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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2107409

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2107409

mercredi 13 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2107409
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation10ème Chambre
Avocat requérantSEINGIER

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 décembre 2021 et 22 mai 2024 sous le numéro 2116005, Mme B A, représentée par Me Seingier, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision du maire de Sarcelles du 9 novembre 2021 par laquelle il a rejeté sa demande d'imputabilité au service et l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Sarcelles, à titre principal, de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie à compter du 13 juillet 2019 ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie ou, à titre infiniment subsidiaire, de la placer en congé de longue maladie à compter de cette même date, puis en congé de longue durée, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- la décision du 9 novembre 2021 a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est irrégulière, dès lors que le maire de Sarcelles s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le comité médical a outrepassé son domaine de compétence en se prononçant sur sa situation administrative et non sur sa seule situation médicale ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que la commune de Sarcelles n'a pas saisi la commission de réforme pour avis ;

- elle est entachée d'un vice de procédure tiré du défaut d'information du médecin de prévention ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que la commune de Sarcelles ne pouvait refuser de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que la commune de Sarcelles ne pouvait la placer en disponibilité d'office pour raison de santé ;

- la commune de Sarcelles a commis un détournement de procédure en ne régularisant pas sa situation administrative et médicale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, la commune de Sarcelles, représentée par Me Magnaval, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Sarcelles fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 juin 2021 et 24 juin 2024 sous le numéro 2107409, Mme B A, représentée par Me Seingier, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Sarcelles à lui verser la somme de 257 525,09 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis dans la gestion de sa carrière, augmentés des intérêts au taux légal à compter du 11 février 2021, capitalisés s'ils sont dus pour une année entière ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Sarcelles une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- la responsabilité pour faute de la commune de Sarcelles est engagée en raison de l'illégalité fautive dont est entachée la décision du 13 mars 2018 du maire de la commune de Sarcelles prononçant sa suspension de fonctions, annulée par le jugement du Tribunal du 16 juillet 2020, n° 1804529 ;

- la responsabilité pour faute de la commune de Sarcelles est engagée en raison de l'illégalité fautive dont est entachée la décision du 16 janvier 2019 par laquelle le maire de la commune de Sarcelles l'a sanctionnée d'une exclusion temporaire de fonctions d'une durée d'un mois, annulée par le jugement du Tribunal du 10 mai 2021, n° 1904497 ;

- la responsabilité pour faute de la commune de Sarcelles est engagée en raison de son refus de lui reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie et du mauvais vouloir de l'administration dans le traitement de sa situation administrative et médicale ;

- la responsabilité de la commune est engagée en raison des faits de harcèlement moral dont elle a été victime au cours des années 2016 à 2021 ;

- l'administration devra l'indemniser de ses préjudices matériels, à savoir la rémunération non perçue sur la période en cause, qu'elle chiffre à la somme de 207 525,09 euros, et de son préjudice moral, qu'elle évalue à 50 000 euros, ces indemnités étant majorées des intérêts et de leur capitalisation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, la commune de Sarcelles, représentée par Me Magnaval, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Sarcelles fait valoir que les moyens de la requête de Mme A ne sont pas fondés.

Vu :

- le jugement du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 16 juillet 2020, n° 1804529 ;

- le jugement du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 10 mai 2021, n° 1904497 ;

- l'ordonnance du juge des référés du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 14 février 2022, n° 2115858 ;

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code civil ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;

- le décret n° 2022-350 du 11 mars 2022 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Prost, rapporteur ;

- les conclusions de M. Belhadj, rapporteur public ;

- les observations de Me Seingier, représentant Mme A, et les observations de Mme A ;

