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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2110150

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2110150

vendredi 24 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2110150
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCABINET FIDAL LYON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 août 2021, M. A B, représenté par Me Le Marrec et Me Roirand, avocats, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la restitution, à hauteur d'une somme de 13 716 euros, des cotisations d'impôt sur le revenu dont il s'est acquitté au titre des années 2011 à 2015, correspondant au report d'une réduction d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2010 ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article R. 196-1 du code de justice administrative ;

- l'administration fiscale a méconnu sa propre doctrine référencée BOI-CTX-PREA-10-30, n°60.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que :

- la requête de M. B est irrecevable en raison de la tardiveté de sa réclamation préalable ;

- M. B n'est, en tout état de cause, pas fondé à demander la restitution des impositions en litige.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Villette, conseiller ;

- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. À la suite du contrôle sur pièce dont ont fait l'objet M. et Mme B, l'administration fiscale leur a notifié, par une proposition de rectification du 18 juillet 2012, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2010 résultant de la remise en cause de la réduction d'impôt dont avaient bénéficié les requérants au titre d'investissements Outre-Mer réalisés dans le cadre du dispositif prévu par l'article 199 undecies B du code général des impôts. Par un arrêt n° 17VE03607 du 15 octobre 2019, annulant le jugement n° 1606361 rendu le 28 septembre 2017 par le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, la Cour administrative d'appel de Versailles a prononcé la décharge de cette imposition. M. B a, par une réclamation du 24 décembre 2020, demandé à l'administration fiscale de lui restituer la somme de 13 716 euros, correspondant au reliquat d'une réduction d'imposition au titre de l'année 2015 qu'il aurait dû reporter sur les impositions dues au titre des années 2011 à 2015. Cette réclamation a été rejetée par l'administration fiscale le 10 juin 2021. M. B demande au Tribunal de prononcer la restitution, à hauteur d'une somme de 13 716 euros, des cotisations d'impôt sur le revenu dont il s'est acquitté au titre des années 2011 à 2015, correspondant au report d'une réduction d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2010.

2. Aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement () c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. Ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190 () "

3. Lorsque l'administration fiscale, pour le calcul de l'impôt sur le revenu d'un contribuable, refuse, par notification de rehaussements, le bénéfice d'une réduction d'impôt dont se prévaut le contribuable au titre d'une année, cette circonstance ne fait pas obstacle en droit à ce que, s'il est en désaccord sur cette rectification, le contribuable reporte, dans les conditions et limites prévues par les dispositions de l'article 199 undecies B du code général des impôts, dans ses déclarations de revenu global des années suivantes, le solde de la réduction d'impôt déclarée par lui dont l'imputation n'a pu être opérée l'année où elle a été demandée. S'il a omis d'y procéder, le contribuable peut également demander à bénéficier des dispositions de l'article 199 undecies B dans le délai de réclamation courant à compter de la mise en recouvrement des impositions établies sur la base de ces déclarations. Dès lors, la décision administrative ou juridictionnelle qui, sur une demande en décharge de l'imposition établie au titre de l'année pour laquelle il a été constaté, se prononce sur le caractère déductible de ce déficit ne peut être regardée comme un événement, au sens de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales précité, de nature à ouvrir un nouveau délai de réclamation à l'égard des impositions établies au titre des années sur lesquelles ledit solde de réduction d'impôt aurait pu être, le cas échéant, légalement reporté.

4. Il n'est pas contesté que le délai de réclamation expirait, en ce qui concerne l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2011, le 31 décembre 2014, et en ce qui concerne les impositions dues au titre des années 2012 à 2015, le 31 décembre 2018. La réclamation de M. B, en date du 24 décembre 2020, était dès lors tardive en application du a) de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales. Si, par un arrêt n° 17VE03607 du 15 octobre 2019, la Cour administrative d'appel de Versailles a prononcé la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle le contribuable avait été assujetti au titre de l'année 2010, en raison de la remise en cause d'une réduction d'impôt, cette décision, alors même qu'il existerait un reliquat de réduction d'impôt susceptible d'être reporté sur les années suivantes, ne constitue pas un événement à compter duquel le délai de réclamation fixé à l'article R. 196-1 du code général des impôts puisse être calculé.

5. M. B ne peut davantage se prévaloir des énonciations de la doctrine administrative référencée BOI-CTX-PREA-10-30 n° 60 relatif à la procédure d'imposition et de réclamation, celles-ci n'apportant pas d'interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il a été fait application dans le présent jugement.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est irrecevable, et doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2023.

Le rapporteur,

signé

G. VILLETTE

Le président,

signé

K. KELFANI La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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