vendredi 30 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2103941 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET MARCHESSEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 22 mars 2021, 13 juin 2022, 13 novembre et 18 décembre 2023 et 25 janvier 2024, M. et Mme B, représentés par Me Marchesseau, demandent au tribunal de :
1°) prononcer la décharge de l'amende mise à leur charge au titre de l'année 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'amende appliquée sur le fondement du IV de l'article 1736 du code général des impôts n'est pas fondée dès lors que la Moldavie a adhéré à la convention mutuelle d'assistance administrative en matière fiscale de l'organisation de coopération et de développement économique (OCDE) depuis le 1er mars 2012 et que par suite la Moldavie ne peut être assimilée à un pays n'ayant pas conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscale permettant l'accès aux renseignements bancaires ;
- la majoration prévue à l'article 1729-O A du code général des impôts ayant été appliquée au titre de l'année 2016, l'amende prévue à l'article 1736 du même code ne doit pas être appliquée sauf à méconnaître le principe " non bis in idem ", et conformément à la prise de position formelle de l'administration fiscale au sens de l'article L. 80 B 1° du livre des procédures fiscales, dans son courrier du 25 novembre 2019.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 et 22 septembre 2021, 7 décembre 2023, 10 janvier et 22 février 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Ile de France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
- les conclusions de M. Bories, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de l'examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle au titre des revenus perçus en 2016 et 2017, l'administration fiscale a notifié à M. et Mme B une amende majorée de 10 000 euros au titre de l'année 2018 pour non déclaration de compte ouvert à l'étranger utilisé en 2017, par un courrier du 25 novembre 2019. A la suite des observations des requérants, l'amende a été maintenue par courrier du 3 février 2020 et mise en recouvrement le 30 novembre 2020. La réclamation du 9 décembre 2020 a été rejetée par une décision du 25 janvier 2021. Les requérants demandent au tribunal de prononcer la décharge de l'amende de 10 000 euros.
2. Aux termes de l'article 1649 A du code général des impôts, dans sa rédaction applicable : " () les personnes physiques, les associations, les sociétés n'ayant pas la forme commerciale, domiciliées ou établies en France, sont tenues de déclarer, en même temps que leur déclaration de revenus ou de résultats, les références des comptes ouverts, utilisés ou clos à l'étranger. () ". Aux termes de l'article 344 A de l'annexe III au CGI " I. Les comptes à déclarer en application du deuxième alinéa de l'article 1649 A du code général des impôts sont ceux ouverts auprès de toute personne de droit privé ou public qui reçoit habituellement en dépôt des valeurs mobilières, titres ou espèces. II. Les personnes physiques joignent la déclaration de compte à la déclaration annuelle de leurs revenus. Chaque compte à usage privé, professionnel ou à usage privé et professionnel doit être mentionné distinctement. / (). III. La déclaration de compte mentionnée au II porte sur le ou les comptes ouverts, utilisés ou clos, au cours de l'année ou de l'exercice par le déclarant, l'un des membres de son foyer fiscal ou une personne rattachée à ce foyer. / Un compte est réputé avoir été utilisé par l'une des personnes visées au premier alinéa dès lors que celle-ci a effectué au moins une opération de crédit ou de débit pendant la période visée par la déclaration, qu'elle soit titulaire du compte ou qu'elle ait agi par procuration, soit pour elle-même, soit au profit d'une personne ayant la qualité de résident ". Aux termes de l'article 1736 de ce code, dans sa rédaction applicable : " () IV.- 2. Les infractions aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 1649 A et de l'article 1649 A bis sont passibles d'une amende de 1 500 € par compte ou avance non déclaré. Toutefois, pour l'infraction aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 1649 A, ce montant est porté à 10 000 € par compte non déclaré lorsque l'obligation déclarative concerne un Etat ou un territoire qui n'a pas conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales permettant l'accès aux renseignements bancaires. ". Il résulte de ces dispositions que les personnes physiques domiciliées en France qui ne déclarent pas les références des comptes ouverts, utilisés ou clos qu'elles possèdent à l'étranger sont passibles d'une amende d'un montant forfaitaire par compte non déclaré, dont le montant est majoré lorsque la France n'a pas conclu de convention d'assistance administrative de lutte contre la fraude avec l'Etat dans lequel sont ouverts les comptes non déclarés.
3. En premier lieu, M. et Mme B, qui ne contestent pas l'existence d'un compte bancaire en Moldavie, ni son absence de déclaration en 2016 et en 2017, soutiennent que l'amende de 10 000 euros qui leur a été infligée au titre de l'année 2017 n'est pas fondée dès lors que la Moldavie a adhéré à la convention mutuelle d'assistance administrative en matière fiscale de l'organisation de coopération et de développement économique (OCDE) depuis le 1er mars 2012. Ils ajoutent que c'est dans ce cadre juridique que l'administration fiscale a effectué une demande d'assistance administrative internationale auprès des autorités fiscales de Moldavie le 15 novembre 2019 pour obtenir des renseignements fiscaux et bancaires les concernant. Toutefois, cette convention n'a pas été conclue spécifiquement avec la France et ne constitue pas une garantie de coopération fiscale dès lors que des Etats qualifiés de juridictions fiscales non coopératives tels que les Bahamas ou le Panama l'ont également signée. Il s'ensuit que la Moldavie ne peut être regardée comme un Etat ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscale au sens des dispositions précitées.
4. En second lieu, les requérants soutiennent qu'ils se sont vus appliquer au titre de l'année 2017, l'amende fiscale majorée prévue à l'article 1736 IV précité à raison de la non déclaration d'un compte utilisé en 2016 et la majoration de 80% pour infraction aux obligations déclaratives fixée à l'article 1649 A du code général des impôts alors que le service indique lui-même dans son courrier du 25 novembre 2019 que " la majoration de 80% ayant été appliquée au titre de l'année 2016, il ne sera pas fait application de l'amende au titre de l'année 2017 ", ce qui constituerait une prise de positions formelle au sens des dispositions du 1° de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales. Cependant, il résulte de l'instruction, et notamment du courrier du 25 novembre 2019, que les requérants pouvaient faire l'objet de deux amendes majorées, l'une au titre de l'année 2017 et l'autre au titre de l'année 2018, à raison de leur manquement aux obligations déclaratives d'un compte leur incombant pour l'année 2016 et pour l'année 2017. Seule l'amende au titre de l'année 2018 pour défaut de déclaration de leur compte utilisé en 2017 leur a été appliquée, la majoration de 80% leur étant appliquée au titre du compte non déclaré en 2016 et ne pouvant être cumulée avec une amende majorée au titre de cette même année. Le moyen ne peut qu'être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de l'amende majorée ne peuvent qu'être rejetées ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Ile de France.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2024.
La rapporteure,
signé
S. Cuisinier-Heissler
Le président,
signé
T. BertonciniLa greffière,
signé
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2103941
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026