mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2104628 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | BAZIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 6 avril 2021 et 25 septembre 2023, Mme B A, représentée par Me Belhedi, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier Rives de Seine à lui verser la somme de 83 868,25 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de l'accident de service dont elle a été victime le 28 février 2014, assortie des intérêts au taux légal courant à compter de la mise en demeure préalable ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Rives de Seine la somme de 3 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ainsi que les entiers dépens comprenant les frais d'expertise avancés par ses soins.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que la demande d'aide juridictionnelle introduite le 16 novembre 2020 a prolongé le délai de recours à l'encontre de la décision implicite de rejet de sa demande indemnitaire préalable née le 20 septembre 2020 ;
- d'une part la responsabilité pour faute du centre hospitalier doit être engagée à raison de son manquement à l'obligation d'assurer l'organisation et le fonctionnement du service public hospitalier ;
- d'autre part, la responsabilité sans faute du centre hospitalier doit être engagée à raison de l'accident de service dont elle a été victime le 28 février 2014 ;
- elle est ainsi fondée à solliciter :
. la réparation de ses préjudices patrimoniaux ou personnels soit de 83 868,25 euros comme suit :
* 2 728,25 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
* 1 500 euros au titre du déficit fonctionnel total ;
* 3 000 euros et 2 000 euros au titre de ses préjudices esthétiques respectivement temporaire et définitif ;
* 15 000 euros au titre des souffrances endurées ;
* 16 200 et 540 euros au titre de l'assistance à une tierce personne ;
* la réparation de son préjudice professionnel : 19 700 euros au titre de l'allocation temporaire d'invalidité et 1 600 euros au titre de la rente viagère d'invalidité ;
. le remboursement des frais d'expertise qu'elle a avancés pour un montant de 1068, 40 euros.
Par un mémoire, enregistré le 28 août 2023, le centre hospitalier Rives de Seine représenté par Me Bazin, conclut à titre principal l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire, au rejet de la requête au fond et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- à titre subsidiaire :
- la requérante n'établit pas la réalité et l'étendue des préjudices extrapatrimoniaux qu'elle estime avoir subis, les montants demandés sont disproportionnés ; il est plus juste de se référer aux postes de préjudice retenus par le Conseil d'Etat à savoir les troubles dans les conditions d'existence plutôt que celui de déficit fonctionnel retenu dans la nomenclature Dinthilhac ; les préjudices invoqués par la requérante à ce titre qui relèvent de troubles dans les conditions d'existence ne sont pas établis ;
- la requérante n'établit pas la réalité et l'étendue des préjudices patrimoniaux qu'elle estime avoir subis ni le caractère réel et certain des dépenses de santé et frais divers engendrés par son accident de service, les sommes demandées sont excessives ;
- elle n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation du préjudice résultant de sa mise à la retraite d'office pour atteinte de la limite d'âge en l'absence de faute commise par le centre hospitalier.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 7 juin 2021.
Par une ordonnance en date du 13 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 octobre 2023.
Vu :
- l'ordonnance n°18VE03479 du 28 août 2019 désignant le docteur C pour procéder à une expertise médicale de Mme A ;
- le rapport d'expertise du 5 février 2020 établi par le docteur C ;
- les ordonnances de taxation en date des 23 décembre 2019 et 1er octobre 2020 du président de la Cour administrative d'appel de Versailles.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2007-1188 du 3 août 2007 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Colin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, aide-soignante au centre hospitalier Rives de Seine - Courbevoie - Neuilly-sur-Seine - Puteaux, a été victime d'un accident le 28 février 2014 dans le cadre de l'exercice de ses fonctions au cours duquel elle a ressenti de violentes douleurs dans le dos et les épaules en rattrapant un patient agité qui avait basculé de son lit. Par une décision du 11 février 2016 cet accident a été reconnu imputable au service. Par un arrêt rendu le 28 août 2019, la Cour administrative d'appel de Versailles a désigné le docteur C aux fins d'expertiser Mme A et de préciser dans quelle mesure son état est imputable aux séquelles dudit accident, de déterminer la date de consolidation de ses blessures et de donner tous les éléments utiles à l'appréciation de ses préjudices. L'expert a déposé son rapport le 5 février 2020. Par une demande préalable du 17 juillet 2020, Mme B A a sollicité le versement de la somme totale de 83 868,25 euros en réparation des préjudices extrapatrimoniaux et patrimoniaux qu'elle estime avoir subis du fait de cet accident de service. Une décision de rejet est née du silence de l'administration. Par cette requête Mme A demande la condamnation du centre hospitalier Rives de Seine à lui verser cette somme en réparation des préjudices qu'elle a subis à la suite de cet accident de service.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense
2. Aux termes de l'article 43 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relatif à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " (), lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : ( ) 3° De la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 et de l'article 70 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ; / 4° Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. ()
3. Il résulte de ces dispositions qu'une demande d'aide juridictionnelle interrompt le délai de recours contentieux et qu'un nouveau délai de même durée recommence à courir à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours après la notification à l'intéressé de la décision se prononçant sur sa demande d'aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, à compter de la date de désignation de l'auxiliaire de justice au titre de l'aide juridictionnelle.
