jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2110013 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | SCHIANO-GENTILETTI FIONA |
Vu la procédure suivante :
I) Par une requête enregistrée sous le numéro 2110013 le 2 août 2021 et des mémoires, enregistrés le 15 mars 2022 et le 29 mars 2022, la société en nom collectif (SNC) Société d'Exploitation du Parc des Expositions de la Ville de Paris, représentée par Me Schiano Gentiletti, demande au tribunal:
1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison des biens immobiliers situés sur la parcelle C 66 de la commune de Vanves (92), assortie des intérêts moratoires.
2°) de mettre à la charge de l'Etat le somme de 2.000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'en vertu du 3ème alinéa du III du A de l'article 1498 du code général des impôts, la valeur locative révisée des halls d'expositions qui présentent un caractère exceptionnel devrait être réduite de moitié pour tenir compte de l'affectation des locaux à un service public ou d'utilité générale. En effet, l'ensemble du Parc des expositions participe du rayonnement économique et culturel de la région Ile-de-France ; en outre, elle dispose des locaux en vertu d'un bail emphytéotique conclu avec la ville de Paris laquelle lui a ainsi confié une mission d'intérêt général, conformément à l'article L. 1311-2 du code général des collectivités territoriales ; enfin, il est soumis aux règles d'urbanisme applicables aux constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif (CINASPIC).
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 janvier 2022 et le 21 mars 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen de la requête n'est pas fondé.
II) Par une requête enregistrée sous le numéro 2110014 le 2 août 2021 et des mémoires enregistrés le 15 mars 2022 et le 29 mars 2022, la société en nom collectif (SNC) Société d'Exploitation du Parc des Expositions de la Ville de Paris, représentée par Me Schiano Gentiletti, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison des
biens immobiliers situés sur la parcelle AC 129 de la commune d'Issy-Les-Moulineaux.
2°) de mettre à la charge de l'Etat le somme de 2.000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'en vertu du 3ème alinéa du III du A de l'article 1498 du code général des impôts, la valeur locative révisée des halls d'expositions qui présentent un caractère exceptionnel devrait être réduite de moitié pour tenir compte de l'affectation des locaux à un service public ou d'utilité générale. En effet, l'ensemble du Parc des expositions participe du rayonnement économique et culturel de la région Ile-de-France ; en outre, elle dispose des locaux en vertu d'un bail emphytéotique conclu avec la ville de Paris laquelle lui a ainsi confié une mission d'intérêt général, conformément à l'article L. 1311-2 du code général des collectivités territoriales ; enfin, il est soumis aux règles d'urbanisme applicables aux constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif (CINASPIC).
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 janvier 2022 et le 21 mars 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen de la requête n'est pas fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huon, magistrat désigné,
- les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n° 2110013 et n° 2110014, présentées par SNC Société d'Exploitation du Parc des Expositions de la Ville de Paris, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
2. La SNC Société d'Exploitation du Parc des Expositions de la Ville de Paris a conclu, le 9 décembre 2013, avec la ville de Paris, sur le fondement des dispositions alors en application des articles L.1311-2 à L.1311-4 du code général des collectivités territoriales dans leur rédaction alors en vigueur, un bail emphytéotique administratif en vue de la rénovation, la modernisation et l'entretien du Parc des Expositions de la Porte de Versailles. En contrepartie de cette opération d'intérêt général, la société bénéficie du droit d'occuper et d'exploiter les biens pour l'organisation de foires, salons, congrès, et spectacles de toute nature. En vertu du II de l'article 1400 du code général des impôts, elle a été assujettie à raison de cet immeuble, en tant qu'emphytéote, à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2019 à 2020. Par réclamations du 14 décembre 2020, visant des halls d'exposition situés sur la parcelle C 66 de la commune de Vanves et sur la parcelle AC 129 de la commune d'Issy-les-Moulineaux, la redevable a demandé, au titre des années 2019 et 2020, d'une part, le dégrèvement de la taxe foncière pour vacance d'une durée de 9 mois en 2020, en raison de la fermeture des halls liée aux mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19 et, d'autre part, à ce que la valeur locative révisée des locaux en cause, évalués par voie d'appréciation directe, soit réduite de 50 % en application du 3ème alinéa du III du A de l'article 1498 du code général des impôts. Si le service a fait droit à la première de ces demandes, il a rejeté la seconde. Dans la limite de ce rejet, la SNC Société d'Exploitation du Parc des Expositions de la Ville de Paris réitère ses prétentions devant le juge de l'impôt.
3. Aux termes de l'article 1498 du code général des impôts, dans sa rédaction en vigueur depuis le 1er janvier 2019 : " () III. - A. - La valeur locative des propriétés ou des fractions de propriété qui présentent des caractéristiques exceptionnelles est déterminée en appliquant un taux de 8 % à la valeur vénale de la propriété ou fraction de propriété, telle qu'elle serait constatée si elle était libre de toute location ou occupation à la date de référence définie au B du présent III. / A défaut, la valeur vénale de la propriété ou fraction de propriété est déterminée en ajoutant à la valeur vénale du terrain, estimée à la date de référence par comparaison avec celle qui ressort de transactions relatives à des terrains à bâtir situés dans une zone comparable, la valeur de reconstruction de la propriété à la date de référence. / La valeur locative mentionnée au premier alinéa du présent A est réduite de moitié pour tenir compte de l'impact de l'affectation de la propriété ou fraction de propriété, partielle ou totale, à un service public ou d'utilité générale (). ".
4. Alors qu'il est constant que les halls d'exposition en litige présentent des caractéristiques exceptionnelles justifiant la détermination de leur valeur locative par la méthode d'appréciation directe prévue au A du III de l'article 1498 du code général des impôts, la société requérante sollicite la réduction de 50 % de cette valeur en faisant valoir qu'elle remplit, en vertu du bail emphytéotique, une mission d'utilité générale en contribuant au rayonnement économique et culturel de la région Ile-de-France.
5. Toutefois, il résulte des termes du bail en cause qu'en contrepartie de l'obligation de moderniser et d'entretenir le Parc des expositions de la Porte de Versailles, la requérante s'est vue reconnaître un droit d'exploitation du site pendant cinquante ans, conformément à sa destination laquelle consiste en l'organisation de foires, salons ou congrès à destination de professionnels ou du grand public, sous sa seule responsabilité et à son profit, ainsi que le prévoit l'article 24.1, qui stipule: " Le Titulaire exploite les Biens à des fins privatives. / Le Titulaire fait sa propre affaire de la gestion des activités exploitées au sein des Biens et détermine librement leur programmation ainsi que les tarifs applicables. L'obtention de toute autorisation administrative nécessaire à l'exploitation des Biens dans les conditions prévues aux présentes lui incombe également, sans qu'aucun recours ne soit possible contre le Bailleur en cas de refus, retrait ou d'annulation desdites autorisations () ". Par ailleurs, l'article 24.3 du bail précise que le titulaire est libre de développer, un programme d'activités annexes et accessoires, telles commerces, hôtellerie, restauration mais aussi location et mise en régie d'emplacements publicitaires, manifestations sportives, plateaux d'enregistrement, manèges, cirques et autres divertissements, sous la seule réserve que ces activités soient compatibles avec la destination principale des biens. Il en ressort que la SNC Société d'Exploitation du Parc des Expositions de la Ville de Paris se livre à une exploitation purement commerciale des locaux loués, que ce soit au titre de son activité principale ou de ses activités annexes, le contrôle exercée par la collectivité publique se limitant à vérifier que le bien immobilier dépendant du domaine public est utilisé dans le respect de l'affectation qui lui a été donnée. Il en est de même pour les manifestations de grande ampleur (Salon international de l'Agriculture, Foire de Paris, Mondial de l'Automobile) pour lesquelles, toujours en contrepartie de son droit exclusif d'exploitation, la société s'est contractuellement engagée à " faire ses meilleurs efforts " d'organisation, dès lors qu'il n'est pas allégué qu'elles ne présenteraient pas un caractère lucratif. Dans ces conditions et alors même, ainsi que le précise ce document, que la conclusion du bail emphytéotique poursuit un objectif d'intérêt général au sens des dispositions de l'article L.1311-2 du code général des collectivités territoriales, les modalités d'exploitation du site litigieux, exclusivement commerciales, ne permettent pas de le faire regarder comme affecté à un service public ou d'utilité générale au sens du A du III de l'article 1498 du code général des impôts. Est sans incidence à cet égard que les activités organisées sur le site, accueillant de nombreux visiteurs, entraîneraient des retombées positives pour l'ensemble de la région. Enfin, est également sans incidence, la circonstance, qui relève d'une autre législation, que les halls d'exposition soient soumis aux règles d'urbanisme applicables aux constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif (CINASPIC).
6. Enfin, à supposer qu'elle ait entendu le faire, la requérante n'est, en tout état de cause, pas fondée à se prévaloir, par application de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe 10 de l'instruction administrative référencée BOI-IF-TFB-10-50-10-20, dès lors qu'il commente les dispositions du 1° de l'article 1382 du code général des impôts et non celles, en litige, du III de l'article 1498 du même code.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la SNC Société d'Exploitation du Parc des Expositions de la Ville de Paris n'est pas fondée à demander la réduction des impositions contestées ni, par voie de conséquence, le bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de la SNC Société d'Exploitation du Parc des Expositions de la Ville de Paris sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société en nom collectif (SNC) Société d'Exploitation du Parc des Expositions de la Ville de Paris et à la direction départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
C. ALa greffière,
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2110014
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026