LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2013036

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2013036

jeudi 22 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2013036
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCABINET GOURVES GURFEIN ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2020 sous le n° 2013036, et des mémoires enregistrés le 3 septembre 2021 et le 14 octobre 2022, la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise (CACP) et le syndicat intercommunal pour l'assainissement de la région de Cergy-Pontoise et du Vexin (SIARP), représentés par Me Morice, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner la société Cergy Pontoise Assainissement (CPA) à verser au SIARP une provision d'un montant de 3 858 892,70 euros toutes taxes comprise (TTC), assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation annuelle, à titre principal sur le fondement de sa responsabilité contractuelle, ou, à titre subsidiaire, sur celui de sa responsabilité extracontractuelle pour dommages de travaux et d'ouvrages publics ;

2°) de mettre à la charge de la société CPA les entiers dépens de l'instance, assortis des intérêts au taux légal et de leur capitalisation annuelle ;

3°) de mettre à la charge de la société CPA la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

S'agissant de la recevabilité de leurs demandes :

- la requête n'avait pas à être précédée d'une réclamation préalable dès lors que la société CPA est délégataire d'une mission de service public industriel et commercial et que les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative sont inapplicables lorsque l'action est dirigée contre une personne privée non chargée d'une mission de service public administratif.

S'agissant de l'action contractuelle principale :

- la société CPA a manqué ses obligations contractuelles dès lors que les travaux sur la chambre de raccordement n'ont pas été réalisés dans les règles de l'art, en méconnaissance des stipulations des articles 1 ter, 7 et 10 du contrat de concession, modifié par l'avenant n° 8 ;

- à cet égard, le principe de spécialité des concessions ne fait pas obstacle à ce que la responsabilité contractuelle du concessionnaire soit engagée pour des travaux prévus au contrat qui auraient endommagé des ouvrages situés hors du périmètre de la concession ;

- la société CPA ne peut utilement invoquer le fait de ses sous-contractants pour s'exonérer de sa responsabilité contractuelle ;

- il existe un lien de causalité direct entre la mauvaise exécution des travaux de mise en conformité de la station d'épuration et les désordres constatés par l'expert.

S'agissant de l'action extracontractuelle subsidiaire :

- en présence d'une concession de service public par laquelle l'autorité concédante a confié à son cocontractant la réalisation et l'exploitation d'ouvrages, le concessionnaire est maître de l'ouvrage sur les travaux concédés ;

- il est donc responsable, même sans faute, des dommages causés à des tiers par l'exécution de ces travaux ;

- la CACP a la qualité de tiers aux travaux dès lors qu'elle ne bénéficie pas directement du service public de l'assainissement ;

- la société CPA ne peut utilement se prévaloir des fautes commises par des sociétés tierces pour s'exonérer d'une responsabilité sans faute ou d'une responsabilité pour faute présumée.

S'agissant du préjudice indemnisable :

En ce qui concerne les frais d'investigation :

- ces frais correspondent à la réalisation de travaux de curage de la canalisation D1400, pour 1 950 euros TTC, d'une inspection par plongeurs pour 6 060 euros TTC, à la réalisation et au suivi de levées topographiques des affaissements pour 4 800 euros TTC, à la réalisation d'un diagnostic géotechnique et d'un complément de mission de ce diagnostic pour 7 200 euros TTC, à la réalisation d'une inspection télévisuelle des canalisations pour 33 275 euros TTC et à la réalisation d'une étude de faisabilité pour 38 350 euros TTC ;

- les dépenses liées à la réalisation des travaux de curage et de l'inspection par plongeurs sont réparables, même si elles n'ont pas été présentées au stade de l'expertise ;

- la production des factures n'est pas nécessaire pour justifier les frais engagés dès lors que la conclusion des contrats, démontrée par l'acceptation des devis, engage la personne publique au paiement du prix qui constitue une dépense obligatoire selon la définition retenue par le Conseil d'Etat.

En ce qui concerne les mesures de sécurisation :

- ces dépenses engagées pour la sécurisation du chemin de halage endommagé comportent la mise en place de deux bardages chantiers pour un montant total de 8 169,03 euros TTC, la pose d'une borne de granite pour 4 505,50 euros TTC, la fourniture et le scellement de mâts de signalisation pour 828 euros TTC, l'installation et le renforcement de palissades pour 3 273,60 euros TTC et des frais de personnel évalués à 45 085,50 euros TTC ;

- la mobilisation du personnel communal, qui a été massive avec l'évolution des désordres qui se sont manifestés à partir d'octobre 2014, n'est pas matériellement contestable.

