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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2106038

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2106038

mardi 12 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2106038
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème Chambre
Avocat requérantJARRIGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 5 mai 2021, le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé le dossier de la requête, enregistrée le 21 février 2021, de M. A B au tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

Par cette requête, M. A B, représenté par Me Jarrige, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales mises à sa charge au titre des années 2013, 2014 et 2015 ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il aurait dû se voir appliquer le régime déclaratif spécial dit " micro BNC ", au lieu et place du régime réel d'imposition, en vertu de l'article 102 ter du code général des impôts ;

- le coefficient de 1,25 appliqué par l'administration n'a pas lieu d'être en régime " micro BNC " ;

- des justifications ont été fournies, démontrant que la grande majorité des sommes considérées comme " non dénommées " sont finalement des salaires et des remboursements de frais émanant de la SARL Nlg Media et de la SARL Figure ;

- le loyer de 972,25 euros payé sur dix mois de l'année 2013 doit être regardé comme des frais engagés dans l'intérêt de la société Nlg Media ;

- les salaires ayant déjà été assujettis à la CSG et CRDS par les SARL Nlg Media et Figure, les sommes en litige ne peuvent être assujetties une seconde fois à des contributions sociales.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut :

1°) au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé en cours d'instance au titre de l'année 2015 ;

2°) au rejet su surplus des conclusions de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 1er novembre 2021, M. B déclare se désister de ses conclusions afférentes, d'une part aux impositions établies au titre des années 2013 et 2014 dans la catégorie des bénéfices non commerciaux et, d'autre part, à l'ensemble des impositions établies au titre de l'année 2015 et maintenir ses conclusions pour le surplus.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Viain,

- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a fait l'objet du 23 juin 2016 au 28 novembre 2016 d'un examen de sa situation fiscale personnelle portant sur les années 2013, 2014 et 2015, suite auquel, par une proposition de rectification du 28 novembre 2016, il s'est vu notifier des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales au titre des années 2013, 2014 et 2015, à raison de bénéfices non commerciaux et de crédits injustifiés sur ses comptes bancaires personnels, selon la procédure de taxation d'office prévue à l'article L. 66 du livre des procédures fiscales, en l'absence de dépôt de déclarations fiscales au titre de ces années. Par une réclamation du 26 décembre 2019, ayant fait l'objet d'une admission partielle le 21 décembre 2020, M. B a contesté ces impositions. Par la requête susvisée, il demande au tribunal la décharge des impositions restant à sa charge.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision du 23 août 2021, postérieure à l'introduction de la requête de M. B, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a prononcé un dégrèvement de 17 746 euros, correspondant à la totalité des impositions, en droits et pénalités, mises à sa charge au titre des bénéfices non commerciaux des années 2013 et 2014, ainsi qu'un dégrèvement de 7 929 euros correspondant aux impositions supplémentaires restant à sa charge au titre de l'année 2015. Par son mémoire enregistré le 1er novembre 2021, M. B, s'est désisté de ses conclusions tendant à la décharge de ces impositions. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement.

Sur les impositions restant en litige :

3. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ".

4. M. B ne conteste pas avoir été régulièrement imposé, au titre des années 2013 et 2014, dans le cadre de la procédure de taxation d'office prévue par dispositions précitées des articles L. 66-1 et L. 67 du livre des procédures fiscales. Dans ces conditions, la charge de la preuve du caractère exagéré des rehaussements d'imposition lui incombe.

5. Au cours de l'examen de situation fiscale personnelle dont M. B a fait l'objet, l'administration fiscale a relevé que son compte bancaire LCL n°1948L45 avait été crédité à hauteur de 80 748 euros au titre de l'année 2013 et de 45 425 euros au titre de l'année 2014, sous forme de virements, de dépôts d'espèces ou de chèques. Suite à la production par M. B, au stade de la réclamation préalable, de justificatifs, l'administration a considéré qu'en l'absence d'explication sur l'origine des fonds, les sommes respectives de 72 314 euros au titre de 2013 et 29 498 euros au titre de 2014 devaient être regardées comme des revenus non dénommés.

6. En premier lieu, le requérant fait valoir qu'il s'agit de salaires et de remboursements de frais professionnels versés par les sociétés Nlg Media et Figure. Il fournit des tableaux de frais professionnels engagés pour le compte des sociétés Nlg Media et Figure, mentionnant des dépenses de restaurants, de déplacement et de téléphonie, ainsi que des bulletins de salaire émis à son nom par ces deux sociétés. Toutefois, et alors que le requérant se borne à affirmer que les montants des versements perçus étaient fonction des possibilités de trésorerie des sociétés Nlg Media et Figure, la nature des crédits bancaires en litige n'est pas établie par les bulletins de salaires produits, en l'absence de corrélation entre les sommes qui y figurent et les crédits bancaires en litige. Aucune correspondance ne peut non plus être établie entre les frais figurant sur les tableaux produits et les supposés remboursements que constituent les crédits bancaires considérés comme injustifiés par le vérificateur.

7. Par suite, dès lors que le contribuable ne produit pas d'éléments probants permettant de justifier de l'origine des revenus en litige et de les rattacher à une catégorie de revenus, M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a taxé d'office, en tant que revenus non dénommés, les sommes de 72 314 euros au titre de l'année 2013 et de 29 498 euros au titre de l'année 2014.

8. En deuxième lieu, si le requérant soutient avoir payé un loyer sur dix mois de l'année 2013, qui doit être regardé comme des frais engagés dans l'intérêt de la société Nlg Media, il n'établit pas, en produisant un extrait de son compte LCL mentionnant des versements de 972,25 euros avec l'intitulé " loyer ", que ces sommes correspondraient au loyer de la société Nlg Media.

9. En troisième lieu, si le requérant soutient que les sociétés Nlg Media et Figure se seraient déjà acquittées des charges sociales afférentes à ses salaires, il n'établit pas avoir versé lui-même des charges sociales sur les sommes en litige.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de M. B doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

11. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à M. B, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. B tendant à la décharge des impositions mentionnées au point 2 du présent jugement.

Article 2 : L'État versera la somme de 1 500 euros à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président ;

Mme Richard, première conseillère ;

M. Viain, premier conseiller ;

Assistés de Mme Tainsa, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.

Le rapporteur,

signé

T. VIAIN

Le président,

signé

C. HUONLa greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2106038

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