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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2111679

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2111679

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2111679
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantARLAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 septembre 2021 et 28 juillet 2023, la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE, représentée par Me Arlaud, avocat, demande au Tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer, en sa qualité de débitrice solidaire de la société Eco Façades en application de l'article 1724 quater du code général des impôts, les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et les rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels la société Eco Façades a été assujettie au titre des années 2013 et 2014, à hauteur de 42 171 euros ;

2°) d'ordonner la restitution des sommes versées pour le paiement des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée indûment acquittés, assortie des intérêts moratoires ;

3°) de bénéficier du sursis de paiement ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

5°) de condamner l'État aux entiers dépens.

La SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE soutient que :

- la proposition de rectification adressée à la société Eco Façades ne lui a pas été régulièrement notifiée ;

- elle n'a pas eu communication des pièces du dossier relatif à la société Eco Façades, débitrice principale ;

- l'action en recouvrement est prescrite ;

- elle a procédé à l'ensemble des vérifications prévues à l'article L. 8222-1 du code du travail et respecté son obligation de vigilance.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

La directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise fait valoir que les moyens invoqués par la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Louazel, conseillère ;

- et les conclusions de M. Prost, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS Eco Façades, qui exerce dans le domaine de la peinture et de la vitrerie, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 16 octobre 2013 au 31 décembre 2014. Un procès-verbal d'infraction pour travail dissimulé a été dressé le 17 novembre 2015 par les services de la direction départementale du Val-d'Oise. À l'issue de cette procédure, le pôle de recouvrement spécialisé du Val-d'Oise a notifié à la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE, qui exerce l'activité des travaux de maçonnerie générale et de gros œuvre du bâtiment, un avis de mise en recouvrement en date du 23 novembre 2020, en application des dispositions de l'article 1724 quater du code général des impôts, en sa qualité de donneuse d'ordre de la SAS Eco Façades. Par une réclamation préalable en date du 23 décembre 2020, rejetée le 1er septembre 2021, la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE a demandé le dégrèvement des cotisations supplémentaires mises à sa charge. La SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE demande au Tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision en date du 20 décembre 2021, postérieure à l'enregistrement de la requête, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a prononcé le dégrèvement d'une partie des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquelles la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE a été assujettie au titre de l'année 2014, à hauteur de 5 232 euros. Les conclusions de la requête tendant à la réduction de ces cotisations à concurrence de cette somme sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne le cadre juridique applicable :

3. Aux termes de l'article 1724 quater du code général des impôts : " Toute personne qui ne procède pas aux vérifications prévues à l'article L. 8222-1 du code du travail ou qui a été condamnée pour avoir recouru directement ou par personne interposée aux services de celui qui exerce un travail dissimulé est, conformément à l'article L. 8222-2 du même code, tenue solidairement au paiement des sommes mentionnées à ce même article dans les conditions prévues à l'article L. 8222-3 du code précité. ".

4. L'article L. 8222-1 du code du travail prévoit que toute personne qui conclut un contrat dont l'objet porte sur une obligation d'un montant minimum en vue de l'exécution d'un travail, de la fourniture d'une prestation de services ou de l'accomplissement d'un acte de commerce est tenue de vérifier, lors de la conclusion de ce contrat et périodiquement jusqu'à la fin de son exécution, que son cocontractant s'acquitte de certaines obligations déclaratives et formalités exigées par la législation du travail. Aux termes de l'article L. 8222-2 du même code : " Toute personne qui méconnaît les dispositions de l'article L. 8222-1, ainsi que toute personne condamnée pour avoir recouru directement ou par personne interposée aux services de celui qui exerce un travail dissimulé, est tenue solidairement avec celui qui a fait l'objet d'un procès-verbal pour délit de travail dissimulé : / 1° Au paiement des impôts, taxes et cotisations obligatoires ainsi que des pénalités et majorations dus par celui-ci au Trésor ou aux organismes de protection sociale () ". Aux termes de l'article L. 8222-3 du même code : " Les sommes dont le paiement est exigible en application de l'article L. 8222-2 sont déterminées à due proportion de la valeur des travaux réalisés, des services fournis, du bien vendu et de la rémunération en vigueur dans la profession. ".

5. Par la décision n° 2015-479 QPC du 31 juillet 2015, le Conseil constitutionnel a déclaré conformes à la Constitution les dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 8222-2 du code du travail, citées ci-dessus, sous la réserve qu'elles n'interdisent pas au donneur d'ordre de contester la régularité de la procédure, le bien-fondé et l'exigibilité des impôts, taxes et cotisations obligatoires, ainsi que les pénalités et majorations relatives au paiement solidaire desquels il est tenu.

En ce qui concerne la régularité de la procédure de la mise en œuvre de la solidarité de paiement :

6. Aux termes de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales : " L'avis de mise en recouvrement individuel prévu à l'article L. 256 indique pour chaque impôt ou taxe le montant global des droits, des pénalités et des intérêts de retard qui font l'objet de cet avis. () Lorsque l'avis de mise en recouvrement est consécutif à une procédure de rectification, il fait référence à la proposition prévue à l'article L. 57 ou à la notification prévue à l'article L. 76 et, le cas échéant, au document adressé au contribuable l'informant d'une modification des droits, taxes et pénalités résultant des rectifications () ". Aux termes de l'article R. 256-2 du même livre : " Lorsque le comptable poursuit le recouvrement d'une créance à l'égard de débiteurs tenus conjointement ou solidairement au paiement de celle-ci, il notifie préalablement à chacun d'eux un avis de mise en recouvrement () ".

7. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que lorsque l'administration adresse un avis de mise en recouvrement par lequel elle met en œuvre une solidarité de paiement, telle que celle qui est prévue par l'article 1724 quater du code général des impôts à l'encontre d'une société qui n'a pas procédé aux vérifications prévues à l'article L. 8222-1 du code du travail, elle est tenue de lui adresser un avis de mise en recouvrement individuel qui doit comporter les indications prescrites par l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales. Ces mentions permettent à la débitrice solidaire d'obtenir, à sa demande, la communication des documents mentionnés dans cet avis de mise en recouvrement ainsi que de tout document utile à la contestation de la régularité de la procédure, du bien-fondé et de l'exigibilité des impôts, taxes et cotisations obligatoires ainsi que des pénalités et majorations correspondantes au paiement solidaire desquels elle est tenue.

8. D'autre part, l'administration ne peut pas refuser la communication des documents utiles à la défense du débiteur solidaire lorsqu'ils sont en sa possession, sauf à priver ce dernier d'une garantie au respect de laquelle le Conseil constitutionnel a subordonné la conformité à la Constitution de la disposition législative instituant la solidarité de paiement. Il en découle que le refus de communication est de nature à faire obstacle à la mise en œuvre des dispositions de l'article 1724 quater du code général des impôts. En revanche, lorsque l'administration fiscale produit en cours d'instance, soit spontanément, soit à la suite d'une mesure d'instruction ordonnée par le juge de l'impôt, saisi par le débiteur solidaire d'une demande en ce sens, les éléments du dossier fiscal nécessaires à sa défense, la circonstance que le service ait initialement refusé de communiquer ces éléments au débiteur solidaire est sans influence sur la possibilité de mettre en œuvre la solidarité. Dans cette hypothèse, le débiteur solidaire, une fois en possession de ces éléments, peut soulever à l'appui de sa demande en décharge de l'obligation de payer, dans la limite des conclusions de sa demande, jusqu'à la clôture de l'instruction, tous moyens relatifs à la régularité et au bien-fondé des impositions au paiement desquelles il est solidairement tenu.

9. Si la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE soutient qu'en ne lui communiquant pas les pièces de la procédure de rectification dont avait fait l'objet la SAS Eco Façades, malgré une demande expresse en ce sens, l'administration l'a privée de la possibilité de contester la procédure de solidarité de paiement engagée à son encontre, ainsi que le bien-fondé et le montant des impositions mises à sa charge en application des dispositions de l'article 1724 quater du code général des impôts, il résulte toutefois de l'instruction que le procès-verbal de travail dissimulé, la proposition de rectification et la réponse aux observations du contribuable, documents notifiés à sa sous-traitante, lui ont été communiqués spontanément en cours d'instance par l'administration, lui permettant ainsi de prendre connaissance de la nature des faits reprochés à la SAS Eco Façades en matière de travail dissimulé et au regard de ses obligations fiscales. Par suite, le moyen tiré de ce que la procédure de mise en œuvre de la solidarité de paiement est entachée d'irrégularité doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé de la solidarité de paiement :

10. Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable () ".

11. Il est constant que la mise en recouvrement des impositions supplémentaires en litige est intervenue le 31 mai 2016. Dans ces conditions, l'action en recouvrement n'était prescrite qu'à compter du 31 mai 2020. Toutefois, ce délai a été interrompu par l'ouverture de la procédure collective engagée à l'encontre de la SAS Eco Façades puis par la clôture de la procédure au motif d'insuffisance d'actifs, le 9 décembre 2016, pour courir de nouveau jusqu'au 9 décembre 2020. Par suite, à la date de l'avis de mise en recouvrement informant la société requérante des sommes mises à sa charge au titre de la solidarité de paiement, le 23 novembre 2020, sa dette fiscale n'était pas prescrite. Dans ces conditions, la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE n'est pas fondée à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales.

12. Pour l'application de l'article 1724 quater du code général des impôts, l'obligation de vérification incombant à la donneuse d'ordre naît à la conclusion du contrat et dure jusqu'à la fin de l'exécution de celui-ci. Cette obligation est méconnue pour la totalité de cette période si la donneuse d'ordre n'effectue pas l'une des vérifications périodiques qui lui incombe. En cas de manquement à cette obligation de vérification, la solidarité de paiement couvre toute la durée du contrat au cours de laquelle a été constatée une infraction aux dispositions relatives au travail dissimulé.

13. Aux termes de l'article D. 8222-5 du code du travail, dans sa rédaction applicable au litige : " La personne qui contracte () est considérée comme ayant procédé aux vérifications imposées par l'article L. 8222-1 si elle se fait remettre par son cocontractant, lors de la conclusion et tous les six mois jusqu'à la fin de son exécution : / 1° Une attestation de fourniture des déclarations sociales et de paiement des cotisations et contributions de sécurité sociale prévue à l'article L. 243-15 émanant de l'organisme de protection sociale chargé du recouvrement des cotisations et des contributions datant de moins de six mois dont elle s'assure de l'authenticité auprès de l'organisme de recouvrement des cotisations de sécurité sociale. / 2° Lorsque l'immatriculation du cocontractant au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers est obligatoire ou lorsqu'il s'agit d'une profession réglementée, l'un des documents suivants : / a) Un extrait de l'inscription au registre du commerce et des sociétés (K ou K bis) () ".

14. Aux termes de l'article L. 243-15 du code de la sécurité sociale, dans sa version alors applicable : " Toute personne vérifie, lors de la conclusion d'un contrat dont l'objet porte sur une obligation d'un montant minimal en vue de l'exécution d'un travail, de la fourniture d'une prestation de services ou de l'accomplissement d'un acte de commerce, et périodiquement jusqu'à la fin de l'exécution du contrat, que son cocontractant est à jour de ses obligations de déclaration et de paiement auprès des organismes de recouvrement mentionnés aux articles L. 213-1, L. 611-8 et L. 752-1 du présent code et L. 723-3 du code rural et de la pêche maritime. / Cette attestation est délivrée dès lors que la personne acquitte les cotisations et contributions dues à leur date d'exigibilité et, le cas échéant, qu'elle a souscrit et respecte un plan d'apurement des cotisations et contributions restant dues ou conteste leur montant par recours contentieux, à l'exception des recours faisant suite à une verbalisation pour travail dissimulé. / Les modalités de délivrance de cette attestation ainsi que son contenu sont fixés par décret () ". Aux termes de l'article D. 243-15 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Lorsque le cocontractant emploie des salariés, l'attestation prévue à l'article L. 243-15 mentionne l'identification de l'entreprise, le nombre de salariés et le total des rémunérations déclarés au cours de la dernière période ayant donné lieu à la communication des informations prévue à l'article R. 243-13. / La contestation des cotisations et contributions dues devant les juridictions de l'ordre judiciaire ne fait pas obstacle à la délivrance de l'attestation. Toutefois, l'attestation ne peut pas être délivrée quand la contestation fait suite à une verbalisation pour travail dissimulé. / L'attestation est sécurisée par un dispositif d'authentification délivré par l'organisme chargé du recouvrement des cotisations et contributions sociales. Le donneur d'ordre vérifie l'exactitude des informations figurant dans l'attestation transmise par son cocontractant par voie dématérialisée ou sur demande directement auprès de cet organisme au moyen d'un numéro de sécurité. ".

