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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2101004

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2101004

jeudi 26 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2101004
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation9ème Chambre
Avocat requérantPONROY-NOEL ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 21 janvier 2021 et 31 juillet 2022, Mme B, représentée par Me Ponroy, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite née le 24 novembre 2020 par laquelle le directeur général de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris a rejeté sa demande tendant au versement de la somme de 23 266, 68 euros au titre de l'indemnité de fin de contrat ;

2°) de condamner l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris à lui verser la somme de 23 266, 68 euros au titre de l'indemnité de fin de contrat ;

3°) de mettre à la charge de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris la somme de 5 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision refusant de lui verser l'indemnité de fin de contrat prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail est illégale dès lors que son contrat à durée déterminée n'a pas été poursuivi par un contrat à durée indéterminée ;

- elle ne peut être regardée comme ayant rompu son contrat de travail de manière anticipée au sens des dispositions du 4° de l'article L. 1243-10 du code du travail ;

- elle a droit à une indemnité de précarité d'un montant de 23 266, 68 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2022, le directeur général de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Par une ordonnance du 15 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 septembre 2022 à 12 heures.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Colin,

- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique,

- et les observations de Me Ponroy, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été recrutée par l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) par un contrat, signé le 14 juin 2017, en qualité de praticien contractuel pour exercer ses fonctions au service des urgences et au SMUR de l'hôpital Beaujon à compter du 1er juin 2017 pour une durée de trois ans renouvelables par reconduction expresse. Par un courriel du 6 mars 2020, elle a indiqué qu'elle ne souhaitait pas, renouveler son contrat à son terme le 30 mai 2020. Par un courrier reçu par l'AP-HP le 24 septembre 2020, elle a sollicité le versement de la prime de précarité, correspondant à 10% de sa rémunération brute perçue pendant l'exécution de son contrat de travail. Le silence gardé sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 24 novembre 2020. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision et de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 23 266, 68 euros.

Sur la légalité de la décision implicite rejetant la demande d'attribution de l'indemnité de fin de contrat :

2. Aux termes de l'article L. 6152-1 du code de la santé publique : " Le personnel des établissements publics de santé comprend, outre les agents relevant de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, les personnels enseignants et hospitaliers mentionnés à l'article L. 952-21 du code de l'éducation et les personnels mentionnés à l'article L. 6147-9 qui y exercent : () 2° Des médecins, des odontologistes et des pharmaciens recrutés par contrat dans des conditions déterminées par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 6152-418 du code de la santé publique : " Les dispositions du code du travail sont applicables aux praticiens contractuels en tant qu'elles sont relatives à l'indemnité prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail et aux allocations d'assurance prévues à l'article L. 5424-1 du code du travail ". Aux termes de l'article L. 1243-8 du code du travail : " Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié. Elle s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié. Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et figure sur le bulletin de salaire correspondant ". Aux termes de l'article L. 1243-10 du même code : " L'indemnité de fin de contrat n'est pas due : () / 3° Lorsque le salarié refuse d'accepter la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente / 4° En cas de rupture anticipée du contrat due à l'initiative du salarié, à sa faute grave ou à un cas de force majeure ".

3. Il résulte des dispositions précitées que lorsqu'au terme de chaque contrat, la relation de travail n'est pas poursuivie, le praticien attaché a droit, à titre de complément de rémunération, à une indemnité destinée à compenser la précarité de sa situation égale à 10 % du total des émoluments bruts dus au titre du contrat en cours, quelle que soit la partie à l'initiative du non-renouvellement du contrat.

4. Il est constant que le contrat initial de la requérante était conclu pour une durée de 3 ans à compter du 1er juin 2017. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme B a informé son employeur, par un courriel du 6 mars 2020, qu'elle ne souhaitait pas renouveler son contrat à son terme le 30 mai 2020. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante aurait refusé une offre de contrat à durée indéterminée au sens du 3° de l'article L. 1243-10 du code du travail. Par suite, la requérante dont le contrat à durée déterminée ne s'est pas poursuivi par un contrat à durée indéterminée et qui n'a pas rompu, au sens du 4° de l'article L.1243-10 du code du travail, de manière anticipée son contrat à durée déterminée qui a été exécuté jusqu'à son terme du 30 mai 2020 était en droit de bénéficier de l'indemnité de précarité prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail au titre de la période sollicitée du 1er juin 2017 au 30 mai 2020 correspondant à la durée de son contrat à durée déterminée.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler la décision implicite née le 24 novembre 2020 par laquelle le directeur de l'AP-HP a refusé à Mme B l'octroi de l'indemnité de fin de contrat au titre du contrat à durée déterminée courant du 1er juin 2017 au 31 mai 2020.

Sur le montant de l'indemnité de fin de contrat :

6. Il résulte de l'instruction que Mme B a été recrutée en qualité de praticien contractuel à plein temps entre le 1er juin 2017 et le 30 mai 2020. Il ressort, par ailleurs, des bulletins de salaire produits à l'instance que la requérante a perçu une rémunération totale brute de 232 666,78 euros entre le 1er juin 2017 et le 30 mai 2020. Il y a donc lieu, l'AP-HP ne contestant pas ce montant, de la condamner à verser à Mme B la somme correspondant à l'indemnité de fin de contrat, égale à 10 % de la rémunération totale brute qui lui a été versée au titre du contrat à durée déterminée de trois ans courant à compter du 1er juin 2017 soit la somme de 23 266, 68 euros.

Sur les frais liés au litige :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Assistance-Publique-Hopitaux de Paris la somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite de rejet née le 24 novembre 2020 du directeur général de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris est annulée.

Article 2 : L'Assistance Publique- Hôpitaux de Paris versera à Mme B la somme de 23 266, 68 euros au titre de l'indemnité de fin de contrat au titre du contrat à durée déterminée signé le 14 juin 2017.

Article 3 : L'Assistance Publique - Hopitaux de Paris versera à Mme B la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Assistance Publique -Hôpitaux de Paris.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Le Griel, présidente,

Mme Colin, première conseillère,

Mme Debourg, conseillère,

assistées de Mme Pradel, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023

La rapporteure,

Signé

C. Colin

La présidente

signé

H. Le Griel

La greffière,

signé

E. Pradel

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

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