mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2012386 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 11ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | ACHACHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 décembre 2020, M. D A, représenté par Me Achache, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 30 juin 2020 par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a mis fin de manière anticipée à sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance en tant que jeune majeur à compter du 31 juillet 2020, confirmée par le rejet implicite de son recours administratif préalable intervenu le 26 octobre 2020 ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de lui assurer un accompagnement, une solution d'hébergement ainsi qu'une prise en charge de ses besoins alimentaires et sanitaires afin de lui permettre de poursuivre sa scolarité´, et d'élaborer un projet d'accès à l'autonomie adapté a` ses besoins en matière éducative, sociale, de sante´, de logement, de formation, d'emploi et de ressources ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa demande de renouvellement de prise en charge à ce titre ;
5°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros à verser, à son conseil, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ou à lui-même dans le cas contraire et s'il n'était pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, en vertu des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par une décision du 16 mai 2022, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 octobre 2022, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thomas Bertoncini, vice-président, pour statuer sur les litiges prévus aux articles R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertoncini, magistrat désigné ;
- et les observations de Mme C, représentant le département des Hauts-de-Seine.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais né le 19 juin 2002, a été confié par ordonnance de placement provisoire du 6 novembre 2018 du juge des enfants du tribunal de grande instance de Nanterre, au service de l'aide sociale à l'enfance du département des Hauts-de-Seine jusqu'au 19 juin 2020, date de sa majorité. M. A, qui poursuivait sa scolarité depuis le 17 septembre 2019 au sein du lycée professionnel Louis Blériot à Suresnes en vue de passer un certificat d'aptitude professionnel option " Monteur Installations Sanitaires ", a sollicité sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance dans le cadre d'un contrat jeune majeur isolé afin de poursuivre sa scolarité en deuxième année dans le cadre d'un contrat d'apprentissage. Le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a décidé, par décision du 20 juin 2020, de l'admettre au service de l'aide sociale à l'enfance, du 20 juin au 31 juillet 2020 concluant un contrat jeune majeur le 30 juin 2020 pour la période du 19 juin au 31 juillet 2020 à titre de mesure de transition et d'orientation vers les dispositifs de droit commun. Le recours gracieux contre cette décision a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision en tant qu'elle porte refus de poursuivre sa prise en charge postérieurement au 31 juillet 2020 et de la décision implicite née le 26 octobre 2020 rejetant son recours gracieux.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 mai 2022. Sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle s'est ainsi trouvée, postérieurement à son introduction, privée d'objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : / 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre ; () ". Aux termes des sixième et septième alinéas de l'article L. 222-5 du même code : " Peuvent être également pris en charge à titre temporaire par le service chargé de l'aide sociale à l'enfance les mineurs émancipés et les majeurs âgés de moins de vingt et un ans qui éprouvent des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants. / Un accompagnement est proposé aux jeunes mentionnés au 1° du présent article devenus majeurs et aux majeurs mentionnés à l'avant-dernier alinéa, au-delà du terme de la mesure, pour leur permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée ".
4. Sous réserve de l'hypothèse dans laquelle un accompagnement doit être proposé au jeune majeur pour lui permettre de terminer l'année scolaire ou universitaire engagée, le président du conseil départemental dispose d'un large pouvoir d'appréciation pour accorder ou maintenir la prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un jeune majeur de moins de vingt et un ans éprouvant des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants et peut à ce titre, notamment, prendre en considération les perspectives d'insertion qu'ouvre une prise en charge par ce service compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, y compris le comportement du jeune majeur.
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant une prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance ou mettant fin à une telle prise en charge, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner la situation de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler, s'il y a lieu, cette décision en accueillant lui-même la demande de l'intéressé s'il apparaît, à la date à laquelle il statue, eu égard à la marge d'appréciation dont dispose le président du conseil départemental dans leur mise en œuvre, qu'un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance et en renvoyant l'intéressé devant l'administration afin qu'elle précise les modalités de cette prise en charge sur la base des motifs de son jugement.
6. En premier lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 4 ci-dessus, M. A ne peut utilement invoquer le vice propre dont serait affectée la décision querellée tirée de son défaut de motivation.
7. En second lieu, le département des Hauts-de-Seine, qui ne conteste pas le sérieux des études poursuivies par M. A ainsi que son comportement respectueux envers les enseignants, fait valoir que la décision querellée est motivée par les difficultés de prise en charge de l'intéressé par l'aide sociale à l'enfance eu égard à son comportement alors jeune mineur isolé envers les personnels des établissements hôteliers où il était hébergé et à l'égard des personnels de l'aide sociale à l'enfance ainsi que sur le constat d'une absence d'adhésion au dispositif d'accompagnement. Il résulte de l'instruction, que M. A a été exclu le 9 juillet 2019 de l'hôtel Les Jardins d'Asnières, puis le 9 septembre 2019 de l'hôtel où il était hébergé à Malakoff, eu égard à l'agressivité et aux menaces proférées contre les directeurs d'établissements. Par ailleurs, la note de synthèse, établie 24 avril 2020 par le cadre et la référente socio-éducative de la cellule MNA 92, fait le constat de la mise en échec des différentes prises en charge proposées et, suite à de trop nombreux excès de colère et de violence physique et verbale pouvant entrainer l'intervention des forces de police, de l'exclusion le 4 décembre 2019 de l'intéressé du Lien Yvelinois, association qui l'accompagnait et ayant également relevé que le requérant recherchait davantage une aide financière qu'une assistance éducative. Enfin, si M. A indique vouloir poursuivre sa scolarité au titre de l'année 2020/2021, cette décision, prenant effet au 31 juillet 2020, ne mettra pas un terme à une année scolaire engagée, celle-ci ne débutant que le 1er septembre 2020. Il s'ensuit, eu égard à son comportement qui est au nombre des éléments que le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine peut prendre en considération au titre du large pouvoir d'appréciation dont il dispose, que M. A n'est pas fondé à soutenir, en dépit du caractère sérieux de ses études, qu'à la date du présent jugement, un défaut de prise en charge conduirait à une méconnaissance des dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives à la protection de l'enfance.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction. Le département des Hauts-de-Seine n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ne peuvent également qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire de M. A.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Achache et au département des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
T. BertonciniLa greffière,
signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026