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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2104212

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2104212

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2104212
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème Chambre
Avocat requérantSANCHEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 26 mars 2021 et le 23 mars 2023, M. A B, représenté par Me Sanchez, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 à 2017, ainsi que des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SARL Qila Rothas d'une somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la proposition de rectification qui a été adressée à la société Qila Rothas est entachée de nullité dès lors qu'elle a été envoyée non à l'adresse de la société mais à celle du gérant ; elle n'a ainsi eu aucun effet interruptif de prescription et ne peut donc fonder les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge ;

- la procédure d'imposition engagée à l'encontre de la société Qila Rothas a été établie à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que, d'une part, la vérification de comptabilité de ladite société a été engagée avant qu'elle n'ait reçu un avis à cet effet, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, de sorte que l'administration a procédé à un contrôle inopiné et que, d'autre part, la vérification sur place s'est étendue au-delà du délai de trois mois prévu par les dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales et enfin qu'en l'absence de prise en compte de ces irrégularités, les stipulations des articles 6 et suivants de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être regardées comme ayant été méconnues ;

- la procédure d'imposition engagée à l'encontre de la société Qila Rothas étant irrégulière, elle ne peut servir de fondement aux impositions supplémentaires mises à sa charge ; le principe d'indépendance des procédures ne peut, à cet égard, lui être opposé ;

- la reconstitution du chiffre d'affaires de la société Qila Rothas, fondée sur la méthodologie contestable proposée par l'agent des finances publiques qui est intervenu lors de la procédure pénale et qui a assisté le vérificateur, est manifestement viciée dès lors que cet agent a exagéré le chiffre d'affaires afin de remédier à des recettes jugées insuffisantes, que compte tenu du chiffre d'affaires réalisé auparavant, une caisse enregistreuse n'était pas obligatoire, que le service vérificateur n'a pas produit d'éléments de comparaison avec des entreprises similaires permettant de justifier les montants rectifiés des recettes, que les recettes sont inexistantes l'administration n'ayant remis en cause ni les achats, ni le coefficient multiplicateur, ni tenu compte des conditions d'exploitation du restaurant et que l'arrêt de la Cour de Cassation qui écarte le blanchiment pour fraude fiscale, remet en cause la méthodologie fondée sur les seules espèces ; la méthode de reconstitution des recettes est ainsi radicalement viciée ;

- l'administration ne produit pas, dans le cadre de l'instance concernant la société Qila Rothas, des documents obtenus suite à son droit de communication auprès de l'autorité judiciaire ;

- il appartient au service de produire les pièces obtenues auprès de l'autorité judiciaire, dès lors qu'elles lui sont opposées dans le cadre de la procédure d'imposition le concernant ;

- l'administration fonde l'imposition sur des faits antérieurs au contrôle et sur une décision judiciaire qui écarte toute fraude fiscale, et méconnaît le principe d'indépendance des exercices ;

- l'imposition de la somme de 6 473 euros au titre des revenus distribués n'est pas fondée, dès lors que cette somme figurait au compte courant de la société Qila Rothas lorsqu''il l'a rachetée par la suite pour 1 euro symbolique ; il ne peut, dès lors, être regardé comme le bénéficiaire de cette somme, d'autant que ladite société ne disposait pas des fonds suffisants pour procéder à une quelconque distribution ;

- les revenus distribués ne peuvent résulter d'une simple reconstitution des recettes de la société Qila Rothas ; il appartient à l'administration fiscale de démontrer qu'il a appréhendé les sommes en cause ; en l'espèce, il ne les a pas appréhendées dès lors qu'il n'est pas le maître de l'affaire en ce qu'il ne dispose pas de la majorité du capital social de la société Qila Rothas ;

- en conséquence, les contributions sociales ne sont pas justifiées, de même que la majoration de 25 % et les intérêts et majorations appliquées aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu en litige.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2021, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu :

- le jugement n°1914734 du 27 juillet 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Saïh, rapporteure,

