfance ou mettant fin à une telle prise en charge, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue, eu égard à la marge d'appréciation dont dispose le président du conseil départemental dans leur mise en œuvre, qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.
6. En premier lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 4 ci-dessus, M. B ne peut utilement invoquer le vice propre dont serait affectée la décision querellée tirée de son défaut de motivation.
7. En second lieu, pour prendre la décision attaquée, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine s'est fondé sur la circonstance que M. B avait dû être changé d'hébergements successifs à raison notamment de son comportement insultant et violent vis à vis du personnel hôtelier, que de nombreux rapports avaient été adressés au juge des enfants pour signaler des faits graves le concernant et, notamment, qu'il ne s'inscrivait pas dans une démarche d'accompagnement éducatif mis en place A la cellule mineurs non accompagnés du département. Si l'intéressé établit avoir obtenu un diplôme de CAP Monteur Installations Sanitaires en 2020 et argue avoir reçu un suivi défectueux des services du département ainsi que le démontrerait une attestation du réseau éducation sans frontières qui a également participé à son accompagnement, il résulte ce faisant de l'instruction qu'il ne s'est pas inscrit dans une démarche d'accompagnement éducatif mis en place A la cellule mineurs non accompagnés du département. Ainsi, à raison de son comportement agressif et violent, l'intéressé a dû être hébergé dans sept établissements hôteliers à la suite de la demande de leurs propriétaires. En outre, alors qu'il ne le conteste pas sérieusement, seule la qualité de son investissement scolaire étant établie, l'ordonnance du juge des enfants du 3 décembre 2018 indique déjà, peu après son arrivée en France, un comportement violent envers une jeune fille hébergée dans le même hôtel que lui, corroborant les motifs de la décision attaquée. Enfin, si M. B indique être inscrit en première au titre de l'année 2020/2021 antérieurement à la décision attaquée, cette décision, prenant effet au 31 août 2020, ne mettra pas un terme à une année scolaire engagée, celle-ci ne débutant que le 1er septembre 2020. A suite, en dépit du sérieux de ses études, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation ou de détournement de procédure, refuser de prendre en charge M. B à compter de sa majorité dans le cadre d'un contrat jeune majeur à compter du 31 août 2020.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées, ainsi que, A voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction. Le département des Hauts-de-Seine n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ne peuvent également qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Me Achache et au département des Hauts-de-Seine.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 9 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
T. BertonciniLa greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026