mercredi 18 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2107108 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 11ème Chambre |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu les procédures suivantes :
I/- Par une requête enregistrée le 28 mai 2021 sous le numéro 2107108, M. A D, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 22 avril 2021 par lequel le département des Hauts-de-Seine a mis à sa charge la somme de 10 324,15 euros, relative à un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er mars 2018 au 30 juin 2020 ;
3°) de prononcer la décharge de la somme due ;
4°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
M. D soutient que :
- l'acte contesté n'est pas signé et, par suite, invalide ;
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance des droits de la défense et des droits du contradictoire ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation relative au bien-fondé de l'indu réclamé.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2022, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens invoqués par le requérant sont infondés.
II- Par une requête enregistrée le 28 mai 2021 sous le numéro 2107109, M. A D, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 15 novembre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine lui a réclamé un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018, d'un montant de 152,45 euros ;
3°) de prononcer la décharge de la somme due ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
M. D soutient que :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance des droits de la défense et du principe du contradictoire ;
- elle méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation relative au bien-fondé de l'indu réclamé.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens invoqués par le requérant sont infondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 mai 2022.
III- Par une requête enregistrée le 28 mai 2021 sous le numéro 2107110, M. A D, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 11 janvier 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé à l'encontre de la décision du 10 novembre 2020 lui ayant notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 10 324,15 euros au titre de la période du 1er mars 2018 au 30 juin 2020 ;
3°) de le décharger de la somme due ; subsidiairement de lui en accorder la remise gracieuse ;
4°) d'enjoindre au département des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
M. D soutient que :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles relatives à la consultation de la commission de recours amiable ;
- elle a été prise en méconnaissance des droits de la défense et du principe du contradictoire ;
- elle méconnaît son droit à l'erreur ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation relative au bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active en litige ;
- il est de bonne foi ;
- il est dans une situation précaire qui lui interdit de rembourser la somme due.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2022, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens invoqués par le requérant sont infondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 mai 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le décret n°2018-1150 du 14 décembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur proposition du président de la chambre de jugement, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les rapports de M. C ont été entendus au cours de l'audience publique.
Les clôtures de l'instruction ont été prononcées à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, bénéficiaire du revenu de solidarité active, s'est vu notifier, par deux décisions des 10 et 15 novembre 2020, par la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine un indu de revenu de solidarité active et un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant respectif de 10 324,15 euros, au titre de la période du 1er mars 2018 au 30 juin 2020, et de 152,45 euros au titre de l'année 2018. Par un courrier en date du 11 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé le 30 décembre 2020 par l'intéressé contre la première de ces décisions. Par un avis des sommes à payer émis le 22 avril 2021, le département des Hauts-de-Seine a alors mis à sa charge la somme de 10 324,15 euros relative à l'indu de revenu de solidarité active litigieux. Par les présentes requêtes, M. D demande l'annulation de la décision du 15 novembre 2020 lui notifiant un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018, de celle du 11 janvier 2021 rejetant son recours administratif préalable obligatoire concernant son indu de revenu de solidarité active et de l'avis de sommes à payer émis le 22 avril 2021. Il demande également la décharge de l'obligation de payer ces sommes.
2. Les requêtes susvisées n°2107108, n°2107109 et n°2107110 concernent la situation du même requérant, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 mai 2022. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans les requêtes n°2107109 et 2107110.
4. Si M. D demande à être admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire dans la requête n°2107108, il n'établit pas, malgré la mesure d'instruction diligentée en ce sens par le tribunal le 8 décembre 2022, avoir sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Partant, ses conclusions ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les indus de revenu de solidarité active et de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 :
5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active et de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne la régularité de l'indu de revenu de solidarité active :
6. En premier lieu, s'agissant de la décision du 11 janvier 2021 en matière de revenu de solidarité active (RSA), il résulte de l'instruction, en particulier de la convention de gestion du revenu de solidarité active conclue entre le département des Hauts-de-Seine et la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine applicable entre 2016 et 2020 que la gestion des indus en matière de revenu de solidarité active a été déléguée par le département des Hauts-de-Seine à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine. Par suite, Mme F, en sa qualité de directrice de cette caisse, était compétente pour signer la décision contestée au nom du département des Hauts-de-Seine. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte en litige doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve de l'application du 2° de l'article L. 311-5, une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique comporte une mention explicite en informant l'intéressé. Les règles définissant ce traitement ainsi que les principales caractéristiques de sa mise en œuvre sont communiquées par l'administration à l'intéressé s'il en fait la demande. "
8. M. D fait valoir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure résultant du fait que la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine ne lui a pas indiqué que la décision provenait d'un traitement algorithmique. Toutefois, le requérant n'apporte aucun élément de preuve de nature à démontrer que cette décision a été prise dans de telles conditions. En outre, il résulte de l'instruction qu'elle n'a pas été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, mais fait suite à une enquête réalisée par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine dont le rapport a été établi le 3 novembre 2020. Dès lors, le moyen tiré du non-respect des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.
9. En troisième lieu, d'une part, il résulte des dispositions du chapitre II du titre VI du livre II du code de l'action sociale et des familles (B), et en particulier de l'article L. 262-47 de ce code, qu'il appartient à l'allocataire de présenter un recours administratif préalable obligatoire, à caractère suspensif, à l'encontre d'une décision lui réclamant le remboursement d'un trop-perçu de RSA. A l'occasion de ce recours, il est loisible à l'allocataire de faire état de tout élément qu'il estime nécessaire de porter à la connaissance de l'administration, qui sera alors mise en mesure d'arrêter définitivement sa position. Le législateur a entendu, par ces dispositions, déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions relatives au RSA. D'autre part, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration de communiquer, à la personne à laquelle est réclamé le remboursement d'un indu, le rapport d'enquête établi à la suite du contrôle diligenté par les services de la caisse d'allocations familiales. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait intervenue sans que le requérant ait été mis en mesure de présenter des observations écrites ou orales doit être écarté, tout comme celui tiré de la méconnaissance des droits de la défense.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L.262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. " Aux termes de l'article R.262-90 du même code : " Lorsqu'elle est saisie, la commission de recours amiable se prononce dans un délai d'un mois à compter de la date de saisine. A réception de l'avis, le président du conseil départemental statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Si elle ne s'est pas prononcée au terme du délai mentionné au précédent alinéa, son avis est réputé rendu et le président du conseil départemental statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. L'avis de la commission et la décision du président du conseil départemental sont motivés. ".
11. Dans ce cadre, il appartient au tribunal administratif, saisi d'un moyen tiré du défaut de consultation de la commission de recours amiable de l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, de s'assurer du caractère obligatoire de cette consultation dans l'hypothèse en litige, en vertu des clauses réglementaires de la convention conclue entre le département et l'organisme. En revanche, la circonstance que le législateur ait entendu permettre à chaque département, agissant par voie de convention avec cet organisme, de déterminer les hypothèses dans lesquelles les réclamations dirigées contre des décisions relatives au revenu de solidarité active sont soumises pour avis à sa commission de recours amiable n'a pas pour effet de retirer à la consultation de cette commission, eu égard à sa nature et à sa composition, le caractère d'une garantie apportée, lorsqu'elle est prévue, au bénéficiaire du revenu de solidarité active.
12. Or, la convention de gestion du revenu de solidarité active exclut de recueillir l'avis de la commission de recours amiable pour les recours administratifs dirigés contre les décisions relatives au revenu de solidarité active. Par suite, le moyen, selon lequel la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure du fait de l'absence de saisine de cette commission et d'avis rendu dans des conditions régulières en méconnaissance des articles L.262-47 et R 262-90 du code de l'action sociale et des familles, est inopérant.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 3°) () imposent des sujétions () ; / () / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
14. La décision, par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active, est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. À ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
15. En l'espèce, la décision du 10 novembre 2020, portant notification au requérant de son indu de revenu de solidarité active, indique que, eu égard à ses nombreux séjours hors de France depuis mai 2018, il ne saurait être regardé comme résidant de manière stable et permanente en France depuis cette date. Elle ajoute que, par ailleurs, ses ressources ont été modifiées à raison des versements en espèces et virements effectués sur son compte bancaire depuis février 2018. Elle conclut que, ce faisant, il est recevable d'un indu de 10 324,15 euros pour la période du 1er mars 2018 au 30 juin 2020. La décision querellée indique, quant à elle, que les éléments apportées dans le cadre du recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 10 novembre 2020, dont le requérant a donc eu connaissance, ne sont pas de nature à remettre en cause les conclusions de l'enquête effectuée par la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine. Dans ces circonstances, le requérant a été mis à même de comprendre les motifs de la décision attaquée et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la régularité de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 :
16. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision en litige indique, outre la signature de son auteur, en caractères lisibles, les prénom et nom ainsi que la qualité de son auteur. Dès lors, son auteur peut être identifié sans ambiguïté. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaîtrait l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration manque en fait et ne peut qu'être écarté.
17. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée a été prise au vu du rapport de contrôle, en date du 3 novembre 2020, réalisé par un agent assermenté et non sur le fondement d'un traitement algorithmique. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision ne comporterait aucune des mentions exigées par les articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient seulement, au demeurant, leur communication à tout intéressé qui en ferait la demande, ne peut qu'être écarté.
18. En troisième lieu, si, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ", l'article L. 121-2 du même code précise que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / () 4° Aux décisions prises par les organismes de sécurité sociale () sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction (). ". La décision en litige prise par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, qui est un organisme de sécurité sociale, ne constitue pas une sanction. Par conséquent, son édiction n'est pas soumise au respect des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
19. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () / Sauf si le bénéficiaire opte pour le remboursement de l'indu en une seule fois, l'organisme mentionné au premier alinéa procède au recouvrement de tout paiement indu de revenu de solidarité active par retenues sur les montants à échoir. / A défaut, l'organisme mentionné au premier alinéa peut également, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues au titre [d'autres] prestations ().
20. M. D soutient que la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine aurait recouvré l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année litigieux en utilisant la procédure de retenues sur les échéances d'autres prestations prévues pour le recouvrement des indus de revenu de solidarité active, en application des dispositions de l'article L. 262-46 précité. Toutefois, il ne démontre pas que des retenues auraient été effectuées sur ses éventuelles autres prestations. Par suite, le moyen manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
21. En dernier lieu, la décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre des primes exceptionnelles de fin d'année est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
22. En l'espèce, la décision du 15 novembre 2020 mentionne la nature de la prestation indue, c'est-à-dire la seule prime exceptionnelle de fin d'année 2018, le montant de la somme réclamée, soit 152,45 euros, le motif de l'indu, à savoir que M. D n'était pas éligible à la prime exceptionnelle de fin d'année 2018 faute d'être bénéficiaire du revenu de solidarité active pour les mois de novembre ou décembre 2018. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active :
23. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". L'article L. 262-3 de ce code dispose que : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". L'article R. 262-6 du même code prévoit que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-37 dudit code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
24. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elle mentionne et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
25. En l'espèce, l'indu en litige, qui couvre la période allant du 1er mars 2018 au 30 juin 2020, a été mis à la charge de M. D aux motifs, d'une part, que l'intéressé ne résidait plus de manière régulière et permanente en France depuis 2018, et d'autre part qu'il n'avait pas déclaré certains de ses revenus. Il résulte de l'instruction, et plus particulièrement du rapport d'enquête du 3 novembre 2020 rédigé par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, que l'intéressé ne s'est pas présenté aux convocations de la caisse, que ses relevés de compte ne font apparaitre aucun retrait ou paiement effectué sur le territoire français à de multiples reprises, qu'ils révèlent à l'inverse des retraits et paiements en Côte d'Ivoire et que ses déclarations trimestrielles de ressources se faisaient depuis l'étranger. Estimant que les périodes, pendant lesquelles le compte bancaire de l'intéressé n'était pas mouvementé, attestaient, dans ce contexte, une présence hors du territoire français, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a alors noté que, depuis 2018, le requérant se trouvait hors de France durant plus de quatre-vingt-douze jours par année civile. Si M. D fait valoir que ses absences du territoire français, à l'origine de cet indu, sont dues, en 2018, à la circonstance que son frère réalisait pour lui ses déclarations trimestrielles depuis la Finlande où il réside, il ne l'établit pas. En outre, s'il justifie sa résidence prolongée en 2019 et 2020 en Côte d'Ivoire aux conséquences de la pandémie de Covid-19, cette circonstance, à la supposer établie, apparaît sans incidence sur la réalité du constat réalisé par la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine et la légalité de la notification de l'indu qui en résulte. Enfin, s'agissant des omissions déclaratives de ressources pour 10 080 euros en 2018 et 360 euros en 2019 en provenance de tiers, il se borne à soutenir que l'omission en cause provient de la perception d'un arriéré d'allocation aux adultes handicapés alors qu'il s'agit, en tout état de cause, d'une ressource à déclarer dans le cadre du RSA. Par suite, en estimant que M. D ne justifiait pas résider en France de manière stable et effective pour la période en litige et en corrigeant ses ressources, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine n'a commis ni erreur de fait, ni erreur manifeste d'appréciation. Elle a ainsi pu lui réclamer à bon droit l'indu de revenu de solidarité active contesté.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 :
26. Il résulte de l'instruction, comme de ce qui a été dit au point 25, que M. D ne pouvant percevoir le revenu de solidarité active en novembre 2018 du fait de l'absence de résidence habituelle en France à cette date, ne remplissait pas les conditions d'octroi de la prime exceptionnelle de fin d'année prévue par le décret n°2018-1150 du 14 décembre 2018. Il s'ensuit que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année en litige.
