mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2107198 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET FREDERIC NAIM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juin 2021, M. C B A, représenté par Me Naïm, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales mises à sa charge au titre des années 2013 et 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les redressements procédant des vérifications de comptabilité des sociétés N.I AUTO et PVS sont infondés, dès lors que le service n'a pas établi qu'il était maître de l'affaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 novembre 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé en cours d'instance et au rejet du surplus de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Viain,
- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle s'agissant de ses revenus des années 2013 et 2014, à l'issue duquel des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, assorties de l'intérêt de retard et des majorations de 40 % pour manquement délibéré, lui ont été notifiées par des propositions de rectifications du 28 novembre 2016 pour l'année 2013 et du 21 mars 2017 pour l'année 2014. M. B A a contesté ses impositions par une réclamation du 15 décembre 2017, rejetée le 1er avril 2021. Par la requête susvisée, il réitère ses prétentions devant le tribunal.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 27 avril 2022, ainsi postérieure à l'introduction de la requête, l'administration a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, des impositions supplémentaires mises à la charge du requérant au titre de l'année 2014 pour un montant de 105 068 euros, Les conclusions aux fins de décharge présentées par M. B A sont, dans cette mesure, devenus sans objet, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur le bien-fondé des impositions restant en litige :
3. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré ".
4. Il n'est pas contesté que le requérant n'a pas répondu aux propositions de rectification en date du 28 novembre 2016 et du 21 mars 2017. Dans ces conditions, la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions au titre de l'année 2013 lui incombe.
5. M. B A soutient qu'il n'est pas démontré qu'il aurait appréhendé les revenus distribués par les sociétés N.I AUTO et PVS, dans la mesure où il n'est pas établi qu'il était le maître de l'affaire.
6. En premier lieu, compte tenu du dégrèvement précité, ce moyen est désormais sans portée en ce qui concerne les revenus distribués au titre de l'année 2014. Il est également sans incidence sur le bien-fondé des rectifications restant en litige mais non fondées sur cette qualification.
7. En second lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ". Le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle.
8. En l'espèce, concernant les rehaussements reposant sur la qualification de maîtrise de l'affaire, l'administration fiscale a relevé, pour qualifier M. B A de maître de l'affaire au titre de l'année 2013, que celui-ci était gérant de droit de la société PVS, qu'il détenait 50 % du capital social et qu'il était le seul interlocuteur du service durant les opérations de contrôle. Le requérant, sur qui repose la charge de la preuve, ne produit aucun élément permettant de contester cette qualification. Il s'ensuit que M. B A doit être regardé comme le seul maître de l'affaire et est par suite présumé avoir appréhendé les revenus réputés distribués par la société PVS au titre de l'année en litige.
9. Il résulte de ce qui précède que M. B A n'est pas fondé à demander la décharge des impositions restant en litige.
Sur les frais d'instance :
10. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et eu égard au dégrèvement intervenu en cours d'instance, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B A, dans la limite du dégrèvement mentionné au point 2 du présent jugement.
Article 2 : L'État versera la somme de 1 500 euros à M. B A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
Mme Richard, première conseillère ;
M. Viain, premier conseiller ;
Assistés de Mme Tainsa, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2107198
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026