lundi 4 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2107721 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET RICHER ET ASSOCIES DROIT PUBLIC |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée sous le n° 2107721 le 11 juin 2021, M. A E et Mme C B, épouse E, représentés par Me Colombet, avocat, demandent au Tribunal :
1°) de prononcer la réduction, à hauteur de 30 246 euros, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 à 2018 ainsi que des majorations et pénalités correspondantes ;
2°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, à l'administration fiscale de procéder au réexamen de l'assiette des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 à 2018 dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E et Mme B, épouse E soutiennent que :
- la décision de rejet de leur réclamation en date du 12 avril 2021 est insuffisamment motivée ;
- la pension alimentaire versée à Mme D, la mère de M. E, au cours de chacune des années en litige doit être déduite du montant total de leur revenu annuel, en application du II de l'article 156 du code général des impôts et de l'interprétation la loi fiscale exprimée aux paragraphes 40 et 50 du BOI-IR-BASE-20-30-20-10 ;
- ils remplissent les conditions d'application de la réduction d'impôt prévue à l'article 200 quater A du code général des impôts s'agissant des dépenses de travaux en faveur de l'aide aux personnes qu'ils ont réalisés ;
- ils remplissent les conditions d'application de la réduction d'impôt pour la modernisation du recouvrement au titre de l'année 2018, dès lors que Mme E n'a pas perçu de revenu exceptionnel lors de cette année, en application des instructions référencées BOI-IR-PAS-50-10-20-20 et BOI-IR-PAS-50-10-30-10 ainsi que de la réponse ministérielle référencée AN 26-1-201 n° 33962 ;
- ils sont de bonne foi et " primo-défaillants ".
Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
M. E et Mme B, épouse E ont produit une note en délibéré, enregistrée le 7 février 2024.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2110392 les 13 août 2021 et 19 septembre 2022, M. E et Mme B, épouse E, représentés par Me Colombet, demandent au Tribunal :
1°) de condamner l'État à leur verser la somme de 30 246 euros au titre des préjudices subis à raison de l'illégalité fautive commise par l'administration fiscale ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. E et Mme B, épouse E soutiennent que :
- la décision de rejet en date du 14 juin 2021 est insuffisamment motivée ;
- la procédure de redressement est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration fiscale, dès lors que :
*la pension alimentaire versée à Mme D, la mère de M. E, au cours de chacune des années en litige doit être déduite du montant total de leur revenu annuel, en application du II de l'article 156 du code général des impôts et de l'interprétation la loi fiscale exprimée aux paragraphes 40 et 50 du BOI-IR-BASE-20-30-20-10 ;
*ils remplissent les conditions d'application de la réduction d'impôt prévue à l'article 200 quater A du code général des impôts s'agissant des dépenses de travaux en faveur de l'aide aux personnes qu'ils ont réalisés ;
*ils remplissent les conditions d'application de la réduction d'impôt pour la modernisation du recouvrement au titre de l'année 2018 dès lors que Mme E n'a pas perçu de revenu exceptionnel lors de cette année, en application des instructions référencées BOI-IR-PAS-50-10-20-20 et BOI-IR-PAS-50-10-30-10 ainsi que de la réponse ministérielle référencée AN 26-1-201 n° 33962.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Le ministre de l'économie, des finances et de la relance fait valoir que la requête de M. E et Mme B, épouse E est irrecevable en l'absence de demande préalable et en raison de l'exception de recours parallèle.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Louazel, conseillère ;
- les conclusions de M. Prost, rapporteur public ;
- et les observations de Me Colombet.
Considérant ce qui suit :
1. À l'issue d'un contrôle sur pièces, M. E et Mme B, épouse E se sont vu notifier, par deux propositions de rectification du 29 novembre 2019 et 20 février 2020, selon la procédure de rectification contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2016 à 2018, assorties de majorations et pénalités. Par une réclamation préalable en date du 2 mars 2021, M. E et Mme B, épouse E ont demandé le dégrèvement des cotisations supplémentaires mises à leur charge. L'administration a, par une décision en date du 9 mars 2021, admis partiellement cette réclamation et maintenu les impositions contestées pour un montant total de 68 029 euros. Par une réclamation du 2 avril 2021, rejetée le 12 avril suivant, M. E et Mme B, épouse E ont demandé le dégrèvement et la libération de la somme consignée de 30 246 euros. Ils ont également présenté, par courrier du 11 juin 2021, intitulé " demande indemnitaire préalable " le remboursement de la somme consignée de 30 246 euros. Cette demande a été rejetée par courrier du 14 juin 2021. M. E et Mme B, épouse E doivent ainsi être regardés comme demandant au Tribunal de prononcer la réduction, à hauteur de 30 246 euros, des impositions supplémentaires mises à leur charge ainsi que la condamnation de l'État à leur verser la somme de 30 246 euros au titre des préjudices subis à raison de l'illégalité fautive commise par l'administration fiscale.
