Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2110103

vendredi 21 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2110103
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 août 2021, M. A C, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2021 du préfet du Val-d'Oise déclarant cessibles, au profit du syndicat mixte d'aménagement de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt et sur le territoire des communes de Bessancourt, Frépillon, Herblay-sur-Seine, Méry-sur-Oise, Pierrelaye, Saint-Ouen-l'Aumône et Taverny, les terrains nécessaires au projet d'aménagement forestier de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt ;

2°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a modifié son arrêté du 28 janvier 2021.

Il soutient que :

- la date de remise par le commissaire enquêteur de son rapport et de ses conclusions mentionnée dans les visas des arrêtés contestés est erronée ;

- si la date du rapport du commissaire enquêteur est exacte, les arrêtés contestés ont été rendus en méconnaissance de l'article L. 132-15 du code de l'environnement, puisque le commissaire enquêteur n'a pas déposé son rapport et ses conclusions dans un délai de trente jours à l'issue de l'enquête ;

- les arrêtés contestés sont illégaux en raison de l'illégalité de l'arrêté portant déclaration d'utilité publique.

Par un mémoire, enregistré le 1er mars 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que M. C sollicite, auprès du juge administratif, la rectification de l'erreur de plume dont sont entachés les arrêtés litigieux ;

- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 22 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme L'Hermine, rapporteure ;

- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;

- les observations de M. B, représentant du préfet du Val-d'Oise.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 24 février 2020, le préfet du Val-d'Oise a déclaré d'utilité publique, au profit du syndicat mixte d'aménagement de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt (SMAPP), le projet d'aménagement forestier sur le territoire des communes de Bessancourt, Frépillon, Herblay-sur-Seine, Méry-sur-Oise, Pierrelaye, Saint-Ouen-l'Aumône et Taverny. Ce même arrêté emporte approbation des nouvelles dispositions des plans locaux d'urbanisme des communes de Frépillon, Bessancourt, Pierrelaye, Méry-sur-Oise et Saint-Ouen-l'Aumône. Par un arrêté du 28 janvier 2021, le préfet du Val-d'Oise a déclaré cessibles, au profit du SMAPP, les terrains nécessaires au projet d'aménagement forestier de la plaine de Pierrelaye-Bessancourt, situés sur le territoire des communes de Bessancourt, Frépillon, Herblay-sur-Seine, Méry-sur-Oise, Pierrelaye, Saint-Ouen-l'Aumône et Taverny. Par un arrêté du 5 mai 2021 ce préfet a modifié l'arrêté du 28 janvier 2021. M. C doit être regardé comme demandant l'annulation de ces deux arrêtés en tant qu'ils concernent la parcelle lui appartenant.

Sur l'erreur dans les visas des arrêtés des 28 janvier 2021 et 5 mai 2021 :

2. Une erreur ou une omission dans les visas d'une décision administrative est sans incidence sur sa légalité. Dès lors, la circonstance que les visas des arrêtés contestés mentionnent que le commissaire-enquêteur a rendu son rapport et ses conclusions le 30 septembre 2020 alors que cette date serait erronée, n'est pas de nature à entacher d'illégalité les arrêtés contestés. Au demeurant, s'il ressort des pièces du dossier que le commissaire enquêteur a rendu son rapport et ses conclusions le 30 septembre 2019 et non le 30 septembre 2020, cette simple erreur de plume est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées. Par suite, le moyen doit être écarté.

Sur la méconnaissance de l'article L. 123-15 du code de l'environnement :

3. Aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement dans sa rédaction applicable au litige : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. Si ce délai ne peut être respecté, un délai supplémentaire peut être accordé à la demande du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête par l'autorité compétente pour organiser l'enquête, après avis du responsable du projet () ".

4. D'une part, le délai dont dispose le commissaire enquêteur pour remettre son rapport et ses conclusions motivées n'est pas prescrit à peine de nullité. D'autre part, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de l'enquête publique unique, préalable à la déclaration d'utilité publique et parcellaire qui s'est déroulée du 5 juin au 5 juillet 2019, le commissaire enquêteur a sollicité, par courrier du 24 juillet 2019, un délai supplémentaire d'un mois pour la remise de son rapport et de ses conclusions, qui lui a été accordé par une décision du préfet du Val-d'Oise du 2 août 2019. Par un courrier du 19 août 2019, il a de nouveau sollicité un délai supplémentaire afin de remettre ses travaux le 30 septembre suivant. Ce délai lui a été accordé par une décision du préfet du Val-d'Oise du 5 septembre 2019. Le rapport du commissaire enquêteur a été reçu par les services de la préfecture le 30 septembre 2019. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la procédure d'élaboration des arrêtés contestés serait irrégulière faute pour le commissaire d'avoir respecté le délai prévu à l'article L. 123-15 du code de l'environnement doit être écarté.

Sur l'illégalité de l'arrêté du 24 février 2020 portant déclaration d'utilité publique, par voie d'exception :

5. Si le requérant excipe de l'illégalité de la décision portant déclaration d'utilité publique pour demander l'annulation de l'arrêté de cessibilité du 28 janvier 2021 et de l'arrêté du 5 mai 2021 le modifiant, il n'invoque par voie d'exception aucun autre moyen que ceux déjà développés, écartés par voie d'action. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant déclaration d'utilité publique, soulevé à l'encontre des arrêtés contestés doit, dès lors, être écarté.

6. Sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet du Val-d'Oise, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2021 et de l'arrêté du 5 mai 2021.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à M. A C.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Buisson, président ;

M. Ausseil, conseiller ;

Mme L'Hermine, conseillère ;

assistés de Mme Pradeau, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juin 2024.

La rapporteure,

signé

M. L'Hermine

Le président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

A. Pradeau

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.