mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2101269 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 10ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | CISSE |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 janvier 2021 et le 13 août 2021, M. B, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 8 août 2020 du silence gardé par le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine sur son recours préalable formé par courrier du 5 juin 2020, par laquelle ce dernier a confirmé les décisions de fin de droits au revenu de solidarité active (RSA) et à la prime d'activité à compter de novembre 2019, prises le 25 février 2020 par la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine (CAF);
2°) d'enjoindre au département des Hauts-de-Seine de rétablir ses droits au RSA ou de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours courant à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- ni les décisions de fin de droits ni la décision implicite de rejet de son recours préalable ne sont motivées ;
- il n'a pas été informé de l'exercice par la CAF de son droit à communication ;
- la décision attaquée procède d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- étant sans domicile fixe, il remplit toutes les conditions pour prétendre au bénéfice du revenu de solidarité active ;
- l'illégalité de la décision est constitutive d'une faute dont il est fondé à demander réparation du préjudice financier et du préjudice moral qui en résultent.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, la CAF des Hauts-de-Seine conclut à sa mise hors de cause.
Elle soutient que le recours est dirigé contre une décision du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, le conseil départemental des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu partiel à statuer sur la requête et au rejet du surplus.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'indemnisation sont irrecevables ;
- les droits du requérant ont été rétablis par une décision du 18 juillet 2021 ;
II - Par une requête, enregistrée le 19 avril 2022, M. B, représenté par Me Bautes, demande au tribunal :
1°) de condamner le département des Hauts-de-Seine à lui verser la somme de 10000 euros au titre de son préjudice moral et 5000 euros au titre de son préjudice d'anxiété ;
2°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 1800 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- le département a commis une faute du fait de l'illégalité des décisions mettant fin à ses droits au RSA et à la prime d'activité du 1er novembre 2019 au 31 mai 2020, qui sont entachées d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- la somme qui lui a été versée à titre de rappel d'indemnité pendant la période de suspension est erronée en ce qu'il n'est pas hébergé à titre gratuit mais se trouve sans domicile fixe ;
- le rappel d'indemnités qui lui a été versé sur la période en litige caractérise une reconnaissance par le département de la faute qu'il a commise ;
- le département commet également une faute en rejetant sa demande indemnitaire sans motif ;
- il a subi un préjudice moral dont il demande réparation à hauteur de 10000 euros ;
- la suspension illégale des versements lui a causé un préjudice d'anxiété qui peut être établi à hauteur de 5000 euros.
La requête a été communiquée à la CAF des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations en défense.
Par un mémoire, enregistré le 26 septembre 2022, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. B a obtenu l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Pontoise du 6 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code la construction et de l'habitation,
- le code de la sécurité sociale,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée, sur proposition du rapporteur public, a dispensé ce dernier de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique tenue le 28 septembre 2022, en présence de Mme Ambroise, greffière d'audience, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision implicite, née le 8 août 2020 du silence gardé par le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine sur le recours préalable formé par M. B par courrier du 5 juin 2020, reçu le 8 juin 2020, cette autorité a confirmé les décisions du directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine (CAF) du 25 février 2020 mettant fin au droit de M. B au revenu de solidarité active et à la prime d'activité, au motif qu'il ne s'est pas présenté aux rendez-vous fixés à la CAF les 4 et 14 octobre 2019 pour un contrôle de sa situation. Par courrier du 14 janvier 2022, reçu le 17 janvier 2022, M. B a adressé une demande indemnitaire préalable au département des Hauts-de-Seine tendant à l'indemnisation à hauteur de 15000 euros des préjudices moral et d'anxiété qu'il aurait subis du fait de la faute commise par le département en suspendant ses allocations par les décisions du 25 février 2020, lequel a fait l'objet d'une réponse de rejet par courrier du 22 mars 2022. A travers la requête enregistrée sous le n°2101269, M. B demande l'annulation des décisions du 25 février 2020 et à travers la requête enregistrée sous le n°2205954, il demande au tribunal de condamner le département à lui verser la somme de 15000 euros.
2. Les requêtes enregistrées sous les nos 2101269 et 2205954 concernent le même requérant, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
I - En ce qui concerne la requête n°2101269 :
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le département des Hauts-de-Seine :
3. Le département des Hauts-de-Seine soutient que, par décision du 18 juillet 2021, M. B a été rétabli rétroactivement dans ses droits au RSA et à la prime d'activité pour la période courant du 1er novembre 2019 au 31 mai 2021, pendant laquelle lesdits droits avaient été suspendus par les deux décisions attaquées du 25 février 2020. Toutefois, la circonstance que M. B se soit vu reverser les sommes qu'il aurait dû percevoir pendant la période pendant laquelle ses droits ont été suspendus est sans incidence sur la légalité des décisions de suspension du 25 février 2020 qui n'ont pas été retirées de l'ordonnancement juridique. Par suite, les conclusions à fin d'annulation desdites décisions n'ont pas perdu leur objet et il y a toujours lieu d'y statuer.