- et les conclusions de M. Boriès, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Qila Rothas, qui exploitait un restaurant situé 20, place Notre-Dame à Pontoise, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période comprise entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2017. Par une proposition de rectification du 3 décembre 2018, le service vérificateur, après avoir relevé que la comptabilité de l'établissement n'était ni sincère ni probante, a procédé à la reconstitution de son chiffre d'affaires. En conséquence, la SARL Qila Rothas s'est vue notifier des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, assorties de pénalités, ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des années 2015 à 2017. A l'issue de cette vérification de comptabilité, dont M. B était gérant et détenait la moitié des parts, et d'un contrôle sur pièces de M. et Mme B au titre des années 2015, 2016 et 2017, le service, aux termes d'une proposition de rectification du 3 décembre 2018, a assigné à M. B des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers à raison de revenus distribués par la SARL Qila Rothas sur le fondement de l'article 109, 1, 1° du code général des impôts. Ayant également constaté que son compte courant d'associé dans cette société faisait apparaître un solde débiteur au titre de l'exercice clos en 2015, il a imposé entre ces mains ce solde en application du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. M. B a contesté les impositions supplémentaires ainsi mises à sa charge au titre des années 2015 à 2017, par une réclamation du 18 novembre 2020, qui a fait l'objet d'une décision de rejet le 9 février 2021. Par la requête susvisée, il demande au tribunal la décharge des impositions mis à sa charge.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, M. B fait valoir l'irrégularité de la proposition de rectification adressée à la SARL Qila Rothas, que la vérification de comptabilité de ladite société a été engagée avant qu'elle n'ait reçu un avis à cet effet en méconnaissance des dispositions de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, que l'administration fiscale a ainsi procédé à un contrôle inopiné de cette société et la vérification sur place s'est étendue au-delà du délai de trois mois prévu par les dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales. Toutefois en vertu du principe d'indépendance des procédures, l'irrégularité de la procédure d'imposition suivie à l'encontre de la SARL Qila Rothas, société soumise à l'impôt sur les sociétés, demeure sans incidence sur la régularité de la procédure distincte suivie à l'encontre de M. B. Par suite, M. B ne peut utilement faire valoir, pour contester les impositions en litige, que la procédure de vérification de comptabilité de la société SARL Qila Rothas était irrégulière. Dès lors, ce moyen doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le moyen tiré d'une violation des articles 6 et suivants de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du fait de l'absence de prise en compte de l'irrégularité de la procédure d'imposition suivie à l'encontre de la SARL Qila Rothas doit être écarté.

4. En troisième lieu, la circonstance que l'administration n'aurait pas produit, dans le cadre de l'instance concernant la SARL Qila Rothas, les documents obtenus suite à son droit de communication auprès de l'autorité judiciaire est sans incidence sur la régularité de la procédure distincte suivie à l'encontre de M. B. Dès lors, ce moyen doit être écarté.

5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". L'obligation faite à l'administration fiscale, en application de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, de tenir à la disposition du contribuable qui le demande, avant la mise en recouvrement d'impositions établies au terme d'une procédure de rectification contradictoire ou par voie d'imposition d'office, les documents ou copies de documents qui contiennent les renseignements qu'elle a utilisés pour procéder aux redressements correspondants, sauf dans le cas où ces renseignements sont librement accessibles au public, permet au contribuable de vérifier l'authenticité de ces documents et d'en discuter la teneur ou la portée et constitue ainsi une garantie pour l'intéressé. Cette obligation ne peut toutefois porter que sur les documents originaux ou les copies de ces documents effectivement détenus par les services fiscaux. Par suite, au cas notamment où les documents que le contribuable demande à examiner sont détenus non par l'administration fiscale, qui en a seulement pris connaissance dans l'exercice de son droit de communication, mais par l'autorité judiciaire, il appartient à l'administration fiscale de renvoyer l'intéressé vers cette autorité.

6. Aux termes de la proposition de rectification du 3 décembre 2018, le service a informé M. B de l'exercice de son droit de communication auprès du tribunal de grande instance de Pontoise et de la cour d'appel de Versailles aux fins de consulter les dossiers le concernant, mentionnant ainsi la teneur et l'origine des documents obtenus au travers de l'exercice de son droit de communication. A cet égard, si M. B soutient qu'il appartient au service de produire les pièces obtenues auprès de l'autorité judiciaire, dès lors qu'elles lui sont opposées dans le cadre de la procédure d'imposition le concernant, il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé aurait demandé à l'administration de consulter les documents que cette dernière a obtenus des autorités judiciaires. Par suite, à le supposer soulevé, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales doit être écarté.

Sur le bien-fondé des impositions :

7. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. / (). ".

