Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2104640

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2104640
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérant186 AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 avril 2021, l'association Nanterre Athletic Club (NAC), représenté par Me Canivet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 octobre 2020 par laquelle la commune de Nanterre a modifié l'attribution des créneaux horaires d'utilisation des équipements sportifs attribués aux associations sportives, ensemble le rejet implicite du recours gracieux présenté contre cette décision ;

2°) de mettre à la charge de la commune une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision a été prise par une autorité incompétente, dès lors que la commission ad hoc n'a pas été régulièrement réunie et que l'élu au sport de la municipalité, qui se trouve en situation de conflit d'intérêt, n'aurait pas dû participer à la délibération ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle aurait dû être prise par la même commission qui lui a attribué les créneaux d'occupation en juin 2020 ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de forme, dès lors qu'elle attribue des créneaux au Run up Nanterre sans signature d'une convention d'occupation temporaire du domaine public ;

- elle est entachée d'une violation de la loi, au regard de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, en ce qu'elle ne pouvait retirer la convention d'occupation signée par les parties le 1er juillet 2020 qui est créatrice de droits sans qu'elle soit illégale ;

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir, dès lors qu'en attribuant des créneaux horaires à l'association Run up Nanterre dont M. A est le fondateur et le dirigeant, au détriment de ses propres activités, elle n'a pu être prise en toute objectivité et méconnaît l'article 2 de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique et de la Charte de l'élu local.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2022, la commune de Nanterre, représentée par son maire, M. B, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de l'association requérante une somme de 814 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens invoqués par l'association NAC ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 27 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 27 mars 2024.

Par un courrier du 28 mars 2024, le tribunal a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de l'association Nanterre Athletic Club dès lors que la décision du 13 octobre 2020 constitue une mesure d'exécution de la convention temporaire d'occupation du domaine public du 1er juillet 2020 à laquelle l'association est partie.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Huon, président-rapporteur,

- les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par convention conclut le 1er juillet 2020 avec la commune de Nanterre pour une durée de onze mois, l'association Nanterre Athletic club (NAC) a disposé de créneaux d'entraînement pour l'utilisation des équipements sportifs du stade Jean Guimier. A la suite d'une réunion organisée le 13 octobre 2020, la commune de Nanterre a modifié l'attribution des créneaux aux différentes associations d'athlétisme de la ville. L'association NAC a présenté un recours gracieux le 8 décembre 2020 en vue d'obtenir le retrait de cette décision et introduit une requête le 11 décembre 2020 devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Le président de la dixième chambre a pris acte du désistement de la requête par une ordonnance du 18 février 2021 n° 2012822. Par la présente requête, l'association NAC demande à nouveau l'annulation de la décision du 13 octobre 2020 ainsi que l'annulation de la décision implicite née de l'absence de réponse de la commune à son recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Si une partie à un contrat administratif peut, eu égard à la portée d'une telle mesure d'exécution, former devant le juge du contrat un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation de ce contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles, ce juge, saisi par une partie d'un litige relatif à une mesure d'exécution du contrat autre qu'une résiliation, peut seulement rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité en raison du préjudice qu'elle a causé.

3. Il résulte de l'instruction que la décision du 13 octobre 2020 par laquelle la commune de Nanterre a modifié les créneaux horaires d'utilisation des équipements sportifs du stade Jean Guimier, n'a eu ni pour objet ni pour effet de mettre fin aux relations contractuelles entre la commune et l'association NAC. Cette décision constitue ainsi, compte tenu de son objet et de sa portée, une simple mesure d'exécution de la convention en cause dont l'association NAC n'est pas recevable à demander l'annulation.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par l'association requérante doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative :

5. En premier lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Nanterre, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

6. En second lieu, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association NAC la somme demandée par la commune de Nanterre au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de l'association Nanterre Athletic Club est rejetée.

Article 2 :Les conclusions de la commune de Nanterre présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à l'association Nanterre Athletic Club et au maire de la commune de Nanterre.

Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Huon, président,

- Mme Richard, première conseillère,

- Mme Froc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

L'assesseure la plus ancienne,

signé

A. Richard

Le président,

signé

C. HuonLa greffière,

signé

A. Tainsa

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2104640