mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103935 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LAGHOUTARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et un mémoire récapitulatif enregistrés les 20 mars 2021, 6 février et 6 mars 2023, M. A Torjman, représenté par Me Laghoutaris, avocat, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes, pour un montant total de 7 924 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 8 640 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
M. Torjman soutient que :
- la proposition de notification que lui a adressée l'administration fiscale est insuffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, les motifs de celle-ci étant inintelligibles ;
- l'administration fiscale a méconnu sa propre doctrine référencée BOI-IOR-10-40, du 12 septembre 2012 ;
- l'administration a fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales en ne lui communiquant pas les pièces sur lesquelles est fondé le redressement ;
- l'administration fiscale a méconnu sa propre doctrine référencée BOI-CF-PGR-30-10 n°s 200 et 210, du 4 octobre 2017 ;
- l'administration fiscale n'apporte aucune preuve de l'appréhension d'une quelconque distribution effectuée par la SAS Merlin ;
- l'administration fiscale a méconnu sa propre doctrine référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-10 n°280, du 12 septembre 2012 ;
- l'administration fiscale n'a pas donné suite à sa demande de saisine du supérieur hiérarchique ;
- il ne pouvait pas se voir appliquer le prélèvement prévu à l'article 117 quater du code général des impôts, dès lors qu'il n'a bénéficié d'aucun revenu distribué.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par M. Torjman ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Villette, conseiller ;
- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. À la suite de la vérification de comptabilité, pour la période du 1er février 2016 au 15 mars 2018, de la SAS Merlin, qui exerçait une activité de marchand de bien, l'administration fiscale a notifié à M. Torjman, président en exercice et associé de cette société, par une proposition de rectification du 11 décembre 2019, des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2016. Ces impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2020. La réclamation du 13 novembre 2020, présentée par le requérant en vue d'obtenir le dégrèvement de ces impositions supplémentaires, a été rejetée le 15 janvier 2021. M. Torjman demande au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes, pour un montant total de 7 924 euros.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile. S'agissant de revenus distribués, cette motivation peut résulter, soit de la reproduction de la teneur de la proposition de rectification adressée à la société distributrice, soit de la jonction de cette proposition de rectification en annexe du document adressé au bénéficiaire des distributions, dès lors du moins que le document concernant la société est lui-même suffisamment motivé.
3. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification adressée à M. Torjman, en date du 11 décembre 2019, précise les dispositions légales retenues comme fondement des impositions en litige, les impôts concernés, l'année d'imposition, le montant des rectifications envisagées et les motifs sur lesquels le service s'est fondé pour rehausser les bases d'imposition. Elle précise, notamment, l'origine des revenus distribués imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers de M. Torjman, à savoir les sommes inscrites au crédit de son compte courant d'associé dans les écritures comptables de la SAS Merlin, dont il n'a pas établi ne pas avoir eu la disposition, ni qu'elles ne correspondraient pas à la mise à disposition d'un revenu. Dans ces conditions, la proposition de rectification critiquée a donc mis le contribuable en mesure de formuler ses observations de façon utile. Par suite, M. Torjman n'est pas fondé à soutenir que la proposition de rectification en date du 11 décembre 2019 serait insuffisamment motivée.
4. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande. ". Il résulte de ces dispositions que le droit pour le contribuable de demander la copie des documents que l'administration a obtenus en exerçant son droit de communication auprès de tiers, à l'occasion d'une procédure de contrôle et dont sont issus des éléments qu'elle a effectivement utilisés pour fonder les rectifications d'impôt.
5. Il résulte de l'instruction que la demande tendant à la communication des documents obtenus de tiers, sur lesquels s'est fondée l'administration pour établir l'imposition en litige, a été présentée par le requérant le 16 mars 2021, après la mise en recouvrement de ces impositions, intervenue le 30 septembre 2020, et était donc tardive. Dès lors, la circonstance que l'administration ne lui aurait pas délivré copie de la totalité de ces documents est, en tout état de cause, sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition.
6. Il ne résulte pas de l'instruction que M. Torjman ait formulé, dans le cadre de la procédure d'imposition concernant ses propres revenus, une quelconque demande tendant à la saisine du supérieur hiérarchique de l'agent vérificateur. Dès lors, M. Torjman n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privé d'une telle garantie.
7. M. Torjman ne saurait utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des instructions référencées BOI-IOR-10-40, du 12 septembre 2012, et BOI-CF-PGR-30-10 n°s 200 et 210, du 4 octobre 2017, qui sont relatives à la procédure d'imposition.
Sur le bien-fondé des impositions :
8. Aux termes du 1 de l'article 109 du code général des impôts : " Sont considérés comme revenus distribués : () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices () ".
9. Les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés sont, sauf preuve contraire, à la disposition de cet associé, et ont donc le caractère de revenus distribués, imposables entre les mains de cet associé dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en vertu du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Pour que l'associé échappe à cette imposition, il lui incombe de démontrer, le cas échéant, qu'il n'a pas pu avoir la disposition de ces sommes ou que ces sommes ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu.
10. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a identifié les sommes de 60 000 et 2 507,82 euros inscrites au crédit du compte courant d'associé de M. Torjman dans les écritures comptables de la SAS Merlin, qu'elle a considérées comme injustifiées à hauteur d'une somme de 19 900 euros. En dépit, notamment, d'une demande formulée en ce sens par le vérificateur, le contribuable n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, qu'il n'aurait pas pu avoir la disposition de cette somme ou que cette somme ne correspondrait pas à la mise à disposition d'un revenu. Par suite, l'administration fiscale était fondée à réintégrer ces sommes aux revenus de M. Torjman au titre de l'année 2016.
11. Aux termes de l'article 117 quater du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I.-1. Les personnes physiques fiscalement domiciliées en France au sens de l'article 4 B qui bénéficient de revenus distribués mentionnés aux articles 108 à 117 bis et 120 à 123 bis sont assujetties à un prélèvement au taux de 21 %. ".
12. Pour les mêmes motifs qu'énoncés au point 9 du présent jugement, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas bénéficié de revenus distribués au sens de l'article 117 quater du code général des impôts.
13. M. Torjman ne saurait utilement invoquer les énonciations de l'instruction référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-10 n°280, du 12 septembre 2012, qui ne contient, au sens de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, aucune interprétation différente de la loi fiscale que celle dont il est fait application dans le présent jugement.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par M. Torjman doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative :
15. La présente instance n'ayant pas donné lieu à la liquidation de dépens, les conclusions de M. Torjman présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par M. Torjman doivent, par suite, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. Torjman est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A Torjman et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme B et M. Villette, conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
Le rapporteur,
signé
G. VILLETTE
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026