15. Il résulte des dispositions de l'article L. 8222-2 du code du travail que la donneuse d'ordre qui n'a pas procédé à l'ensemble des vérifications prévues à l'article L. 8222-1 du même code et précisées par décret, notamment la vérification de l'authenticité de l'attestation prévue à l'article L. 243-15 du code de la sécurité sociale, est tenue solidairement au paiement des sommes dues au Trésor public et aux organismes de protection sociale par le cocontractant qui a fait l'objet d'un procès-verbal pour délit de travail dissimulé, à due proportion de la valeur des travaux réalisés, des services fournis, du bien vendu et de la rémunération en vigueur dans la profession. La donneuse d'ordre est considérée comme ayant procédé aux vérifications requises par l'article L. 8222-1 précité, y compris celle de l'authenticité de l'attestation remise par son cocontractant, lorsqu'elle s'est fait remettre par ce cocontractant les documents qu'énumère l'article D. 8222-5 du code du travail, à moins d'une discordance entre les déclarations mentionnées sur ces documents et les informations dont la donneuse d'ordre pouvait avoir connaissance, telles que l'identité de son cocontractant ou le volume d'heures de travail nécessaire à l'exécution de la prestation ou que, s'agissant de l'authenticité de l'attestation prévue à l'article L. 243-15 du code de la sécurité sociale, l'administration établisse que celle-ci n'émane pas de l'organisme chargé du recouvrement des cotisations et contributions dues par le cocontractant.

16. Si la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE soutient avoir respecté son obligation de vigilance en sa qualité de donneuse d'ordre de la SAS Eco Façades tout au long de leurs relations contractuelles, elle n'a versé aucune attestation de fourniture des déclarations sociales émanant de l'organisme de protection sociale chargé du recouvrement des cotisations et des contributions sociales incombant à la société Eco Façades, visée par les dispositions de l'article D. 8222-5 du code du travail, antérieure au 4 février 2014, alors qu'il est constant que dix-sept contrats de sous-traitance ont été signés avec la SAS Eco Façades entre le 25 octobre 2013 et le 22 janvier 2014. Au surplus, il résulte de l'instruction que les attestations en date des 4 février, 12 août et 28 octobre 2014, versées au dossier, présentent des discordances entre les déclarations mentionnées sur ces documents et les informations dont la donneuse d'ordre pouvait avoir connaissance, au regard de l'effectif et de la masse salariale mentionnés. Dans ces conditions, la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE ne peut être regardée comme ayant procédé à l'ensemble des vérifications prévues à l'article L. 8222-1 du même code. Par suite, l'administration pouvait à bon droit mettre à la charge de la société requérante les impositions en litige, en application de la solidarité de paiement prévue par l'article 1724 quater du code général des impôts.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant au bénéfice du sursis de paiement :

18. Le présent jugement se prononçant sur le fond de l'affaire, les conclusions de la requête tendant au sursis de paiement de l'imposition contestée se trouvent ainsi privées d'objet.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE doivent, dès lors, être rejetées.

20. La présente instance n'ayant pas donné lieu à la liquidation de dépens, les conclusions de SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge présentées par la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE à hauteur du dégrèvement de 5 232 euros prononcé en cours d'instance au titre de l'année 2014.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au sursis de paiement présentées par la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à SARL LA VALORISATION DU PATRIMOINE et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.

La rapporteuse,

signé

M. LOUAZEL

Le président,

signé

K. KELFANI La greffière,

signé

A. CHANSON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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