jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2108801 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LYON-CAEN & THIRIEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 juillet 2021 et le 5 décembre 2022, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis le 1er avril 2021 par l'Agence de l'eau Seine-Normandie d'un montant de 11 479,02 euros correspondant à un trop perçu de rémunération, et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
2°) d'annuler la décision du 7 mai 2021 par laquelle la directrice générale de l'Agence de l'eau Seine-Normandie a rejeté sa demande de remise gracieuse ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'Agence de l'eau Seine-Normandie d'émettre à titre principal un titre d'annulation à hauteur d'un montant de 11 479, 02 euros, ou à titre subsidiaire d'émettre un titre d'annulation totale ou partielle après avoir réexaminé sa situation, ou à titre infiniment subsidiaire de réexaminer sa situation, le tout dans un délai d'un mois et sous astreinte de 50 euros par jours de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- l'avis des sommes à payer du 1er avril 2021 est entaché d'une insuffisance de motivation dès lors qu'il ne précise pas les bases de la liquidation en méconnaissance des dispositions de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- il est illégal par voie d'exception dès lors qu'il se fonde sur l'article 1er du décret du décret n° 2003-799 du 25 août 2003, qui réserve la perception de l'indemnité de sujétion spéciale aux seuls agents titulaires de la fonction publique et en exclut les agents stagiaires anciennement contractuels, en méconnaissance du principe de non-discrimination tel que défini par la clause 4 de l'accord-cadre annexé à la directive 1999/70/CE du 28 juin 1999, telle qu'interprétée par la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne d'une part, et d'autre part en méconnaissance des stipulations de l'article 2 du traité sur l'Union européenne, et enfin en méconnaissance de l'article 225-1 du code pénal ;
- il méconnait les dispositions de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et de l'article 28 du décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 dès lors qu'elle ne pouvait légalement percevoir, en qualité de fonctionnaire stagiaire, une rémunération inférieure à celle qu'elle percevait en qualité de contractuelle en exerçant les mêmes fonctions, sauf à subir une discrimination au regard des dispositions de l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- le principe général du droit de continuité de la carrière des agents a été méconnu ;
- l'existence, le montant et l'exigibilité de la créance ne sont pas justifiés et cet avis ainsi que la décision du 7 mai 2021 sont de ce fait illégaux ;
- à titre infiniment subsidiaire, la créance résulte d'une carence fautive de l'Agence de l'eau qui l'a rémunérée en tant qu'agent contractuel du 1er janvier 2020 au 28 février 2021 alors qu'elle a été admise au concours de recrutement des ingénieurs des travaux publics de l'Etat au titre de l'année 2019, corps auquel s'applique le RIFSEEP depuis le 1er janvier 2018.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juin 2022, l'Agence de l'eau Seine-Normandie, représentée par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que la décision attaquée n'est pas produite ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Par une décision du 7 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution et notamment son Préambule ;
- la directive 1999/70/CE du Conseil de l'Union européenne du 28 juin 1999 concernant l'accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée ;
- les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne C-72/18 du 20 juin 2019 et C-302/11 à C-305/11 du 18 octobre 2012 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le décret n° 2018-1119 du 10 décembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Goudenèche, rapporteur,
- et les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a été recrutée en tant qu'agent public contractuel exerçant les fonctions de cadre technique par l'Agence de l'eau Seine-Normandie le 1er mai 2000. Lors d'un concours organisé dans le cadre de la loi dite de " déprécarisation " du 12 mars 2012, la requérante a été admise, au titre de l'année 2019, à intégrer le corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat. Par un arrêté du 20 janvier 2021, le ministre de la transition écologique l'a nommée fonctionnaire stagiaire au 4ème échelon du grade d'ingénieure des travaux publics de l'Etat avec une ancienneté conservée de deux ans, cinq mois et huit jours, à compter du 1er janvier 2020. Le 1er avril 2021, l'Agence de l'eau Seine-Normandie a émis à l'encontre de Mme A un avis valant titre exécutoire pour le paiement de la somme de 11 479,02 euros au titre de rémunérations indûment perçues. Par une décision du 7 mai 2021, la directrice de l'Agence a rejeté sa demande de remise gracieuse. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de l'avis de sommes à payer et du rejet de son recours gracieux, ainsi que la décharge de l'obligation de payer cette somme.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
2. En premier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". Il résulte de ces dispositions que tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
3. Il résulte de l'instruction, notamment de l'avis des sommes à payer litigieux, qu'il vise à recouvrer une créance d'un montant de 11 479,02 euros, en régularisation d'un trop perçu de rémunération intervenu à la suite de la titularisation de la requérante et incluant la rémunération de mars 2021. Il précise notamment qu'il correspond à la régularisation d'un trop perçu entre la situation de Mme A en sa qualité de fonctionnaire titulaire et celle d'agent contractuel de droit public. De plus, cet avis renvoi au bulletin de salaire du mois de mars 2021, transmis en même temps que le titre exécutoire, ainsi que l'indique la requérante dans ses écritures, qui comporte des indications suffisamment précises et détaillées sur la nature et le montant des sommes réclamées et permet à la requérante de connaître les bases et éléments de calcul ayant conduit à ce qu'elles soient mises à sa charge. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 précité doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 25 août 2003 relatif à l'indemnité spécifique de service allouée aux ingénieurs des ponts et chaussées et aux fonctionnaires des corps techniques de l'équipement : " Les () ingénieurs des travaux publics de l'Etat () bénéficient, dans la limite des crédits ouverts à cet effet, d'une indemnité spécifique de service. Cette indemnité leur est versée l'année civile suivant celle correspondant au service rendu par les agents concernés. Cependant, les agents qui ne bénéficient pas de versement d'indemnité une année donnée peuvent prétendre, dès cette année-là, à des versements anticipés dans la limite des crédits disponibles. Les versements anticipés au titre d'une année donnée ne peuvent excéder 50 % de ce à quoi ils pourraient prétendre au titre des droits acquis cette même année. ".
5. Mme A ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions, par la voie de l'exception d'illégalité, dès lors qu'elles ne constituent pas la base légale du titre exécutoire contesté et que ce titre n'a pas davantage été pris pour l'application de ces dispositions. Par suite, le moyen doit être écarté dans toutes ses branches.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : " () Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. ". Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " () Le montant du traitement est fixé en fonction du grade de l'agent et de l'échelon auquel il est parvenu, ou de l'emploi auquel il a été nommé. La rémunération des agents contractuels est fixée par l'autorité compétente en tenant compte des fonctions exercées, de la qualification requise pour leur exercice et de l'expérience de ces agents. Elle peut tenir compte de leurs résultats professionnels et des résultats collectifs du service. () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'Etat et de ses établissements publics : " Les fonctionnaires stagiaires sont soumis aux dispositions des lois du 13 juillet 1983 et du 11 janvier 1984 susvisées et à celles des décrets pris pour leur application dans la mesure où elles sont compatibles avec leur situation particulière et dans les conditions prévues par le présent décret. ". Aux termes de l'article 28 du même décret : " Sauf disposition contraire du statut particulier, le fonctionnaire stagiaire qui a la qualité de fonctionnaire titulaire peut opter pour le maintien, pendant la période de stage, du traitement indiciaire auquel il avait droit dans son corps, cadre d'emplois ou emploi d'origine, dans la limite supérieure du traitement auquel il peut prétendre lors de sa titularisation. ".
7. Mme A était fonctionnaire stagiaire pendant la durée du stage préalable à sa titularisation et ne pouvait par conséquent pas bénéficier de la rémunération prévue pour les agents contractuels. Par ailleurs, si elle se prévaut des dispositions précitées de l'article 28 du décret du 7 octobre 1994, celles-ci sont applicables aux seuls fonctionnaires titulaires effectuant un stage préalable à l'intégration dans un autre corps et non aux anciens agents non titulaires de droit public devenus stagiaires. Par conséquent, les moyens tirés de la méconnaissance dispositions de l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, de l'article 28 du décret du 7 octobre 1994 et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
8. En quatrième lieu, la circonstance qu'un trop perçu de rémunération en raison d'un changement de statut qu'elle a elle-même sollicité soit réclamé à Mme A ne saurait en tout état de cause être regardée comme portant atteinte à ce qu'elle prétend être un principe de continuité de carrière.
9. En cinquième lieu, il est constant que Mme A a perçu sa rémunération en tant que contractuelle du 1er janvier 2020 au 28 février 2021. Par l'arrêté du 20 janvier 2021, elle a été nommée fonctionnaire-stagiaire rétroactivement à compter du 20 janvier 2020. Le bulletin de salaire de dix pages du mois de mars 2021, que Mme A produit, présente le détail du calcul de la différence entre les sommes perçues par l'intéressée entre le 1er janvier 2020 et le 28 février 2021, correspondant à sa rémunération de contractuelle, et la somme qu'elle aurait dû percevoir en sa qualité de stagiaire sur cette période. Malgré le montant négatif de 8 430,56 euros figurant sur ce bulletin de mars 2021, Mme A a perçu une somme de 3 048,46 euros en mars 2021, afin de ne pas la priver de rémunération, somme qu'elle était également tenue de rembourser, justifiant ainsi d'une somme totale indûment versée de 11 479,02 euros. Au surplus, Mme A ne conteste pas qu'elle avait été rendue destinataire d'un courrier explicatif précisant que la différence ou le " trop-perçu " éventuel (salaire de stagiaire - salaire de contractuel) devra être reversé à l'agence et qu'une simulation financière lui a également été transmise en amont de son acceptation du bénéfice du concours. Par suite, l'administration justifie de l'existence, du montant et de l'exigibilité de la créance dont le remboursement est réclamé à Mme A.
10. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier, et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, que la requérante savait nécessairement dès 2019 que sa titularisation entraînerait l'existence d'un trop-perçu, eu égard aux nombreux échanges avec son administration, et qu'elle a accepté le bénéfice du concours le 14 janvier 2021 en connaissance de cause. Ce délai de treize mois qui a séparé la date du début de stage et la transmission à l'agent des éléments lui permettant de solliciter le bénéfice du concours ne constitue pas une carence de l'administration de nature à engager sa responsabilité. Dans ces conditions, la requérante, qui était consciente de la régularisation négative d'une ampleur importante à effectuer, n'est pas fondée à soutenir que la somme mise à sa charge résulte d'une carence de l'Agence de l'eau Seine-Normandie.
11. En dernier lieu, aux termes du III de l'article 7 du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat (RIFSEEP), dans sa version en vigueur avant l'intervention du décret du 10 décembre 2018 le modifiant : " Nonobstant les dispositions de l'article 1er, un arrêté des ministres chargés de la fonction publique et du budget énumère également : / 1° Les corps et emplois qui, par dérogation au II du présent article, bénéficient des dispositions du présent décret au-delà du 1er janvier 2017 et, au plus tard, soit le 1er juillet 2017, soit le 1er septembre 2017, soit le 1er janvier 2018, soit le 1er janvier 2019 ; () ". L'arrêté du 27 décembre 2016, dans sa version en vigueur avant l'intervention de l'arrêté du 10 décembre 2018, fixe la " date limite d'adhésion " au régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), au 1er janvier 2018 pour le corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat.
12. Mme A doit être regardée comme se prévalant de l'illégalité du décret du 10 décembre 2018 et de l'arrêté du 10 décembre 2018 modifiant l'arrêté du 27 décembre 2016 pris en application de l'article 7 du décret du 20 mai 2014 portant création du RIFSEEP en ce que le premier n'a pas prévu de mesures transitoires pour éviter une atteinte excessive aux intérêts privés en cause et que le second a un effet rétroactif. Toutefois, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale. En l'espèce, l'avis des sommes à payer attaqué, qui ne trouve son fondement que dans la régularisation de la situation administrative d'un agent contractuel acquérant la qualité de fonctionnaire, n'a pas été pris pour l'application du décret du 10 décembre 2018 et de l'arrêté du 10 décembre 2018, qui ne constituent pas plus la base légale de ces décisions. Par suite, le moyen doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et de décharge présentées par Mme A doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais d'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Agence de l'eau Seine-Normandie, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'Agence de l'eau Seine-Normandie.
15. La présente instance ne comporte pas de dépens. Par suite, les conclusions présentées par la société Mme A tendant à la condamnation de l'Etat aux dépens doivent être rejetées.
Par ces motifs, le tribunal décide:
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera la somme de 1 500 euros à l'Agence de l'eau Seine-Normandie au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Agence de l'eau Seine-Normandie.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. Bourragué, premier conseiller,
Mme Goudenèche, conseillère,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
C. GoudenècheLa présidente,
signé
C. BoriesLa greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
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