lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2105705 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET FIDAL SAINT-LO |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 28 avril 2021, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Caen a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme D C et M. A B.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Caen le 15 septembre 2020, Mme C et M. B, représentés par Me Vallançon, demandent au tribunal :
1°) la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les frais de déplacement aux Etats Unis, au Canada et au Liban en 2017 de M. B ont été engagés dans l'intérêt de la société MARX MED, ont été refusés à tort par le service vérificateur et ne constituent pas des revenus distribués imposables au nom de leur bénéficiaire M. B ;
- ces frais doivent en tout état de cause être ventilés conformément à la doctrine administrative entre ceux ayant un intérêt personnel et ceux engagés pour le fonctionnement de l'entreprise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
- et les conclusions de M. Bories, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. À la suite de la vérification de comptabilité de la société par action simplifiée (SAS) MARX MED devenu CITI MED à compter du 1er août 2019 qui exerce une activité de " transactions de produits de beauté par le biais d'interfaces électroniques et digitales ", dont M. B est le gérant et l'unique associé, et d'un contrôle sur pièces de la situation fiscale du foyer fiscal de M. B et de Mme C, portant sur l'année 2017, Mme C et M. B se sont vus notifier, par une proposition de rectification en date du 5 avril 2019 établie selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2017, assorties des pénalités correspondantes. La réclamation préalable des intéressés, en date du 13 mars 2020, a été rejetée le 15 juillet 2020. Par la présente requête, Mme C et M. B demandent au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2017, pour un montant global de 3 950 euros, en droits et en pénalités.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. / Les sommes imposables sont déterminées pour chaque période retenue pour l'établissement de l'impôt sur les sociétés par la comparaison des bilans de clôture de ladite période et de la période précédente selon des modalités fixées par décret en conseil d'Etat. ".
3. Il résulte de l'instruction que le service vérificateur a réintégré, dans le résultat imposable de la société MARX MED, des dépenses correspondant à des frais de déplacements de M. B aux Canada et aux Etats-Unis, ainsi qu'au Liban, au motif que si ces dépenses avaient été enregistrées en comptabilité, aucun justificatif n'avait pu être présenté lors du contrôle fiscal. Elle a alors estimé que ces charges non déductibles constituaient des revenus distribués entre les mains de M. B, associé unique de la société qui en assurait alors seul la direction, sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
4. En premier lieu, en ce qui concerne le déplacement au Canada et aux Etats unis, les requérants soutiennent qu'il était nécessaire pour ouvrir un compte aux Etats unis et une succursale sur le territoire américain. Il résulte toutefois de l'instruction qu'aucune succursale n'a été ouverte, une adresse de domiciliation aux Etats unis ayant été uniquement créée. Par ailleurs, si les intéressés justifient, au travers d'échanges de courriels, de deux rendez-vous avec des potentiels acheteurs qui auraient eu lieu lors du séjour en litige, ceux-ci étaient prévus au mois de février 2017 et n'expliquent pas, à eux seuls, ce déplacement qui a duré plus de deux mois entre le 16 décembre 2016 et le 27 février 2017, aucun document de travail tel que projet ou étude de marché n'ayant été présenté lors du contrôle fiscal. Enfin, si les ventes vers le Canada ont effectivement augmenté de 649% en 2018, l'administration fiscale fait valoir sans être contredite que celles-ci ne représentent que quelque centaines d'euros, et seulement 1,26% du chiffre d'affaires de la société. Dans ces circonstances, l'administration fiscale doit être regardée comme établissant que les frais liés aux déplacements des requérants au Canada et aux Etats-Unis n'ont pas été engagés dans l'intérêt de l'entreprise et leur ont bénéficié directement. C'est donc à bon droit qu'elle les a imposés entre leurs mains en application du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
5. En deuxième lieu, en ce qui concerne le déplacement au Liban, les requérants soutiennent qu'il était nécessaire pour l'établissement de partenariats en vue de la commercialisation de produits existants sous la marque MARX MED et que M. B a également rencontré un avocat sur place pour valider ses droits et obligations en tant qu'acheteur sur place. Il résulte toutefois de l'instruction qu'aucun document de travail n'a été présenté lors des opérations de contrôle et que la SAS MARX MED n'a ni fournisseur ni client au Liban. En outre, les frais d'hôtel et de déplacement du séjour du 8 au 13 août 2017 ont inclus les dépenses de voyage de Mme C, épouse de M. B à l'époque des faits, qui n'était ni associée ni salariée de la société. Il s'ensuit qu'aucun document ne permet de faire le lien entre l'activité de la société et les déplacements en litige. Par suite, les requérants n'apportent aucun élément précis sur la nature des charges en cause, ainsi que sur la valeur de la contrepartie que la SAS MARX MED en a retiré. L'administration était donc fondée à considérer que les dépenses en cause ne présentaient pas la nature de charges déductibles du bénéfice de la SAS MARX MED, à rehausser ses résultats au titre de l'exercice 2017 à hauteur de ces dépenses et à les regarder, dès lors, comme des revenus distribués au bénéfice de M. B. C'est donc à bon droit qu'elle les a imposés entre leurs mains en application du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
6. Les différentes interprétations administratives de la loi fiscale ou réponses ministérielles invoqués par les requérants ne comportent aucune interprétation différente de la loi fiscale dont il a été fait application. A supposer qu'elle ait entendu le faire, ils ne sont, en conséquence, pas fondés à s'en prévaloir sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus auxquelles Mme C et M. B ont été assujettis au titre de l'année 2017 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dès lors que l'Etat n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C et de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
M. Jacquinot, conseiller,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
S. Cuisinier-HeisslerLe président,
Signé
T. BertonciniLa greffière,
Signé
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2105705
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026