jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2108289 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LASSERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 21 juin 2021, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête enregistrée le 3 juin 2021 au greffe de ce tribunal, présentée par Mme A.
Par cette requête et des pièces complémentaires enregistrées le 28 février 2023 Mme B A, représentée par Me Lasserre, demande au tribunal :
1°) de condamner le rectorat de l'académie de Versailles à lui verser une somme de 2 814,61 euros au titre des traitements des mois de février et mars 2020, une somme de 2 971,50 euros au titre de l'indemnité supplément familial de traitement à compter du 1er mai 2016, une somme de 3 848,94 euros au titre du complément de traitement du temps plein et une somme de 30 000 euros au titre du préjudice moral d'anxiété qu'elle estime avoir subi pour la période de juin 2018 à décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration est à l'origine d'une carence fautive dès lors qu'elle ne lui a communiqué que tardivement les informations relatives aux démarches administratives à accomplir pour qu'elle puisse se rendre en Algérie, et dès lors qu'elle lui a communiqué des informations erronées sur la nécessité d'avoir un agrément français pour bénéficier du congé d'adoption ;
- le refus du rectorat de lui faire bénéficier d'un traitement à temps plein durant le congé d'adoption est fautif ;
- le refus d'octroi du supplément familial de traitement est fautif.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 février 2023, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la fonction publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n°85-1148 du 24 octobre 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourragué, rapporteur,
- et les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, professeure agrégée au lycée Joliot-Curie à Nanterre, a saisi la rectrice de l'académie de Versailles d'un recours administratif préalable le 26 janvier 2021 par lequel elle demande à être indemnisée en raison des fautes qu'aurait commises l'administration dans le traitement de ses demandes statutaires relatives à son congé d'adoption et à sa mise en disponibilité et en raison des sommes que l'administration aurait omis de lui verser au titre du supplément familial de traitement et du congé d'adoption. Ce recours étant resté sans réponse, Mme A demande au tribunal de condamner l'Etat à la réparer des préjudices qu'elle estime avoir subi.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. En premier lieu, Mme A soutient que ses demandes d'information n'ont pas été prises en compte par le rectorat dans des délais satisfaisants. Il résulte de l'instruction que ce n'est que le 12 mars 2019, alors que Mme A était déjà en Algérie, qu'elle a demandé à son administration quelle position statutaire pouvait être envisagée pour régulariser son absence. Le rectorat a répondu les 21 et 28 mars 2019 en lui donnant les indications relatives au congé d'adoption et à la disponibilité pour adoption. Ainsi, le délai de réponse du rectorat ne peut être regardé comme excessif au regard de la date de la demande et des circonstances spécifiques dans lesquelles elle a été formulée.
3. En second lieu, Mme A soutient que les informations qui lui ont été données par le rectorat quant à la nécessité d'obtenir un agrément français pour bénéficier du congé d'adoption étaient erronées. Toutefois, si les informations données par le rectorat mentionnaient l'impossibilité pour elle d'être placée en congé d'adoption sans la production d'un agrément officiel des services sociaux français, le rectorat lui a précisé, dans ses réponses du 21 et du 28 mars 2019, qu'en l'absence d'agrément, le congé d'adoption pouvait être accordé à condition pour elle de produire une décision d'une autorité étrangère et un document établissant la date d'entrée en France de son enfant.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : 5° a) Au congé pour maternité, ou pour adoption, avec traitement, d'une durée égale à celle prévue par la législation sur la sécurité sociale. () A l'expiration des congés mentionnés aux a et b du présent 5°, le fonctionnaire est réaffecté de plein droit dans son ancien emploi. ". Aux termes de l'article L. 331-7 du code de la sécurité sociale : " L'indemnité journalière de repos est due, pendant dix semaines au plus ou vingt-deux semaines au plus en cas d'adoptions multiples, à la condition que l'assuré cesse tout travail salarié durant la période d'indemnisation. Celle-ci débute à compter de l'arrivée de l'enfant au foyer ou dans les sept jours qui précèdent la date prévue de cette arrivée. () ".
5. Il résulte des dispositions précitées que les fonctionnaires perçoivent un traitement identique à un temps plein au cours du congé d'adoption. Ce congé est prévu pour une durée maximale de dix semaines. Le rectorat de Versailles, en versant à Mme A son traitement en équivalent temps plein durant la période du 8 avril au 16 juin 2019, soit dix semaines, n'a ainsi pas méconnu les dispositions relatives à ce congé d'adoption. A l'expiration de ce congé, le 16 juin 2019, la rectrice a, à bon droit, réaffectée Mme A de plein droit dans son ancien emploi aux conditions prévues de temps partiel.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. (). Le droit au supplément familial de traitement est ouvert en fonction du nombre d'enfants à charge au sens du titre Ier du livre V du code de la sécurité sociale, à raison d'un seul droit par enfant. ". Aux termes de l'article 10 du décret du 24 octobre 1985 relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat : " Le droit au supplément familial de traitement, au titre des enfants dont ils assument la charge effective et permanente à raison d'un seul droit par enfant, est ouvert () aux fonctionnaires civils, () ainsi qu'aux agents de la fonction publique de l'Etat, dont la rémunération est fixée par référence aux traitements des fonctionnaires ou évolue en fonction des variations de ces traitements, à l'exclusion des agents rétribués sur un taux horaire ou à la vacation. / La notion d'enfant à charge à retenir pour déterminer l'ouverture du droit est celle fixée par le titre Ier du livre V du code de la sécurité sociale. / Les dates d'ouverture, de modification et de fin de droit fixées en matière de prestations familiales par l'article L. 552-1 du code de la sécurité sociale sont applicables au supplément familial de traitement. ". Enfin aux termes de l'article L. 521-2 du code de la sécurité sociale : " Les allocations sont versées à la personne qui assume, dans quelques conditions que ce soit, la charge effective et permanente de l'enfant. ".
7. Mme A soutient que le rectorat a refusé de lui verser le supplément familial de traitement pour sa première fille depuis l'année 2016, et pour ses deux filles depuis le 15 avril 2019. Il résulte toutefois de l'instruction qu'aucune demande de supplément familial de traitement n'a été faite par l'intéressée, et qu'à minima la requérante n'a pas fourni au rectorat les pièces qui auraient permis d'étudier son dossier au regard de cette prestation familiale.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme A ne peut soutenir que l'État a commis une faute en lui répondant tardivement, en lui donnant des informations erronées, en lui refusant l'octroi du congé d'adoption à temps plein et en lui refusant l'octroi du supplément familial de traitement.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Van Muylder, présidente,
M. Bourragué et M. C, premiers conseillers,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le rapporteur,
signé
S. Bourragué
La présidente,
signé
C. Van Muylder
La greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No2108289
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026