mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2104571 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 avril 2021 et le 18 mars 2024, la société Gaz Réseau Distribution France (la société GRDF), représentée par Me Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner la société Véolia - Eau d'Île-de-France (VEDIF) à lui verser la somme de 7 662,91 euros en réparation des préjudices subis du fait de la dégradation d'un branchement de gaz lors de travaux publics entrepris par cette société à Beaumont (95) le 10 janvier 2020, majorée des intérêts à partir du 22 juillet 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la société Véolia - Eau d'Île-de-France une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente pour trancher le litige ;
- les travaux publics exécutés par la société Véolia - Eau d'Île-de-France à proximité du 126 rue du général De Gaulle à Ermont (95) sont directement à l'origine des dommages causés au branchement dont la société GRDF a la jouissance exclusive ;
- ces dommages sont de nature à engager la responsabilité de la société Véolia - Eau d'Île-de-France, même en l'absence de faute, dès lors que la société GRDF a la qualité de tiers par rapport à ces travaux ;
- le préjudice matériel subi par la société GRDF s'élève à 7 662,91 euros, correspondant aux dépenses engagées pour la remise en l'état de l'ouvrage.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 juillet 2021 et le 4 septembre 2022, la société Véolia - Eau d'Île-de-France, représentée par Me Pin, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la part de responsabilité de la société GRDF dans la survenance du dommage soit fixée à 80% et à ce que ses autres conclusions soient rejetées ;
3°) à la condamnation de la société GRDF aux entiers dépens et à la mise à sa charge d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, les fautes commises par la société GRDF sont de nature à l'exonérer totalement de sa responsabilité dans la survenance du dommage dès lors que :
* le branchement de gaz endommagé n'était pas signalé par un dispositif avertisseur ;
* la société GRDF aurait dû organiser une réunion préalable sur site compte tenu des incertitudes dans la localisation des tronçons et de l'absence de dispositif avertisseur ;
* la localisation du branchement endommagé était inexacte sur les plans fournis par la société GRDF dès lors que la position réelle du tronçon endommagé se trouvait à 80 centimètres de sa zone de marquage alors même qu'il était cartographié avec une précision de classe A et aurait par conséquent dû se situer dans une bande d'incertitude de 40 centimètres ;
- à titre subsidiaire, les travaux de réparation de de la canalisation endommagée ont été effectués sans concertation avec la société VEDIF, la société GRDF n'établit pas qu'elle n'aurait pas été indemnisée par son assurance pour ce sinistre, et n'établit pas de lien entre les frais de main d'œuvre dont elle se prévaut et le dommage ;
- la société GRDF n'établit pas la réalité des frais de main d'œuvre et de terrassement qu'elle prétend avoir encouru pour la réparation du dommage ;
- la société GRDF ne peut facturer de frais de main d'œuvre pour la réparation des désordres alors que ces frais font partie de ses frais de fonctionnement ;
- la société GRDF n'établit pas la nécessité des travaux de terrassement qu'elle a fait réaliser dans le cadre de la réparation du dommage.
Par une ordonnance du 5 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 janvier 2023.
Vu
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Moinecourt comme juge statuant seule dans les matières prévues par l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- l'arrêté du 13 juillet 2000 portant règlement de sécurité de la distribution de gaz combustible par canalisations ;
- l'arrêté du 15 février 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Moinecourt, magistrate désignée ;
- les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Pin, représentant la société VEDIF.
Considérant ce qui suit :
1. La société Véolia - Eau d'Île-de-France (la société VEDIF) a été chargée de la réalisation de travaux pour la réparation d'une fuite de canalisation au niveau du 126 de la rue du général De Gaulle à Beaumont (95) le 10 janvier 2020, au cours desquels elle a endommagé un branchement de gaz dont la société GRDF avait la jouissance exclusive en sa qualité de concessionnaire de service public. La société la société GRDF a procédé aux réparations du branchement endommagé et a adressé à la société VEDIF, par un courrier du 22 juillet 2020, une facture d'un montant de 7 662,91 euros correspondant au coût des travaux de remise en état de l'ouvrage endommagé. La société la société GRDF demande au tribunal de condamner la société VEDIF à réparer l'entier préjudice résultant de l'endommagement de l'ouvrage qu'elle exploite et qu'elle évalue à la somme de 7 662,91 euros, et d'assortir cette somme des intérêts à compter du 22 juillet 2020.
Sur la responsabilité :
2. Le maître de l'ouvrage ainsi que, le cas échéant, l'entrepreneur chargé des travaux sont responsables, même en l'absence de faute, des dommages causés à ceux-ci par l'exécution d'un travail public, à moins que ces dommages ne soient imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
3. Il résulte de l'instruction, et notamment du constat contradictoire établi le 10 janvier 2020 entre un représentant de la société GRDF et un représentant de la société VEDIF, et est constant, qu'une canalisation dont la société GRDF, concessionnaire de service public, avait la jouissance exclusive, a été endommagée à l'occasion de l'exécution de travaux urgent de réparation d'une fuite sur son propre réseau par la société VEDIF. Il est également constant que ces travaux, exécutés par la société VEDIF, qui étaient réalisés pour le compte d'une entreprise privée dans un but d'intérêt général, avaient le caractère de travaux publics. Dès lors, même en l'absence de faute de sa part, la société VEDIF est responsable vis-à-vis à de la société GRDF, tiers aux travaux, des dommages que ces derniers lui ont causés, à moins qu'ils ne soient imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime.
Sur les causes exonératoires :
4. La société la société VEDIF soutient que la société GRDF a commis plusieurs fautes de nature à l'exonérer en totalité de sa responsabilité.
5. D'une part, aux termes de l'article R. 554-32 du code de l'environnement : " Les travaux non prévisibles effectués en cas d'urgence justifiée par la sécurité, la continuité du service public ou la sauvegarde des personnes ou des biens, ou en cas de force majeure, sont dispensés de déclaration de projet de travaux et peuvent être effectués sans que leur exécutant n'ait à faire de déclaration d'intention de commencement de travaux, à condition que l'ensemble des personnes intervenant sous sa direction lors des travaux urgents dispose de l'autorisation d'intervention à proximité de réseaux prévue à l'article R. 554-31 et respecte les consignes particulières de sécurité applicables à de tels travaux. La personne qui ordonne ces travaux, quelle qu'elle soit, recueille systématiquement auprès des exploitants des ouvrages en service sensibles pour la sécurité, préalablement aux travaux et après consultation du guichet unique selon les mêmes modalités que celles fixées par l'article R. 554-20, les informations utiles pour que les travaux soient exécutés dans les meilleures conditions de sécurité. Les exploitants concernés fournissent ces informations dans des délais compatibles avec la situation d'urgence. Lorsque la personne qui ordonne les travaux urgents n'est pas l'exécutant des travaux, elle porte à la connaissance de celui-ci le résultat de la consultation du guichet unique ainsi que les réponses des exploitants selon des modalités et dans des délais compatibles avec la situation d'urgence. En cas d'absence de fourniture par un exploitant des informations utiles dans un délai compatible avec la situation d'urgence, l'ordre d'engagement des travaux mentionne explicitement que le réseau de l'exploitant concerné est considéré comme situé au droit de la zone d'intervention. Cet ordre d'engagement sous forme écrite est obligatoire sauf lorsque l'exécutant intervient dans le cadre d'une convention d'astreinte préétablie. / Pour tous les ouvrages, le commanditaire des travaux adresse dans les meilleurs délais et par écrit un avis de travaux urgents aux exploitants. ()/ Un arrêté du ministre chargé de la sécurité des réseaux de transport et de distribution précise les modalités de recueil des informations et d'exécution des travaux dans les cas d'urgence ou de force majeure, en particulier les règles de sécurité qui sont appliquées en cas d'incertitude sur l'existence ou la localisation des ouvrages dans le cadre de tels travaux. "
6. La procédure prévue par les dispositions précitées de l'article R. 554-32 du code de l'environnement concerne l'exécution de travaux non prévisibles effectués en cas d'urgence justifiée par la sécurité, la continuité du service public, la sauvegarde des personnes ou des biens, ou en cas de force majeure. Dans l'ensemble de ces cas, l'exécutant des travaux urgents est exempté de la déclaration d'intention de commencement de travaux prévue par l'article R. 554-26 de ce code. Dans l'hypothèse de travaux urgents et à titre compensatoire, un contact doit être pris avant les travaux par téléphone en utilisant le numéro d'astreinte fourni par le guichet unique prévu par les articles R. 554-1 à R. 554-9 avec l'ensemble des exploitants de réseaux sensibles pour la sécurité, lequel permet d'obtenir de façon aussi rapide que nécessaire, en fonction du degré d'urgence, les données cartographiques des réseaux et les recommandations à connaître.
7. D'autre part, aux termes de l'article 7-2 de l'arrêté du 15 février 2012 pris en application du chapitre IV du titre V du livre V du code de l'environnement relatif à l'exécution de travaux à proximité de certains ouvrages souterrains, aériens ou subaquatiques de transport ou de distribution, " Est considéré comme affleurant visible, tout affleurant effectivement visible depuis le domaine public, et rattaché à un réseau principal souterrain bien identifié ou à un réseau principal parmi plusieurs réseaux souterrains parallèles bien identifiés. / Lorsqu'un branchement pourvu d'un tel affleurant n'est pas cartographié, l'exécutant des travaux applique les précautions particulières aux travaux à proximité de branchements pourvus d'un affleurant visible définies par le guide technique approuvé prévu à l'article R. 554-29 du code de l'environnement () ". Il résulte du point 5.2.7.2 du guide technique prévu par ces dispositions, intitulé " Intervention à proximité d'un branchement non cartographié et pourvu d'un affleurant visible ", que lorsque la zone de travaux croise un branchement enterré sensible pour la sécurité non cartographié, mais pourvu d'un affleurant visible depuis le domaine public, il doit être considéré comme fuseau de ce branchement une zone de 2 mètres de largeur centrée sur le tracé théorique de ce branchement, c'est-à-dire sur le tracé le plus court entre l'affleurant et l'ouvrage principal auquel le branchement est rattaché.
8. Il résulte de l'instruction que la société VEDIF a établi un contact téléphonique avec la société GRDF le 9 janvier 2020 à 12h39 et l'a saisie le même jour d'un avis de travaux urgents devant débuter le même jour, comportant une demande d'informations avant travaux. En réponse à cette demande, la société GRDF a notifié dès ce même jour la présence d'ouvrages dans l'emprise des travaux ainsi que des éléments cartographiques
9. En premier lieu, la société VEDIF fait valoir que le branchement endommagé ne faisait pas l'objet d'un dispositif avertisseur. Toutefois, il résulte toutefois de l'instruction que des recommandations techniques jointes à la réponse à avis de travaux urgents adressée par la société GRDF attiraient l'attention de la société VEDIF, d'une part, sur le fait que certains ouvrages, notamment anciens, peuvent ne pas être signalés par un dispositif avertisseur, et d'autre part, que les branchements sont identifiables par leurs affleurants visibles et que, s'ils ne sont pas cartographiés, ils se trouvent dans un fuseau inférieur ou égal à un mètre de part et d'autre de l'affleurant identifié, en direction de la canalisation. Ainsi, la société VEDIF ne saurait utilement se prévaloir de l'absence de dispositif avertisseur au-dessus du branchement endommagé, dès lors que la mise en place d'un tel dispositif n'est pas rendue obligatoire pour les ouvrages antérieurs à l'entrée en vigueur de l'arrêté du 13 juillet 2000 portant règlement de sécurité de la distribution de gaz combustible par canalisations et que la présence possible d'ouvrages non équipés d'un tel dispositif avait été mentionnée dans les éléments adressés par la société GRDF en réponse à la demande de travaux urgents.
10. En deuxième lieu, si la société VEDIF fait valoir que, compte tenu des plans fournis d'une précision de classe B, de l'aléa sur la profondeur et de l'absence de grillage avertisseur, la société GRDF aurait dû organiser une réunion sur site préalablement à la réalisation des travaux, elle ne démontre nullement cette nécessité ni aucune obligation en ce sens. Ainsi et dès lors qu'il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit, que la société Veolia avait pu établir un contact téléphonique avec la société GRDF et se voir transmettre tous les éléments cartographiques et recommandations techniques nécessaires à la réalisation des travaux en toute sécurité, aucune carence dans la réponse à la demande d'avis formulée par la société VEDIF n'est établie.
11. En troisième et dernier lieu, la société VEDIF fait valoir qu'elle a respecté l'ensemble des prescriptions formulées par la société GRDF mais que la localisation du tronçon endommagé était erronée sur les éléments cartographiques fournis par la requérante dès lors que le branchement abîmé qui devait, d'après les plans produits, se trouver au sein d'une bande de 40 centimètres de part et d'autre du tracé cartographié, d'une précision de classe A, se trouvait en réalité à 80 centimètres de ce tracé, ce qui correspond à une précision de classe B. Tel ne ressort toutefois nullement de l'instruction et notamment du constat contradictoire établi par la société VEDIF et la société GRDF sur lequel les deux parties ont reconnu une absence d'écart entre la position réelle du tronçon d'ouvrage endommagé et celle portée sur le plan, s'agissant d'un branchement non cartographié, dès lors qu'aucun branchement n'apparaît au niveau du 126 rue du général De Gaulle sur les plans fournis, et ont constaté que le branchement endommagé était doté d'un affleurant et se situait dans sa bande d'incertitude, soit " dans un fuseau inférieur ou égal à 1 m de part et d'autre par rapport à l'axe de l'affleurant identifié en direction de la canalisation ", ainsi qu'il était spécifié sur la réponse à l'avis de travaux urgents transmise par la société GRDF. Dès lors, il n'est pas établi que la transmission par la société GRDF d'éléments cartographiques erronés aurait pu être à l'origine du dommage.
12. Ainsi, ni l'absence de grillage protecteur, ni l'absence de réunion préalable sur site, ni une éventuelle erreur de cartographie du branchement endommagé sur les plans fournis par la société GRDF ne peuvent, en l'espèce, être regardées comme constituant des fautes de la victime à l'origine du dommage.
13. Il résulte de ce qui précède que le dommage ne trouve pas son origine, ne serait-ce que partiellement, dans une faute de la société GRDF. La responsabilité sans faute de la société Veolia Eau-d'Île-de-France doit donc être engagée pour la totalité du dommage.
Sur l'indemnisation des préjudices :
14. La société la société GRDF a demandé à la société VEDIF de lui verser la somme de 7 662,91 euros pour les frais de remise en état du branchement endommagé. Cette somme inclut le coût salarial global des personnels affectés aux travaux de reprise, qui constitue une charge supplémentaire pour la société requérante qui aurait pu affecter ses personnels à d'autres tâches en l'absence de sinistre ainsi que les prestations de terrassement et reconstitution de la chaussée facturées dans le cadre des travaux de réparation du branchement. Cette somme est contestée par la société Veolia Eau-d'Ile-de-France.
15. En premier lieu, contrairement à ce que fait valoir la société Veolia Eau-d'Ile-de-France en défense, la société GRDF était fondée à réaliser ces travaux de réparation dans l'urgence et n'était pas tenue d'en informer préalablement la société à l'origine du dommage
16. En deuxième lieu, la société GRDF soutient avoir mobilisé ses salariés pour réaliser ces travaux de réparation. La société Veolia Eau-d'Ile-de-France fait valoir que les prestations des agents de la société GRDF font partie des frais de fonctionnement de la société et que seules les heures supplémentaires peuvent être prises en compte. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction qu'en procédant ainsi la société GRDF ferait supporter sur l'auteur du dommage des dépenses excédant celles nécessaires à la remise en état des installations, dès lors que la réparation du dommage constitue un travail supplémentaire pour la société GRDF, réalisée en plus des tâches habituelles. Par suite, contrairement à ce que fait valoir la société défenderesse, l'ensemble des heures consacrées effectivement aux tâches de réparation doivent donner lieu à réparation.
17. Il résulte de l'instruction que la société GRDF justifie d'une part, par la production d'un bon de travaux faisant apparaître une intervention planifiée, à l'adresse du dommage et ayant pour objet le " renouvellement de branchement suite à dommage ouvrage ", d'une durée prévue de huit heures par un opérateur et un assistant le dimanche 12 janvier 2020, au titre de laquelle ont été facturées sept heures d'intervention par un opérateur et par un assistant en heures supplémentaires à 75% correspondant à la majoration des heures supplémentaires en journée, entre 6h et 20h, un dimanche. D'autre part, la société GRDF justifie, par la production d'un relevé horaire, de l'intervention de deux opérateurs pour une durée totale de 3h45 le vendredi 10 janvier 2020, le jour du dommage, à l'adresse de celui-ci, dont 1h15 en heures normales (entre 6h et 17h) et de 2h30 en heures supplémentaires (entre 17h et 20h) majorées de 50%. Dès lors, le lien entre les frais engagés pour la rémunération de ces personnels et le dommage doit être considéré comme établi, ainsi que la réalité de ces dépenses, et il y a lieu de retenir 7 heures d'intervention d'un assistant en heures supplémentaires majorées à 75% pour un tarif horaire de 116,99 euros, et s'agissant des opérateurs, 7 heures d'intervention en heures supplémentaires majorées à 75% pour un tarif horaire de 94,64 euros, 2,5 heures d'intervention en heures supplémentaires majorées à 50% pour un tarif horaire de 90 euros et 1,25 heures d'intervention en heures normales pour un tarif horaire de 80,70 euros. Les frais de personnel engagés par la société GRDF afin de procéder à la réparation de l'ouvrage endommagé s'élèvent donc à la somme de 1 807,29 euros.
18. En dernier lieu, la société Veolia Eau-d'Île-de-France fait valoir que la nécessité des travaux de terrassement effectués pour un montant total de 5 855,62 euros n'est pas démontrée ni le détail des étapes de ces travaux détaillé. Il résulte néanmoins de l'instruction que ces travaux ont fait l'objet d'une commande intitulée " renouvellement du branchement suite à dommage sur ouvrage ", que les quatre étapes des travaux sont listées sur les feuilles de saisie versées à l'instance, à savoir terrassement, déblaiement, pose de béton puis pose d'enrobé, sans qu'il ne soit nécessaire de préciser les coûts respectifs de chaque étape. Il résulte en outre des feuilles de saisie, bon de commande et facture versés à l'instance que ces travaux ont été effectués au niveau du 126 rue du général de Gaulle à Ermont, à l'adresse à laquelle le branchement litigieux a été endommagé, et ont été réceptionnés le 11 janvier 2020, lendemain du dommage. Le lien entre le dommage et les travaux effectués ainsi que la nécessité de ces travaux, dès lors que la réparation du branchement enterré nécessitait un terrassement puis une reconstitution de la chaussée, peuvent dès lors être regardés comme établis. Ainsi, la société GRDF justifie, par les éléments qu'elle produit, de la réalité de son préjudice de 5 855,62 euros et de son lien avec le dommage.
19. Il résulte de tout ce qui précède que la société VEDIF doit être condamnée à verser à la société GRDF la somme de 7 662,91 euros.
Sur les intérêts :
20. La société la société GRDF demande que les intérêts soient appliqués à compter du 22 janvier 2020. Il y a lieu d'assortir la condamnation prononcée au point 19 des intérêts au taux légal à compter de cette date.
Sur les dépens :
21. La présente instance n'ayant pas donné lieu à des dépens, les conclusions de la société VEDIF tendant à la condamnation de la société GRDF aux entiers dépens doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
22. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société VEDIF la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de la société requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société VEDIF au même titre.
DECIDE :
Article 1 : La société Véolia Eau - d'Ile-de-France est condamnée à verser à la société GRDF la somme de 7 662,91 euros, assortie des intérêts au taux légal à compte du 22 janvier 2020.
Article 2 : La société Veolia Eau - d'Île-de-France versera à la société GRDF une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Gaz Réseau Distribution France et à la société Véolia Eau-d'Île-de-France.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
La magistrate désignée,
signé
L. Moinecourt
La greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026