En ce qui concerne le droit à l'erreur :
27. Aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction pécuniaire ou consistant à la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invité à le faire par l'administration dans le délai que celui-ci a indiqué. (). ".
28. La décision par laquelle un trop-perçu de prestations est notifiée à l'allocataire, sans que soit mise à sa charge, en supplément du montant de la prestation reçue à tort, une amende destinée à réprimer les manquements aux obligations déclaratives, ne constitue pas une sanction pécuniaire. Dès lors que la prestation versée initialement n'était pas due, la récupération de l'indu ne constitue pas davantage la privation de tout ou partie d'une prestation due. Par suite, M. D ne saurait utilement invoquer un droit à l'erreur et le moyen qui en est tiré doit être écarté.
29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des indus de revenu de solidarité active et de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 qui ont été réclamés à M. D doivent être rejetées.
Sur la remise gracieuse de l'indu de RSA :
30. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil général (), en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
31. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
32. Pour solliciter la décharge des sommes dues, M. D fait valoir sa bonne foi et la précarité de sa situation. D'une part, l'absence de notification de ses changements de résidence et des ressources perçues en 2018 et 2019, constituent des omissions déclaratives qui interdisent de retenir, dans les circonstances de l'espèce, la bonne foi du requérant. D'autre part, et nonobstant la reconnaissance de son handicap visuel, ce dernier n'établit pas la précarité alléguée, faute de pièces permettant d'apprécier la balance des charges et des ressources qui caractérise sa situation financière. Dès lors, les conclusions à fin de remise gracieuse ne peuvent qu'être écartées.
33. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions des 15 novembre 2020 et 11 janvier 2021, par lesquelles la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a notifié à M. D respectivement un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2018, d'un montant de 152,45 euros, et a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 10 novembre 2020 lui réclamant un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 10 324,15 euros au titre de la période du 1er mars 2018 au 30 juin 2020, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer ces indus doivent également être rejetées, ainsi que celles tendant à la remise gracieuse de l'indu de RSA en litige.
Sur l'avis des sommes à payer :
34. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dans sa version applicable : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. () "
35. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que tant le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif que l'ampliation adressée au redevable doivent mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les noms, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
36. Il résulte de l'instruction que le titre de recettes litigieux mentionnant que son émetteur est M. Siffredi Georges, président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, il comporte ainsi le nom, le prénom et la qualité de la personne qui l'a émis. Toutefois, alors que le requérant conteste que le bordereau serait signé par l'émetteur du titre, le département des Hauts-de-Seine, qui ne produit pas ce bordereau, n'établit pas que ledit bordereau comporterait effectivement la signature de M. G, quand bien même il s'agirait de l'ordonnateur lui-même. Il s'ensuit que les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ont été méconnues.
37. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête n°2107108, que M. D est fondé à demander l'annulation de l'avis des sommes à payer émis le 22 avril 2021 par lequel le département des Hauts-de-Seine a mis à sa charge la somme de 10 324,15 euros relative à un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er mars 2018 au 30 juin 2020.
38. En revanche, l'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Eu égard au motif d'annulation exposé ci-dessus, et alors qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre du bien-fondé du titre de perception contesté n'est susceptible d'être accueilli, et qu'il est loisible, dans les limites de la prescription, à l'ordonnateur compétent d'émettre un nouveau titre de perception, les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme due, présentées par le requérant, doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative :
39. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions enregistrées sous le numéro 2007108 et présentées par M. D au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le département des Hauts-de-Seine et la caisse d'allocations familiales de ce département, n'étant pas les parties perdantes dans les requêtes enregistrées sous les numéros 2107109 et 2107110, les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent également qu'être rejetées.
D ÉC I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire présentée par M. D dans les requête n°2107109 et 2107110.
Article 2 : L'avis des sommes à payer émis le 22 avril 2021, par lequel le département des Hauts-de-Seine a mis à la charge de M. D la somme de 10 324,15 euros relative à un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er mars 2018 au 30 juin 2020, est annulé.
Article 3 : Les requêtes n°2107109 et n°2107110 sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête n°2107108 est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au département des Hauts-de-Seine.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 4 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
M. Robert, premier conseiller,
M. Dupin, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
F. C
Le président,
signé
T. Bertoncini
La greffière,
signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°s2107108 - 2107109 - 2107110
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026