LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2111613

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2111613

vendredi 5 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2111613
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantMICHALLON

Texte intégral

Vu la procédure suivante, enregistrée sous le n° 2111613 :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2021, la SARL I PIÈCES STAINS, représentée par Me Michallon, avocat, demande au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 à 2018, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants, pour un montant total de 566 786 euros.

La SARL I PIÈCES STAINS soutient que :

- la réponse aux observations du contribuable est insuffisamment motivée ;

- la proposition de rectification qui lui a été notifiée est insuffisamment motivée ;

- elle était fondée à minorer le montant de sa taxe sur la valeur ajoutée collectée à hauteur de la taxe sur la valeur ajoutée relative aux " avoirs comptoirs globalisés ", ces avoirs n'ayant, par ailleurs, pas été remis en cause lors d'un précédent contrôle réalisé en 2014 ;

- elle n'a pas minoré dans ses déclarations sa base imposable à la taxe sur la valeur ajoutée ;

- l'administration fiscale ne pouvait remettre en cause l'existence de soldes créditeurs de taxe sur la valeur ajoutée déductible ;

- elle est en droit de régulariser la taxe sur la valeur ajoutée déduite par anticipation en majorant d'autant sa taxe sur la valeur ajoutée déductible au titre de l'année 2018 ;

- elle n'a pas commis d'erreur de comptabilisation dans son compte 4456 ;

- elle n'a pas commis d'erreur en comptabilisant le solde de son compte 44510 au débit de son compte 4456 ;

- elle n'a pas commis d'erreur en comptabilisant des paiements de taxe sur la valeur ajoutée au débit du compte 445661 ;

- c'est à tort que l'administration fiscale a considéré qu'elle ne justifiait pas avoir acquitté les factures mentionnées sur le compte 613500 ;

- elle n'a pas passé d'écritures comptables inexactes s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée auprès de son fournisseur DCA Plateforme ;

- elle doit se voir appliquer la cascade de taxe sur la valeur ajoutée ;

- c'est à tort que l'administration fiscale a remis en cause la déductibilité des " avoirs comptoirs globalisés " de son chiffre d'affaires ;

- c'est à tort que l'administration fiscale a relevé l'existence d'un passif injustifié ;

- c'est à tort que l'administration fiscale a rejeté ses charges pour absence de justificatifs ;

- l'administration fiscale ne pouvait pas lui appliquer la pénalité pour manquement délibéré faute d'établir sa mauvaise foi ;

- cette pénalité est insuffisamment motivée.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2022, l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France conclut au rejet de la requête.

L'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France fait valoir que les moyens invoqués par la SARL I PIÈCES STAINS ne sont pas fondés.

II - Vu la procédure suivante, enregistrée sous le n° 2111946 :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 septembre 2021 et 11 juillet 2023, la SARL I PIÈCES STAINS, représentée par Me Michallon, avocat, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants, pour un montant total de 342 705 euros ;

2°) d'ordonner avant dire droit, sur le fondement de l'article R. 621-1 du code de justice administrative, la réalisation d'une expertise permettant de relier le montant des " avoir comptoir globalisés " aux factures correspondantes.

La SARL I PIÈCES STAINS soutient que :

- la réponse aux observations du contribuable est insuffisamment motivée ;

- la proposition de rectification qui lui a été notifiée est insuffisamment motivée ;

- c'est à tort que l'administration fiscale a remis en cause la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée afférente aux " avoirs comptoirs globalisés ", ces avoirs n'ayant, par ailleurs, pas été remis en cause lors d'un précédent contrôle réalisé en 2014 ;

- elle n'a pas minoré dans ses déclarations sa base imposable à la taxe sur la valeur ajoutée ;

- l'administration fiscale ne pouvait remettre en cause l'existence de soldes créditeurs de taxe sur la valeur ajoutée déductible ;

- elle est en droit de régulariser la taxe sur la valeur ajoutée déduite par anticipation en majorant d'autant sa taxe sur la valeur ajoutée déductible au titre de l'année 2018 ;

- elle n'a pas commis d'erreur de comptabilisation dans son compte 4456 ;

- elle n'a pas commis d'erreur en comptabilisant le solde de son compte 44510 au débit de son compte 4456 ;

- elle n'a pas commis d'erreur en comptabilisant des paiements de taxe sur la valeur ajoutée au débit du compte 445661 ;

- c'est à tort que l'administration fiscale a considéré qu'elle ne justifiait pas avoir acquitté les factures mentionnées sur le compte 613500 ;

- elle n'a pas passé d'écritures comptables inexactes s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée auprès de son fournisseur DCA Plateforme ;

- elle doit se voir appliquer la cascade de taxe sur la valeur ajoutée ;

- c'est à tort que l'administration fiscale a remis en cause la déductibilité des " avoirs comptoirs globalisés " de son chiffre d'affaires ;

- c'est à tort que l'administration fiscale a relevé l'existence d'un passif injustifié ;

- c'est à tort que l'administration fiscale a rejeté ses charges pour absence de justificatifs ;

- l'administration fiscale ne pouvait pas lui appliquer la pénalité pour manquement délibéré faute d'établir sa mauvaise foi ;

- cette pénalité est insuffisamment motivée.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 avril 2022, l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France conclut au rejet de la requête.