- et les observations de Me Potterie, substituant Me Magnaval, représentant la commune de Sarcelles.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée, le 8 décembre 1997, par la commune de Sarcelles en tant que professeur d'enseignement artistique contractuelle, puis elle a été nommée, le 1er septembre 2010, sur les fonctions de directrice de l'école municipale d'arts plastiques " Janine Haddad " de Sarcelles. Devenue titulaire de la fonction publique territoriale, elle a été suspendue de ses fonctions, le 13 mars 2018. Réintégrée administrativement dans ses fonctions à compter du 14 juillet 2018, elle a été sanctionnée d'une exclusion temporaire de fonction d'une durée d'un mois par une décision du 16 janvier 2019. Par deux jugements susvisés, datés des 16 juillet 2020 et 10 mai 2021, le présent Tribunal a annulé les décisions de suspension de fonction et d'exclusion temporaires de fonction précitées. Mme A a ensuite été placée en congés de maladie à compter du 9 juillet 2018 pour des troubles anxio-dépressifs. Elle a demandé, par un courrier en date du 20 mai 2020, la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie, sans obtenir de réponse. Par un courrier en date du 11 février 2021, Mme A a demandé au maire de Sarcelles de l'indemniser de l'ensemble des préjudices qu'elle a subis à raison des agissements fautifs de la commune et du harcèlement moral dont elle s'estime victime. Il n'a pas été répondu à sa réclamation. Par la requête enregistrée sous le numéro 2107409, elle demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner la commune de Sarcelles à lui verser la somme de 257 525,09 euros en réparation de l'ensemble de ses préjudices.

2. Après avis du conseil médical interdépartemental du 14 octobre 2021, le maire de Sarcelles a, par une décision en date du 9 novembre 2021, décidé de placer Mme A en disponibilité d'office pour raison de santé du 29 août 2019 au 28 août 2021 avec maintien d'un demi-traitement. Par la requête enregistrée sous le numéro 2116005, la requérante demande au Tribunal d'annuler la décision du 9 novembre 2021 par laquelle le maire de Sarcelles a rejeté sa demande d'imputabilité au service et l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé et d'enjoindre au maire de Sarcelles de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie.

3. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2107409 et 2116005 concernant la même requérante, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur la requête n° 2116005 :

En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation :

S'agissant de la décision du placement en disponibilité d'office pour raison de santé :

4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

5. Le maire de Sarcelles a, par la décision du 9 novembre 2021, qui mentionne l'avis du comité médical interdépartemental du 14 octobre 2021, notamment décidé de placer Mme A en disponibilité d'office pour raison de santé et de la rémunérer à demi-traitement pour la période du 29 août 2019 au 28 août 2021. Si l'autorité territoriale peut être regardée comme s'étant appropriée la teneur de cet avis, la décision en litige ne fait aucunement mention des dispositions législatives ou réglementaires sur le fondement desquelles elle est réputée avoir été prise. Dès lors que l'avis du comité médical interdépartemental précité ne mentionne pas davantage les textes applicables, la décision attaquée ne peut qu'être regardée comme insuffisamment motivée en droit. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision du 9 novembre 2021 plaçant Mme A en disponibilité d'office pour raison de santé doit être accueilli.

S'agissant de la décision de rejet opposée à la demande d'imputabilité au service :

6. L'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, désormais codifié à l'article L. 822-18 du code général de la fonction publique, dispose que : " () IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau () Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité territoriale à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, le cas échéant, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ". Aux termes de l'article 37-6 du même décret : " La commission de réforme est consultée par l'autorité territoriale : () 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies ". Aux termes de l'article R. 421-3 du code de justice administrative : " Toutefois, l'intéressé n'est forclos qu'après un délai de deux mois à compter du jour de la notification d'une décision expresse de rejet : / 1° Dans le contentieux de l'excès de pouvoir, si la mesure sollicitée ne peut être prise que par décision ou sur avis des assemblées locales ou de tous autres organismes collégiaux () ".

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme A a expressément demandé le 25 mai 2020, par un courrier recommandé de son avocat, réceptionné le lendemain, la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie, et la transmission du formulaire prévue à l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987. Cette demande était accompagnée du certificat médical et du dossier médical de l'intéressée. Le maire de Sarcelles doit donc être regardé comme ayant été régulièrement saisi d'une demande d'imputabilité au service de la maladie de Mme A. En l'absence de réponse expresse de la commune de Sarcelles, une décision implicite de rejet est née le 26 juillet 2020 et Mme A est toujours fondée à la contester. Dans ces conditions, la requérante doit être regardée, afin de conférer une portée utile à ses écritures, comme demandant au Tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commune de Sarcelles à sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de sa maladie datée du 25 mai 2020.

8. D'autre part, il est constant que le trouble anxio-dépressif dont Mme A demandait l'imputabilité au service n'entre pas dans les tableaux des maladies professionnelles visés au IV de l'article 21 bis précité et aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale. Dès lors, la commission de réforme devait être saisie en vertu des dispositions précitées de l'article 37-6 du décret du 30 juillet 1987. Ce défaut de consultation préalable de la commission de réforme a privé Mme A, qui n'était pas forclose pour contester la décision implicite de rejet précitée en vertu des dispositions de l'article R. 421-3 précité, d'une garantie. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure du défaut de saisine de la commission de réforme doit être accueilli.

9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 9 novembre 2021 et la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commune de Sarcelles sur la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie de Mme A, sont illégales et doivent être annulées.

En ce qui concerne les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :

10. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Aux termes de l'article L. 911-3 du même code : " La juridiction peut assortir dans la même décision, l'injonction présente () d'une astreinte () dont elle fixe la date d'effet. ".

11. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, par application des dispositions législatives précitées, qu'il soit enjoint au maire de Sarcelles de saisir le comité médical, lequel a remplacé la commission de réforme depuis l'entrée en vigueur du décret du 11 mars 2022, de la déclaration de maladie professionnelle de Mme A, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, puis de se prononcer dans un délai de deux mois suivant cet avis.

12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard, à l'expiration de chacun des délais précités.

Sur la requête n° 2107409 :

En ce qui concerne l'engagement de la responsabilité de la commune de Sarcelles :

S'agissant de la faute résultant de la suspension de fonction :

13. Il est constant que la décision du 13 mars 2018 du maire de la commune de Sarcelles prononçant la suspension de fonctions de Mme A a été annulée par le jugement n° 1804529 du Tribunal en date du 16 juillet 2020 susvisé, devenu définitif, au motif que les faits reprochés à la requérante ne pouvaient être regardés comme constituant une faute d'une gravité telle qu'elle exigeait l'éloignement de l'intéressée dans l'intérêt du service. Par voie de conséquence, le maire de Sarcelles a entaché sa décision d'une illégalité fautive, de nature à engager la responsabilité de la commune.

S'agissant de la faute résultant de la sanction disciplinaire :

14. Il est également constant que la décision du 16 janvier 2019, par laquelle le maire de la commune de Sarcelles a sanctionné Mme A d'une exclusion temporaire de fonctions d'une durée d'un mois, a été annulée par le jugement n° 1904497 du Tribunal du 10 mai 2021, devenu définitif, aux motifs, d'une part, que la décision était insuffisamment motivée et, d'autre part, que les seuls faits susceptibles d'être retenus à son encontre n'étaient pas de nature à justifier une exclusion temporaire de fonction d'une durée d'un mois. Si le Tribunal a retenu l'existence d'une faute de la part de la requérante relative au manquement aux règles de la commande publique " dans le suivi de deux prestations ", il a néanmoins relevé son caractère " ponctuel " et " l'absence de clarté du processus de suivi et de validation " pour conclure à la disproportion de la sanction du troisième groupe infligée à la requérante. Par voie de conséquence, le maire de Sarcelles a entaché sa décision d'une illégalité fautive, de nature à engager la responsabilité de la commune et Mme A est en droit d'obtenir réparation des préjudices directs et certains qui ont pu résulter de l'application de cette décision illégale. Toutefois, compte tenu de la faute commise par l'intéressée, " dans le suivi de deux prestations ", il y a lieu d'exonérer la commune de Sarcelles d'une part, fixée à 10 %, du montant des préjudices établis et en lien direct avec l'illégalité de cette sanction.

