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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2102763

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2102763

vendredi 2 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2102763
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation10ème Chambre (JU)
Avocat requérantMOUTOUSSAMY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 24 février 2021 et le 9 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Moutoussamy, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine a rejeté son recours préalable obligatoire exercé à l'encontre de la décision du 12 octobre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine lui a réclamé un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 13 977,25 euros et a rejeté sa demande de remise gracieuse de dette ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable de la CAF des Hauts-de-Seine a rejeté son recours préalable exercé à l'encontre des décisions des 12, 17 et 18 octobre 2020 par lesquelles la CAF des Hauts-de-Seine lui a réclamé des indus de prime d'activité et de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant total de 1 845,44 euros et a rejeté sa demande de remise gracieuse de dette ;

3°) d'enjoindre à l'Etat, à la CAF des Hauts-de-Seine et au département des Hauts-de-Seine de lui rembourser les montants prélevés ;

4°) de lui accorder une remise de dette ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat, de la CAF des Hauts-de-Seine et du département des Hauts-de-Seine la somme de 816 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- les décisions de la directrice de la CAF des Hauts-de-Seine des 17 et 18 octobre 2020 méconnaissent l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles dès lors que, d'une part, l'avis de la commission de recours amiable n'a pas été sollicité et, d'autre part, la convention de gestion est illégale en ce qu'elle pose comme principe l'absence de consultation de la commission de recours amiable ;

- elle méconnaît l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale ;

- la matérialité des indus n'est pas établie dès lors que l'administration ne précise pas les éléments de calcul de l'indu ni ne produit les éléments comptables retraçant les versements dont elle demande le remboursement ;

- les indus sont prescrits en raison de la prescription biennale et en l'absence d'intention frauduleuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 décembre 2022, le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens du requérant sont infondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, la directrice de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et fait valoir que les du requérant moyens sont infondés.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur proposition du président de la formation de jugement, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Poyet a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B est bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis 2015. Par trois décisions des 12, 17 et 18 octobre 2020, la CAF des Hauts-de-Seine a notifié à l'intéressée un indu de revenu de solidarité active, un indu de prime d'activité, chacun au titre de la période du 1er octobre 2017 au 31 août 2020, et un indu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre des années 2017, 2018 et 2019, d'un montant respectif de 13 977.25 euros, de 1 388.09 euros et de 457.35 euros. Ses recours administratifs préalables, datés du 1er décembre 2020, ont été implicitement rejetés. Mme B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions et la remise gracieuse de ses dettes.

En ce qui concerne l'indu de revenu de solidarité active et de prime d'activité :

Sur la légalité externe des décisions contestées :

2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil général. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 242-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat ".

3. La convention de gestion du revenu de solidarité active conclue le 18 janvier 2021 entre le département des Hauts-de-Seine et la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine prévoit, en son article 15, que le conseil départemental examine les recours administratifs des allocataires sans soumettre au préalable les dossiers pour avis à la caisse d'allocations familiales. Dans ces conditions, la consultation de cette commission n'était pas obligatoire et le président du conseil départemental pouvait, sans priver Mme B d'une garantie, statuer sur ses recours administratifs sans les soumettre pour avis à la commission de recours amiable. En outre, la décision attaquée n'a pas été prise pour l'application de la convention de gestion et les dispositions de cette convention n'en constituent pas davantage la base légale. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision mettant un indu à sa charge a été prise au terme d'une procédure irrégulière du fait de l'illégalité des stipulations de la convention précitée. Au surplus, d'éventuels vices de procédure dans la procédure de constatation de l'indu sont sans incidence sur le bien-fondé de la créance en litige. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine préalable de la commission de recours amiable instituée par les dispositions précitées, qui est inopérant, doit être écarté.

4. En deuxième lieu, la décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre du RSA ou de la prime d'activité est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.

5. En l'espèce, la décision du 12 octobre 2020 mentionne la nature de la prestation indue, c'est-à-dire le RSA et les prestations familiales, le montant des sommes réclamées, soit 15 467.61 euros, et le motif de l'indu, à savoir que Mme B avait résidé hors de France au moins depuis 2017. Elles sont, par suite, suffisamment motivées.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale : " Le droit de communication permet d'obtenir, sans que s'y oppose le secret professionnel, les documents et informations nécessaires : / 1° Aux agents des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations servies par lesdits organismes ; () ". Aux termes de l'article L. 114-21 du même code : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande ".

7. Il résulte de ces dispositions que les caisses d'allocations familiales peuvent faire usage, pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement de ces prestations, du droit de communication instauré par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale, en respectant les garanties procédurales qui s'attachent, en vertu de l'article L. 114-21 du même code, à l'exercice de ce droit par un organisme de sécurité sociale. Il incombe ainsi à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au revenu de solidarité active ou de récupérer un indu de ces prestations, tant de la teneur que de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée.

8. Enfin, les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale instituent une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, leur méconnaissance par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.

9. En l'espèce, il ressort du rapport de contrôle, rédigé le 2 octobre 2020, que Mme B a été informée de son droit d'apporter toutes précisions, modifications ou rectifications par tous moyens ou de contester le rapport ainsi que de la faculté pour la caisse d'allocations familiales de mettre en œuvre le droit de communication, prévu aux articles L.114-19 et suivants du code de la sécurité sociale, et de son droit à obtenir la communication des documents obtenus des tiers, si le contrôle aboutit à un recouvrement ou à la suppression de la prestation. En outre, il résulte de l'instruction que les indus de revenu de solidarité active résultent de l'existence de séjours en Allemagne du 5 janvier 2017 au 18 août 2020, dont Mme B a reconnu elle-même l'existence le 16 octobre 2020. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions prévues par l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit être écarté.