Sur l'indu de revenu de solidarité active :
4. En premier lieu, il appartient au tribunal administratif saisi d'une demande dirigée contre une décision suspendant le versement de l'allocation de revenu de solidarité active, radiant le demandeur de la liste des bénéficiaires de cette allocation ou lui refusant l'ouverture des droits au bénéfice de cette allocation, non pas d'apprécier la légalité de cette décision, mais de se prononcer sur les droits du demandeur à cette allocation jusqu'à la date à laquelle il statue compte tenu de la situation de droit ou de fait applicable au cours de cette période. Au vu de ces éléments, il appartient au juge d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement. Il en résulte que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation d'un tel acte, en tant qu'il tend à établir l'existence d'un vice propre de cette décision, est inopérant. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-16 du code de l'action sociale et des familles : " Le service du revenu de solidarité active est assuré, dans chaque département, par les caisses d'allocations familiales et, pour leurs ressortissants, par les caisses de mutualité sociale agricole ". Le cinquième alinéa de l'article L. 262-40 du code de l'action sociale et des familles dispose que les organismes chargés du versement du revenu de solidarité active " réalisent les contrôles relatifs au revenu de solidarité active selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale ". Selon le premier alinéa de l'article L. 114-9 du code de la sécurité sociale, les directeurs des caisses d'allocations familiales " sont tenus, lorsqu'ils ont connaissance d'informations ou de faits pouvant être de nature à constituer une fraude, de procéder aux contrôles et enquêtes nécessaires () ". Aux termes de l'article L. 114-21 du même code : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande ".
6. Il résulte de ces dispositions que les caisses d'allocations familiales et les caisses de mutualité sociale agricole, chargées du service du revenu de solidarité active réalisent les contrôles relatifs à cette prestation d'aide sociale selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale, au nombre desquels figurent le droit de communication instauré par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale au bénéfice des organismes de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations qu'ils servent, ainsi que les garanties procédurales qui s'attachent, en vertu de l'article L. 114-21 du même code, à l'exercice de ce droit par un organisme de sécurité sociale.
7. Il incombe ainsi à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au revenu de solidarité active ou de récupérer un indu de revenu de solidarité active tant de la teneur que de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. L'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale institue ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces articles par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.
8. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête établi le 6 janvier 2020, que la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, dans le cadre de l'exercice de son droit de communication auprès de l'établissement bancaire de M. B, a obtenu les relevés de compte de l'intéressé. Il ressort des mentions de ce même rapport, que M. B n'a été informé ni par écrit ni oralement tant de la teneur que de l'origine des renseignements obtenus par la caisse via l'exercice de son droit de communication. Toutefois, l'exercice de ce droit de communication est demeuré sans conséquence sur la situation de l'intéressé, dès lors que les décisions de suspension des droits au revenu de solidarité active et à la prime d'activité ont été prises faute de manifestation de l'allocataire, faisant obstacle à la vérification de ses conditions d'éligibilité au bénéfice de ces prestations, et non en considération de ses ressources. En outre, eu égard à la teneur des renseignements obtenus, nécessairement connus de M. B, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de la garantie instituée par l'article L.114-21 du code de la sécurité sociale. Par suite, la méconnaissance de ces dispositions demeure sans conséquence sur le bien-fondé des décisions en litige.
9. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. " Et aux termes de l'article R. 262-40 du même code : " Le président du conseil général met fin au droit au revenu de solidarité active et procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active, selon les cas : / 1° Dans les délais fixés à l'article R. 262-35 lorsque les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies () ". L'article R. 262-35 précise que le revenu de solidarité active cesse d'être dû à compter du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies. Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 de ce code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. " ;
10. Il ressort du courrier du 16 novembre 2019 adressé à M. B que, pour mettre fin aux droits de ce dernier à la prime d'activité et au revenu de solidarité active à compter du mois de novembre 2019, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a relevé qu'elle n'avait pu procéder à des contrôles les 4 et 14 octobre 2019 en raison de la non-présentation de l'intéressé aux rendez-vous fixés à ces dates dans ses locaux. Si M. B justifie cette absence par la circonstance qu'il n'aurait été informé de ces rendez-vous par aucun message sur l'espace personnel dont il dispose sur le site de la CAF, il ressort toutefois des mentions figurant dans le rapport d'enquête établi le 6 janvier 2020 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, qu'aucun des contrôles n'a été effectué de manière inopinée, ce dont il doit être déduit que M. B en avait nécessairement été informé. Il ressort également du courriel adressé par M. B à la CAF en date du 21 novembre 2019, que l'intéressé a reçu, dans son " compte " sur le site internet de la CAF, le courrier de cet organisme du 16 novembre 2019 l'informant de ce que ses droits aux RSA et à la prime d'activité étaient suspendus en raison de son absence aux convocations des 4 et 14 octobre 2019. Au demeurant, les nombreux échanges de courriels que le requérant produit avec les agents de la CAF révèlent une communication ininterrompue avec ces services. Par ailleurs, et alors que M. B précise à travers le courriel qu'il a adressé à la CAF le 4 décembre 2019, qu'il ne disposait pas d'un logement stable à compter du mois d'août 2019, il indique, dans un courriel en date du 2 janvier 2020 : " je n'avais pas signalé le changement d'adresse en octobre 2019 ". L'intéressé reconnaît donc lui-même avoir manqué à son obligation de déclaration de tout changement de résidence et de situation. Il résulte également de l'instruction que M. B s'est finalement doté d'une adresse postale auprès du centre communal d'action sociale de la commune de Courbevoie, à compter du 4 décembre 2019, et a présenté une nouvelle demande d'allocation, le 12 février 2021, qui lui a été accordée à l'issue des conclusions du rapport d'enquête établi le 18 juin 2021 à l'issue d'un entretien. Enfin, les circonstances que M. B n'aurait jamais manqué à son obligation de déclaration de ses ressources et qu'un délai de trois mois lui aurait été nécessaire pour être informé de ce qu'il pouvait disposer d'une domiciliation postale au centre communal d'action sociale de la commune de Courbevoie, sont sans incidence sur le bien-fondé des décisions attaquées. Il suit de là que la justification avancée par M. B pour ne pas s'être présenté dans les locaux de la CAF en vue de procéder à un contrôle de sa situation, tenant à l'absence d'information quant auxdits contrôles, ne peut être tenue pour établie.
11. En quatrième lieu, à travers ses dernières écritures, M. B allègue, sans assortir cette affirmation de la moindre pièce, que le rappel de revenu de solidarité active, à hauteur de 9743,52 euros, qui lui a été accordé par la CAF par décision du 18 juillet 2021, sur la période courant du 1er novembre 2019 au 31 mai 2021, serait erroné. Néanmoins, à supposer cette affirmation exacte, un tel moyen, qui tend à la contestation du bien-fondé de la décision du 18 juillet 2021, est sans incidence sur celui de l'arrêt du versement des prestations, décidé par les décisions du 25 février 2020 en litige.
12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'établit pas le caractère infondé de la suspension de ses prestations par décisions du 25 février 2020.
13. En cinquième lieu, si M. B fait valoir que l'illégalité des décisions en litige caractérise une faute de nature à engager la responsabilité du conseil départemental des Hauts-de-Seine à son égard, il ne présente, à travers la présente requête, aucune conclusion tendant à la condamnation de ce département. Les moyens tirés de l'existence d'un préjudice financier et d'un préjudice moral ne peuvent donc qu'être écartés.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la présente requête ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le département des Hauts-de-Seine.
II - En ce qui concerne la requête n°2205954 :
15. En premier lieu, pour le motif énoncé au point 4 du présent jugement, le moyen tiré de ce que les décisions du 25 février 2020 par lesquelles le directeur de la CAF des Hauts-de-Seine a mis fin aux droits de M. B au revenu de solidarité active et à la prime d'activité seraient insuffisamment motivées doit être écarté comme inopérant.
16. En deuxième lieu, pour mettre en cause la responsabilité du département des Hauts-de-Seine, M. B se borne à invoquer l'illégalité fautive des décisions du 25 février 2020 mettant fin à ses droits à percevoir le revenu de solidarité active et la prime d'activité, lesquelles seraient entachées d'erreur de droit et procèderaient d'une erreur manifeste d'appréciation. Pour les motifs énoncés au point 10 du présent jugement, le requérant ne démontre pas que les décisions qu'il conteste seraient infondées.
17. Il résulte de ce qui précède que M. B n'établit aucune faute du département des Hauts-de-Seine pour avoir mis fin aux droits qui lui avaient été accordés au bénéfice du RSA et de la prime d'activité à compter du 1er novembre 2019, par les décisions du 25 février 2020. En l'absence de toute faute du département, le requérant n'est pas fondé à solliciter l'indemnisation des préjudices qu'il invoque.
18. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation de la requête doivent être rejetées, ainsi que, en conséquence, les conclusions présentées au titre des frais de procédure.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2101269 et 2205954 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Bautes et au département des Hauts-de-Seine.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 12 octobre 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. C
La greffière,
signé
M-J. Ambroise
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2101269 et 2205954
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026