L'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France fait valoir que les moyens invoqués par la SARL I PIÈCES STAINS ne sont pas fondés

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Villette, conseiller ;

- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL I PIÈCES STAINS, qui exerce une activité de vente de détail et de gros de pièces automobiles détachées, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos en 2016 et 2017. À l'issue de ce contrôle, l'administration fiscale lui a notifié, par une proposition de rectification du 30 juillet 2019, selon la procédure contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2016 à 2018, et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017. Ces impositions ont été mises en recouvrement par des avis des 15 mars et 14 mai 2021. Par des réclamations des 22 mars et 26 mai 2021, rejetées par l'administration fiscale par deux décisions du 14 septembre 2021, la société requérante a demandé le dégrèvement de ces impositions. La SARL I PIÈCES STAINS demande au Tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 à 2018, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, ainsi que des majorations et intérêts de retard correspondants.

Sur la jonction :

2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2111613 et 2111946 concernent le même contribuable, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins-de décharge :

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

3. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Selon l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs du redressement envisagé. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition () ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile.

4. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification, en date du 30 juillet 2019, adressée à la SARL I PIÈCES STAINS, précise les dispositions légales retenues comme fondement des impositions en litige, les impôts concernés, les années d'imposition, le montant des rectifications envisagées et les motifs sur lesquels le service s'est fondé pour rehausser les bases d'imposition. Dans ces conditions, la proposition de rectification critiquée a donc mis la société requérante en mesure de formuler ses observations de façon entièrement utile, ce qu'elle a pu faire au cours de la procédure. Par suite, la SARL I PIÈCES STAINS n'est pas fondée à soutenir que la proposition de rectification, en date du 30 juillet 2019, serait insuffisamment motivée.

5. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée. ". L'exigence de motivation qui s'impose à l'administration dans ses relations avec le contribuable vérifié en application de ces dispositions s'apprécie au regard de l'argumentation de celui-ci.

6. Il résulte de l'instruction que la réponse aux observations du contribuable du 8 novembre 2019 rappelle, pour chaque rehaussement contesté, la position de la SARL I PIÈCES STAINS et apporte des réponses détaillées, en droit et en fait, aux observations de cette dernière. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la réponse aux observations du contribuable doit être écarté.

Sur le bien-fondé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée :

Sur le rejet des " avoirs comptoirs globalisés " :

7. Aux termes de l'article 272 du code général des impôts : " 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a été perçue à l'occasion de ventes ou de services est imputée ou remboursée dans les conditions prévues à l'article 271 lorsque ces ventes ou services sont par la suite résiliés ou annulés () l'imputation ou la restitution est subordonnée à la justification, auprès de l'administration, de la rectification préalable de la facture initiale () ". En outre, les dispositions de l'article 289 du code général des impôts et de l'article 242 nonies A de l'annexe II à ce code prévoient les mentions obligatoires devant figurer sur les factures.

8. Il résulte des dispositions de l'article 289 du code général des impôts que la modification d'une facture initiale, qu'elle prenne la forme d'une facture rectificative ou d'une note d'avoir, est assimilée à une nouvelle facture devant comporter les mentions énumérées à l'article 242 nonies A de l'annexe II au même code. Cependant, des omissions ou erreurs entachant une facture rectificative ou une note d'avoir ne font pas obstacle au droit à la récupération de la taxe sur la valeur ajoutée sur le fondement du 1. de l'article 272 du code général des impôts en cas d'opération annulée, résiliée, définitivement impayée ou de rabais postérieur à l'opération facturée lorsque les pièces produites par le redevable permettent d'établir le bien-fondé de sa demande.

9. La SARL I PIÈCES STAINS soutient que son activité de vente en détail de pièces détachées implique les retours fréquents d'achats effectués par les clients, en contrepartie de la restitution du prix d'achat ou de la remise de bons d'avoir, justifiant une diminution à proportion du montant de sa taxe sur la valeur ajoutée collectée. Toutefois, la société requérante, qui ne produit aucune note d'avoir, ni aucune facture justificative, n'établit pas avoir procédé au remboursement de ses clients. Dès lors, l'administration fiscale était fondée à rehausser le montant de la taxe sur la valeur ajoutée collectée par la société requérante sur la période en litige à hauteur de la taxe sur la valeur ajoutée afférente aux " avoirs comptoirs globalisés " indûment déduite.

10. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration () ". Aux termes de l'article L. 80 B du même livre : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal () ".

11. La SARL I PIÈCES STAINS, qui fait valoir que l'administration fiscale n'a pas remis en cause, lors d'un précédent contrôle réalisé en 2014, sa méthode de comptabilisation des " avoirs comptoirs globalisés ", doit être regardée comme se prévalant, sur le fondement de l'article L. 80 B précité du livre des procédures fiscales, d'une prise de position formelle de l'administration. Toutefois, et à la supposer établie, une telle circonstance ne constitue pas une prise de position formelle sur la situation du contribuable au sens de ces dispositions.

Sur la remise en cause de soldes créditeurs de taxe sur la valeur ajoutée déductible :

12. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. - 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération () II. - 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : / a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 () 2. La déduction peut être opérée : / a) Pour les livraisons de biens et les prestations de services, si les redevables sont en possession des factures () ". Aux termes de l'article L. 177 du livre des procédures fiscales : " En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée déductible dans les conditions fixées par l'article 271 du code général des impôts, les redevables doivent justifier du montant de la taxe déductible et du crédit de taxe dont ils demandent à bénéficier, par la présentation de documents même établis antérieurement à l'ouverture de la période soumise au droit de reprise de l'administration () ".

13. La société requérante ne produit aucune facture ni aucun document de nature à justifier l'existence du solde créditeur de taxe sur la valeur ajoutée déductible dont elle se prévaut. Par suite, l'administration fiscale était fondée à procéder à la reprise de ce crédit de taxe sur la valeur ajoutée.

Sur la taxe sur la valeur ajoutée déduite par anticipation :

14. Si la société requérante fait valoir que les montants de taxe sur la valeur ajoutée qu'elle a, à tort, déduits par anticipation sur la période en litige feront l'objet d'une régularisation sur les exercices ultérieurs, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige.

15. Les moyens relatifs à " l'insuffisance de base ", à " l'erreur de comptabilisation au compte 4456 ", à " la comptabilisation du solde 44510 au débit du compte 4456 ", à " la comptabilisation des paiements du compte 44561 au débit du compte du 4456 ", à " l'absence de pièces justificatives " et à " l'écriture inexacte " ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et doivent, dès lors, être écartés.

Sur le bien-fondé des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés :

Sur le profit sur le Trésor :

16. La SARL I PIÈCES STAINS ne peut utilement demander la décharge des sommes rappelées au titre du profit sur le Trésor, au motif du caractère infondé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, dès lors qu'il résulte des conséquences financières du contrôle annexées à la proposition de rectification du 30 juillet 2019 qu'aucun rehaussement des résultats imposables au titre des exercices clos en 2016 et 2017 n'a été proposé en conséquence des rappels de taxe litigieux, qui ont été déduits des résultats des exercices concernés en application de la déduction en cascade prévue à l'article L. 77 du livre des procédures fiscales.

Sur le rehaussement de chiffre d'affaires à raison de la remise en cause des " avoirs comptoirs globalisés :

17. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature () ". Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.

18. Il résulte de ce qui a été dit au point 9 du présent jugement que la SARL I PIÈCES STAINS ne produit aucun document de nature à établir qu'elle a procédé au remboursement, à ses clients, des sommes inscrites en comptabilité au titre des " avoirs comptoirs globalisés ". Dès lors, elle n'établit pas que ces sommes constitueraient des charges déductibles. Par suite, c'est à bon droit que ces sommes ont été réintégrées dans ses résultats des exercices clos en 2016 et 2017.

19. Les moyens relatifs au " passif injustifié " et aux " charges rejetées pour absence de justificatifs " ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et doivent, dès lors, être écartés.

Sur les pénalités :

20. Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L. 211-2 à L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable () ". En vertu de ces dispositions, l'administration doit indiquer au contrevenant, préalablement au prononcé de la sanction, les motifs de droit et de fait qui justifient son application, son assiette et son taux, en fonction des circonstances propres à chaque espèce, afin de permettre à l'intéressé de présenter des observations.

21. Il résulte de l'instruction que par la proposition de rectification du 30 juillet 2019 le service vérificateur a indiqué à la SARL I PIÈCES STAINS la base légale, le taux et le montant de ces pénalités, a exposé de façon précise les motifs pour lesquels il envisageait de les infliger et l'a informé du délai de trente jours dont il disposait pour faire valoir ses observations. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des pénalités doit être écarté.

22. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Il incombe à l'administration d'apporter la preuve du bien-fondé de l'application de ces sanctions.

23. Pour justifier du bien-fondé de la pénalité pour manquement délibéré, l'administration fiscale s'est fondée, notamment, sur l'importance du montant des droits éludés, sur la répétition des manquements déclaratifs sur la période contrôlée, et sur la circonstance que la société requérante avait déjà fait l'objet d'un précédent contrôle. Dès lors, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, du manquement délibéré de la SARL I PIÈCES STAINS et, par suite, du bien-fondé des pénalités qui ont été mises à sa charge, en application de l'article 1729 précité du code général des impôts.

24. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner l'expertise demandée, que les conclusions aux fins de décharge présentées par la SARL I PIÈCES STAINS doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes de la SARL I PIÈCES STAINS doivent être rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL I PIÈCES STAINS et l'administrateur général des finances publiques, chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Île-de-France.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.

Le rapporteur,

signé

G. VILLETTE

Le président,

signé

K. KELFANI La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2111946

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions