Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2109710
mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2109710 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2021, Mme C B demande au tribunal la réduction de la cotisation primitive à l'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019.
Elle soutient que :
- c'est à tort que l'administration fiscale a plafonné l'assiette de la réduction d'impôt " Pinel " à 300 000 euros par an en estimant que la date à retenir pour cette condition est la date d'achèvement des travaux ;
- c'est à tort que l'administration fiscale a considéré que son ancienne locataire en place dans l'immeuble situé à Basse-Goulaine ne répondait pas aux conditions de ressources posées par le dispositif " Pinel ".
Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2024, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,
- et les conclusions de M. Boriès, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a acquis, les 17 aout 2017 et 19 janvier 2018, dans le cadre de ventes en l'état futur d'achèvement, deux biens immobiliers à usage d'habitation sis à Basse-Goulaine (44) et à Domont (95) pour un montant respectif de 265 000 euros et de 255 000 euros. Ces biens, destinés à être mis en location, ont été livrés respectivement le 25 juin 2019 et le 16 décembre suivant. Mme B a bénéficié à raison de ces biens au titre de l'année 2019 de la réduction d'impôt prévue à l'article 199 novovicies du code général des impôts pour un montant de 6 000 euros. Après le rejet de sa réclamation préalable où elle sollicitait que cette réduction d'impôt soit portée à 10 000 euros, Mme B demande au tribunal la réduction de la cotisation primitive à l'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019
2. En premier lieu, aux termes de l'article 199 novovicies du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. - A. - Les contribuables qui acquièrent, entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2021, alors qu'ils sont domiciliés en France au sens de l'article 4 B, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale fixée, sur option du contribuable, à six ans ou à neuf ans. Cette option, qui est exercée lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure, est irrévocable pour le logement considéré. / () / III. - L'engagement de location mentionné au I doit prendre effet dans les douze mois qui suivent la date d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. Cet engagement prévoit que le loyer et les ressources du locataire appréciées à la date de conclusion du bail ne doivent pas excéder des plafonds fixés par décret en fonction de la localisation du logement et de son type. / () V. - A. - La réduction d'impôt est calculée sur le prix de revient d'au plus deux logements, retenu dans la limite d'un plafond par mètre carré de surface habitable fixé par décret et sans pouvoir dépasser la limite de 300 000 € par contribuable et pour une même année d'imposition. / () / VI. - Le taux de la réduction d'impôt est fixé à : / 1° 12 % lorsque l'engagement de location mentionné au I est pris pour une durée de six ans ; / 2° 18 % lorsque l'engagement de location mentionné au même I est pris pour une durée de neuf ans. / VII. - La réduction d'impôt est répartie, selon la durée de l'engagement de location, sur six ou neuf années. Elle est accordée au titre de l'année d'achèvement du logement, ou de son acquisition si elle est postérieure, et imputée sur l'impôt dû au titre de cette même année, puis sur l'impôt dû au titre de chacune des cinq ou huit années suivantes à raison d'un sixième ou d'un neuvième de son montant total au titre de chacune de ces années. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la date du fait générateur de la réduction d'impôt qu'elles prévoient, et la date à laquelle s'apprécie la limitation du nombre de logements pouvant bénéficier de la réduction d'impôt au titre d'une même année d'imposition comme leur prix de revient, est la date d'achèvement du logement ou de son acquisition si elle est postérieure.
4. Mme B a acquis les 17 aout 2017 et 19 janvier 2018, dans le cadre de ventes en l'état futur d'achèvement, deux biens immobiliers à usage d'habitation destinés à être mis en location pour une durée de neuf ans. Ces biens ayant été achevés tous deux en 2019, c'est à bon droit, eu égard à ce qui a été dit au point 3 ci-dessus, que l'administration fiscale a plafonné la base de la réduction d'impôt sur le revenu à laquelle pouvait prétendre la requérante au titre de l'année 2019 à la somme de 300 000 euros en application des dispositions de l'article 199 novovicies du code général des impôts, et qu'elle lui a ce faisant accordé une réduction d'impôt de 6 000 euros.
5. En deuxième lieu, si Mme B soutient que l'interprétation administrative de la loi fiscale référencée BOI-IR-RICI-360-30-20 du 10 mai 2019 ne lui est pas opposable en ce qu'elle est postérieure à la date d'acquisition de ses logements, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration fiscale se serait fondée sur cette interprétation administrative, qui n'ajoute rien à la loi fiscale, pour déterminer la base de la réduction d'imposition en litige.
6. En dernier lieu, si Mme B soutient que l'administration fiscale aurait considéré à tort que les ressources de son ancienne locataire, Mme A, séparée avec deux enfants à charge, étaient supérieures au seuil fixé à l'article 2 terdecies D de l'annexe III au code général des impôts, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition en litige.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au directeur départemental des finances publiques du Val-D'Oise.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
M. Eustache, premier conseiller,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.
Le président-rapporteur,
signé
T. BertonciniL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
S. Eustache
La greffière,
signé
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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