vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2106510 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C+ |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | FRANCK LE MENTEC AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2021, M. A B, représenté par Me Le Mentec, avocat, demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de taxe sur les plus-values de cession d'immeubles autres que des terrains à bâtir et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que des majorations et pénalités correspondantes ou, à défaut, de prononcer la réduction de ces cotisations supplémentaires ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 6 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'administration a méconnu les dispositions de l'article 150 U du code général des impôts en lui refusant le bénéfice de l'exonération à hauteur de la quote-part acquise en usufruit de sa résidence principale ;
- à titre subsidiaire, le calcul de l'exonération de la plus-value est erroné faute pour l'administration d'avoir pris en compte la somme de 5 831 euros correspondant aux reliquats de prêt et charges de copropriété ;
- l'interprétation de la loi fiscale exprimée au paragraphe 200 du BOI-RFPI-PVI-10-40-30 est illégale en ce qu'elle ajoute à la loi et ne lui est donc pas opposable.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Louazel, conseillère ;
- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. À la suite d'un contrôle sur pièces, M. B s'est vu notifier, par une proposition de rectification du 30 septembre 2019, selon la procédure de rectification contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de taxe sur les plus-values de cession d'immeubles autres que des terrains à bâtir et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2016, ainsi que des majorations et pénalités correspondantes, à raison de la remise en cause de l'exonération de la plus-value immobilière réalisée lors de la cession d'un appartement situé 83, rue Perronet à Neuilly-sur-Seine. Par une réclamation préalable en date du 24 mars 2021, M. B a contesté les cotisations supplémentaires des impositions mises à sa charge. L'administration a, par une décision en date du 15 avril 2021, accepté partiellement sa réclamation et maintenu les impositions contestées pour un montant total de 29 092 euros. M. B demande au Tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques () lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. () II. - Les dispositions du I ne s'appliquent pas aux immeubles, aux parties d'immeubles ou aux droits relatifs à ces biens : () 1° bis Au titre de la première cession d'un logement () autre que la résidence principale, lorsque le cédant n'a pas été propriétaire de sa résidence principale, directement ou par personne interposée, au cours des quatre années précédant la cession. / L'exonération est applicable à la fraction du prix de cession défini à l'article 150 VA que le cédant remploie, dans un délai de vingt-quatre mois à compter de la cession, à l'acquisition ou la construction d'un logement qu'il affecte, dès son achèvement ou son acquisition si elle est postérieure, à son habitation principale. En cas de manquement à l'une de ces conditions, l'exonération est remise en cause au titre de l'année du manquement () ".
3. Il résulte des dispositions du 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts précitées, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 28 décembre 2011 de finances pour 2012 dont elles sont issues, qu'en subordonnant l'octroi d'une exonération d'impôt sur le revenu des plus-values réalisées par les personnes physiques lors de la première cession d'un logement autre que la résidence principale, en vue d'un remploi dans les vingt-quatre mois à l'acquisition ou la construction de son habitation principale, à la condition que le cédant n'ait pas été propriétaire de sa résidence principale, directement ou par personne interposée, au cours des quatre années précédant la cession, le législateur a entendu favoriser l'investissement dans l'acquisition d'une résidence principale et en réserver le bénéfice aux contribuables qui ne détiennent aucun droit réel immobilier sur le bien qu'ils ont élu pour domicile.
4. Il est constant que M. B a acquis, par acte notarié du 13 janvier 2016, un appartement situé 64, rue Marjolin à Levallois-Perret qu'il a affecté à sa résidence principale par le remploi du prix de cession, intervenue le 4 janvier 2016, d'un bien immobilier situé 83, rue Perronet à Neuilly-sur-Seine. Il résulte toutefois de l'instruction que l'intéressé ne détient que 369/596èmes en pleine-propriété du logement situé à Levallois-Perret, et qu'il en dispose pour 290/404èmes en usufruit. Or, la seule circonstance que l'acquéreur soit titulaire d'un droit réel immobilier sur le logement affecté à sa résidence principale fait obstacle au bénéfice de l'exonération de la plus-value prévue par les dispositions citées au point 2 du présent jugement, à hauteur de la quotité de droits réels détenus sur ce logement. Dans ces conditions, M. B ne pouvait pas être regardé comme remplissant les conditions exigées par l'article 150 U du code général des impôts pour bénéficier de l'exonération d'une fraction de la plus-value de cession résultant de la vente du bien situé 83, rue Perronet à Neuilly-sur-Seine. Par suite, l'administration fiscale était fondée, sur le seul terrain de la loi, à remettre en cause le bénéfice de l'exonération à hauteur de la quote-part en usufruit détenue par M. B.
5. M. B ne saurait utilement se prévaloir de l'illégalité ou de l'inapplicabilité du paragraphe n° 200 de la documentation administrative référencée BOI-RFPI-PVI-10-40-30 publiée au bulletin officiel des finances publiques le 7 juillet 2021, postérieurement à l'imposition en litige, et qui, au demeurant, et compte tenu de ce qui a été dit précédemment, a été établie conformément à la loi fiscale.
Sur les conclusions aux fins de réduction :
6. Aux termes de l'article 150 VA du code général des impôts : " I. - Le prix de cession à retenir est le prix réel tel qu'il est stipulé dans l'acte. Lorsqu'une dissimulation de prix est établie, le prix porté dans l'acte doit être majoré du montant de cette dissimulation () II. - Le prix de cession est majoré de toutes les charges et indemnités mentionnées au deuxième alinéa du I de l'article 683. Les indemnités d'assurance consécutives à un sinistre partiel ou total d'un immeuble ne sont pas prises en compte. / III. - Le prix de cession est réduit, sur justificatifs, du montant de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée et des frais, définis par décret, supportés par le vendeur à l'occasion de cette cession. ". Aux termes de l'article 41 duovicies H de l'annexe III à ce code : " Pour l'application du III de l'article 150 VA du code général des impôts, les frais supportés par le vendeur à l'occasion de la cession ne peuvent être admis en diminution du prix de cession que si leur montant est justifié. Ils s'entendent exclusivement : / 1° Des frais versés à un intermédiaire ou à un mandataire () ".
7. Si le requérant soutient que l'administration a refusé, à tort, d'inclure les sommes au titre des reliquats de prêts et de charges de copropriété dans le prix de cession à retenir afin de déterminer le montant de la plus-value en litige, ces sommes ne sont pas au nombre de celles que visent les articles 150 VA du code général des impôts et 41 duovicies H de l'annexe III précités.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge ou de réduction de la requête de M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 22 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
La rapporteuse,
signé
M. LOUAZEL
Le président,
signé
K. KELFANI Le greffier,
signé
D. HAUDE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
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01/06/2026
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01/06/2026