LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2108145

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2108145

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2108145
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation9ème Chambre
Avocat requérantCERVELLO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 juin 2021, 6 mars et 16 octobre 2023, Mme D K, représentée par Me Cervello, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle la fondation Roguet a refusé sa demande d'indemnisation formulée le 24 février 2021 ;

2°) de condamner la fondation Roguet à lui verser à la somme de 30 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi ;

3°) de mettre à la charge de la fondation Roguet la somme de 2 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 75-1 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

La responsabilité pour faute de la fondation Roguet est engagée dès lors qu'elle a été victime d'agissements de harcèlement moral consistant en une succession de comportement de son employeur caractérisé par des pressions, brimades et mises à l'écart, l'absence d'entretien préalable annuel, des sanctions disciplinaires injustifiées, la dégradation de ses conditions de travail et de son état de santé.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 février et 16 mars 2023, la fondation Roguet conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mis à la charge de Mme K la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que ;

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que le contentieux n'est pas lié ;

- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Jacquelin, rapporteur ;

- et les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Cervello représentant Mme K, et celles de M. I, substituant Me Lesné, représentant la fondation Roguet.

Considérant ce qui suit :

1. Mme K a été recrutée le 29 avril 2009 par l'établissement public Fondation Roguet, centre de gérontologie, en qualité d'agent des services hospitaliers contractuel. Par une décision du 7 mai 2020, la Fondation Roguet a placé l'intéressée en congé de grave maladie à compter du 27 juillet 2019, pour une durée de douze mois, lequel a été prolongé pour une durée de 6 mois, jusqu'au 26 janvier 2021. Le 15 juin 2021, la Fondation Roguet a prononcé le licenciement de la requérante pour inaptitude physique à compter du 16 août 2021. Elle a, par réclamation préalable du 24 février 2021 réitéré le 26 février 2021, formé une demande indemnitaire auprès de la fondation Roguet, tendant à la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait des agissements de harcèlement moral dont elle aurait été victime de la part de son employeur. Par la présente requête, Mme K demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence de la fondation Roguet sur sa demande indemnitaire ainsi que la condamnation de cet établissement en réparation de préjudice moral qu'elle estime avoir subi.

Sur les conclusions à fin d'annulation et la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. La décision implicite rejetant la demande formée par K par courrier du 24 février 2021, cette dernière eu égard à sa teneur constituant une demande indemnitaire, a néanmoins eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de cette demande. La requérante en formulant des conclusions indemnitaires, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux, de sorte qu'il y a seulement lieu de statuer sur les conclusions indemnitaires formulées dans le cadre de la présente instance, les conclusions en annulation n'étant pas recevables.

Sur la responsabilité pour faute de la fondation Roguet :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 133-2 du code général de fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. "

4. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

5. Il résulte de l'instruction que Mme K se prévaut de plusieurs éléments de faits, qui selon elle, seraient susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral à son égard, à savoir des pressions, brimades et mises à l'écart, une absence d'entretien annuel, des sanctions disciplinaires injustifiées, la dégradation de ses conditions de travail et de sa santé physique et mentale.

En ce qui concerne les faits de pressions, brimades et mises à l'écart :

6. La requérante soutient que son employeur a fait preuve d'un comportement inadapté à son égard, à savoir qu'il a refusé sa demande d'aménagement de son temps de travail pour la garde de ses enfants à la différence d'autres agents, que Mme B, sa supérieure hiérarchique aurait notamment lancé des rumeurs infamantes à son égard. Il résulte de l'instruction que la requérante a demandé, par deux courriers du 2 novembre 2015 et du 21 mars 2017 auprès de sa hiérarchie, une demande d'aménagement d'horaires pour la garde de ses enfants. La circonstance que l'administration a refusé cet aménagement au motif que les horaires des personnels hôteliers de la fondation Roguet doivent être respectés, n'est pas de nature à démontrer les allégations de l'intéressée selon lesquelles sa hiérarchie l'aurait moins bien traitée que ses collègues. Par ailleurs, si la requérante se prévaut d'un courrier de Mme J du 24 septembre 2018, agent au sein de l'établissement, relatant un comportement inacceptable de Mme B à l'égard de ses agents, et d'un autre courrier du 20 septembre 2018, adressé à l'agence régionale de santé Ile-de-France, où la requérante fait état des dysfonctionnements et de difficultés relationnelles au sein de l'établissement, ces éléments à eux seuls ne sont pas susceptibles de faire présumer des agissements de harcèlement moral de la part de Mme B à son égard, dès lors que ces courriers se bornent à énumérer les griefs reprochés, sans toutefois les étayer sérieusement. Enfin, si la requérante se prévaut du courrier du maire de Clichy la Garenne du 25 juin 2019, faisant état de l'inquiétude des familles concernant la fondation Roguet, ce document ne concerne pas directement les faits de harcèlement dont allègue être victime la requérante. En conséquence, par ces seules allégations de pressions, brimades et mises à l'écart, sans pouvoir les étayer sérieusement, la requérante ne démontre pas l'existence d'éléments de faits susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement.

En ce qui concerne l'absence d'entretien annuel :

7. La requérante fait valoir qu'elle n'a pas fait l'objet d'une évaluation professionnelle. Cependant, contrairement à ses allégations, il résulte de l'instruction que celle-ci a fait l'objet d'une évaluation professionnelle pour l'année 2017, lors de l'entretien qui s'est tenu le 15 septembre 2017. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, ce qui n'est pas sérieusement contesté, que ses nombreux congés de maladies n'ont pas permis de conduire les autres entretiens. Dans ces conditions, les éléments de fait fournis par Mme K apparaissent insuffisants pour être susceptibles de faire présumer des agissements constitutifs de harcèlement moral.

En ce qui concerne les sanctions disciplinaires injustifiées :

8. La requérante soutient qu'elle a fait l'objet de sanctions disciplinaires, à savoir un blâme le 8 mars 2016 et une exclusion temporaire sans traitement le 21 décembre 2018, lesquelles ont été infligées de manière injustifiée et ce, en représailles aux différents signalements qu'elle a effectués. Il résulte de l'instruction, toutefois, d'une part, que la sanction disciplinaire du 8 mars 2016, a été prise à la suite des propos infamants et diffamatoires tenus par Mme K à l'encontre de la hiérarchie. D'autre part, la sanction disciplinaire du 21 décembre 2018, motivée notamment par un comportement inadapté et agressif de Mme K envers un infirmier de l'EPHAD, repose sur deux rapports circonstanciés du 24 juillet 2018, en provenance de M. C A, infirmier, et de Mme H F, infirmière, reprochant à la requérante un comportement inadapté avec la hiérarchie. Il ne résulte donc pas de l'instruction, une volonté délibérée de la part de sa hiérarchie de nuire à la requérante, ni l'existence de situations au cours desquelles elle aurait excédé l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. En outre, les décisions prononçant à son encontre ces sanctions disciplinaires n'ont fait l'objet d'aucune contestation contentieuse de Mme K.

En ce qui concerne la dégradation des conditions de travail et de la santé physique et mentale de la requérante :

9. La requérante fait valoir qu'elle est durablement affectée par la dégradation de ses conditions de travail, ce qui a eu un impact sur sa santé physique et mentale, et que les agissements de ses supérieurs hiérarchiques, l'ont empêchée d'évoluer dans sa carrière, en dépit de son investissement et de ses réussites à différentes formations. D'une part, à l'appui de ses allégations, la requérante produit au dossier un certificat médical du Dr E du 11 décembre 2018, qui fait un état d'un " syndrome anxio-dépressif réactionnel dans un contexte professionnel difficile ". Le 2 juillet 2019, le Dr E ajoute que la requérante " décrit une situation difficile au travail, possiblement en rapport avec un harcèlement au travail de la part de sa hiérarchie ". Par un certificat médical du 30 octobre 2019, Le Dr G, physchiatre psychothérapeute, évoque également que : " elle rapporte son mal-être à une situation difficile et conflictuelle au travail " () " le médecin traitant, le médecin de la sécurité sociale et moi-même avons fait le lien de causalité entre son état et son travail ". Ainsi, les certificats produits au dossier, dont il n'est pas contesté qu'ils ont été établis eu égard aux descriptions de sa situation professionnelle par la requérante, s'ils démontrent l'existence d'une pathologie d'un syndrome anxio-dépressif, ne sont pas de nature à établir une situation de harcèlement moral de la part de sa hiérarchie à l'origine d'une dégradation de son état de santé. D'autre part, la requérante n'établit pas sérieusement que ses supérieurs hiérarchiques l'ont empêchée d'évoluer dans sa carrière, d'où il résulte de l'instruction, que son employeur, lui a notamment financé une formation, utile pour l'obtention du diplôme d'état d'accompagnement éducatif et social. Dans ces conditions, ces éléments de fait fournis par Mme K apparaissent insuffisants pour être susceptibles de faire présumer de l'existence d'agissements de sa hiérarchie constitutifs de harcèlement moral.

10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'en l'absence d'éléments de faits laissant présumer une situation de harcèlement moral, la fondation Roguet n'a pas commis la faute alléguée susceptible d'engager sa responsabilité. Les conclusions présentées par Mme K tendant à l'indemnisation de son préjudice moral à hauteur de 30 000 euros doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la fondation Roguet, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme K au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme K la somme demandée par la fondation Roguet.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme K est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la fondation Roguet sur le fondement de l'article L. 7611 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D K et à la fondation Roguet.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Beaufaÿs, président ;

Mme Colin, première conseillère ;

M. Jacquelin, premier conseiller ;

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.

Le rapporteur,

signé

G. Jacquelin

Le président,

signé

F. Beaufaÿs

La greffière,

signé

H. Mofid

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

N°2108145

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions