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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2100772

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2100772

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2100772
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre (JU)
Avocat requérantCASSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 15 janvier 2021 et 7 mars 2024, la société Gaz réseau distribution France (GRDF), représentée par la S.E.L.A.F.A. Cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) de condamner la société CDA à lui verser la somme de 8 873,96 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 mars 2020 ;

2°) de mettre à la charge de la société CDA la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, elle est fondée à engager la responsabilité sans faute de la société CDA au titre des dommages de travaux publics causés aux tiers ;

- à titre subsidiaire, la responsabilité pour faute de la société CDA est engagée dès lors qu'elle a commis des fautes en ne procédant au pas au terrassement avec davantage de précautions alors qu'elle ne pouvait ignorer la présence du branchement endommagé ;

- les préjudices qu'elle a subis pourront être réparés par le versement d'une somme de 8 873,96 euros, correspondant aux frais qu'elle a exposés pour réparer l'ouvrage endommagé.

Une mise en demeure a été adressée à la société CDA le 14 octobre 2021, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 décembre suivant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné Mme Fléjou pour exercer les fonctions prévues par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fléjou,

- et les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 12 juin 2018, le réseau de distribution publique de gaz naturel a subi dommage à hauteur du 3 rue de l'arrivée à Meudon, alors que le société CDA effectuait des travaux de terrassement pour le compte de cette commune. Le 5 mars 2020, la société Gaz réseau distribution France (GRDF), concessionnaire de ce réseau, a adressé une demande indemnitaire à la société CDA, sans obtenir de réponse. Par la présente requête, la société GRDF demande la condamnation de la société CDA à lui verser la somme de 8 873,96 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 mars 2020, en réparation des préjudices qu'elle a subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité :

2. En cas de dommage accidentel causé à des tiers par des travaux publics, la victime peut en demander réparation, même en l'absence de faute, aussi bien au maître de l'ouvrage, au maître de l'ouvrage délégué, à l'entrepreneur ou au maître d'œuvre. Le responsable du dommage ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.

3. En premier lieu, il est constant que les préjudices dont la société GRDF demande réparation sont la conséquence de l'endommagement malencontreux d'un branchement du réseau de gaz le 12 juin 2018 aux alentours de 9 heures, au cours d'une opération de terrassement menée par la société CDA, dans le cadre des travaux réalisés pour le compte de la commune de Meudon. Ainsi, les préjudices en cause résultent d'un dommage accidentel de travaux publics auquel la société GRDF est tiers.

4. En deuxième lieu, d'une part, il résulte de l'instruction, en particulier du constat contradictoire signé par les parties le jour-même, que la société CDA a endommagé le branchement en litige, de sorte que les dommages sont en relation avec un fait qui lui est imputable, ce que, n'ayant produit aucune observation dans la cadre de la présente instance, elle ne conteste pas. Il en résulte que ce dommage est imputable à la société CDA.

5. En troisième lieu, la société CDA qui n'a pas produit de mémoire en défense, n'établit ni même n'allègue que ce dommage résulterait d'une faute de la victime ou d'un cas de force majeure.

6. Il résulte de ce qui précède que la société GRDF est fondée à soutenir que la société CDA est responsable des préjudices présentant un lien direct et certain avec l'endommagement du réseau de gaz survenu le 12 juin 2018 qui lui est imputable.

En ce qui concerne les préjudices :

7. La société GRDF a droit, sur le fondement des principes rappelés au point 2, à la réparation intégrale de ses préjudices qui sont en lien direct et certain avec les travaux publics incriminés.

8. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier de la facture du 6 juin 2019, que la société GRDF a fait appel à la société Axeo pour la location de matériel et pour mener une opération de terrassement dont elle soutient, sans être contredite, qu'elles ont été rendues nécessaires par le dommage en litige, pour un montant de 7 843,20 euros. Par suite, la société GRDF est fondée à demander le versement de cette somme à la société CDA.

9. En second lieu, il résulte de l'instruction, en particulier des fiches d'" ordres de travail " des 12 et 16 juin 2018 et du tableau récapitulatif versés à l'instance, que la société GRDF a fait intervenir trois agents de la catégorie professionnelle des " assistants " sur les lieux, pendant un total de dix heures. Il résulte par ailleurs du barème de facturation de la main d'œuvre pour les prestations externes à la société GRDF que le coût d'une heure de travail d'un assistant s'élève à la somme de 94,02 euros, pouvant être portée à 105,34 euros en raison d'une majoration de 50 % du tarif s'appliquant aux heures réalisées entre 17 et 20 heures en semaine. Sur ce point, si la société requérante soutient que huit heures sur les dix dont elle demande réparation lui ont coûté 105,34 euros, il résulte toutefois de l'instruction que ces huit heures ont été effectuées entre 8 et 12 heures, soit pendant les " heures normales ". Dans ces conditions, la société GRDF n'est fondée qu'à demander le versement de la somme de 940,20 euros en réparation du préjudice résultant de ses frais de main d'œuvre.

10. Il résulte de ce qui précède que la société CDA doit être condamnée à indemniser la société GRDF à hauteur de 8 783,40 euros en réparation de son préjudice financier.

En ce qui concerne les intérêts :

11. La société GRDF a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 8 783,40 euros à compter du 10 mars 2020, date de la réception de sa demande indemnitaire par la société CDA.

Sur les frais de l'instance :

12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société CDA, partie perdante, le versement de la somme de 1 500 euros à la société GRDF, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La société CDA versera à la société GRDF la somme de 8 783,40 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 mars 2020.

Article 2 : La société CDA versera à la société GRDF la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Gaz réseaux distribution France et à la société CDA.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

La magistrate désignée,

signé

V. Fléjou

La greffière,

signé

D. Charleston

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°210077

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