2. Les requêtes enregistrées sous les nos 2107721 et 2110392 concernent les mêmes contribuables, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions de la requête enregistrée sous le n° 2107721 :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
3. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial () de la direction générale des finances publiques () ". Aux termes de l'article R. 198-10 du même livre : " () En cas rejet total ou partiel de la réclamation, la décision doit être motivée () ".
4. La circonstance que l'administration omette de motiver la décision par laquelle elle rejette une réclamation tendant à la décharge ou à la réduction d'une imposition est sans influence sur la régularité ou le bien-fondé de cette imposition. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision du 12 avril 2021 par laquelle la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a rejeté la réclamation de M. E et Mme B, épouse E est inopérant et doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
S'agissant de la charge de la preuve :
5. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement. ".
6. En vertu de ces dispositions, il incombe au requérant de démontrer le caractère exagéré des impositions supplémentaires mises à sa charge.
S'agissant des sommes déduites au titre de pensions alimentaires :
7. Aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé eu égard aux propriétés et aux capitaux que possèdent les membres du foyer fiscal désignés aux 1 et 3 de l'article 6, aux professions qu'ils exercent, aux traitements, salaires, pensions et rentes viagères dont ils jouissent ainsi qu'aux bénéfices de toutes opérations lucratives auxquelles ils se livrent, sous déduction : () II. Des charges ci-après lorsqu'elles n'entrent pas en compte pour l'évaluation des revenus des différentes catégories : () 2° () pensions alimentaires répondant aux conditions fixées par les articles 205 à 211, 367 et 767 du code civil à l'exception de celles versées aux ascendants quand il est fait application des dispositions prévues aux 1 et 2 de l'article 199 sexdecies () ". Aux termes de l'article 205 du code civil : " Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin. ". Aux termes de l'article 208 du même code : " Les aliments ne sont accordés que dans la proportion du besoin de celui qui les réclame, et de la fortune de celui qui les doit () ".
8. Pour être déductible du revenu imposable en application des dispositions du 2° du II de l'article 156 du code général des impôts, une pension alimentaire doit répondre aux conditions fixées par les articles 205 à 211 et 367 du code civil, auxquels renvoient ces dispositions, y compris lorsque, étant versée à une personne résidant à l'étranger, elle est due en vertu d'une loi étrangère. Pour établir que ses parents, auxquels il verse une pension alimentaire, sont en état de besoin au sens de l'article 205 du code civil, un contribuable peut utilement faire valoir que leurs ressources ne leur permettent pas de faire face aux nécessités de la vie courante, dans leur pays de résidence, dans des conditions équivalentes à ce que permet le revenu de solidarité active en France.
9. Pour justifier la déduction de la pension alimentaire versée à la mère de M. E de 2016 à 2018, les requérants se prévalent de l'état de besoin de Mme D. Ils soutiennent que l'intéressée, qui vit en Egypte, ne bénéficie ni d'une assurance maladie ni d'aucune autre ressources pour faire face à ses dépenses de la vie courante. Toutefois, M. E et Mme B, épouse E n'apportent aucun élément ni justificatif sur le montant des dépenses auxquelles Mme D doit faire face, et ne démontrent pas le caractère exagéré des cotisations supplémentaires d'impositions qui leur ont été assignées.
10. M. E et Mme B, épouse E ne sont pas davantage fondés à invoquer, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, les énonciations des paragraphes nos 40 et 50 de l'instruction BOI-IR-BASE-20-30-20-20, qui ne donnent pas une interprétation différente de la loi fiscale de celle dont il est fait application dans le présent jugement.
S'agissant du crédit d'impôt pour la transition énergétique :
11. Aux termes de l'article 200 quater A du code général des impôts : " 1. Les contribuables propriétaires, locataires ou occupants à titre gratuit d'un logement situé en France, affecté à leur habitation principale, peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt sur le revenu au titre des dépenses d'installation ou de remplacement d'équipements spécialement conçus pour les personnes âgées ou handicapées () ".
12. Il résulte de ces dispositions que lorsque les équipements en faveur des personnes âgées ou handicapées sont fournis dans le cadre de travaux d'installation réalisés à l'initiative du contribuable dans un logement déjà achevé, le fait générateur du crédit d'impôt est constitué par la date du paiement définitif de la dépense par le contribuable à l'entreprise qui a réalisé les travaux.
13. Il est constant que M. E et Mme B, épouse E ont effectué des travaux pour la protection des personnes au sein de leur logement situé 4 rue Jacqueline à Boulogne-Billancourt. Si les requérants fournissent notamment, pour demander la déduction des sommes en cause, une facture relative à des travaux d'installation d'une plateforme élévatrice en date du 7 mai 2015, ils ne justifient pas, par les éléments versés au dossier, avoir transféré leur résidence principale au sein de ce logement à cette date. Il résulte au contraire de l'instruction que la pleine propriété du bien était détenue par la SCI Silly 43 depuis le 15 octobre 2013, et que M. E et Mme B, épouse E ne résident à cette adresse que depuis le 1er octobre 2016. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a refusé d'accorder aux requérants le crédit d'impôt prévu à l'article 200 quater A du code général des impôts.