S'agissant de la faute résultant du refus de reconnaissance de sa maladie professionnelle et de son maintien en disponibilité d'office :

15. L'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, désormais codifié à l'article L. 822-18 du code général de la fonction publique, dispose que : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau () Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire () adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration () de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances () de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité territoriale à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, le cas échéant, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant ". Aux termes de l'article 37-3 du même décret : " () II.- La déclaration de maladie professionnelle prévue à l'article 37-2 est adressée à l'autorité territoriale dans le délai de deux ans suivant la date de la première constatation médicale de la maladie ou, le cas échéant, de la date à laquelle le fonctionnaire est informé par un certificat médical du lien possible entre sa maladie et une activité professionnelle. () IV.- Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes ". L'article 37-6 du même décret dispose que : " La commission de réforme est consultée par l'autorité territoriale : () 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies ". Enfin, aux termes de l'article 15 du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale : " () Les conditions de forme et de délais prévues aux articles 37-2 à 37-7 du décret du 30 juillet 1987 précité ne sont pas applicables aux fonctionnaires ayant déposé une déclaration d'accident ou de maladie professionnelle avant l'entrée en vigueur du présent décret. / Les délais mentionnés à l'article 37-3 du même décret courent à compter du premier jour du deuxième mois suivant la publication du présent décret lorsqu'un accident ou une maladie n'a pas fait l'objet d'une déclaration avant cette date ".

16. En l'espèce, si la commune de Sarcelles fait valoir qu'elle n'a pas statué sur la demande d'imputabilité de la maladie de Mme A au motif qu'elle n'avait pas été valablement saisie par l'intéressée, il résulte de l'instruction que la requérante a adressé à la commune de Sarcelles une demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie, par un courrier en date du 25 mai 2020, réceptionnée le lendemain par la commune, dont les termes sont sans équivoques, et par lequel elle demandait également la communication du " formulaire prévu par l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 modifié ". Il est constant que la commune de Sarcelles n'a pas communiqué à la requérante le formulaire précité, en méconnaissance des dispositions de cet article 37-2, et n'a pas instruit la demande d'imputabilité au service de l'intéressée. Dans les circonstances de l'espèce et compte tenu des éléments notamment médicaux en sa possession, la commune de Sarcelles, qui doit être regardée comme ayant implicitement refusé cette demande dont elle a été saisie, a commis une faute en refusant d'instruire cette demande et de saisir la commission de réforme. Il résulte également de l'instruction que Mme A a, assisté de son avocat, renouvelé sa demande d'imputabilité au service de sa maladie à l'occasion d'un entretien avec la directrice des ressources humaines de la commune, le 25 mai 2021, ainsi que le rappelle son avocat dans un courriel en date du 8 juin 2021, sans qu'elle ne soit davantage examinée. Dans ces conditions, Mme A, dont la situation administrative et médicale était nécessairement connue de la commune, est fondée à soutenir que le refus qui lui a été opposé et la gestion administrative par la commune de Sarcelles de sa situation médicale sont fautives et de nature à engager sa responsabilité.

S'agissant des faits de harcèlement moral :

17. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, repris depuis le 1er mars 2022, à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ". Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement, notamment lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'administration auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.

18. Mme A soutient qu'elle a fait l'objet d'un harcèlement moral, dès lors que la commune de Sarcelles a cherché à l'évincer de ses fonctions, qu'elle a pris plusieurs décisions illégales, que sa hiérarchie a cherché à l'isoler et à l'intimider et que ces agissements ont eu pour effet une dégradation de ses conditions de travail et une altération de son état de santé psychique.

19. En premier lieu, il est constant que le Tribunal a annulé les décisions portant suspension de fonction et portant exclusion temporaire de fonction d'une durée d'un mois, soit une sanction du 3ème groupe, par des jugements des 16 juillet 2020 et 10 mai 2021, que ces décisions ont eu pour effet d'évincer, illégalement, Mme A de ses fonctions. Mme A fait valoir, sans être sérieusement contredite, que ces décisions lui ont occasionné des troubles anxio-dépressifs réactionnels, qui ont été confirmés par les certificats médicaux produits à l'instance. Dans ses conditions, il y a lieu de considérer que la commune de Sarcelles a cherché à évincer, au moins temporairement, Mme A de ses fonctions de directrice de l'école d'art " Janine Haddad " et a ainsi porté, de manière réitérée, atteinte à ses fonctions et à sa santé.

20. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit précédemment, que la situation administrative et médicale de Mme A était connue du maire et de la direction des ressources humaines, qu'elle a demandé, à plusieurs reprises, à la commune de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie et que la commune de Sarcelles n'a pas examiné ses demandes. Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que les agissements de la commune dans le traitement de sa situation administrative et médicale, eu égard à leur caractère répété, participent d'une situation de harcèlement moral.

21. En troisième lieu, le maire de la commune de Sarcelles a organisé une réunion publique, le 24 juin 2016, afin de recueillir les avis sur le fonctionnement de l'école municipale d'arts plastiques. Si la commune rappelle que l'objet de cette réunion tendait à recueillir les avis sur l'organisation et le fonctionnement de l'école et non intenter un " procès hors les murs " à la requérante, il résulte de l'instruction, et notamment du compte-rendu de cette réunion, dont les termes ne sont pas contestés par la commune, que le maire de la commune de Sarcelles a publiquement critiqué l'évolution de l'école, dont la requérante assurait la direction depuis 2010, - " la façon dont l'EAJH [école d'art Janine Haddad] change ne convient pas aux élus ", " évolution de l'école pas validé par la municipalité " -, manifesté sa volonté de changer son organisation et son fonctionnement - " il est maire de cette ville et ce pour longtemps et qu'il a son mot à dire dans l'organisation de l'école " -, a plusieurs fois remis en cause, publiquement, l'action de la directrice - " lorsqu'il demande que certains choses soient faites, la direction de l'EAJH ne le fait pas. Il estime avoir le droit de dire qu'il n'est pas content ", " les membres de l'EAJH ne sont pas des assistés et () VP [B A] devrait monter un atelier d'étude avec son service au lieu de demander à un autre service de faire son boulot à sa place ", " qu'il a dit maintes fois à VP de les envoyer directement à son attention ", " VP n'écoute pas les désirs des enseignants " - et appelé à ce qu'un projet soit proposé par l'association " Les amis de l'école d'art Janine Haddad et de la biennale de la gravure " -" l'association va proposer un projet ", " il demande que l'association lui remette une lettre de revendication ". Il résulte également de l'instruction que les termes utilisés, publiquement, par le maire et certains participants ont conduit plusieurs usagers à faire part de leur malaise devant ce " lynchage public ". Dans ces conditions, si l'objet de la réunion est à même de s'inscrire dans un fonctionnement hiérarchique normal, Mme A est fondée à soutenir que le comportement de sa hiérarchie, au cours d'une réunion publique, a excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique et que de tels agissements participent d'un harcèlement moral.

22. En dernier lieu, Mme A soutient également qu'elle a été évincée du processus de recrutement d'une secrétaire de son école et ne pas avoir été conviée à une réunion avec les agents de l'école. Si la commune de Sarcelles, qui ne conteste pas ces faits, invoque en défense l'intérêt du service et indique qu'elle a agi de la sorte en raison de la manière de servir de Mme A, " inadéquate ", et " ses difficultés relationnelles ", les décisions de suspension de fonction et de sanction administration prises à l'encontre de la requérante ont été annulées par le Tribunal qui a expressément relevé, dans le jugement du 10 mai 2021 susvisé, que " le refus d'obéissance à sa supérieure hiérarchique n'est pas établi " et " il ressort des évaluations professionnelles produites ainsi que du témoignage de plusieurs enseignants et usagers que Mme A donnait satisfaction à son poste de travail ". Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que de tels agissements participent d'un harcèlement moral.

23. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à soutenir que les agissements répétés de la commune de Sarcelles à son endroit, de 2016 à 2021, ont conduit à une dégradation de ses conditions de travail et ont porté atteinte à sa santé, que ces faits sont constitutifs de harcèlement moral et que cette faute est de nature à engager la responsabilité de la commune de Sarcelles.

En ce qui concerne l'indemnisation des préjudices :

S'agissant des préjudices matériels :

24. Mme A sollicite l'indemnisation du préjudice matériel tiré de l'absence de traitement à raison de la sanction d'exclusion temporaire de fonction d'une durée d'un mois annulée par le Tribunal dans le jugement du 10 mai 2021. Toutefois, il résulte de l'instruction que la commune de Sarcelles n'a pas mis à exécution cette sanction, dès lors que l'intéressée était alors en arrêt de travail. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de faire droit à cette demande.

