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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2107819

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2107819

jeudi 29 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2107819
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCABINET BERGER THIRY & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et un mémoire récapitulatif enregistrés les 16 juin 2021 et les 18 juin et 21 août 2023, la A, représentée par Me Thiry, avocat, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement annexées à ces catégories de locaux perçue dans la région Île-de-France auxquelles elle a été assujettie, au titre des années 2016 à 2018, à raison d'un ensemble immobilier situé 130/136 boulevard de Verdun à Courbevoie, ainsi que les intérêts de retard correspondants ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

L'INDIVISION A soutient que :

- les locaux en litige ne constituent pas des dépendances immédiates et indispensables au sens du 1° du III de l'article 231 ter du code général des impôts mais entrent dans le champ du 2° du V de cet article, étant exclusivement dédiés à l'archivage ;

- les parties communes sont exonérées de la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement annexées à ces catégories de locaux perçue dans la région Île-de-France ;

- les locaux en litige doivent, à tout le moins, être qualifiés de locaux de stockage ;

- l'administration méconnaît le principe d'égalité devant les charges publiques en se fondant sur le seul critère d'occupation des locaux pour refuser de qualifier les locaux en litige de parties communes.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 décembre 2021, l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France, conclut au rejet de la requête.

L'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Louazel, conseillère ;

- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. L'INDIVISION A, qui a pour activité la location de biens immobiliers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018, à l'issue de laquelle elle s'est vu notifier, par une proposition de rectification en date du 12 décembre 2019, selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires de la taxe prévue à l'article 231 ter du code général des impôts pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018 à raison d'un ensemble immobilier dont elle est propriétaire, situé au 130/136 boulevard de Verdun à Courbevoie. Par une réclamation préalable en date du 16 décembre 2020, rejetée par l'administration fiscale le 22 avril 2021, la contribuable a demandé le dégrèvement de cette imposition. L'INDIVISION A demande au Tribunal de prononcer la décharge de cette imposition.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

En ce qui concerne la charge de la preuve :

2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement. ".

3. En vertu de ces dispositions, il incombe à la requérante de démontrer le caractère exagéré des impositions supplémentaires mises à sa charge.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :

4. Aux termes de l'article 231 ter du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux périodes en litige : " I. - Une taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement est perçue, dans les limites territoriales de la région d'Ile-de-France, composée de Paris et des départements () des Hauts-de-Seine () II. - Sont soumises à la taxe les personnes privées ou publiques qui sont propriétaires de locaux imposables (). / La taxe est acquittée par le propriétaire () qui dispose, au 1er janvier de l'année d'imposition, d'un local taxable. / III. - La taxe est due : / 1° Pour les locaux à usage de bureaux, qui s'entendent, d'une part, des bureaux proprement dits et de leurs dépendances immédiates et indispensables destinés à l'exercice d'une activité, de quelque nature que ce soit, par des personnes physiques ou morales privées, ou utilisés par l'Etat, les collectivités territoriales, les établissements ou organismes publics et les organismes professionnels, et, d'autre part, des locaux professionnels destinés à l'exercice d'activités libérales ou utilisés par des associations ou organismes privés poursuivant ou non un but lucratif () 3° Pour les locaux de stockage, qui s'entendent des locaux ou aires couvertes destinés à l'entreposage de produits, de marchandises ou de biens et qui ne sont pas intégrés topographiquement à un établissement de production () IV.- Pour le calcul des surfaces visées au 3° du V et au VI, il est tenu compte de tous les locaux de même nature, hors parties communes, qu'une personne privée ou publique possède à une même adresse ou, en cas de pluralité d'adresses, dans un même groupement topographique. / V.- Sont exonérés de la taxe : () 2° Les locaux et les surfaces de stationnement appartenant aux fondations et aux associations, reconnues d'utilité publique, dans lesquels elles exercent leur activité, ainsi que les locaux spécialement aménagés pour l'archivage administratif et pour l'exercice d'activités de recherche ou à caractère sanitaire, social, éducatif ou culturel () ".

5. Il est constant que les réserves d'archivage en litige, situées en sous-sol de l'immeuble dont est propriétaire l'INDIVISION A, sont reliées aux locaux à usage de bureaux par des escaliers ou un ascenseur. Elles sont ainsi, par leur intégration fonctionnelle, situées à proximité immédiate de ces bureaux. La requérante ne démontre pas que ces locaux ne contribueraient pas directement à l'activité des bureaux, et n'établit pas davantage qu'ils seraient spécialement aménagés aux seules fins d'archivage. Elle ne produit, en particulier, aucun plan, aucune photographie ni même le contrat de location de ces réserves dont elle se prévaut en vue d'établir que les locaux d'archivage en cause concourraient à l'exercice de cette activité. Dans ces conditions, les réserves en cause doivent être regardées comme des dépendances immédiates et indispensables à des locaux à usage de bureaux au sens du 1° du III de l'article 231 ter du code général des impôts.

6. Pour l'application du IV de l'article 231 ter du code général des impôts, les parties communes des locaux imposables au nom de la personne propriétaire de ces locaux, ou de la personne titulaire de droits réels portant sur eux, doivent s'entendre comme les surfaces affectées à l'usage ou à l'utilité de tous les occupants de ces locaux ou de plusieurs d'entre eux, alors même qu'elles seraient la propriété d'une seule et même personne.

7. Il est constant que la surface des bâtiments nos 1, 2 et 3 de l'ensemble immobilier appartenant à l'INDIVISION A, réintégrés dans sa base imposable, étaient vacants sur la période en litige, de sorte qu'ils n'étaient pas affectés à l'usage ou l'utilité de plusieurs occupants. Dans ces conditions, l'INDIVISION A n'est pas fondée à soutenir que les surfaces en litige doivent être qualifiées de parties communes exonérées de la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement annexées à ces catégories de locaux perçue dans la région Île-de-France en qualité de parties communes.

8. Si l'INDIVISION A soutient que les locaux en litige doivent, à tout le moins, être qualifiés de locaux de stockage au sens du 3° du III de l'article 231 ter précité, elle ne démontre aucunement que les locaux serviraient à un tel usage.

9. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 6 et 7 du présent jugement, l'imposition contestée procède d'une exacte application de la loi fiscale. Par suite, le moyen tiré de l'atteinte au principe d'égalité devant les charges publiques doit être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de l'INDIVISION A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par l'INDIVISION A doivent, par suite, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de l'INDIVISION A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'INDIVISION A et l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France.

Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 février 2024.

La rapporteuse,

signé

M. LOUAZEL

Le président,

signé

K. KELFANI Le greffier,

signé

D. HAUDE

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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