jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2104936 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ARVIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 avril 2021, le 21 novembre 2022 et le 7 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 avril 2019 par laquelle l'inspection du travail a décidé de ne pas dresser de procès-verbal à l'encontre de la société Priez pour infractions à la législation du travail, ensemble la décision implicite de rejet née à la suite du silence gardé par le ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion à la suite du recours hiérarchique exercé le 8 décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'inspection du travail de dresser un procès-verbal à l'encontre de la société Priez pour infractions à la législation du travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées dès lors qu'elles ne mentionnent pas les règles de droit applicables ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure dès lors que le principe du contradictoire a été méconnu ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'équipement utilisé sur le chantier installé le 4 janvier 2016 n'avait pas fait l'objet des vérifications qui s'imposaient ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'employeur a méconnu ses obligations en matière d'évaluation des risques et n'a pas établi de plan de prévention ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'employeur a méconnu ses obligations en matière de formation à la sécurité ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le chantier n'était pas en cours d'installation.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2022, le ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, au rejet des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation du courrier du 15 avril 2019 sont irrecevables dès lors que l'acte contesté n'est pas une décision administrative susceptible de faire grief mais constitue une simple lettre d'information ;
- les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet née à la suite du silence gardé par le ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion à la suite du recours hiérarchique exercé le 8 décembre 2020 sont irrecevables, cette décision n'étant pas une décision administrative susceptible de faire l'objet d'un recours dès lors que le ministre n'exerce pas de lien hiérarchique sur l'inspecteur du travail en la matière ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Par une décision du 21 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Goudenèche, rapporteur,
- et les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un accident survenu lors d'un chantier le 6 janvier 2016, M. A B, couvreur au sein de la société Priez, a été hospitalisé et placé en arrêt de travail. L'inspection du travail a diligenté une enquête le 11 janvier 2016. Afin de connaitre l'issue de cette enquête le requérant a sollicité l'inspection du travail le 8 avril 2019. Par un courrier du 15 avril 2019, l'inspecteur du travail a répondu que les éléments recueillis lors de l'enquête n'avaient pas été de nature à relever un procès-verbal d'infraction à l'encontre de la société Priez. Par un courrier du 11 septembre 2020, M. B a saisi l'inspection du travail, par l'intermédiaire de son avocat, d'une demande tendant à ce qu'elle dresse un procès-verbal d'infractions à l'encontre de son employeur. Par un courriel du 8 octobre 2020 l'inspecteur du travail en charge de son dossier a transmis au requérant la décision du 15 avril 2019 et l'a informé qu'après avoir réexaminé son dossier il refusait de dresser un tel procès-verbal. Par un courrier du 8 décembre 2020 le requérant a formé un recours hiérarchique auprès du ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion à la suite duquel est née une décision implicite de rejet. Par la présente requête M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 15 avril 2019, ensemble la décision implicite de rejet née à la suite du silence gardé par le ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion à la suite du recours hiérarchique exercé le 8 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation du courrier du 15 avril 2019 :
2. Il ressort des pièces du dossier, et des termes de ce courrier, que la décision du 15 avril 2019 de l'inspecteur du travail fait suite à une demande du requérant tendant à obtenir des informations relatives à l'enquête diligentée à l'encontre de la société Priez à la suite de son accident. M. B, qui ne produit pas sa demande, effectuée par courrier électronique le 8 avril 2019, n'établit pas qu'elle aurait eu pour objet de demander à l'inspection du travail de dresser un procès-verbal d'infraction à l'encontre de son employeur. Par ailleurs, ce courrier précise notamment " je réponds à votre demande d'information " avant de relater l'enquête diligentée et d'informer le requérant qu'aucune suite n'a été donnée. Ainsi, le courrier du 15 avril 2019, qui se borne à répondre à une demande de renseignements dans le cadre des dispositions de l'article R. 8124-20 du code du travail, ne peut être regardé comme une décision administrative susceptible de faire grief. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du recours hiérarchique du requérant :
3. Aux termes de l'article L. 8112-1 du code du travail : " Les agents de contrôle de l'inspection du travail sont membres soit du corps des inspecteurs du travail, soit du corps des contrôleurs du travail jusqu'à l'extinction de leur corps. Ils disposent d'une garantie d'indépendance dans l'exercice de leurs missions au sens des conventions internationales concernant l'inspection du travail. Ils sont chargés de veiller à l'application des dispositions du code du travail et des autres dispositions légales relatives au régime du travail, ainsi qu'aux stipulations des conventions et accords collectifs de travail répondant aux conditions fixées au livre II de la deuxième partie. Ils sont également chargés, concurremment avec les officiers et agents de police judiciaire, de constater les infractions à ces dispositions et stipulations. Les agents de contrôle de l'inspection du travail sont associés à la définition des orientations collectives et des priorités d'intérêt général pour le système d'inspection du travail arrêtées, chaque année, par le ministre chargé du travail après concertation avec les organisations syndicales de salariés et les organisations professionnelles d'employeurs représentatives, et ils contribuent à leur mise en œuvre. Ils sont libres d'organiser et de conduire des contrôles à leur initiative et décident des suites à leur apporter. Les attributions des agents de contrôle de l'inspection du travail peuvent être exercées par des agents de contrôle assimilés dans des conditions fixées par voie réglementaire. ".
4. Par un courrier du 8 décembre 2020, le requérant a formé un recours hiérarchique auprès du ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion à la suite duquel il estime qu'une décision implicite de rejet serait née. Toutefois, dans l'exercice du pouvoir que leur confèrent les dispositions de l'article L. 8112-1 du code du travail de dresser procès-verbal des infractions audit code, les inspecteurs du travail ne sont pas soumis au pouvoir hiérarchique du ministre du travail, lequel n'est pas investi de missions de police judiciaire. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de l'inexistence d'une décision administrative susceptible de faire grief, doit être accueillie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 15 avril 2019, ensemble la décision implicite de rejet née à la suite du silence gardé par le ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion à la suite du recours hiérarchique exercé le 8 décembre 2020, doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence celles présentées à fin d'injonction et au titre des frais d'instance.
Par ces motifs, le tribunal décide:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à la société Priez.
Copie en sera adressé la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. Bourragué, premier conseiller,
Mme Goudenèche, conseillère,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
C. GoudenècheLa présidente,
signé
C. Bories
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026