vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103737 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er mars 2021 au greffe du Tribunal administratif de Montreuil, la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE, représentée par Me Lenczer et Me Teixeira, avocats, demande à ce Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2013 et 2014 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2014, ainsi que des majorations et pénalités correspondantes ;
2°) d'assortir les remboursements à intervenir des intérêts moratoires conformément aux dispositions de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 16 mars 2021, la présidente de la 7ème chambre du Tribunal administratif de Montreuil a renvoyé le dossier de la requête de la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE au Tribunal administratif de Cergy-Pontoise en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 28 décembre 2021 et un mémoire récapitulatif enregistré le 31 mars 2023, la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE, représentée par Me Lenczer et Me Teixeira, conclut aux mêmes fins que la requête.
La SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la procédure est irrégulière, dès lors que l'interlocuteur départemental n'a pas été saisi, malgré une demande en ce sens ;
- l'administration a intégré à tort, dans les rappels de taxe sur la valeur ajoutée, la somme totale de 22 596 euros, à raison d'erreurs dans le décompte de la taxe encaissée fournie en annexe II de la proposition de rectification et de facturation ;
- les sommes versées à la société Eurologic Services sont déductibles à hauteur de 30 209 euros au titre de l'exercice 2013 et 27 146 euros au titre de l'exercice 2014, dès lors qu'elles correspondent à des prestations informatiques spécifiques exécutées conformément aux stipulations des conventions signées les 2 novembre 2008 et 25 novembre 2013 ;
- c'est à tort que l'administration a remis en cause la déduction des frais de déplacements de son directeur général, engagés par la société Eurologic Services ;
- les frais de voyage de son président et de deux associés de la société GI.BI Real Estate sont déductibles ;
- l'administration fiscale n'est pas fondée à remettre en cause la déductibilité des provisions pour dépréciation de créances et des créances irrécouvrables détenues sur sa société sœur Global Services Automotive Benelux au motif qu'elle aurait commis un acte anormal de gestion, dans la mesure où elle avait un intérêt propre à lui consentir des avances avec intérêts afin que l'activité de sa société sœur, en difficultés financières, se développe ;
- les frais de déménagement ont été engagés dans l'intérêt direct de l'entreprise afin d'assurer le transport de marchandises stockées au sein d'un entrepôt belge vers un autre ;
- les frais d'assistance engagés sont déductibles dès lors qu'ils ont été engagés pour le suivi de dossiers contentieux ;
- les prestations d'évaluation de matériel facturées par la société Topoplan sont déductibles ;
- l'administration fiscale n'apporte pas la preuve de l'existence d'un manquement délibéré justifiant la majoration de 40% qui lui a été appliquée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 30 septembre 2021 et 4 février 2022, l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France, conclut au rejet de la requête.
L'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France, fait valoir que les moyens invoqués par la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Louazel, conseillère ;
- les conclusions de M. Prost, rapporteur public ;
- et les observations de Me Texeira.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE, qui a pour activité l'entreposage et le stockage de marchandises et des prestations dans le domaine de la logistique et du transport de pneus, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2014. Elle s'est vu notifier, par une proposition de rectification du 21 décembre 2015, selon la procédure de rectification contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2012, ainsi que des majorations et pénalités correspondantes, et, par une proposition de rectification du 11 juillet 2016, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des années 2013 et 2014, ainsi que des majorations et pénalités correspondantes. Par une réclamation préalable en date du 22 juillet 2020, implicitement rejetée, la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE a demandé le dégrèvement des cotisations supplémentaires mises à sa charge. La SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE demande au Tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 10 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Avant l'engagement d'une des vérifications prévues aux articles L. 12 et L. 13, l'administration des impôts remet au contribuable la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ; les dispositions contenues dans la charte sont opposables à l'administration. ". La charte des droits et obligations du contribuable vérifié remise au contribuable prévoit que : " En cas de difficultés, vous pouvez vous adresser à l'inspecteur divisionnaire ou principal et ensuite à l'interlocuteur désigné par le directeur. Leur rôle vous est précisé plus loin () Vous pouvez les contacter pendant la vérification ". Elle précise qu'en cas de désaccord avec le vérificateur, le contribuable peut saisir l'inspecteur divisionnaire ou principal. Elle énonce, à cet égard : " Si le vérificateur a maintenu totalement ou partiellement les rectifications envisagées, des éclaircissements supplémentaires peuvent vous être fournis si nécessaire par l'inspecteur divisionnaire ou principal. ". Elle énonce ensuite : " Si, après ces contacts des divergences importantes subsistent, vous pouvez faire appel à l'interlocuteur spécialement désigné par le directeur dont dépend le vérificateur. ".
