mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2110740 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCALBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 août 2021, M. B A, représenté par Me Scalbert, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 juillet 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à Montrouge a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de le rétablir dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que la décision attaquée :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- méconnaît l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'OFII n'ayant procédé ni à une évaluation de sa vulnérabilité ni à un entretien personnel avec lui avant son intervention ;
- porte atteinte au droit d'asile et à son corollaire qu'est le droit aux conditions matérielles d'accueil, alors que la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation de vulnérabilité au regard des règles posées par l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 novembre 2021, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Par une décision en date du 25 octobre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le Tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Huon, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant béninois né le 19 février 1984, déclare être entré en France le 1er décembre 2019. Sa demande d'asile a été enregistrée en procédure dite accélérée le 1er avril 2021. Par une décision du même jour, la directrice territoriale de l'OFII à Montrouge a refusé de l'admettre au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, au motif qu'il a déposé sa demande d'asile au-delà du délai légal de quatre-vingt-dix jours. En réponse à son recours gracieux du 6 avril 2021, la directrice territoriale de l'OFII à Montrouge a, par décision du 9 juillet suivant, refusé de " rétablir les conditions matérielles d'accueil " à son égard. Compte tenu du contexte dans laquelle elle a été prise et dès lors que M. A n'a jamais bénéficié des conditions matérielles d'accueil, cette dernière décision doit être regardée comme rejetant le recours gracieux formé par l'intéressé. Par la présente requête, M. A conteste cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi, dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. En premier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que M. A ne peut utilement contester les vices propres de la décision du 9 juillet 2021.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la directrice territoriale de l'OFII à Montrouge n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant avant de lui refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
5. En troisième lieu, en vertu de l'article L 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, repris en substance aux articles L. 522-1 à L. 522-5 du même code, à la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil.
6. M. A n'allègue pas qu'il n'a pas pu bénéficier d'un entretien personnel de vulnérabilité lors de l'enregistrement de sa demande d'asile au guichet unique des demandeurs d'asile. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et, en particulier, de la fiche d'évaluation établie à cette occasion, que M. A a bénéficié d'un nouvel examen de vulnérabilité le 9 juin 2021. Par suite, le moyen soulevé par l'intéressé et tiré de ce que de ce que sa vulnérabilité n'aurait pas été prise en compte manque, en tout état de cause, en fait.
7. En cinquième lieu, contrairement à ce que soutient M. A, la décision attaquée n'a, en tout état de cause, pas porté atteinte au droit d'asile.
8. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant, qui n'apporte aucune précision à cet égard, se trouvait, à la date à laquelle il a présenté sa demande, dans une situation de particulière vulnérabilité. Le requérant ne justifie pas non plus d'un motif légitime qui expliquerait qu'il ait attendu le 1er avril 2021, soit 122 jours après son entrée sur le territoire français, le 1er décembre 2019, pour présenter sa demande d'asile en méconnaissance des dispositions du 2°) de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, reprises au 4° de l'article L. 551-15, prévoyant qu'une telle demande devait être présentée dans un délai de 90 jours après l'entrée sur le territoire français. Il suit de là que M. A n'est pas fondé à soutenir que la directrice territoriale de l'OFII à Montrouge aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en édictant la décision contestée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er avril 2021, confirmée sur recours gracieux le 9 juillet 2021, par laquelle la directrice territoriale de l'OFII à Montrouge a refusé de l'admettre au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président,
M. Viain, premier conseiller,
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
L'assesseur le plus ancien,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUONLa greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026