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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2105901

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2105901

mardi 12 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2105901
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème Chambre
Avocat requérantDORLEAC AZOULAY ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 1er mai 2021 et 15 octobre 2021, la SARL Aba Multi-Services, prise en la personne de son mandataire ad litem, M. B, représentée par Me Azoulay, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des rappels de TVA qui lui ont été notifiés pour la période allant du 1er juillet 2015 au 31 mai 2019, ainsi que des rehaussements d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos au 30 juin 2016, au 30 juin 2017 et au 30 juin 2018 ;

2°) de mettre à la charge de l'État les dépens et la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la procédure est irrégulière dans la mesure où il n'y a pas eu de débat oral et contradictoire au cours de la vérification de comptabilité, dès lors que les opérations se sont déroulées à l'adresse de l'ancien siège social et non dans les locaux de l'entreprise qui n'en n'avait pas en propre, que le comptable qui devait l'assister était absent lors des interventions et que le vérificateur n'aurait pas donné à M. B, mandataire ad litem, les possibilités d'un débat oral et contradictoire lors des séances de travail en indiquant être trop occupé.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 août 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Viain,

- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Aba Multi-Services, exerçant une activité de vente et de prestations dans le domaine de la plomberie et de l'électricité, a fait l'objet d'une liquidation amiable le 30 avril 2019 et a été radiée du registre du commerce et des sociétés le 5 août 2019. Par ordonnance du 26 août 2019, le tribunal de commerce de Nanterre a désigné M. B en tant que mandataire ad litem, afin de représenter la SARL pour la vérification de comptabilité du 7 octobre 2019 au 6 mars 2020, portant sur la période du 1er juillet 2015 au 30 juin 2018, étendue en matière de TVA au 31 mai 2019, à l'issue de laquelle, par proposition de rectification du 16 décembre 2019, des rappels de TVA lui ont été notifiés pour la période du 1er juillet 2015 au 30 juin 2016, ainsi que des rehaussements d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos au 30 juin 2016, et par proposition de rectification du 3 septembre 2020, des rappels de TVA lui ont été notifiés pour l'ensemble de la période du 1er juillet 2016 au 31 mai 2019, ainsi que des rehaussements d'impôt sur les sociétés pour les exercices clos le 30 juin 2017 et le 30 juin 2018. Par une réclamation datée du 26 janvier 2021, rejetée le 1er mars 2021, M. B, agissant en tant que mandataire ad litem de la SARL Aba Multi-Services, a contesté les impositions supplémentaires mises à la charge de la société. Par la requête susvisée, il réitère ses prétentions devant le tribunal.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales : " Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables ". Dans le cas où la vérification de la comptabilité d'une société commerciale a été effectuée, soit, comme il est de règle, dans ses propres locaux, soit, si son dirigeant ou représentant l'a expressément demandé, dans les locaux du comptable auprès duquel sont déposés les documents comptables, il appartient au contribuable qui allègue que les opérations de vérification ont été conduites sans qu'il ait eu la possibilité d'avoir un débat oral et contradictoire avec le vérificateur, de justifier que ce dernier se serait refusé à un tel débat, soit avec les mandataires sociaux, soit avec leurs conseils, préposés ou mandataires de droit ou de fait.

3. Il résulte de l'instruction que M. B, mandataire ad litem de la requérante, a demandé par courriel du 23 septembre 2019, afin de tenir compte des disponibilités du cabinet comptable, à ce que les opérations de contrôle se déroulent à l'ancien siège social de la SARL Aba Multi-Services, au 64, rue Anatole France à Levallois-Perret, cette adresse correspondant aux locaux de la société domiciliatrice Sofradom. Par ailleurs, il n'est pas contesté que le vérificateur et M. B se sont rencontrés à huit reprises, entre le 7 octobre 2019 et le 6 mars 2020, dans le cadre de ces opérations. La requérante, à qui il était loisible de se faire accompagner de son comptable voire d'un conseil de son choix, se borne à affirmer que le vérificateur aurait indiqué être occupé et donc peu disponible. Ce faisant, elle n'établit pas comme cela lui incombe qu'en dépit du nombre important d'interventions qui se sont tenues dans le lieu désignée par elle, le vérificateur se serait refusé à tout échange de vues et qu'elle aurait ainsi été privée du bénéfice d'un débat oral et contradictoire. Par suite, le moyen doit être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de La SARL Aba Multi-Services doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une quelconque somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu de condamner l'administration aux dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Aba Multi-Services est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Aba Multi-Services en la personne de M. A B, mandataire ad litem et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président ;

Mme Richard, première conseillère ;

M. Viain, premier conseiller ;

Assistés de Mme Tainsa, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.

Le rapporteur,

signé

T. VIAIN

Le président,

signé

C. HUON

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2105901

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