En ce qui concerne les frais d'assistance aux opérations d'expertise :

- ces frais correspondent à l'assistance d'un expert technique, pour un montant de 25 138 euros TTC et à l'assistance d'un cabinet d'avocats pour un montant de 48 450,02 euros TTC ;

- les frais de l'expertise technique sont en lien direct avec les désordres dès lors que la collectivité ne disposait pas d'une assurance en tant que tiers aux travaux et sont justifiés par l'acception du devis, qui matérialise un contrat ;

- les frais d'avocat antérieurs à l'instance juridictionnelle ne relèvent pas des frais irrépétibles et doivent faire l'objet d'une réparation distincte.

En ce qui concerne les travaux réparatoires :

- pour la réparation des désordres, la collectivité a passé un marché de prestations topographiques pour 4 015,20 euros TTC, un marché de maîtrise d'œuvre pour 190 545,60 euros TTC, un marché de remise en état préalable pour 2 856 euros TTC, un marché de travaux pour un montant révisé de 3 334 126,15 euros TTC, un marché de contrôle technique pour 14 040 euros TTC, un marché de coordination SPS pour 8 036,40 euros TTC et des marchés de suivi géotechnique et de contrôle géotechnique des travaux pour 47 145,60 euros TTC ;

- ces travaux de réparation ne sont pas éligibles au fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée qui doit donc être incluse dans le montant de l'indemnité ;

- le marché de travaux n'a pas financé des travaux supplémentaires dès lors que les préconisations de l'expert ont été suivis et que le surcoût observé par rapport à son estimation est lié à la prise en compte, par les sociétés candidates, de risques géotechniques supérieurs à ceux qui avaient été identifiées, en première approche, au stade de l'expertise.

En ce qui concerne les préjudices immatériels :

- la collectivité est fondée à demander l'indemnisation de troubles de jouissance liées à l'utilisation de la station d'épuration et à la fermeture du chemin de halage et d'un préjudice d'image pour un montant total de 5 000 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés le 27 juillet 2021, le 12 novembre 2021, le 25 octobre 2022 et le 7 décembre 2022, la société CPA, représentée par Me Gourves, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 7 000 euros soit mise à la charge de la CACP au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable faute de réclamation préalable, d'auteur au sens des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et d'intérêt pour agir justifié du SIARP et de la CACP ;

- le contrat de concession ne saurait servir de fondement à l'action en justice de la collectivité en vertu du principe de spécialité des concessions dès lors que les travaux à l'origine des désordres portent sur la chambre de raccordement, réalisée sur la canalisation DN1400, ouvrage non concédé dont la personne publique est propriétaire ; le chemin de halage ne fait pas davantage partie de la concession

- ces travaux ont donc été réalisés sous la maîtrise d'ouvrage de la CACP et ne peuvent engager la responsabilité contractuelle du concessionnaire, qui ne saurait se voir reprocher une quelconque faute contractuelle ;

- s'agissant de l'action extracontractuelle, la collectivité doit être regardée comme un usager de l'ouvrage et aucun défaut d'entretien normal ne peut lui être reproché dès lors que le défaut d'étude préalable pour la réalisation de la chambre de raccordement est imputable à la collectivité, en sa qualité de maître de l'ouvrage sur ces travaux ;

- les préjudices subis ne sont pas systématiquement justifiés par des factures et sont en sensible augmentation par rapport aux montants retenus par le rapport d'expertise judiciaire ;

- il est demandé une somme incluant la taxe sur la valeur ajoutée, que la collectivité ne manquera pas de récupérer par le fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée, les travaux de réfection y étant éligibles ;

- s'agissant des frais d'investigation, les frais de curage du réseau et de l'inspection vidéo ont été engagés avant l'expertise et n'ont pas été demandés par l'expert ; les dépenses exposées pour la réalisation d'une étude géotechnique, son complément de mission et l'étude de faisabilité ne sont pas justifiés par une facture ;

- les frais de personnel ne sont pas démontrés ;

- s'agissant des frais d'assistance aux opérations d'expertise, la société Hydratec, intervenue en qualité d'expert technique, a rempli un rôle identique à celui d'un expert technique de compagnie d'assurance habituellement désigné ; aucune facture ne justifie de cette dépense et les frais d'avocat relèvent des frais irrépétibles déterminés par le juge en tenant compte de l'équité ;

- s'agissant des travaux réparatoires, la réalité des montants est invérifiable à défaut de facture et le marché de travaux comprend des prestations supplémentaires par rapport à la réparation des désordres qui doivent rester à la charge de la personne publique.

