vendredi 9 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2106313 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MOREU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 mai 2021 et 10 février 2022, Mme A B, représentée par Me Moreu, avocat, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2017, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- l'administration a méconnu les dispositions de l'article 150 U du code général des impôts en lui refusant le bénéfice de l'exonération à hauteur de la quote-part acquise en usufruit de sa résidence principale ;
- l'administration a méconnu l'interprétation de la loi fiscale exprimée au paragraphe 70 de la documentation référencée BOI-RFPI-PVI-10-40-30, qui renvoie au BOI-RFPI-PVI-10-40-10.
Par un mémoire en défense enregistré les 21 juillet 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Louazel, rapporteuse ;
- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle sur pièces, Mme B s'est vu notifier, par une proposition de rectification du 18 février 2020, selon la procédure de rectification contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2017, ainsi que des pénalités correspondantes, à raison de la remise en cause de l'exonération de la plus-value immobilière réalisée lors de la cession d'un appartement situé 17, rue Berthelot à Suresnes. Par une réclamation préalable en date du 24 mars 2021, rejetée le 12 mars 2021, Mme B a contesté les cotisations supplémentaires des impositions mises à sa charge. Mme B demande au Tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques () lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. () II. - Les dispositions du I ne s'appliquent pas aux immeubles, aux parties d'immeubles ou aux droits relatifs à ces biens : () 1° bis Au titre de la première cession d'un logement () autre que la résidence principale, lorsque le cédant n'a pas été propriétaire de sa résidence principale, directement ou par personne interposée, au cours des quatre années précédant la cession. / L'exonération est applicable à la fraction du prix de cession défini à l'article 150 VA que le cédant remploie, dans un délai de vingt-quatre mois à compter de la cession, à l'acquisition ou la construction d'un logement qu'il affecte, dès son achèvement ou son acquisition si elle est postérieure, à son habitation principale. En cas de manquement à l'une de ces conditions, l'exonération est remise en cause au titre de l'année du manquement () ".
3. Il résulte des dispositions du 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts précitées, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 28 décembre 2011 de finances pour 2012 dont elles sont issues, qu'en subordonnant l'octroi d'une exonération d'impôt sur le revenu des plus-values réalisées par les personnes physiques lors de la première cession d'un logement autre que la résidence principale, en vue d'un remploi dans les vingt-quatre mois à l'acquisition ou la construction de son habitation principale, à la condition que le cédant n'ait pas été propriétaire de sa résidence principale, directement ou par personne interposée, au cours des quatre années précédant la cession, le législateur a entendu favoriser l'investissement dans l'acquisition d'une résidence principale et en réserver le bénéfice aux contribuables qui ne détiennent aucun droit réel immobilier sur le bien qu'ils ont élu pour domicile.
4. Il est constant que Mme B entendait bénéficier de l'exonération prévue par le 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, applicable à la plus-value réalisée lors de la cession d'un appartement situé 17, rue Berthelot à Suresnes, intervenue le 9 mars 2017. Il résulte toutefois de l'instruction que l'intéressée a acquis le logement qu'elle a affecté à sa résidence principale, située 7, rue Marthe Edouard à Meudon, le 7 octobre 2016. Mme B était ainsi propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédant la cession de son bien situé 17, rue Berthelot à Suresnes, de sorte qu'elle ne pouvait bénéficier de l'exonération d'impôt sur le revenu, prévue par les dispositions précitées du 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
5. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente () ". Ces dispositions permettent aux contribuables de se prévaloir des énonciations contenues dans les notes ou instructions publiées, qui ajoutent à la loi ou la contredisent, à la condition que les intéressés entrent dans les prévisions de la doctrine, appliquée littéralement, résultant de ces énonciations.
6. Il ressort du paragraphe 70 du BOI-RFPI-PVI-10-40-30 alors applicable que si, par principe, le cédant ne doit pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédant la cession, il est cependant admis, par mesure de tempérament et afin de tenir compte, notamment, de la situation des contribuables qui demandent le bénéfice de l'exonération au titre de la première cession d'un logement mais qui acquièrent leur future résidence principale, notamment au moyen d'un prêt relais, avant d'avoir cédé le logement entrant dans le champ de l'exonération, que l'exonération ne soit pas refusée dans ces circonstances sous réserve que la mise en vente du logement soit antérieure à l'acquisition de l'habitation principale, que la cession du logement intervienne dans un délai normal après l'acquisition du logement affecté à la résidence principale, au sens du BOI-RFPI-PVI-10-40-10, et enfin que le prix de cession du logement soit effectivement remployé à l'acquisition ou construction de la résidence principale.
7. Pour refuser l'exonération d'impôt de la plus-value réalisée lors de la cession intervenue le 9 mars 2017 du logement situé 17, rue Berthelot à Suresnes, l'administration a notamment relevé que Mme B avait mis en vente ce logement postérieurement à l'acquisition de sa résidence principale située à Meudon. Il résulte en effet de l'instruction qu'un mandat de vente a été délivré par l'intéressée à une agence immobilière le 2 novembre 2016, de sorte que Mme B ne pouvait, pour cette seule raison, bénéficier de l'exonération prévue par les dispositions du 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, telles qu'interprétées par l'administration fiscale.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par Mme B doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2024.
La rapporteuse,
signé
M. LOUAZEL
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026