3. Il résulte de ces dispositions que, lorsque des désaccords subsistent entre l'administration et le contribuable sur les redressements envisagés, il est loisible au contribuable, s'il s'y croit fondé, de faire appel à l'interlocuteur départemental, aussi bien avant la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires qu'après que cette commission, saisie par ailleurs, a rendu son avis et, dans cette dernière hypothèse, jusqu'à la date de la mise en recouvrement de l'impôt. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que la demande de saisine de l'interlocuteur départemental soit, dans le cas où elle est formée par le contribuable avant la saisine de la commission départementale, subordonnée à la réalisation ultérieure d'une condition tenant à ce que l'avis de celle-ci soit défavorable au contribuable ou qu'elle se déclare incompétente pour connaître du litige. L'administration n'entache pas d'irrégularité la procédure d'établissement de l'impôt en s'abstenant de donner suite à une telle demande conditionnelle de saisine de l'interlocuteur départemental, qui ne peut être regardée comme régulièrement formée.
4. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 16 novembre 2016, la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE a demandé à ce que son désaccord soit porté devant la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires puis, s'il devait persister, devant l'interlocuteur départemental. Dans ces conditions, en s'abstenant de donner suite à une telle demande conditionnelle, l'administration n'a pas entaché d'irrégularité la procédure qui ne peut être regardée comme régulièrement formée. Par suite, le moyen tiré de ce que la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE aurait été privée de la possibilité de saisir l'interlocuteur départemental doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
5. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. - 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération () II. - 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : / a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures () 2. La déduction peut être opérée : / a) Pour les livraisons de biens et les prestations de services, si les redevables sont en possession des factures () ".
6. La SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE ne produit aucune facture ni aucun élément de nature à justifier le montant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée dont elle se prévaut. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge des droits de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2014.
7. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'oeuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire. / Toutefois les rémunérations ne sont admises en déduction des résultats que dans la mesure où elles correspondent à un travail effectif et ne sont pas excessives eu égard à l'importance du service rendu. Cette disposition s'applique à toutes les rémunérations directes ou indirectes, y compris les indemnités, allocations, avantages en nature et remboursements de frais () 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice () Les provisions qui, en tout ou en partie, reçoivent un emploi non conforme à leur destination ou deviennent sans objet au cours d'un exercice ultérieur sont rapportées aux résultats dudit exercice. Lorsque le rapport n'a pas été effectué par l'entreprise elle-même, l'administration peut procéder aux rectifications nécessaires dès qu'elle constate que les provisions sont devenues sans objet () 5. Sont également déductibles les dépenses suivantes : / a. Les rémunérations directes et indirectes, y compris les remboursements de frais versés aux personnes les mieux rémunérées ; / b. Les frais de voyage et de déplacements exposés par ces personnes () ".
8. Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant la juridiction administrative, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, aux contribuables, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'ils entendent déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Les contribuables apportent cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où les contribuables s'acquittent de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour les contribuables ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
9. La SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE conteste la remise en cause par l'administration fiscale de la déductibilité des sommes versées à la société Eurologic Services, en contrepartie de prestations informatiques. Toutefois, en se bornant à produire des contrats conclus les 2 novembre 2008 et 25 novembre 2013 avec la société Eurologic Services dont l'objet est, pour partie, l'assistance informatique, un contrat d'assistance technique signé le 20 octobre 2011 entre cette société et un tiers, ainsi que des copies de courriels, pour la plupart non datés, la société requérante ne justifie ni de la réalité des prestations en cause ni du montant des charges qu'elle entend déduire. L'intéressée n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a remis en cause la déductibilité d'une telle dépense.
10. Si la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE soutient qu'elle était fondée à déduire de son bénéfice imposable les frais de déplacements de son directeur général engagés par la société Eurologic Services, elle ne produit aucun élément justifiant du montant et de la preuve des frais en cause ou des missions auxquelles ils se rattachent. Elle ne conteste pas davantage que ces charges font double emploi avec la prise en charge des frais de déplacement qu'elle assure. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a refusé la déduction de ces frais sur le fondement du 1. de l'article 39 du code général des impôts au titre des exercices clos en 2013 et 2014.
11. Pour justifier de la déductibilité des frais de déplacement de son président et de deux associés de la société GI.BI Real Estate, la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE se prévaut d'opérations de gestion commerciale et de prospection de clientèle réalisées par les intéressés. Il résulte toutefois de l'instruction que le président de la société a transféré tous ses pouvoirs de direction à son directeur général, qui assure ainsi la direction effective de la société et est en charge de sa gestion. La requérante n'apporte pas davantage d'éléments de nature à établir que les déplacements effectués par les associés de la société GI.BI Real Estate ont été engagés dans l'intérêt de l'entreprise. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a réintégré ces sommes aux résultats des exercices au titre desquelles elles avaient été déduites.
12. Il résulte des dispositions citées au point 7 du présent jugement que, pour être admises en déduction du bénéfice imposable, les charges doivent avoir été exposées dans l'intérêt direct de l'entreprise ou se rattacher à sa gestion normale, correspondre à une charge effective et être appuyées de justificatifs. Il en résulte également qu'une entreprise peut valablement porter en provisions et déduire des bénéfices imposables d'un exercice des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement par elle, à la condition que ces pertes ou charges soient nettement précisées quant à leur nature et susceptibles d'être évaluées avec une approximation suffisante, qu'elles apparaissent comme probables eu égard aux circonstances constatées à la date de clôture de l'exercice et qu'elles se rattachent aux opérations de toute nature déjà effectuées, à cette date, par l'entreprise.
13. Par ailleurs, une société qui consent des avantages non conformes aux usages commerciaux à des sociétés qui lui sont juridiquement étrangères, alors même qu'elles ont le même actionnaire majoritaire qu'elle et appartiennent ainsi au même groupe, poursuit des fins étrangères à son intérêt propre. Les charges qu'elle supporte dans ces conditions ne sont pas déductibles de ses bénéfices imposables.
14. Il est constant que le service a rejeté, d'une part, la déduction des pertes constatées, au titre de l'année 2014, sur les créances détenues sur la société Global Services Automotive Benelux à hauteur de 1 093 517 euros, composées d'avances en trésorerie et de frais de loyers et charges annexes résultant d'un contrat de sous-location d'un entrepôt situé en Belgique conclu entre les intéressées et, d'autre part, la déduction des provisions constituées sur ces créances, à hauteur de 261 785 euros au titre de l'année 2013 et de 25 738 euros au titre de l'année 2014.
15. L'administration fait valoir que ces charges se rattachent à une gestion anormale dans la mesure où la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE s'est appauvrie à des fins étrangères à son intérêt propre. En se bornant à se prévaloir des difficultés financières de sa société sœur et de la nécessité de développer l'activité du groupe, la requérant ne produit aucun élément de nature à renverser la présomption d'anormalité de gestion s'agissant des aides entre sociétés sœurs. Par suite, l'administration était fondée à réintégrer ces provisions et créances dans les résultats de la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE au titre de l'exercice clos au 31 décembre 2014.
16. Il résulte de l'instruction que la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE a également pris en charge les frais de déménagement de matériel appartenant à sa société sœur à hauteur de 31 130 euros. Pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être évoqués, ces dépenses ne peuvent être regardées comme ayant été engagées dans l'intérêt de la société requérante. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a procédé aux rectifications litigieuses.
17. Si la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE soutient que les frais d'assistance et d'évaluation de matériel ont été engagées dans son intérêt direct, elle n'apporte aucun élément de nature à en justifier, ni même à établir de la réalité de ces charges. La requérante n'est par suite pas fondée à soutenir que l'administration fiscale ne pouvait pas légalement lui refuser la déductibilité des charges en litige.
En ce qui concerne les pénalités :
18. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.
19. Pour justifier du bien-fondé de la pénalité pour manquement délibéré, l'administration fiscale s'est fondée sur la nature et l'importance du montant des charges déduites par la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE en l'absence d'intérêt propre. Elle a, en particulier, relevé que la requérante ne pouvait ignorer que les avances, au montant au demeurant disproportionné, concédées à sa société sœur ne seraient jamais recouvrées alors qu'elle avait perdu son unique client. Dans ces conditions, et alors que la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE se borne à soutenir qu'aucun manquement ne peut être retenu à son encontre, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, du manquement délibéré de l'intéressée et, par suite, du bien-fondé des pénalités qui ont été mises à sa charge, en application de l'article 1729 précité du code général des impôts.
20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge ou, à titre subsidiaire, aux fins de réduction présentées par la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS GLOBAL SERVICES AUTOMOTIVE et à l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 13 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2024.
La rapporteuse,
signé
M. LOUAZEL
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026