8. Il n'est pas contesté que M. B n'a pas répondu à la proposition de rectification du 3 décembre 2018. Dans ces conditions, en application de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions au titre des années 2015 à 2017 lui incombe.

En ce qui concerne les revenus distribués sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts :

9. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'après avoir rejeté la comptabilité de la SARL Qila Rothas considérée comme non sincère et non probante, l'administration a reconstitué les recettes de la société en se fondant sur deux méthodes consistant, d'une part, à corriger les recettes déclarées en y incorporant les recettes éludées et découvertes dans le cadre de l'enquête policière et judiciaire, et d'autre part, à se fonder sur les heures travaillées non déclarées des salariés. Ainsi, selon la première méthode, au regard des éléments factuels constatés par les services d'enquête, l'administration fiscale a considéré que la SARL Qila Rothas n'avait pas comptabilisé en recettes un volume de chèques tous les mois. En outre, compte tenu du taux constaté anormalement faible de paiements en espèces dans le cadre de l'exploitation du restaurant exploité par ladite société et du taux des paiements selon le mode des tickets-restaurant, le service a considéré que la société Qila Rothas avait éludé des recettes payées en espèces par ses clients et des recettes payées au moyen d'un ticket-restaurant, soit un montant de recettes éludées de 40 900, 91 euros au titre de l'exercice clos en 2015, de 53 884, 07 euros au titre de l'exercice clos en 2016 et de 51 136, 45 euros au titre de l'exercice clos en 2017. En outre, selon la seconde méthode, compte tenu de l'infraction de travail dissimulé, constatée par les services de police et confirmée par le jugement du tribunal correctionnel de Pontoise du 3 mai 2017 et l'arrêt de la cour d'appel de Versailles du 15 mars 2018, le service a considéré que le nombre d'heures de travail dissimulé a généré un chiffre d'affaires supérieur à celui déclaré par l'entreprise, concluant ainsi à un chiffre d'affaires non déclaré d'un montant de 84 685 euros au titre de l'exercice clos en 2015, de 33 657 euros au titre de l'exercice clos en 2016 et de 121 067 euros au titre de l'exercice clos en 2017. Puis, dans un souci de réalisme économique, et compte tenu des conditions d'exploitation humaines et matérielles de l'entreprise, le service a décidé de retenir les résultats de la première méthode de reconstitution pour déterminer les rappels de recettes toutes taxes comprises éludées, qui est plus favorable à la SARL Qila Rothas.

10. Pour critiquer la méthode de reconstitution employée par l'administration, le requérant soutient que le service vérificateur n'établit pas que des recettes auraient été éludées dès lors, d'une part, qu'il ne produit aucun élément de comparaison concernant des sociétés exerçant des activités similaires et, d'autre part, qu'il n'a remis en cause ni les achats, ni le coefficient multiplicateur, ni tenu compte des conditions d'exploitation du restaurant. Toutefois, en se bornant à ces seules allégations, la SARL Qila Rothas n'établit pas, comme il lui incombe, que la reconstitution de ces recettes procéderait d'une méthode radicalement viciée ou excessivement sommaire et conduirait à un redressement exagéré. En outre, si le requérant se prévaut de la décision de la Cour de cassation du 3 avril 2019 qui casse partiellement l'arrêt de la cour d'appel de Versailles du 15 mars 2018 le condamnant pour abus de biens sociaux, travail dissimulé et blanchiment, à un an d'emprisonnement avec sursis et 10 000 euros d'amende, il résulte des termes de cette décision que la Cour de Cassation n'a pas remis en cause la méthode de reconstitution en litige. Enfin, si le requérant fait valoir que l'administration fonde l'imposition sur des faits antérieurs au contrôle et méconnaît le principe d'indépendance des exercices, il résulte de l'instruction que la reconstitution du chiffre d'affaires de la SARL Qila Rothas repose sur des éléments fournis par la société elle-même au titre de la période d'imposition en litige. Dans ces conditions, alors que M. B ne propose aucune méthode alternative d'évaluation permettant de déterminer les bases d'imposition avec une précision meilleure que celle qui pouvait être atteinte par la méthode primitivement utilisée par l'administration, il n'établit pas que les impositions mises à sa charge en application du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts seraient exagérées dans leur montant.

