mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103497 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SYLVAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2021, la SCI BATI ANIL, représentée par Me Sylvain, avocat, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 à 2017, ou à défaut de prononcer la réduction de ces impositions à hauteur de 6 851 euros pour 2015, de 895 euros pour 2016 et de 1 193 euros pour 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SCI BATI ANIL soutient que :
- elle ne peut pas être imposée à l'impôt sur les sociétés, dès lors qu'elle se borne à encaisser des loyers pour le compte de ses deux associés et a donc une activité purement civile ;
- l'administration fiscale, qui accepté de prendre en compte certaines sommes au titre des charges déductibles du revenu de ses associés, aurait dû diminuer ses propres bénéfices reconstitués à hauteur des mêmes montants.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par la SCI BATI ANIL ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. À la suite du contrôle sur place des documents comptables dont a fait l'objet la SCI BATI ANIL, qui a pour activité déclarée l'achat, la vente et la construction de biens immobiliers, pour la période 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, l'administration fiscale, constatant que l'activité effectivement exercée par cette société ne correspondait pas à son objet social et qu'elle relevait, en application du 2. de l'article 206 du code général des impôts, de l'impôt sur les sociétés, lui a notifié, par une proposition de rectification du 6 décembre 2018, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2015 à 2017. La réclamation, du 5 décembre 2019, présentée par la requérante en vue d'obtenir le dégrèvement de ces impositions supplémentaires, a été rejetée par l'administration fiscale le 5 janvier 2021. La SCI BATI ANIL demande au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2015 à 2017, ou à défaut la réduction de ces impositions à hauteur de 6 851 euros pour 2015, de 895 euros pour 2016 et de 1 193 euros pour 2017.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
Sur la charge de la preuve :
2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. ".
3. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que la société requérante n'a pas répondu à la proposition de rectification qui lui a été régulièrement adressée le 6 décembre 2018. Dans ces conditions, la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions en litige incombe à la requérante.
Sur le bien-fondé des impositions :
4. Aux termes de l'article 206 du code général des impôts : " " () 2. Sous réserve des dispositions de l'article 239 ter, les sociétés civiles sont également passibles dudit impôt () si elles se livrent à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35 () ". Aux termes de l'article 34 du même code : Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par des personnes physiques et provenant de l'exercice d'une profession commerciale, industrielle ou artisanale () ". Aux termes de l'article 35 de ce code : " I. - Présentent également le caractère de bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par les personnes physiques désignées ci-après : / 1° Personnes qui, habituellement, achètent en leur nom, en vue de les revendre, des immeubles, des fonds de commerce, des actions ou parts de sociétés immobilières ou qui, habituellement, souscrivent, en vue de les revendre, des actions ou parts créées ou émises par les mêmes sociétés () ". Enfin aux termes de l'article 239 ter du code général des impôts : " I. - Les dispositions du 2 de de l'article 206 ne sont pas applicables aux sociétés civiles créées après l'entrée en vigueur de la loi n° 64-1278 du 23 décembre 1964 et qui ont pour objet la construction d'immeubles en vue de la vente () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'une société civile exerçant l'une des activités visées à l'article 35 du code général des impôts est en principe assujettie à l'impôt sur les sociétés, sauf à ce que, sous les conditions prévues à l'article 239 ter de ce code, elle ait pour objet la construction d'immeubles en vue de la vente. Ce régime dérogatoire s'applique aux sociétés civiles qui, tout en remplissant les conditions exigées par ces dispositions, ne se livrent pas effectivement, en plus des opérations de construction-vente et réserve faite, le cas échéant, des opérations accessoires à cette activité, à d'autres opérations qui, si elles étaient effectuées isolément, auraient pour conséquence la soumission de ces sociétés à l'impôt sur les sociétés en application des dispositions combinées des articles 206 et 35 du code général des impôts.
5. Si la SCI BATI ANIL a pour activité déclarée l'achat, la vente, et la construction de biens immobiliers, alors qu'au demeurant une telle activité fait partie de celles visées au 1° de l'article 35 du code général des impôts, il résulte de l'instruction que cette société, qui n'a procédé à l'achat que d'un terrain nu depuis sa constitution, exerce en réalité une activité d'agent d'affaires, dès lors qu'elle s'occupe de la mise en location d'immeubles appartenant à ses associés, avec qui elle est liée par un mandat de gestion locative prévoyant une rémunération mensuelle de 1 000 euros, et de la perception des loyers correspondants. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que l'activité de la SCI BATI ANIL est à l'origine de revenus propres, dès lors que l'administration fiscale a identifié dans les comptes de cette société, outre les sommes versées par les locataires de ses associés, des sommes versées par des tiers non locataires et des sociétés exerçant une activité dans le domaine du bâtiment. Si la société requérante fait valoir que ces sommes non identifiées correspondent en réalité à des loyers payés par des tiers, en subrogation des locataires, et que son activité est purement civile, elle ne l'établit pas. Dans ces conditions, la SCI BATI ANIL doit être regardée comme exerçant une activité commerciale, et l'administration fiscale était, par suite, fondée, en application du 2. de l'article 206 du code général des impôts, à soumettre ses résultats à l'impôt sur les sociétés.
6. La circonstance que l'administration fiscale ait accepté de déduire certaines charges des revenus fonciers des associés de la SCI BATI ANIL est sans incidence sur l'impôt sur les sociétés dû par cette dernière, dès lors que l'administration fiscale n'a pas pris en compte les sommes inscrites au crédit des comptes de la société requérante, et correspondant aux loyers collectés, dans le calcul de son résultat imposable.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de réduction et de décharge présentées par la SCI BATI ANIL doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la SCI BATI ANIL doivent, par suite, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI BATI ANIL est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI BATI ANIL et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme A et M. Villette, conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
Le rapporteur,
signé
G. VILLETTE
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026