4. Il résulte de l'instruction qu'une décision implicite de rejet de la demande indemnitaire de la requérante est née le 17 septembre 2020. Le délai de recours contentieux a été interrompu par le dépôt dans ce délai, le 16 novembre 2020 d'une demande d'aide juridictionnelle en vue d'introduire un recours en indemnisation à la suite de son accident du travail. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles en date du 7 juin 2021, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à l'intéressée. Par suite, contrairement à ce que soutient le centre hospitalier, aucune tardiveté ne peut être opposée à sa requête, enregistrée le 6 avril 2021.
Sur les conclusions indemnitaires
En ce qui concerne la responsabilité pour faute de l'administration :
5. La requérante qui se borne à soutenir que le centre hospitalier a manqué à son obligation d'assurer l'organisation et le fonctionnement du service public hospitalier n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. Par suite, Mme A n'est pas fondée à demander l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis sur ce fondement.
En ce qui concerne la responsabilité sans faute de l'administration :
6. Les dispositions qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les intéressés peuvent prétendre, au titre des conséquences patrimoniales de l'atteinte à l'intégrité physique, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font, en revanche, obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui a enduré, du fait de l'accident ou de la maladie, des dommages ne revêtant pas un caractère patrimonial, tels que des souffrances physiques ou morales, un préjudice esthétique ou d'agrément ou des troubles dans les conditions d'existence, obtienne de la collectivité qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la collectivité, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incomberait. Toutefois, la circonstance que le fonctionnaire victime d'un accident de service ou d'une maladie professionnelle ne remplit pas les conditions subordonnant l'obtention de la rente viagère d'invalidité et l'allocation temporaire d'invalidité, fait obstacle à ce qu'il prétende, au titre de l'obligation de la collectivité qui l'emploie de le garantir contre les risques courus dans l'exercice de ses fonctions, à une indemnité réparant des pertes de revenus ou une incidence professionnelle.
7. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du 5 février 2020 ordonnée par le juge des référés que les lésions aux épaules dont souffre Mme A, dont la date de consolidation a été fixée au 4 mai 2017, relèvent d'un lien direct, certain et exclusif avec son accident de service survenu le 28 février 2014. Par suite, Mme A est fondée à rechercher la responsabilité sans faute de son employeur, afin d'obtenir la réparation des préjudices extrapatrimoniaux en lien direct et certain avec l'accident de service du 28 février 2014.
S'agissant de l'indemnisation des préjudices extra-patrimoniaux subis par Mme A :
Quant au déficit fonctionnel temporaire partiel :
8. La requérante sollicite une indemnité de 2 728, 25 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire sur la base de 20 euros par jour. Ainsi qu'il a été dit au point 8, la date de consolidation des lésions des épaules a été fixée au 4 mai 2017. Il résulte de l'instruction et en particulier du rapport d'expertise susmentionné que la requérante a subi plusieurs périodes de gêne temporaire partielle l'une sur la période courant de son accident jusqu'à son opération de l'épaule droite, du 28 février au 28 mai 2014 au taux de 33%, les deux autres postérieurement à ses opérations mentionnées ci-dessous, du 1er juin au 02 novembre 2014, au taux de 33%, puis du 30 décembre 2016 au 4 mai 2017, au taux de 25%, soit pendant 361 jours. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, en lui accordant la somme de 2 800 euros à ce titre.
Quant au déficit fonctionnel temporaire total :
9. La requérante sollicite une indemnité de 1 500 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total. Il résulte également du rapport d'expertise précité que Mme A a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire total lors de ses trois périodes d'hospitalisations, du 29 au 31 mai 2014 pour le traitement de l'épaule droite, du 3 novembre 2016 au 8 novembre 2016, pour le traitement de l'épaule gauche et du 8 novembre au 29 décembre 2016, au titre de la rééducation de ses épaules soit pour une durée totale de 60 jours. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 1 500 euros.
Quant au préjudice esthétique temporaire :
10. La requérante sollicite une indemnité de 3 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire. Il résulte de l'instruction que le préjudice esthétique temporaire a été évalué par l'expert à 2,5 sur une échelle allant de 1 à 7 en raison d'une période d'immobilisation après chaque intervention pendant six semaines. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui accordant la somme de 1 000 euros à ce titre.
Quant au préjudice esthétique définitif :
11. La requérante sollicite une indemnité de 2000 euros au titre du préjudice esthétique permanent. Il résulte de l'instruction que le préjudice esthétique définitif a été évalué par l'expert à 1,5 sur une échelle allant de 1 à 7 du fait de cicatrices sur l'épaule. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui accordant la somme de 1 500 euros à ce titre.
Quant aux souffrances endurées :
12. Au titre du préjudice de souffrances endurées, la requérante sollicite la somme de 15 000 euros. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par Mme A ont été estimées par l'expert à 4 sur une échelle allant de 1 à 7. Il résulte de l'instruction que l'intéressée a subi de nombreuses opérations et immobilisations à la suite de son accident. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui accordant la somme de 6 200 euros à ce titre.
S'agissant de l'indemnisation des préjudices patrimoniaux subis par Mme A :
Quant aux frais engagés pour l'assistance d'une tierce personne :
13. La requérante sollicite les sommes de 16 200 euros au titre des frais qu'elle a engagés pour l'assistance d'une tierce personne et de 21 600 euros au titre d'une aide pérenne de 3 heures hebdomadaires sous la forme d'une rente annuelle à compter de la date de consolidation. Il résulte du rapport d'expertise que l'état de santé de Mme A a nécessité l'assistance d'une tierce personne, pour l'aider à préparer les repas, faire des courses, l'aider à la toilette et à l'habillage pendant trois mois après chaque opération à raison de trois heures par jour puis une aide pour faire des courses et du ménage à raison de trois heures par semaine jusqu'à la consolidation qu'il y a lieu de pérenniser postérieurement à la consolidation. Toutefois, la requérante ne justifie pas avoir engagé de tels frais avant la consolidation et n'établit pas davantage précisément ses besoins d'une aide pérenne pour le futur. Par suite, Mme A n'est pas fondée à être indemnisée au titre de ce chef de préjudice.
Quant au préjudice professionnel et à l'incidence professionnelle :
14. La requérante sollicite la somme de 19 700 euros au titre de l'allocation temporaire d'invalidité et de 1 600 euros au titre d'une rente viagère d'invalidité afin de l'indemniser de la perte de revenu qui résulte de sa mise à la retraite d'office alors qu'il lui manquait 30 trimestres pour avoir une retraite à temps complet et qu'elle aurait pu travailler jusqu'à 64 ans sur un poste aménagé ce qui ne lui a jamais été proposé.
15. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction que Mme A remplissait les conditions pour être admise au bénéfice d'une allocation temporaire d'invalidité ou d'une rente viagère d'invalidité, alors qu'elle ne conteste, par ailleurs, pas avoir perçu une telle allocation ou rente. Dans ces conditions, ainsi que cela a été dit au point 7 du présent jugement, elle n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation des préjudices correspondant à des pertes de revenus ou à une incidence professionnelle. D'autre part, aucune faute n'a été commise par le centre hospitalier. Il suit de là que Mme A n'est pas fondée à être indemnisée au titre de ce chef de préjudice.
16. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner le centre hospitalier Rives de Seine à verser à Mme A la somme totale de 13 000 euros.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts
17. Il y a lieu d'assortir l'indemnité, d'un montant de 13 000 euros fixée ci-dessus, des intérêts au taux légal à compter du 20 juillet 2020, date de la demande indemnitaire préalable présentée par Mme A.
Sur les dépens
18. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
19. Par deux ordonnances du premier vice-président de la Cour administrative d'appel de Versailles n° 18VE03479, du 23 décembre 2019 et du 1er octobre 2020, les frais de l'expertise ordonnée en référé le 28 août 2019 ont été liquidés et taxés à la somme de 2 136, 80 euros et partagés entre les parties. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, de mettre ces frais à la charge définitive du centre hospitalier Rives de Seine.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
20. Mme A ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 7 juin 2021, il y a lieu, en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisés, de mettre à la charge du centre hospitalier Rives de Seine une somme de 1 500 euros à verser au conseil de l'intéressée sous réserve qu'il renonce au versement de la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle. En revanche, les mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que le centre hospitalier Rives de Seine demande sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier Rives de Seine est condamné à verser à Mme A la somme de 13 000 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 20 juillet 2020.
Article 2 : Les frais d'expertise d'un montant de 2 136, 80 euros sont mis à la charge finale du centre hospitalier Rives de Seine qui remboursera à Mme A les sommes éventuellement déjà versées par cette dernière au Docteur C, expert.
Article 3 : Le centre hospitalier Rives de Seine versera à Mme A la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier Rives de Seine sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier Rives de Seine.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente,
Mme Colin, premier conseiller,
Mme Debourg, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
C. COLIN
La présidente,
signé
H. LE GRIEL
Le greffier,
signé
H. MOFID
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026