Par une ordonnance du 10 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 décembre 2022 à 12 heures.

Un mémoire a été enregistré pour la CACP et le SIARP le 5 janvier 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction. Il n'a pas été communiqué.

II. Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2020 sous le n° 2013040, et des mémoires enregistrés le 15 septembre 2022, le 12 décembre 2022 et le 19 décembre 2022, la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise (CACP) et le syndicat intercommunal pour l'assainissement de la région de Cergy-Pontoise et du Vexin (SIARP), représentés par Me Morice, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner la société Cergy Pontoise Assainissement (CPA) à verser au SIARP la somme de 3 858 892,70 euros TTC, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation annuelle, à titre principal sur le fondement de sa responsabilité contractuelle, ou, à titre subsidiaire, sur celui de sa responsabilité extracontractuelle pour dommages de travaux et d'ouvrages publics ;

2°) de mettre à la charge de la société CPA les entiers dépens de l'instance, assortis des intérêts au taux légal et de leur capitalisation annuelle ;

3°) de mettre à la charge de la société CPA la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soulèvent les mêmes moyens qu'à l'appui de la requête n° 2013036.

Par des mémoires en défense enregistrés le 12 novembre 2021, le 25 octobre 2022 et le 7 décembre 2022, la société CPA, représentée par Me Gourves, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir les mêmes arguments qu'à l'appui de la requête n° 2013036.

Par un courrier du 17 février 2021, le tribunal a proposé aux parties de régler leur litige par une médiation. En raison du refus opposé par la CACP le 19 mars 2021, l'affaire est retournée à l'instruction le 23 mars 2021.

Par une ordonnance du 20 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 janvier 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général des impôts ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Sitbon, conseiller ;

- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;

- et les observations de Me Chaves-Guillon pour le syndicat et Me Gourves pour la société CPA.

Considérant ce qui suit :

1. Par un contrat de concession conclu le 29 septembre 1998, le syndicat d'agglomération nouvelle de Cergy-Pontoise, devenu par la suite la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise (CACP), a confié à un groupement constitué des sociétés OTV et SFDE la construction et l'exploitation d'une station d'épuration située sur le territoire de la commune de Neuville-sur-Oise (Val-d'Oise). Par un avenant n° 2 conclu le 29 janvier 1990, la société dédiée Cergy Pontoise Assainissement (CPA) s'est substituée à ce groupement et a acquis la qualité de concessionnaire de la CACP. Par un avenant n° 8 conclu le 20 décembre 2007, la CACP a mis à la charge de la société CPA la conception et la réalisation de travaux de mise en conformité de son système d'assainissement, à la suite d'une évolution de la règlementation européenne. A l'occasion de travaux entrepris par la CACP en 2014, des désordres ont été constatés sur le regard des effluents de la station d'épuration, la canalisation DN1400 et sur le chemin de halage dans le voisinage de la station. Par une ordonnance n° 1411828 du 26 janvier 2015, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a ordonné, sur la demande de la CACP, une expertise aux fins de constater les désordres et de déterminer leur origine, les responsabilités encourues, les réparations nécessaires et les préjudices subis par la CACP. L'expert a rendu son rapport le 4 octobre 2019. Par la requête n° 2013036, la CACP et le syndicat intercommunal pour l'assainissement de la région de Cergy-Pontoise et du Vexin (SIARP), qui vient aux droits de la CACP pour l'action contractuelle, demandent au juge des référés de condamner la société CPA à leur verser une provision de 3 858 892,70 euros en réparation des préjudices subis. Par la requête n° 2013040, la CACP et le SIARP demandent au tribunal de condamner la société CPA à leur verser définitivement cette somme.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°s 2013036 et 2013040 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul et même jugement.

Sur les conclusions indemnitaires :

S'agissant des fins de non-recevoir soulevées par la société CPA en défense :

3. En premier lieu, si les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'excluent pas qu'elles s'appliquent à des décisions prises par des personnes privées, dès lors que ces décisions revêtent un caractère administratif, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucune règle générale de procédure ne détermine les effets du silence gardé sur une demande par une personne morale de droit privé qui n'est pas chargée d'une mission de service public administratif. Dans ces conditions, en l'absence de disposition déterminant les effets du silence gardé par une telle personne privée sur une demande qui lui a été adressée, les conclusions, relatives à une créance née de travaux publics, dirigées contre une telle personne privée ne sauraient être rejetées comme irrecevables faute de la décision préalable prévue par l'article R. 421-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de l'instruction que la société CPA, personne morale de droit privé, est concessionnaire d'une mission de service public d'assainissement qui revêt un caractère industriel et commercial. Par suite, elle ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, inapplicables, ainsi qu'il a été dit au point 3 ci-dessus, aux personnes morales de droit privé non chargées d'une mission de service public administratif. Cette fin de non-recevoir doit donc être écartée.

5. En deuxième lieu, selon l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. () / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".

6. La CACP a présenté une requête motivée le 15 décembre 2020. Est sans incidence sur le respect des dispositions précitées, lequel s'apprécie à la date de l'introduction de la requête, la circonstance que le SIARP se soit substitué à elle en cours d'instance comme partie à l'action contractuelle engagée à titre principal. En outre, cette substitution de partie en cours d'instance n'exigeait aucunement que le SIARP soulève des moyens et conclusions propres dès lors qu'il est réputé s'être appropriée les moyens et les conclusions de la personne morale substituée. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par la société CPA à cet égard ne peut qu'être écartée.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 5721-6-1 du code général des collectivités territoriales : " I.- Le transfert de compétences à un syndicat mixte entraîne de plein droit l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi qu'à l'ensemble des droits et obligations qui leur sont attachés à la date du transfert (). / Le syndicat mixte est substitué de plein droit, à la date du transfert des compétences, aux collectivités territoriales et établissements publics de coopération intercommunale dans toutes leurs délibérations et tous leurs actes. Les contrats sont exécutés dans les conditions antérieures jusqu'à leur échéance, sauf accord contraire des parties. La substitution de personne morale aux contrats conclus par les collectivités et établissements n'entraîne aucun droit à résiliation ou à indemnisation pour le cocontractant. La collectivité ou l'établissement qui transfère la compétence informe les cocontractants de cette substitution. () ".

8. Il résulte de l'instruction que la compétence en matière d'assainissement de la CACP a été transférée au SIARP. Selon l'article 4 de la convention de gestion des modalités de mise en œuvre du transfert des volets " transport et traitement des eaux usées " et de la compétence assainissement de la CACP au SIARP : " le transfert de compétences entraînera un transfert de plein droit au SIARP des contrats, conventions et marchés en cours au 31/12/2021 ". A la date de ce transfert, le contrat de concession n'était pas arrivé à expiration. Par suite, le SIARP, nouveau concédant, est titulaire de la créance qui s'attache à ce contrat. La circonstance que le fait dommageable à l'origine de l'action, ou que les travaux de réfection, soit antérieurs à ce transfert est sans incidence sur la qualité du SIARP à se substituer en cours d'instance à la CACP pour recouvrer cette créance. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt pour agir du SIARP doit être écartée.

9. En quatrième lieu, du fait de cette substitution, la CACP n'est plus partie à l'instance que pour l'action extracontractuelle engagée à titre subsidiaire. Dès lors, la société CPA ne peut utilement se prévaloir de son défaut d'intérêt pour agir pour contester la recevabilité de l'action contractuelle engagée à titre principal. En tout état de cause, l'intérêt pour agir du requérant s'apprécie à la date d'introduction de la requête et ne saurait disparaître en cours d'instance.

S'agissant de la responsabilité contractuelle de la société CPA :

10. En premier lieu, l'article 1 bis du contrat de concession modifié par l'avenant n° 8 stipule que : " Le Concédant confie au Concessionnaire dans le cadre du contrat de concession, le financement, la conception et la réalisation des travaux de mise aux normes des installations existantes. / () ". Selon l'article 1 ter de ce contrat : " La station d'épuration mise aux normes doit être conçue, réalisée et exploitée dans le respect des règles de l'art et des règlementations en vigueur à la date de signature de l'avenant n°8 () ". L'article 4.1 du contrat modifié stipule que : " () le concessionnaire s'engage à réaliser les investissements suivants : un poste de relèvement en complément du poste de relèvement existant () avec les bâtiments, locaux et ouvrages annexes indispensables au bon fonctionnement de l'installation (). ". En vertu de son article 7 : " Tous les ouvrages devront être exécutés conformément aux annexes et aux règles de l'art. () ". L'article 10 du contrat prévoit que : " Le Concessionnaire est responsable de la conception et de l'exécution de l'ensemble des ouvrages. ".

11. D'une part, il résulte de ces stipulations que l'avenant n° 8 au contrat de concession a confié à la société CPA la conception et la réalisation de l'ensemble des travaux de mise en conformité de la station d'épuration, y compris la construction des ouvrages annexes indispensables à son exploitation. Il résulte de l'instruction, et n'est du reste pas contesté, que les travaux relatifs à la construction de la chambre de raccordement étaient nécessaires à la mise aux normes de la station d'épuration et incombaient donc, en vertu de l'avenant n° 8, au concessionnaire. Dans ces conditions, la société CPA ne peut utilement se prévaloir de ce que cette chambre de raccordement ne constituerait pas un ouvrage concédé alors que les travaux de construction de cette chambre étaient, en tout état de cause, prévus au contrat. Si la société fait également valoir que ces travaux seraient étrangers à l'objet de la concession, il résulte néanmoins de l'instruction que cet objet a été modifié par l'avenant n° 8 pour y inclure la mise aux normes de la station d'épuration. Au demeurant, la société ne conteste pas la validité des clauses de cet avenant. En tout état de cause, la mise en conformité de l'ouvrage concédé est nécessaire à son exploitation et relève donc du risque d'exploitation que le contrat de concession initial a transféré à la société CPA. Enfin, est sans incidence sur le périmètre du contrat de concession la circonstance que les travaux de la chambre de raccordement se situent sur la canalisation DN1400 dont la collectivité publique est propriétaire ou que les ouvrages endommagés sont extérieurs au champ de la concession.

12. D'autre part, il résulte de l'instruction, plus particulièrement du rapport d'expertise, que les travaux sur la chambre de raccordement n'ont pas été précédés d'études géotechniques suffisantes, les fondations à réaliser et la nature du raccordement à effectuer n'ayant pas été sérieusement interrogées avant la construction de l'ouvrage. Ce défaut de conception est directement imputable à la société CPA, à laquelle il incombait de concevoir et de réaliser les travaux de mise en conformité, en vertu des stipulations citées au point 10 ci-dessus. A cet égard, la société CPA ne saurait se prévaloir de la faute du concédant, qui aurait selon elle dû diligenter ces études complémentaires en sa qualité de maître de l'ouvrage, dès lors que la concession de travaux emporte transfert de la maîtrise d'ouvrage au concessionnaire.

13. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que ce défaut de conception est à l'origine du premier affaissement en 2011 de la chambre de raccordement, qui a entraîné une rupture d'étanchéité que les travaux d'injection réalisés ultérieurement par le concessionnaire n'ont pas permis de réparer. Cette rupture d'étanchéité est directement à l'origine des affaissements des canalisations DN1200 et DN1400 et des affaissements de terrains constatés sur le chemin de halage. Dès lors, les manquements de la société CPA à ses obligations contractuelles sont en lien direct avec les désordres en débat. Sa responsabilité contractuelle est donc engagée pour la réparation de leurs conséquences dommageables.

S'agissant des préjudices réparables :

En ce qui concerne l'inclusion de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) dans le montant de l'indemnité :

14. Le montant du préjudice dont l'autorité concédante est fondée à demander la réparation au concessionnaire à raison des désordres affectant l'immeuble qu'il a réalisé correspond aux frais qu'il doit engager pour les travaux de réfection. Ces frais comprennent, en règle générale, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), élément indissociable du coût des travaux, à moins que l'autorité concédante ne relève d'un régime fiscal lui permettant normalement de déduire tout ou partie de cette taxe de celle qu'elle a perçue à raison de ses propres opérations.

15. Si l'article 260 A du code général des impôts dispose que " Les collectivités locales, leurs groupements () peuvent, sur leur demande, être assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée au titre des opérations relatives aux services suivants : / () assainissement () ", il ne résulte pas de l'instruction, et n'est d'ailleurs pas soutenu, que la CACP ou le SIARP auraient demandé à être assujettis à la TVA. Si, en vertu de l'article L. 1615-1 du code général des collectivités territoriales (CGCT), le fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée (FCTVA) vise à compenser la TVA acquittée par les collectivités territoriales, notamment sur leurs dépenses d'investissement, il ne modifie cependant pas le régime fiscal des opérations de ces collectivités. Ainsi, ces dernières dispositions ne font pas obstacle à ce que la TVA grevant les travaux de réfection d'un immeuble soit incluse dans le montant de l'indemnité due par le concessionnaire à une collectivité territoriale, autorité concédante, alors même que celle-ci pourrait bénéficier de sommes issues de ce fonds pour cette catégorie de dépenses.

16. Par suite, le SIARP est fondé à demander à la société CPA une indemnité incluant le montant de la TVA acquittée pour les travaux de réparation. A cet égard, et ainsi qu'il a été dit au point précédent, la société défenderesse ne peut utilement se prévaloir de ce que ces travaux seraient éligibles au FCTVA.

En ce qui concerne les frais d'investigation :

17. En premier lieu, la CACP a fait procéder au curage et à l'inspection par plongeurs de la canalisation DN1400 par les sociétés EAV et CTS. Si la société CPA fait valoir en défense que ces dépenses ont été engagées avant l'expertise et n'ont pas été demandées par l'expert, il résulte toutefois de l'instruction que ces prestations ont eu lieu sur la canalisation endommagée DN1400 en octobre et en novembre 2014 à la suite du constat des premiers désordres, le 2 octobre 2014. Ces frais présentent donc un lien de causalité direct avec les désordres en litige et sont justifiés par les factures versées à l'instance. Ils doivent donc être réparés à hauteur de la somme de 8 010 euros TTC réclamée par le syndicat requérant.

18. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la CACP a commandé des prestations de levées topographiques à la société Techniques Topo, qui ont été validées par l'expert. Ces dépenses présentent donc un lien de causalité direct avec les désordres et sont indemnisables à hauteur de la somme de 4 800 euros TTC, justifiée par la facture produite par le SIARP.

19. En troisième lieu, à la demande de l'expert, la collectivité a fait réaliser un diagnostic géotechnique et poser des piézomètres complémentaires sur le chemin de halage endommagé. Si la société CPA affirme que ces frais ne sont pas justifiés par une facture, les requérants versent néanmoins à l'instance des courriers d'acceptation des devis de la société Datterberg, qui suffisent à formaliser des marchés publics pour lesquels le pouvoir adjudicateur est tenu au paiement du prix accepté. Ces courriers, qui valent contrats, permettent donc d'établir la réalité du préjudice subi, qui doit être réparé à hauteur de la somme de 32 400 euros TTC réclamée par le SIARP.

20. En quatrième lieu, la CACP, par bon de commande, a confié à la société Environnement TPL la réalisation d'inspections télévisuelles de l'expert, à sa demande. Ce préjudice, qui présente donc un caractère direct, est justifié par la facture du 27 septembre 2016 versée aux débats. Dès lors, le SIARP est fondé à en demander réparation à hauteur de la somme de 33 275 euros TTC.

21. En cinquième lieu, par un acte d'engagement conclu le 26 juin 2017, la CACP a confié à la société Setec un marché de maîtrise d'œuvre pour " l'étude préliminaire et le diagnostic des désordres sur le chemin de halage et la canalisation d'eaux usées alimentant la station d'épuration ". Ces prestations ont été validées par l'expert. Par suite, le SIARP est fondé à demander la somme de 38 349,60 euros TTC correspondant au prix contractuel prévu par l'acte d'engagement versé à l'instance, lequel suffit à établir la réalité du préjudice en cause.

En ce qui concerne les frais exposés pour la sécurisation du chemin de halage :

22. Il résulte de l'instruction que la CACP a fait installer des bardages chantier, une borne de granite, des mâts de signalisation et des palissades pour assurer la sécurité des usagers du chemin de halage endommagé. Ces frais, validés, du reste, par l'expert, sont en lien direct avec les désordres et sont justifiés, dans leur principe comme dans leur montant, par les pièces du dossier. Il y a donc lieu de condamner la société CPA à verser au SIARP la somme globale de 16 776,13 euros TTC en réparation de ce préjudice.

23. En revanche, si le syndicat requérant affirme que la mobilisation du personnel intercommunal a été massive pour contrôler et surveiller les désordres et les travaux de réfection, il n'en justifie pas en se bornant à verser à l'instance un tableau purement déclaratif et au demeurant peu circonstancié qui les évalue à 45 085,80 euros. Cette pièce ne suffit pas à établir la réalité de ce préjudice, ni son lien de causalité avec les désordres. Il y a donc lieu de rejeter cette demande.

En ce qui concerne les frais d'assistance aux opérations d'expertise :

24. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la CACP a recouru, pour les besoins de l'expertise, aux services d'un expert technique dans le cadre d'une assistance à maîtrise d'ouvrage. Si la société CPA fait valoir que cette mission aurait pu être prise en charge par la compagnie d'assurance, le SIARP affirme, sans être contredit, que la collectivité ne disposait d'aucune assurance en tant que tiers aux travaux. Ce préjudice est donc établi, dans son principe comme dans son montant, par l'acceptation du devis de la société Hydratec qui vaut marché public et engagement au paiement du prix convenu. Dès lors, le SIARP est fondé à demander la somme de 25 138 euros TTC correspondant au prix de ce marché.

25. En deuxième lieu, le syndicat requérant verse à l'instance plusieurs notes d'honoraires du cabinet d'avocats Symchowics, Weissberg et Associés. Si la société CPA affirme que ces frais d'avocat relèvent des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ils ont été exposés pour les besoins de l'expertise et ne constituent donc pas des frais de l'instance non compris dans les dépens, à l'exception de la note d'honoraires n° 20157706, d'un montant de 1 848 euros TTC facturée pour la rédaction de la requête en référé expertise, qui n'est pas détachable de l'instance contentieuse. Le SIARP est dès lors fondée à demander la somme de 46 602,02 euros TTC pour l'indemnisation des frais d'avocat nécessaires à la représentation de la personne publique pour le bon déroulement des opérations d'expertise.

En ce qui concerne les travaux de réparation :

26. En premier lieu, par un acte d'engagement conclu le 19 novembre 2018, la CACP a confié à la société Geosat un marché subséquent ayant pour objet la réalisation de prestations topographiques sur le chemin de halage et les ouvrages d'assainissement à Neuville-sur-Oise, d'un montant de 4 015,20 euros TTC. Ces travaux préalables présentent donc un lien de causalité direct avec les désordres. Le SIARP est, dès lors, fondé à en demander réparation à hauteur de la somme réclamée, laquelle est justifiée par l'acte d'engagement versé aux débats.

27. En deuxième lieu, par un acte d'engagement conclu le 27 juillet 2018, la CACP a confié à la société Setec Hydratec un marché de maîtrise d'œuvre relatif aux désordres sur le chemin de halage et à la canalisation des eaux usées, pour un montant de 187 080 euros TTC, porté à la somme de 190 545 euros TTC par un avenant n° 1 conclu le 7 juin 2019. Les frais exposés pour le règlement de ce marché sont en lien direct avec les désordres en débat et ont été validés par l'expert. Ce préjudice doit donc être réparé à hauteur du prix contractuel augmenté par l'avenant.

28. En troisième lieu, la CACP a confié à la société Lachaux Paysage, par bon de commande, des travaux préalables de nettoyage du chantier, pour un montant de 2 856 euros TTC. Le SIARP est donc fondé à demander cette somme en réparation de ce préjudice.

29. En quatrième lieu, par un acte d'engagement conclu le 16 janvier 2020, la CACP a confié à un groupement composé des sociétés SRBG et SBFS un marché public ayant pour objet " des travaux de réhabilitation du collecteur de transport des eaux usées du chemin de halage ". Selon l'article 6 du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) applicables à ce marché : " Les travaux comprennent : () - la reconstruction sur fondations spécifiques de la chambre de jonction, des deux tronçons adjacents et des regards de jonctions avec la conduite existante, - la réhabilitation de la conduite de l'antenne sud depuis le regard de jonction jusqu'au regard EU40, (), - la réfection du chemin de halage () ". Il prévoit également que " les travaux d'assainissement projetés consistent au remplacement en tranchée ouverte des collecteurs faisant l'objet des désordres, d'anomalies structurelles et hydrauliques les plus importants. Ces travaux comprendront le remplacement des collecteurs existants et des regards en même lieu et place que l'existant (dépose / repose) ". Les " collecteurs avec des désordres de moindre importance seront à réhabiliter par l'intérieur sans tranchées (par chemisage continu structurant et injections de résine) () ".

30. Il résulte de ces stipulations que les travaux réalisés comportent le remplacement de la chambre de raccordement, des tronçons adjacents et des regards avec la conduite existante, le chemisage de la conduite DN1400 et la réfection et le remblaiement du chemin de halage. En revanche, contrairement à ce qu'affirme la société défenderesse, ces travaux n'incluent pas la reconstruction de la canalisation mais seulement son chemisage. Si la reconstruction des tronçons adjacents n'a pas été expressément préconisée par l'expert dans son rapport, elle constitue néanmoins l'accessoire nécessaire aux opérations de réfection recommandés par l'expert, que les travaux exécutés n'excèdent, dès lors, pas. Si la société CPA fait valoir, à cet égard, que le coût de ces travaux est sensiblement plus élevé que les estimations du rapport d'expertise, le syndicat requérant l'attribue, sans être contredit, à la prise en compte, par les entreprises soumissionnaires, de risques géotechniques plus importants que ceux qui avaient été identifiés, en première approche, par l'étude de faisabilité sur la base de laquelle le rapport d'expertise a été rédigé. Dans ces conditions, le SIARP est fondé à demander la somme de 3 334 128,15 euros TTC, correspondant au prix définitif, révision incluse, de ces travaux.

31. En cinquième lieu, par un acte d'engagement conclu le 3 février 2020, la CACP a confié à la société Dekra une mission de contrôle technique " dans le cadre de la réhabilitation du collecteur de transport des eaux usées du chemin de halage ". Ce marché étant l'accessoire du marché de travaux mentionné au point précédent, la dépense exposée est en lien direct avec les désordres. Le SIARP est, dès lors, fondé à demander la somme de 14 040 euros TTC correspondant au prix de ce marché prévu par l'acte d'engagement versé à l'instance.

32. En sixième lieu, par un acte d'engagement conclu le 31 janvier 2020, la CACP a confié à la société Apsara une mission de coordination SPS pour l'exécution du marché de travaux évoqué au point 29 du présent jugement. Le SIARP est identiquement fondé à demander la somme de 8 036,40 euros TTC correspondant au prix de ce marché.

33. En dernier lieu, en revanche, si le syndicat requérant affirme que des marchés de suivi et de contrôle géotechnique des travaux ont été conclus pour un montant total de 47 145,60 euros TTC, il n'en apporte aucune preuve. Cette demande doit donc être rejetée.

En ce qui concerne les préjudices immatériels :

34. Les troubles de jouissance liés aux désordres affectant la station d'épuration, dont l'exploitation est concédée à la société CPA, ne peuvent être regardés comme établis. Le préjudice d'image qu'aurait subi le SIARP, à raison des affaissements du chemin de halage, n'est pas davantage démontré dès lors qu'il n'est pas établi que les administrés et usagers de ce chemin auraient été informées de ce que la communauté d'agglomération et le syndicat requérant en sont les gestionnaires. Enfin, si le SIARP se prévaut également de troubles de jouissance en lien avec la fermeture du chemin de halage, il n'apporte aucun élément de nature à établir un usage effectif, par ses services, de cet ouvrage.

35. Il résulte de ce qui précède que le SIARP est fondé à demander la somme globale de 3 742 931,50 euros TTC. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 décembre 2014, date d'enregistrement de la requête en référé expertise, qui seront capitalisés à chaque date anniversaire de cet évènement.

Sur la demande de provision :

36. Le tribunal ayant statué sur les conclusions indemnitaires présentées par le SIARP, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de provision qu'il a présentée au juge des référés en application des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.

Sur les dépens de l'instance :

37. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

38. Par une ordonnance n° 1411828-1505129-1608652 du 31 octobre 2019, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise à un montant de 31 393,10 euros TTC. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre ces dépens à la charge de la société CPA, partie perdante à l'instance. Ces dépens, pour lesquels la créance du SIARP ne naît qu'à compter de la mise à disposition du présent jugement, ne sauraient toutefois produire, avant cette mise à disposition, intérêts et capitalisation des intérêts.

Sur les frais non compris dans les dépens :

39. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société CPA la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, les conclusions présentées par la société CPA sur le même fondement à l'appui de la requête n° 2013036 ne peuvent qu'être rejetées.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1 : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de provision présentée par le SIARP sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.

Article 2 : La société CPA versera au SIARP la somme de 3 742 931,50 euros toutes taxes comprises, augmentée des intérêts au taux légal courant à compter du 10 décembre 2014. Les intérêts échus à la date du 10 décembre 2015 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : Les dépens de l'instance sont mis à la charge de la société CPA à hauteur de la somme de 31 393,10 euros toutes taxes comprises.

Article 4 : La société CPA versera au SIARP la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les conclusions des requêtes n°s 2013036 et 2013040 sont rejetées pour le surplus.

Article 6 : Les conclusions présentées par la société CPA sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, au syndicat intercommunal pour l'assainissement de la région de Cergy-Pontoise et du Vexin et à la société Cergy Pontoise Assainissement.

Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Oriol, présidente,

M. Carpentier-Daubresse, premier conseiller,

M. Sitbon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.

Le rapporteur,

Signé

J. Sitbon

La présidente,

Signé

C. OriolLa greffière,

Signé

V. Ricaud

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation,

La greffière

N°s 2013036 - 2013040

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions