mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2109742 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | BOZETINE AMNACHE HALLAL ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 juillet 2021 et 18 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Bozetine, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des pénalités y afférentes ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- au titre des deux années en litige les contributions de la famille pour sauver l'EURL Salia, propriété de la société Auto action 92, s'élèvent à 104 152 euros et correspondent intégralement au montant des apports en compte courant au titre de ces deux années ;
- il n'avait pas à conserver les déclarations de douanes s'agissant des devises en provenance d'Algérie les sommes importées ne dépassant pas 10 000 euros ;
- bien que les prêts en cause n'aient pas fait l'objet de la déclaration prévue à l'article 242 ter du code général des impôts, cette circonstance ne suffit pas à elle seule à démontrer que les apports en cause ne proviennent pas de prêts effectués par des membres de la famille ;
- ce faisant les crédits portés au compte 4567 " associés capital à rembourser " ne sont pas un revenu imposable en application du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts ;
- les pénalités de 40 % de l'article 1729 du code général des impôts sont mal fondées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Bories, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Auto Action 92, qui exerce une activité dans le secteur de l'achat-revente et de la réparation de véhicules, station de lavage et station-service, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour une période du 10 mars 2015 au 31 décembre 2016. A l'issue des opérations de contrôle, l'administration fiscale a notamment rehaussé les cotisations à l'impôt sur les sociétés de cette société au titre des exercices 2015 et 2016 à raison d'apports injustifiés comptabilisés au compte " associés-capital à rembourser ". En conséquence, ce compte ayant la fonction de compte courant d'associé et M. B en étant le bénéficiaire, l'administration fiscale, par une proposition de rectification du 17 janvier 2018, établie selon la procédure de redressement contradictoire, a imposé ces crédits entre ses mains dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Après le rejet de sa réclamation préalable, M. B demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur le bien-fondé des impositions en litige :
2. Aux termes du 1 de l'article 109 du code général des impôts : " Sont considérés comme revenus distribués : () / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. () ".
3. Les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés sont, sauf preuve contraire, à la disposition de cet associé, alors même que l'inscription résulterait d'une erreur comptable involontaire, et ont donc, même dans une telle hypothèse, le caractère de revenus distribués, imposables entre les mains de cet associé dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en vertu du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Pour que l'associé échappe à cette imposition, il lui incombe de démontrer, le cas échéant, qu'il n'a pas pu avoir la disposition de ces sommes ou que ces sommes ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu.
4. Lors des opérations de contrôle de la SARL Auto Action 92, dont M. B est associé minoritaire et gérant, l'administration fiscale a constaté que le compte 4567 libellé " associés-capital à rembourser " faisait apparaître des apports à hauteur de 49 914 euros au 31 décembre 2015 et 54 240 euros au 31 décembre 2016 à raison d'immobilisations acquises en espèce. Elle a alors demandé l'origine des sommes portées au crédit de ce compte. Il lui a été indiqué que les immobilisations ont été acquittées en espèce à titre personnel par le gérant, M. B, de telle sorte que ce compte de tiers est crédité et débité comme un compte courant d'associé dont le requérant est titulaire.
5. M. B fait valoir que ces sommes ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu mais constituent la transcription comptable d'une opération d'une autre nature impliquant une contrepartie pour la société. Il soutient à cet égard avoir payé, en espèce, à l'aide de ses fonds personnels obtenus à l'aide de prêts familiaux, des immobilisations acquises par la société, à savoir des rideaux métalliques, un atelier, une enseigne et un portique de lavage, auprès des sociétés Agilav, Salia, Caballos et Victor Enseigne. D'une part, pour justifier de la réalité de ces prêts, le requérant produit des attestations sur l'honneur des membres de sa famille, non datées ou postérieures auxdits prêts, pour des montants de 65 350 euros et a, au cours des opérations de contrôle, présenté des relevés bancaires émanant de ses proches laissant apparaitre des retraits espèce à hauteur de 39 850 euros, M. B indiquant qu'une partie des fonds provient d'économies de membres de sa famille demeurant en Algérie non conservées dans un établissement bancaire. Toutefois, il n'est pas sérieusement contesté que les dates et le montant des retraits espèces justifiés au cours des opérations de contrôle ne peuvent être rapprochés des paiements réalisés en espèce des immobilisations en cause. Ils ne sauraient, ce faisant, justifier de l'acquisition de ces immobilisations pour un montant de 104 154 euros par M. B. Ainsi M. B n'établit pas que les crédits litigieux ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu mais trouvent une contrepartie pour la SARL Auto action 92. D'autre part, si le requérant fait valoir qu'en tout état de cause, il n'a pu avoir la disposition de ces crédits à raison de la situation déficitaire de la société et que sa trésorerie était négative, l'administration fiscale fait valoir sans être sérieusement contredite qu'après les opérations de contrôle la société était bénéficiaire de 22 241 euros pour 2015 et 39 648 euros pour 2016, et, en outre, que sa trésorerie était positive pour ces deux années. Il s'ensuit que le requérant n'établit pas qu'il était dans l'impossibilité juridique de prélever les sommes en cause, ni que la situation de trésorerie de la société rendait tout prélèvement financièrement impossible. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a imposé entre les mains de M. B les crédits du compte 4567 libellé " associés-capital à rembourser " dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en vertu du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.
Sur les pénalités :
6. Il résulte des dispositions combinées des articles 1728 et 1729 du code général des impôts que la majoration prévue à l'article 1729 est applicable si l'administration fiscale établit l'intention délibérée du contribuable d'éluder l'impôt.
7. Pour justifier l'application de la pénalité de 40 % prévue par les dispositions de l'article 1729 dudit code, l'administration fiscale se prévaut, d'une part, de la circonstance que M. B, contrôleur de gestion, disposant ainsi de compétences techniques et fiscales, ne pouvait ignorer les règles de comptabilisations et de paiements des fournisseurs, et qu'il ne pouvait ignorer avoir fait supporter à la SARL Auto action 92 une dette à son égard qu'il n'était pas en mesure de justifier. Elle ajoute, d'autre part, que, les omissions en litige portent sur près de 50 000 euros par an alors que le requérant se bornait à déclarer des traitements et salaires annuels de 30 000 euros. Par suite, eu égard au caractère répété et à l'importance des manquements ainsi constatés, que le requérant ne pouvait ignorer, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de la volonté délibérée de M. B d'éluder l'impôt. C'est donc à bon droit qu'elle a assorti les impositions litigieuses de la majoration de 40 % prévue par les dispositions de l'article 1729 du code général des impôts.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux auxquelles M. B a été assujetti au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des pénalités y afférentes, doivent être rejetées. L'État n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, ses conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent également qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du département du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
M. Eustache, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
T. Bertoncini
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
Z. SaïhLa greffière,
Signé
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2109742
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026