Sur la légalité interne des décisions contestées :

10. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ". Et aux termes de l'article L.121-7 du même code : " Sont à la charge de l'Etat au titre de l'aide sociale : () 3° Les aides de fin d'année qui peuvent être accordées par l'Etat aux allocataires du revenu de solidarité active ainsi qu'aux bénéficiaires de certaines allocations mentionnées à l'article L. 5423-24 du code du travail ou se substituant à ces dernières ; () ".

11. D'autre part, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article R. 842-1 du même code : " Pour l'application de l'article L. 842-1, est considérée comme résidant en France de manière stable et effective la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 du code de l'action sociale et des familles ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée ".

12. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête de la CAF des Hauts-de-Seine du 2 octobre 2020, que les décisions attaquées ont pour origine les séjours prolongés hors de France de la requérante à compter de 2017, révélés à la faveur d'un contrôle de sa situation par la CAF, à raison de 164 jours en 2017, 223 jours en 2018, 223 jours en 2019 et 159 jours en 2020. La requérante ne fournit aucune pièce ou justification susceptible de justifier de sa présence en France au cours des périodes litigieuses. Passant plus de trois mois par année civile à l'étranger, elle ne pouvait donc prétendre au versement du revenu de solidarité active et de la prime d'activité qu'au titre des mois complets de présence en France. Dans ces conditions la caisse d'allocations familiales a pu recalculer les droits au versement du revenu de solidarité active et à la prime d'activité dont bénéficiait Mme B, dans des proportions qui ne sont pas contestées, en tenant compte des mois civils complets où elle était présente sur le territoire. Par suite, en application des dispositions précités aux points 10 et 11, la CAF des Hauts-de-Seine a pu légalement mettre à la charge de Mme B les indus de RSA et de prime d'activité en litige, et mettre fin à son droit à la perception de ces allocations.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. ()".

14. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête établi par un agent assermenté, que Mme B a réalisé, de façon répétée et délibérée, de fausses déclarations. Cette seule circonstance fait obstacle à ce qu'elle soit regardée comme étant de bonne foi et, par suite, à ce qu'elle puisse se prévaloir des dispositions citées au point précédent. Dès lors, le moyen tiré de ce que les créances du département des Hauts-de-Seine et de la CAF des Hauts-de-Seine seraient prescrites ne peut qu'être écarté.

15. En troisième lieu, pour le même motif que celui retenu au point précédent, et en tout état de cause, Mme B ne peut se prévaloir de sa bonne foi et d'une présumée situation de précarité pour obtenir une remise de sa dette.

16. Il résulte de tout ce qui précède, que Mme B n'est pas fondée à contester les indus de revenus de solidarité active et de prime d'activité mis à sa charge.

En ce qui concerne l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année :

17. Aux termes de l'article 3 du décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. / Une seule aide est due par foyer. ". Aux termes de l'article 3 du décret du 29 décembre 2019 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code ".

18. Il résulte de ce qui a été dit au point 16 que Mme B n'avait pas droit au revenu de solidarité active au titre des mois de novembre et décembre 2018 et des mois de novembre et décembre 2019. Par suite, l'indu de 304,90 euros d'aide exceptionnelle de fin d'année au titre des années 2018 et 2019 est fondé.

19. Toutefois, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ".

20. Il résulte de l'instruction que si les décisions des 17 et 18 octobre 2020 comportent l'indication des prénom, nom et qualité de son auteur, elles sont dépourvues de sa signature. La caisse d'allocations familiales n'a pas davantage produit une copie de l'original de cette décision comportant une signature. Mme B est par suite fondée à demander l'annulation des décisions des 17 et 18 octobre 2020 par lesquelles la directrice de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a mis à sa charge un indu d'un montant total de 304,90 euros des aides exceptionnelles de fin d'années 2018 et 2019.

21. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation des décisions des 17 et 18 octobre 2020 de la CAF des Hauts-de-Seine lui notifiant un indu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre des années 2018 et 2019. Toutefois, une telle annulation pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte-tenu de la possibilité d'une régularisation par la caisse d'allocations familiales, l'extinction de la créance litigieuse. Par suite et aucun des autres moyens invoqués n'étant susceptible de fonder l'annulation prononcée, celle-ci n'implique pas nécessairement de prononcer la décharge de l'obligation de payer et les conclusions à fin de décharge présentées par Mme B doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

22. Il n'y a pas lieu de mettre une quelconque somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à la charge ni du département des Hauts-de-Seine, qui n'est pas partie perdante, ni, dans les circonstances de l'espèce, de la CAF des Hauts-de-Seine.

D É C I D E :

Article 1er : Les décisions des 17 et 18 octobre 2020 de la CAF des Hauts-de-Seine notifiant à Mme B un indu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre des années 2018 et 2019 sont annulées.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au président du conseil départemental des Hauts-de-Seine et à la caisse d'allocations familiales des Hauts de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.

Le magistrat désigné,

signé

M. Poyet

La greffière,

signé

M.-J. Ambroise

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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