Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2102768

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2102768
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2021, la SCI Maison doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler les titres de perception émis le 4 mars 2019, d'une part, au titre de la taxe d'aménagement pour un montant de 2 866 euros et, d'autre part, au titre de la redevance d'archéologie préventive pour un montant de 313 euros, ainsi que le titre de perception émis le 6 juin 2019 au titre de la taxe d'aménagement pour un montant de 2 884 euros, ensemble la décision implicite de rejet de sa demande de dégrèvement du 2 mai 2019.

2°) de la décharger totalement du paiement de ces sommes.

Elle soutient qu'elle n'est pas redevable de ces sommes dès lors qu'elle s'est déjà partiellement acquitté des mêmes impositions à raison des mêmes constructions du fait du permis de construire PC09202513E0010 du 7 mars 2013 ultérieurement annulé par jugement du 9 juin 2015, dont le permis de construire PC09202517E0038 du 16 mai 2017, fait générateur des impositions contestées, constitue une régularisation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code du patrimoine ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Ausseil,

- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 7 mars 2013, le maire de la commune de Colombes a délivré à la SCI Maison, d'une part, un permis de démolir des bâtiments annexes et, d'autre part, un permis de construire afin d'agrandir une maison individuelle sise 8 avenue Eugénie à Colombes. Par trois titres de perception de 2014 et 2015, le directeur départemental des finances publiques (DDFIP) des Hauts-de-Seine a mis à la charge de la société requérante les sommes de 4 391 euros au titre de la taxe d'aménagement ainsi que de 204 euros au titre de la redevance d'archéologie préventive. Par un jugement du 9 juin 2015 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, l'arrêté du 7 mars 2013 a été annulé.

2. Par un arrêté du 16 mai 2017, le maire de la commune de Colombes a délivré un permis de construire sur la même parcelle. Par trois titres de perception émis le 4 mars et le 6 juin 2019 le directeur départemental des finances publiques des Hauts-de-Seine a mis à la charge de la société requérante, d'une part, au titre de la taxe d'aménagement, une somme de 5 750 euros et, d'autre part, au titre de la redevance d'archéologie préventive, une somme de 313 euros. Par une lettre de réclamation du 2 mai 2019 la SCI Maison a demandé au directeur départemental des finances publiques des Hauts-de-Seine le dégrèvement de ces sommes. Cette réclamation ayant été implicitement rejetée, la SCI Maison demande au tribunal l'annulation de ces titres de perception, de la décision de rejet implicite de sa réclamation ainsi que la décharge des sommes mises à sa charge par ces trois titres exécutoires.

3. D'une part, aux termes de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme applicable à la date du litige : " Les opérations d'aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d'agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute nature soumises à un régime d'autorisation en vertu du présent code donnent lieu au paiement d'une taxe d'aménagement, sous réserve des dispositions des articles L. 331-7 à L. 331-9 ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 524-2 du code du patrimoine applicable à la date du litige : " Il est institué une redevance d'archéologie préventive due par les personnes, y compris membres d'une indivision, projetant d'exécuter des travaux affectant le sous-sol et qui : / a) Sont soumis à une autorisation ou à une déclaration préalable en application du code de l'urbanisme () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 524-12 du même code dans sa version applicable au litige : " Les décharges sont prononcées lorsque les travaux définis à l'article L. 521-1 ne sont pas réalisés par le redevable et que l'opération de diagnostic n'a pas été engagée ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 331-31 du code de l'urbanisme applicable à la date du litige : " En matière d'assiette, les réclamations concernant la taxe d'aménagement sont recevables jusqu'au 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'émission du premier titre de perception ou du titre unique. / Lorsque le contribuable a fait l'objet d'une procédure de rectification, il dispose d'un délai expirant le 31 décembre de la troisième année qui suit celle de la notification de la proposition de rectification pour présenter ses réclamations. / Les réclamations concernant la taxe d'aménagement sont présentées, instruites et jugées selon les règles applicables en matière d'impôts directs locaux ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 524-15 alors applicable de ce code : " Les réclamations concernant la redevance d'archéologie préventive sont présentées, instruites et jugées dans les conditions prévues aux articles L. 331-30 à L. 331-32 du code de l'urbanisme ". Enfin, aux termes de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales : Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / b) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation ; ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190 ; / c) De la réception par le contribuable d'un nouvel avis d'imposition réparant les erreurs d'expédition que contenait celui adressé précédemment ; /d) Au cours de laquelle le contribuable a eu connaissance certaine de cotisations d'impôts directs établies à tort ou faisant double emploi () ".

5. La SCI Maison soutient qu'elle n'est pas redevable de ces sommes dès lors qu'elle s'est déjà partiellement acquittée des mêmes impositions à raison des mêmes constructions du fait du permis de construire PC09202513E0010 du 7 mars 2013 ultérieurement annulé par jugement du 9 juin 2015, dont le permis de construire PC09202517E0038 du 16 mai 2017, fait générateur des créances contestées constitue une régularisation. Il résulte toutefois de l'instruction qu'en application des dispositions précitées, le fait générateur des créances contestées est l'obtention du permis de construire du 16 mai 2017. La circonstance que la société requérante se serait déjà acquittée de la taxe d'aménagement et de la redevance d'archéologie préventive au titre du permis de construire du 7 mars 2013 est sans influence la légalité des créances contestées. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation et de décharge de la requête doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI Maison est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Maison et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie sera adressée au directeur régional et interdépartemental de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France et au directeur départemental des finances publiques des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Buisson, président ;

M. Ausseil, conseiller ;

Mme L'Hermine, conseillère ;

assistés de Mme Pradeau, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

Le rapporteur,

signé

M. Ausseil

Le président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

A. Pradeau

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.