S'agissant du crédit d'impôt pour la modernisation du recouvrement :
14. Aux termes de l'article 60 de la loi n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 : " II. - A. - Les contribuables bénéficient, à raison des revenus non exceptionnels entrant dans le champ du prélèvement mentionné à l'article 204 A du code général des impôts, tel qu'il résulte de la présente loi, perçus ou réalisés en 2018, d'un crédit d'impôt modernisation du recouvrement destiné à assurer, pour ces revenus, l'absence de double contribution aux charges publiques en 2019 au titre de l'impôt sur le revenu (). 3. Seuls les revenus déclarés spontanément par le contribuable sont pris en compte dans le calcul du montant du crédit d'impôt prévu au A et du crédit d'impôt complémentaire prévu au 3 du E () ".
15. M. E et Mme B, épouse E soutiennent qu'ils auraient dû bénéficier du crédit d'impôt pour la modernisation du recouvrement au titre des bénéfices industriels et commerciaux réalisés par Mme B, épouse E au titre de l'année 2018. Toutefois, il est constant que ces revenus n'ont pas été déclarés spontanément par la requérante, mais ont été imposés à la suite du rehaussement dont les époux ont fait l'objet à l'issue du contrôle sur pièces opéré par l'administration fiscale. La circonstance que Mme B, épouse E aurait mentionné par erreur la somme en litige dans la catégorie des " micro-BIC " ne permet pas de regarder la déclaration de revenus comme ayant été spontanément déposée par les contribuables. Dans ces conditions, les dispositions précitées font obstacle à ce que ces revenus puissent faire l'objet du crédit d'impôt pour la modernisation du recouvrement.
16. M. E et Mme B, épouse E ne sont pas davantage fondés à invoquer, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, la méconnaissance des instructions référencées BOI-IR-PAS-50-10-20-20 et BOI-IR-PAS-50-10-30-10 ainsi que de la réponse ministérielle référencée AN 26-1-201 n° 33962, qui ne donnent pas une interprétation différente de la loi fiscale de celle dont il est fait application dans le présent jugement.
En ce qui concerne les pénalités :
17. Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts : " I. - Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. A cet intérêt s'ajoutent, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code () ".
18. Il résulte des dispositions précitées que toute créance fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe à la direction générale des impôts, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. L'intérêt de retard institué par les dispositions de l'article 1727 du code général des impôts, qui s'appliquent indépendamment de toute appréciation portée par l'administration fiscale sur le comportement des contribuables, ne constitue pas une sanction mais vise essentiellement à réparer les préjudices de toute nature subis par l'État à raison du non-respect par les contribuables de leurs obligations de déclarer et payer l'impôt aux dates légales. Par suite, M. E et Mme B, épouse E ne peuvent utilement soutenir que leur bonne foi fait obstacle à ce que des intérêts de retard soient mis à leur charge, ni en demander la décharge pour ce motif.
19. Aux termes de l'article 1758 A du même code : " I. - Le retard ou le défaut de souscription des déclarations qui doivent être déposées en vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu ainsi que les inexactitudes ou les omissions relevées dans ces déclarations, qui ont pour effet de minorer l'impôt dû par le contribuable ou de majorer une créance à son profit, donnent lieu au versement d'une majoration égale à 10 % des droits mis à la charge du contribuable ou de la créance indue. / II. - Cette majoration n'est pas applicable : / a) Lorsque le contribuable a corrigé sa déclaration spontanément ou dans un délai de trente jours à la suite d'une demande de l'administration () ".
20. Il est constant que M. E et Mme B, épouse E n'ont pas procédé à la régularisation spontanée de leurs déclarations dans les conditions visées par les dispositions précitées. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à demander la décharge de cette majoration.
21. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise, que la requête de M. E et de Mme B, épouse E enregistrée sous le n° 2107721 doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les conclusions de la requête enregistrée sous le n° 2110392 :
En ce qui concerne l'exception de recours parallèle :
22. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été indiqué précédemment, que M. E et Mme B, épouse E ont, par une requête enregistrée sous le n° 2107721 le 11 juin 2021, demandé la réduction à hauteur de de 30 246 euros, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 à 2018 ainsi que des majorations et pénalités correspondantes. Par la requête enregistrée sous le n° 2110392, la partie requérante demande l'octroi d'une indemnité équivalent à la restitution, non obtenue, des sommes dont elle a dû s'acquitter, et non à la réparation du préjudice distinct, de caractère commercial et financier, qui, selon lui, aurait été causé par les agissements fautifs des services fiscaux. M. E et Mme B, épouse E doivent ainsi être regardés comme formant des conclusions ayant en réalité le même objet que celles de la requête n° 2107721. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de l'exception de recours parallèle doit être accueillie.
23. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. E et de Mme B, épouse E enregistrée sous le n° 2110392 doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. E et de Mme B, épouse E sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et à Mme C B, épouse E, au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2024.
La rapporteuse,
signé
M. LOUAZEL
Le président,
signé
K. KELFANI Le greffier,
signé
D. HAUDE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2107721, 211039
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026