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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2105107

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2105107

jeudi 7 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2105107
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantLARGILLIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 avril 2021, Mme C A, épouse B, représentée par Me Largillière, avocat, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 129 060 euros correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2013 et 2014 résultant de la mise en demeure de payer en date du 26 octobre 2020 émise à son encontre par le comptable public du pôle de recouvrement spécialisé du centre des finances publiques de Cergy-Pontoise ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A, épouse B soutient que :

- l'administration ne justifie pas avoir régulièrement notifié un avis de mise en recouvrement ou de rôle d'imposition avant d'engager des poursuites à son encontre ;

- l'action en recouvrement est prescrite en l'absence de mise en recouvrement ou de notification d'un rôle des impositions supplémentaires mises à sa charge.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Louazel, rapporteuse ;

- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier en date du 26 octobre 2020, la comptable publique du pôle de recouvrement spécialisé du centre des finances publiques de Cergy-Pontoise a adressé à Mme A, épouse B une mise en demeure de payer la somme de 129 060 euros au titre des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à la charge du foyer fiscal qu'elle formait avec son époux, M. B au titre des années 2013 et 2014. Mme A, épouse B a formé une réclamation, le 28 décembre 2020, tendant à la décharge de l'obligation de payer cette somme, rejetée par l'administration fiscale le 11 février 2021. Mme A, épouse B demande au Tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 129 060 euros résultant de la mise en demeure de payer émise à son encontre.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. Aux termes de l'article 6 du code général des impôts : " 1. Chaque contribuable est imposable à l'impôt sur le revenu. () Sauf application des dispositions du 4 et du second alinéa du 5, les personnes mariées sont soumises à une imposition commune () ; cette imposition est établie au nom de l'époux, précédée de la mention " Monsieur ou Madame " () ". Aux termes de l'article 1658 de ce code : " Les impôts directs et les taxes assimilées sont recouvrés en vertu soit de rôles rendus exécutoires par arrêté du directeur général des finances publiques ou du préfet, soit d'avis de mise en recouvrement. () ".

3. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas soutenu que les impositions en litige n'ont pas fait l'objet d'un avis d'imposition unique, établi au nom des deux époux, à la suite de l'établissement d'un rôle rendu exécutoire dans les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article 1658 du code général des impôts. Dans ces conditions, ces impositions ont été régulièrement établies au nom de Mme A, épouse B. Par suite, la requérante ne saurait utilement se prévaloir de l'absence de notification du rôle d'imposition pour contester l'obligation de payer les impositions supplémentaires mises à sa charge. Elle ne saurait davantage invoquer les dispositions des articles L. 256 et R. 256-2 du livre des procédures fiscales, qui sont applicables aux seules impositions établies par voie d'avis de mise en recouvrement, et par conséquent sans incidence sur la régularité d'impositions établies par voie de rôle.

Sur le bien-fondé de l'imposition :

4. Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable aux années en litige : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable () ".

5. Il est constant que la mise en recouvrement des impositions supplémentaires en litige est intervenue le 31 octobre 2016. Dans ces conditions, l'action en recouvrement n'était prescrite qu'à compter du 31 octobre 2020. Par suite, à la date de délivrance de la mise en demeure de payer valant commandement de payer, le 26 octobre 2020, la dette fiscale de Mme A, épouse B n'était pas prescrite. Au surplus, il résulte de l'instruction que M. B a demandé au comptable public à bénéficier d'un délai de paiement de sa dette fiscale, accordé le 14 novembre 2016, puis a versé un acompte d'un montant de 1 000 euros le 17 janvier 2017 dans le cadre du plan de règlement échelonné. Ces opérations ont eu pour effet d'interrompre le délai de prescription. Il en va de même de la déclaration de créances par le Trésor le 15 juillet 2018 au mandataire judiciaire à la suite de l'ouverture d'une procédure collective à l'encontre de M. B. Dans ces conditions, Mme A, épouse B n'est pas fondée à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de Mme A, épouse B ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par Mme A, épouse B doivent, dès lors, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A, épouse B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, épouse B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.

La rapporteuse,

signé

M. LOUAZEL

Le président,

signé

K. KELFANI La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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