25. Mme A demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner la commune de Sarcelles à lui verser la différence entre la rémunération qu'elle aurait dû percevoir en cas d'imputabilité au service de sa maladie et le demi traitement qu'elle a effectivement perçu au cours de la période courant du mois de décembre 2018 au mois d'avril 2023 alors qu'elle était en congé de maladie ordinaire ou en disponibilité d'office pour raison de santé. Toutefois, Mme A n'établit pas, en l'état des pièces du dossier et faute d'examen effectif de l'imputabilité au service de sa maladie, que le préjudice financier allégué est en lien direct et certain avec les fautes tirées du défaut de saisine de la commission de réforme et de la gestion administrative de sa situation médicale.

S'agissant du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence :

26. Il résulte de l'instruction que Mme A a subi un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence du fait des illégalités fautives, de la gestion fautive de sa demande d'imputabilité au service de sa maladie et du harcèlement moral ci-dessus mentionnés.

27. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral à raison de l'illégalité fautive de la décision portant suspension de fonction en le fixant à la somme de 3 000 euros.

28. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral à raison de l'illégalité fautive de la décision portant exclusion temporaire de fonction d'un mois en le fixant à la somme de 3 000 euros. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, il y a lieu d'exonérer la commune de Sarcelles d'une part, fixée à 10 %, du montant des préjudices établis et en lien direct avec l'illégalité de cette sanction. Dans ces conditions, il sera alloué la somme de 2 700 euros au titre du préjudice moral résultant de la faute résultant de la décision du 16 janvier 2021.

29. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence à raison de l'illégalité fautive de la décision du 9 novembre 2021 et de la décision implicite de rejet opposée à sa demande d'imputabilité au service de sa maladie en le fixant à la somme de 10 000 euros.

30. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral à raison des faits de harcèlement moral en le fixant à la somme de 15 000 euros.

31. Il résulte de ce qui précède que la commune de Sarcelles versera la somme totale de 30 700 euros à Mme A en réparation de ses préjudices.

En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :

32. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. / Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". La demande de capitalisation des intérêts prend effet au plus tôt à la date à laquelle elle est enregistrée et pourvu qu'à cette date il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière.

33. Mme A a droit aux intérêts au taux légal à compter du 11 février 2021, date de réception de sa demande indemnitaire préalable. L'intéressée a demandé la capitalisation de ces intérêts devant le Tribunal dans sa requête introductive d'instance présentée le 4 juin 2021. Il y a donc lieu de faire droit à la demande capitalisation des intérêts à compter du 4 juin 2022, date à laquelle il était dû au moins une année d'intérêts, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais du litige :

34. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Sarcelles, une somme de 2 000 euros à verser à Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre de ces deux affaires.

35. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas, pour l'essentiel, la partie perdante dans les présentes instances, la somme demandée par la commune de Sarcelles dans les requêtes n° 2107409 et 2116005, au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 9 novembre 2021 du maire de Sarcelles et la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de Sarcelles sur la demande de Mme A en date du 25 mai 2020 d'imputabilité au service de sa maladie, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au maire de Sarcelles de saisir le comité médical, lequel a remplacé la commission de réforme depuis l'entrée en vigueur du décret du 11 mars 2022, de la déclaration de maladie professionnelle de Mme A, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, puis de se prononcer dans un délai de deux mois suivant cet avis, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à l'expiration de chacun des délais précités.

Article 3 : La commune de Sarcelles est condamnée à verser la somme de 30 700 euros à Mme A au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence qu'elle a subis, assortie des intérêts au taux légal à compter du 11 février 2021 et de leur capitalisation, à compter du 4 juin 2022.

Article 4 : La commune de Sarcelles versera la somme de 2 000 euros à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Sarcelles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Sarcelles.

Délibéré après l'audience du 16 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ouillon, président,

M. Louvel, premier conseiller,

M. Prost, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 novembre 2024.

Le rapporteur,

signé

F.-X. Prost

Le président,

signé

S. OuillonLa greffière,

signé

S. Lefebvre

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2107409, 2116005

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