vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103864 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LAETITIA JOUATTE AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mars 2021, la SA UMALIS GROUP, représentée par Me Jouatte, avocate, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la restitution du crédit d'impôt pour dépenses de recherche qu'elle a déclaré au titre de l'année 2017 pour un montant de 207 892 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SA UMALIS GROUP soutient que :
- son projet innovant est pluridisciplinaire et développe bien une approche en sciences humaines et sociales ;
- aucune analyse n'a été effectuée par l'administration sous l'angle informatique ;
- les dépenses de sous-traitance reposent essentiellement sur l'aspect recherche et développement du projet.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par la SA UMALIS GROUP ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Louazel, conseillère ;
- les conclusions de M. Prost, rapporteur public.
- et les observations de Me Jouatte.
Considérant ce qui suit :
1. La SA UMALIS GROUP, qui a pour activité le portage salarial pour consultants, a demandé, 31 octobre 2019, la restitution d'un crédit d'impôt pour dépenses de recherche effectuées par les entreprises industrielles et commerciales ou agricoles au titre de l'année 2017 sur le fondement des dispositions de l'article 244 quater B du code général des impôts, pour un montant de 207 892 euros. Par une décision du 25 janvier 2021, l'administration a rejeté sa demande. La SA UMALIS GROUP demande au Tribunal la restitution de ce crédit d'impôt pour dépenses de recherche qu'elle a déclaré au titre de l'année 2017.
Sur les conclusions à fin de restitution :
2. Aux termes de l'article L. 45 B du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " La réalité de l'affectation à la recherche des dépenses prises en compte pour la détermination du crédit d'impôt défini à l'article 244 quater B du code général des impôts peut, sans préjudice des pouvoirs de contrôle de l'administration des impôts qui demeure seule compétente pour l'application des procédures de rectification, être vérifiée par les agents du ministère chargé de la recherche et de la technologie () ". Aux termes de l'article 244 quater B du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : / " I. - Les entreprises industrielles et commerciales ou agricoles imposées d'après leur bénéfice réel ou exonérées en application des articles 44 sexies, 44 sexies A, 44 septies, 44 octies, 44 octies A, 44 duodecies, 44 terdecies à 44 sexdecies peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des dépenses de recherche qu'elles exposent au cours de l'année. Le taux du crédit d'impôt est de 30 % pour la fraction des dépenses de recherche inférieure ou égale à 100 millions d'euros et de 5 % pour la fraction des dépenses de recherche supérieure à ce montant () Pour les dépenses mentionnées au k du II, le taux du crédit d'impôt est de 20 % () II. - Les dépenses de recherche ouvrant droit au crédit d'impôt sont : () b) Les dépenses de personnel afférentes aux chercheurs et techniciens de recherche directement et exclusivement affectés à ces opérations / k) Les dépenses exposées par les entreprises qui satisfont à la définition des micro, petites et moyennes entreprises donnée à l'annexe I au règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité et définies comme suit : / 1° Les dotations aux amortissements des immobilisations créées ou acquises à l'état neuf et affectées directement à la réalisation d'opérations de conception de prototypes ou installations pilotes de nouveaux produits autres que les prototypes et installations pilotes mentionnés au a () 6° Les dépenses exposées pour la réalisation d'opérations mentionnées au 1° confiées à des entreprises ou des bureaux d'études et d'ingénierie agréés selon des modalités prévues par décret. () ".
3. Aux termes de l'article 49 septies F de l'annexe III au code général des impôts : " Pour l'application des dispositions de l'article 244 quater B du code général des impôts, sont considérées comme opérations de recherche scientifique ou technique : () b. Les activités ayant le caractère de recherche appliquée qui visent à discerner les applications possibles des résultats d'une recherche fondamentale ou à trouver des solutions nouvelles permettant à l'entreprise d'atteindre un objectif déterminé choisi à l'avance. / Le résultat d'une recherche appliquée consiste en un modèle probatoire de produit, d'opération ou de méthode ; / c. Les activités ayant le caractère d'opérations de développement expérimental effectuées, au moyen de prototypes ou d'installations pilotes, dans le but de réunir toutes les informations nécessaires pour fournir les éléments techniques des décisions, en vue de la production de nouveaux matériaux, dispositifs, produits, procédés, systèmes, services ou en vue de leur amélioration substantielle. Par amélioration substantielle, on entend les modifications qui ne découlent pas d'une simple utilisation de l'état des techniques existantes et qui présentent un caractère de nouveauté. ".
4. Il appartient au juge de l'impôt de constater, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter, que les opérations réalisées par un contribuable remplissent ou non les conditions lui permettant de bénéficier du crédit d'impôt recherche prévu à l'article 244 quater B du code général des impôts.
5. Il résulte de l'instruction que la SA UMALIS GROUP a créé une plateforme informatique interactive, dénommée " BigJobMatching ", en vue de mettre automatiquement en relation des travailleurs indépendants et des entreprises au regard des données existantes sur les uns et les annonces d'emploi déposées par les autres auprès de la société requérante. La SA UMALIS GROUP soutient que cette plateforme, créée grâce aux technologies dites du " big data " et de l'intelligence artificielle, s'entend d'une opération de développement expérimental visant à déboucher sur un nouveau produit ou procédé, ou à améliorer ceux existants. Elle explique que ce logiciel présente ainsi un caractère innovant et permet de réaliser un progrès significatif dans les domaines des nouvelles technologies d'information et de communication ainsi que des sciences humaines et sociales. Elle produit, à cet égard, le dossier justificatif joint à la demande de crédit d'impôt, qui insiste sur l'approche pluridisciplinaire de ce projet. Il ressort toutefois de l'avis de l'expert du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation du 14 novembre 2019, qui a émis un avis défavorable quant à l'éligibilité du projet au crédit d'impôt pour dépenses de recherche, que l'opération ne relève pas du domaine des sciences humaines et sociales, en l'absence d'analyse, sous cet angle, des objectifs, de l'état de l'art et des incertitudes scientifiques et techniques existantes en la matière. Au surplus, la SA UMALIS GROUP n'établit pas, par les seuls éléments qu'elle verse au dossier, que la plateforme conçue apporte une amélioration substantielle par rapport à l'état de l'art et aux techniques existant en 2017 et ont permis de réaliser un progrès significatif dans le domaine des nouvelles technologies d'information et de communication, sans dissiper aucune incertitude scientifique et technique. Il suit de là que, pour ces seuls motifs, la SA UMALIS GROUP n'est pas fondée à demander la restitution du crédit d'impôt litigieux pour les dépenses engagées au titre de l'année 2017.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de restitution de la requête de la SA UMALIS GROUP doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la SA UMALIS GROUP doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SA UMALIS GROUP est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SA UMALIS GROUP et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 13 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024.
La rapporteuse,
signé
M. LOUAZEL
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026