11. En second lieu, l'administration fiscale, pour imposer entre les mains de M. B les sommes regardées comme distribuées par la SARL Qila Rothas a estimé qu'il en avait effectivement disposé en tant que seul maître de l'affaire. Elle fait valoir à cet effet que le requérant est le gérant et associé de cette société à hauteur de 50 %, assure sa direction depuis la création de l'entreprise qui emploie également son épouse, et qu'il est le seul à réceptionner le paiement des clients. L'administration relève également qu'il dispose de tous les moyens de paiement de l'entreprise, qu'il est le seul à disposer de la signature sur le compte bancaire et qu'il est le seul signataire des chèques émis. En outre, elle indique également que les époux B se chargent des relations avec les fournisseurs et sont les seuls à passer commande et à régler les fournisseurs. Dans ces conditions, l'administration démontre que M. B dispose des pouvoirs de direction et de contrôle de la SARL Qila Rothas. Ainsi, le requérant, qui en supporte la charge, n'établissant pas qu'il ne disposait pas seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, et qu'il n'était pas en mesure d'user sans contrôle des biens de celle-ci, doit être regardé comme le seul maître de l'affaire et présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que l'intéressé n'est pas propriétaire de la majorité du capital social. Par suite, c'est donc à bon droit que l'administration fiscale a imposé les sommes en litige entre les mains de M. B en application du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.

En ce qui concerne les revenus distribués sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts :

12. Les sommes inscrites au débit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés sont, sauf preuve contraire, à la disposition de cet associé, alors même que l'inscription résulterait d'une erreur comptable involontaire, et ont donc, même dans une telle hypothèse, le caractère de revenus distribués, imposables entre les mains de cet associé dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en vertu du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Pour que l'associé échappe à cette imposition, il lui incombe de démontrer, le cas échéant, qu'il n'a pas pu avoir la disposition de ces sommes ou que ces sommes ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu.

13. Il résulte de l'instruction que le compte courant d'associé 455 fait apparaître un solde débiteur d'un montant de 6 473, 68 euros, M. B ayant indiqué, lors de son audition du 9 décembre 2015 par les services de police, que ce compte courant d'associé lui appartenait. Si le requérant fait valoir, dans le cadre de la présente instance, que cette somme figurait au compte courant de la société Qila Rothas lorsqu'il a procédé à son acquisition, il résulte toutefois des termes non contestés de la proposition de rectification du 3 décembre 2018 qu'au 1er janvier 2015, ce compte courant d'associé était créditeur à hauteur de 6 069, 60 euros tandis qu'il était débiteur à hauteur de 6 473, 68 euros au 14 septembre 2015. En conséquence, M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a regardé la somme en cause comme constitutive de revenus distribués imposés en son nom, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, en application des dispositions précitées du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.

Sur les prélèvements sociaux :

14. En application des articles 1600-O C, 1600-O D, 1600-O E, 1600-O F bis, 1600-O G à 1600-O J du code général des impôts, c'est à bon droit que les revenus de capitaux mobiliers en litige ont été assujettis aux prélèvements sociaux.

Sur la majoration de 1,25 :

15. Aux termes de l'article 158 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " () 7. Le montant des revenus et charges énumérés ci-après, retenu pour le calcul de l'impôt selon les modalités prévues à l'article 197, est multiplié par 1,25. Ces dispositions s'appliquent : () 2° Aux revenus distribués mentionnés aux c à e de l'article 111, aux bénéfices ou revenus mentionnés à l'article 123 bis et aux revenus distribués mentionnés à l'article 109 résultant d'une rectification des résultats de la société distributrice ; (). ".

16. Il résulte de l'instruction, et notamment des conséquences financières mentionnées en page 31 de la proposition de rectification du 3 décembre 2018, que le montant des revenus de capitaux mobiliers fondés sur l'article 109 du code général des impôts mis à la charge de M. B a été, conformément aux dispositions précitées, multiplié par un coefficient de 1,25 au titre des années 2015 à 2017 pour déterminer les cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu auxquelles il devait être assujetti. Par suite, M. B n'est pas fondé à contester l'application de la majoration de 1,25 aux revenus imposés dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

Sur la pénalité pour manquement délibéré et les intérêts de retard :

17. Si le requérant conteste les pénalités correspondantes aux impositions en litige, il ne soulève aucun moyen propre à l'encontre de ces pénalités.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de M. B doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent, dès lors, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Saïh, première conseillère,

M. Jacquinot, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.

La rapporteure,

Z. Saïh

Le président,

T. Bertoncini

La greffière,

K. Nabunda

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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