mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103424 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BODSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 mars 2021 et le 1er août 2023, M. B A et Mme C A, représentés par la SEL A et Associés, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2012 et 2013 ;
2°) d'annuler la mise en demeure de payer en date du 11 avril 2016 ;
3°) de leur accorder le sursis de paiement en application de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales.
M. et Mme A soutiennent que :
- l'action en recouvrement est prescrite en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales dès lors qu'ils n'ont reçu aucun document susceptible d'avoir pu interrompre la prescription depuis la naissance de la décision implicite de rejet de leur réclamation aux termes de laquelle ils ont demandé le bénéfice d'un sursis de paiement, soit depuis le 15 novembre 2016 ;
- l'administration ne pouvait légalement remettre en cause l'exonération de taxe sur la valeur ajoutée qui a été pratiquée par la société A et associés ;
- la réintégration, dans le résultat imposable 2012 et 2013 de la société A et associés, de trois factures non comptabilisées, n'est pas fondée ;
- la réintégration, dans le résultat imposable 2012 et 2013 de la société A et associés, des dépenses de réception et de déplacement, n'est pas fondée dès lors que la société requérante a démontré son intérêt à les avoir engagées ;
- la pénalité pour manquement délibéré de la société A et associés n'est pas justifiée.
Par des mémoires en défense enregistrés le 20 mars 2023 et le 25 août 2023, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet des conclusions de la requête.
Le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Richard, rapporteure ;
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société d'exercice libéral d'avocats (SELARL) A et associés a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er juillet 2012 au 31 décembre 2013, période étendue au 31 décembre 2014 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. M. et Mme A ont fait l'objet d'une proposition de rectification en date du 2 octobre 2015 au motif que des revenus distribués issus de la SELARL A et associés leur ont été notifiés dans le cadre de la procédure contradictoire, sur le fondement de l'article 109 du code général des impôts, au titre des années 2012 et 2013. En l'absence d'observation, les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 31 décembre 2015. M. et Mme A ont présenté une réclamation le 15 mai 2016 qui a fait l'objet d'une décision d'acceptation partielle le 11 janvier 2021. M. et Mme A demandent la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquelles ils restent assujettis au titre des années 2012 et 2013 ainsi que l'annulation de la mise en demeure qui leur a été adressée le 11 avril 2016.
2. En premier lieu, le fait, à le supposer établi, que l'action en recouvrement des impositions en cause serait prescrite est sans influence sur la solution du litige qui est relatif au bien-fondé desdites impositions.
3. En deuxième lieu, M. et Mme A contestent la remise en cause par l'administration de l'exonération de taxe sur la valeur ajoutée des prestations effectuées pour des clients étrangers de la SELARL A et associés. Toutefois, il résulte de l'instruction que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée collectée litigieux n'ont pas fait l'objet d'une imposition en tant que revenus distribués entre les mains de M. et Mme A. Par conséquent, les requérants ne peuvent utilement invoquer ce fait pour contester les cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à leur charge.
4. En troisième lieu, M. et Mme A contestent la réintégration dans le résultat imposable de la SELARL A et Associés de trois factures non comptabilisées en 2012 et 2013. Toutefois, il résulte de l'instruction que ces rectifications n'ont pas fait l'objet d'une imposition en tant que revenus distribués entre les mains de M. et Mme A. Par conséquent, les requérants ne peuvent pas davantage utilement invoquer ce fait pour contester les cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à leur charge.
5. En quatrième lieu, d'une part, les requérants se sont abstenus de répondre à la proposition de rectification dans le délai de trente jours qui leur était imparti. Dès lors, en vertu des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, ils ne peuvent obtenir, par la voie contentieuse, la décharge ou la réduction des impositions mises à leur charge qu'en apportant la preuve de l'exagération des bases retenues par l'administration.
6. D'autre part, si M. et Mme A contestent les revenus distribués réintégrés par l'administration et résultant de la remise en cause de la déduction au titre des charges des exercices 2012 et 2013 de la SELARL A et associés de divers frais de réception et de déplacement, ils n'apportent pas la preuve qui leur incombe de la déductibilité de ces charges. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté.
7. En cinquième lieu, M. et Mme A ne peuvent utilement, dans la présente instance, contester l'application des pénalités pour manquement délibéré qui ont été appliquées à la SELARL A et associés.
8. En dernier lieu, le présent jugement se prononçant sur le fond de l'affaire, les conclusions de la requête tendant au sursis de paiement de l'imposition contestée se trouvent ainsi privées d'objet et ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme C A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
Mme Richard, première conseillère ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
La rapporteure,
signé
A. RICHARD
Le président,
signé
C. HUONLa greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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