mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2013678 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | ESSONO NGUEMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 28 décembre 2020 et le 16 octobre 2023, Mme B D, représentée par Me Essono, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures, de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties relatives à un immeuble qu'elle détient en indivision au 28 rue de la Grande Voie à Argenteuil (95100), auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2018.
Elle soutient que :
- la décision de rejet de sa réclamation préalable est insuffisamment motivée, en méconnaissance de l'article R. 198-10 du livre des procédures fiscales ;
- étant bénéficiaire de l'allocation adultes handicapés et du revenu de solidarité active, elle aurait dû bénéficier du plafonnement prévu par l'article 1391 B et le II de l'article 1417 du code général des impôts ;
- le refus de l'administration fiscale de lui accorder le dégrèvement demandé est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'un tel dégrèvement lui a été accordé au titre de l'année 2019 et qu'elle n'a aucun lien de parenté avec M. A avec lequel elle est propriétaire indivis de l'immeuble litigieux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Par une décision en date du 20 décembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à Mme D le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée, sur proposition du rapporteur public, a dispensé ce dernier de prononcer des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Richard, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D a demandé le bénéfice du plafonnement de la taxe foncière sur les propriétés bâties prévue à l'article 1391 B ter du code général des impôts, au titre des années 2018 et 2019 à raison du bien qu'elle détient en indivision avec M. A, chacun pour moitié, au 28 rue de la Grande Voie à Argenteuil (95). A ce titre, un dégrèvement de 1 366 euros lui a été accordé au titre de l'année 2019 mais elle n'a bénéficié que d'un plafonnement partiel au titre de la taxe foncière de l'année 2018, à hauteur de 612 euros. Par une réclamation du 22 octobre 2020, Mme D a contesté ce dégrèvement partiel, qui a été rejetée par l'administration le 3 novembre 2020. Par le présent recours, Mme D réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.
2. En premier lieu, les irrégularités qui entachent la décision par laquelle la réclamation d'un contribuable est rejetée sont sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition et sur la régularité de la procédure suivie. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision du 3 novembre 2020 rejetant la réclamation préalable de Mme D est inopérant.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1391 B ter du code général des impôts : " I. - Il est accordé, sur la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties afférente à l'habitation principale des contribuables dont les revenus n'excèdent pas le montant prévu au II de l'article 1417, un dégrèvement égal à la fraction de la cotisation supérieure à 50 % du montant total de leurs revenus définis aux II et IV du présent article. () II. - Pour l'application du I, les revenus pris en compte s'entendent des revenus définis au IV de l'article 1417 () IV. - Pour l'application des I et II, les revenus s'entendent : a) Des revenus du foyer fiscal du contribuable au nom duquel la taxe est établie ; b) Lorsque la taxe foncière est établie au nom de plusieurs personnes appartenant à des foyers fiscaux distincts, de la somme des revenus de chacun des foyers fiscaux de ces personnes ; c) Lorsque les personnes mentionnées aux a et b du présent IV cohabitent avec des personnes qui ne font pas partie de leur foyer fiscal et pour lesquelles la propriété bâtie constitue leur habitation principale, de la somme des revenus de chacun des foyers fiscaux des personnes au nom desquelles l'imposition est établie ainsi que des revenus de chacun des foyers fiscaux des cohabitants. () ". Aux termes de l'article 1417 du même code, dans sa rédaction applicable au titre de la taxe sur les propriétés bâties établie au titre de l'année 2018 : " () II. - Les dispositions de l'article 1414 A sont applicables aux contribuables dont le montant des revenus de l'année précédant celle au titre de laquelle l'imposition est établie n'excède pas la somme de 25 180 €, pour la première part de quotient familial, majorée de 5 883 € pour la première demi-part et 4 631 € à compter de la deuxième demi-part supplémentaire, retenues pour le calcul de l'impôt sur le revenu afférent auxdits revenus. () ". Il résulte de ces dispositions que les revenus pris en compte pour le calcul du montant du dégrèvement théorique s'entendent du revenu fiscal de référence des contribuables au nom desquels la taxe foncière est établie, éventuellement majoré du revenu fiscal de référence du ou des cohabitants.
4. Il résulte de l'instruction que la taxe foncière sur les propriétés bâties mise à la charge de Mme D, à hauteur de ses droits dans l'indivision avec M. A, avec lequel il est constant qu'elle n'entretient pas de lien de parenté, s'élève à 1 344 euros. Le montant total des revenus à prendre en compte en application des dispositions précitées du IV de l'article 1391 B ter du code général des impôts s'établit à 18 546 euros. Ainsi, si ce revenu est inférieur au plafond de revenus défini par les dispositions précitées du II de l'article 1417 du même code, il résulte de ce qui précède que le montant de la taxe foncière n'excède pas 50 % du revenu global. Par suite, Mme D ne peut utilement invoquer le bénéfice des dispositions précitées de l'article 1391 B ter du code général des impôts en dépit de la circonstance, au demeurant non établie, qu'elle bénéficierait de l'allocation adultes handicapés et du revenu de solidarité active.
5. En dernier lieu, si Mme D fait valoir qu'elle a bénéficié d'un dégrèvement de sa cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2019, cette décision, sans motivation spécifique, ne vaut pas prise de position formelle sur une situation particulière au regard d'un texte fiscal au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales dont les contribuables peuvent se prévaloir. De même, Mme D ne saurait utilement se prévaloir des dégrèvements dont a bénéficié M. A au titre des années 2014 à 2016.
6. Il résulte ce qui précède les conclusions aux fins de décharge de la requête de Mme C doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme B D et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La magistrate désignée,
signé
A. RICHARD
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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