mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2110952 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS CORMIER - BADIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 août 2021, 4 novembre 2021 et 11 avril 2022, la société d'exercice libéral à forme anonyme (SELFA) Cerba, représentée par Me Badin, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la cotisation de cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020, à raison d'un immeuble qu'elle exploite situé 7, rue de l'Equerre, Z.I. des Béthunes, à Saint-Ouen l'Aumône (Val-d'Oise) ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'activité d'analyse médicale qu'elle exerce au sein de l'ensemble immobilier qu'elle exploite ne peut, en raison de sa nature, être regardée comme une activité industrielle au sens des dispositions de l'article 1499 du code général des impôts dès lors notamment que son activité n'emporte ni transformation ni mise en œuvre de matières premières ; à ce titre, elle est fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe 1 de la documentation administrative de base référencée BOI-IF-TFB-20-10-50-10 ;
- son activité est assimilable à celle d'un centre de soins au sens des dispositions des articles 1498 du code général des impôts et 310 Q de l'annexe III à ce code ;
- son activité étant exercée sous la forme d'une société d'exercice libéral à forme anonyme, l'évaluation des locaux qu'elle exploite relève des dispositions de l'article 1496 du code général des impôts conformément aux paragraphes 420 et 460 de la documentation administrative de base référencée BOI-IF-TFB-20-10-30 ;
- les moyens techniques utilisés, appréciés au regard de leur importance et de leur rôle dans le processus d'exploitation, ne permettent pas de regarder l'activité en cause comme industrielle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Amazouz, rapporteur,
- les conclusions de M. Bories, rapporteur public,
- et les observations de Me Badin, représentant la SELFA Cerba.
Considérant ce qui suit :
1. La SELFA Cerba, qui exerce une activité de laboratoire d'analyses médicales, exploite un ensemble immobilier situé 7, rue de l'Equerre, ZI des Béthunes, à Saint-Ouen l'Aumône (Val-d'Oise), qu'elle prend à crédit-bail à la société BPCE Bail. À la suite d'une vérification de comptabilité de la société Cerba, l'administration fiscale a estimé, au vu des installations techniques de l'ensemble immobilier, que l'établissement en cause revêtait un caractère industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts. Par courrier du 7 novembre 2018, le service vérificateur a informé la société BPCE Bail, en sa qualité de redevable légale de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la rectification de ses bases d'imposition à cette taxe au titre des années 2017 et 2018 en conséquence de la mise en œuvre de la méthode d'évaluation prévue par l'article 1499 du code général des impôts, en lieu et place de celle prévue par l'article 1498 du même code. L'administration a, par la suite, appliqué les bases ainsi rectifiées pour le calcul de la cotisation foncière des entreprises assignée à la société Cerba au titre de l'année 2020. La réclamation de la société Cerba en date du 16 février 2021 a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. A l'appui de sa requête, la société Cerba demande au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation de cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020.
Sur les conclusions à fin de réduction :
2. En vertu de l'article 1467 du code général des impôts, pour le calcul de la cotisation foncière des entreprises, la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe. Les règles suivant lesquelles est déterminée la valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties sont définies à l'article 1496 du code général des impôts pour les " locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile ", à l'article 1498 du même code pour " chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501 " et à l'article 1499 du même code pour les " immobilisations industrielles ", qui, dans sa rédaction applicable au présent litige dispose : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'État. / () ". Aux termes de l'article 1500 de ce code : " I.-A. Revêtent un caractère industriel les bâtiments et terrains servant à l'exercice d'une activité de fabrication ou de transformation de biens corporels mobiliers qui nécessite d'importants moyens techniques. / Revêtent également un caractère industriel les bâtiments et terrains servant à l'exercice d'activités autres que celles mentionnées au premier alinéa du présent A qui nécessitent d'importants moyens techniques lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre est prépondérant. / () ".
3. Pour estimer que les locaux exploités par la société Cerba revêtent un caractère industriel et mettre en œuvre la méthode d'évaluation prévue par les dispositions de l'article 1499 du code général des impôts, l'administration fiscale s'est fondé sur le fait qu'elle dispose sur le site de Saint-Ouen l'Aumône, outre du matériel classique de laboratoire, de nombreux équipements spécifiques très techniques, tels des automates d'identification bactérienne, d'électrophorèse, d'extraction d'ADN, des séquenceurs de génomes, deux installations P2 destinées à manipuler des micro-organismes à danger faible à modéré, un laboratoire P3 indispensable aux travaux d'analyse sur des agents pathogènes très dangereux, des appareils de mesure de haute performance, des installations d'extraction et de purification d'air, d'appareils frigorifiques lourds et de dispositifs permettant de réguler la température des salles de travail. L'administration s'est également fondée sur le fait que ces équipements, inscrits à l'actif ou financés par crédit-bail, dont le prix de revient s'élève à plus de 27 millions d'euros, soit le double du prix de revient des constructions hors terrain, jouent un rôle prépondérant dans la réalisation des 40 000 analyses réalisées quotidiennement par la société Cerba, lesquelles impliquent un processus fortement automatisé, des puissances de calcul très importantes et des zones de stockage spécifiquement adaptées. Toutefois, il résulte de l'instruction que la société Cerba, qui couvre quarante spécialités médicales, compte vingt médecins et pharmaciens biologistes chargés des examens, plus ou moins spécialisés, au sein du département de biologie médicale, sept généticiens affectés au département de génétique, qui réalise plus de 25 000 caryotypes par an, cinq médecins affectés au département d'anatomocytopathologie ainsi que deux cents techniciens de laboratoire. Ainsi que le fait valoir la société requérante, l'intervention de ces divers collaborateurs est majeure dans le processus d'exploitation qui, en vue d'assurer la fiabilité des tests et, partant la sécurité des patients, requiert tant dans la mise en œuvre des techniques d'analyse, fussent-elles automatisées, que dans la validation des résultats, laquelle engage la responsabilité du biologiste, un personnel particulièrement qualifié, seul à même de conduire et d'interpréter les travaux confiés au laboratoire. Ainsi, en dépit du nombre important des équipements et de leur coût, qui est nécessairement en rapport avec le degré de sophistication imposé par les exigences scientifiques et réglementaires s'attachant à leur usage, les moyens techniques ne peuvent être regardés comme revêtant un caractère prépondérant, compte tenu du rôle central que jouent les associés et salariés de l'entreprise, disposant d'une compétence et d'un savoir-faire particuliers, dans toutes les étapes d'un examen biologique. La société requérante est donc fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a estimé que l'immeuble en litige abritait un établissement industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts et l'a soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties par application des règles prévues pour ce type d'établissement.
Sur les frais liés au litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Cerba et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La cotisation de cotisation foncière des entreprises mise à la charge de la société Cerba au titre de l'année 2020 à raison de l'immeuble qu'elle exploite au 7, rue de l'Equerre, Z.I. des Béthunes, à Saint-Ouen-l'Aumône est réduite en conséquence de la substitution de la méthode fixée par l'article 1498 du code général des impôts à la méthode comptable prévue à l'article 1499 du même code et retenue par le service.
Article 2 : L'État versera à la société Cerba une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SELFA Cerba et à la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
M. Amazouz, premier conseiller,
Mme Saïh, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
Le rapporteur,
signé
S. AmazouzLe président,
signé
T. Bertoncini
La greffière,
signé
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026