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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2111816

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2111816

mercredi 22 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2111816
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème Chambre
Avocat requérantREZAIGUIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 septembre 2021, Mme A B, représentée par Me Rezaiguia, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite en date du 18 juillet 2021 par laquelle la commune de Nanterre a refusé de rectifier le montant des factures des mois de février et mars 2021 relatives à l'accueil en crèche de son enfant et de lui rembourser la somme de 470 euros indûment versée ;

2°) d'enjoindre la commune de Nanterre à lui régler la somme de 470 euros ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Nanterre la somme de 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la commune de Nanterre a commis une erreur de droit dès lors que, sans tenir compte de ses ressources, elle a appliqué un tarif horaire de 3,57 euros au lieu d'un tarif horaire de 2,30 euros.

Par une ordonnance du 19 novembre 2021, le président du tribunal judiciaire de Nanterre a transmis au tribunal de Cergy-Pontoise la demande enregistrée au greffe de ce tribunal sous le n°RG21/01614, le 20 septembre 2021, et tendant aux mêmes fins que la présente requête.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2022, la commune de Nanterre, représentée par son maire, conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Froc, conseillère,

- et les conclusions de M. Chabauty, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1.Mme B a inscrit son enfant au sein de l'accueil collectif Pongerville proposé par la commune de Nanterre, qui a appliqué un tarif horaire de 3,57 euros aux factures de février et mars 2021. Mme B, estimant que le tarif de 2,30 euros aurait dû lui être appliqué, a sollicité le remboursement de la somme de 470 euros qu'elle estime avoir versée à tort à la commune. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de la décision du 18 juillet 2021 rejetant la demande de remboursement du trop-versé prise implicitement par la commune de Nanterre le 18 juillet 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 2324-30 du code de la santé publique, relatif aux établissements d'accueil des enfants de moins de six ans : " Les établissements et services d'accueil élaborent un règlement de fonctionnement qui précise les modalités d'organisation et de fonctionnement de l'établissement ou du service, et notamment : () ; / 5° Le mode de calcul des tarifs () ". Le centre multi-accueil Pongerville est un établissement d'accueil municipal de la commune de Nanterre qui fait appel, pour son financement, aux participations versées par ses usagers. Le règlement intérieur de cette structure de petite enfance de la commune de Nanterre constitue un acte réglementaire opposable aux usagers de ce service public administratif.

3. Selon l'arrêté portant règlement de fonctionnement de la structure Multi accueil Pongerville en date du 30 octobre 2019 et en vigueur au 1er janvier 2021, deux exemplaires du règlement de fonctionnement sont remis aux responsables légaux de l'enfant accueilli, qui en prendront connaissance et qui devront le signer. Selon le règlement de fonctionnement de la structure Multi accueil Pongerville en vigueur au 1er janvier 2021 : " Le tarif horaire est calculé en janvier ou à l'admission pour la durée de l'année civile()"Il est déterminé en appliquant, sur le revenu mensuel du foyer, soit les ressources annuelles (salaires et assimilés) figurant au dossier allocataire ou sur l'avis d'impositions divisées par 12, un taux d'effort dégressif selon le nombre d'enfants à charge du ménage au sens des Prestations Familiales"()Il peut être modifié au cours de l'année civile à la demande la famille en cas de modification de ressources ou de modification du nombre d'enfants à charge figurant au dossier allocataire. La modification est enregistrée à la date d'enregistrement de la déclaration de la famille et s'applique sur la facturation à suivre la plus proche. La date d'effet de la modification de tarif ne peut en aucun cas être antérieure à la date de déclaration () Les ressources prises en compte sont les ressources du foyer de l'allocataire auquel est rattaché l'enfant. Elles correspondent aux ressources figurant dans le dossier allocataire de la famille ou à défaut, aux revenus figurant sur l'avis d'imposition de l'année N-2 (totalité des revenus imposables y compris Indemnités journalières accident du travail et maladie professionnelles, heures supplémentaires incluses). ".

4. En l'espèce, Mme B, qui ne conteste pas avoir eu connaissance du règlement de fonctionnement de la structure d'accueil de Pongerville, remet en cause le bien-fondé du tarif horaire qui lui a été appliqué au motif que la commune de Nanterre n'aurait pas pris en compte ses ressources pour établir ledit tarif. Elle estime que le tarif horaire de 2,30 euros aurait dû lui être appliqué alors que la commune de Nanterre a retenu un tarif horaire de 3,57 euros pour établir les factures des mois de février et mars 2021.

5. Il ressort des dispositions citées au point 3 que la participation des familles est calculée sur la base d'un taux d'effort appliqué aux ressources mensuelles du ménage, lesquelles doivent être communiquées à la commune au moyen d'un avis d'imposition ou en autorisant la commune à recueillir ces données dans le dossier allocataire des usagers. Si le règlement de fonctionnement prévoit la possibilité de réviser le tarif en cas de modification des revenus, la date d'effet de la modification ne peut être antérieure à la date de déclaration. Il n'est pas contesté que la commune de Nanterre a, par courrier en date du 30 novembre 2020 puis par un courriel du 8 février 2021, demandé à Mme B de communiquer le montant de ses revenus afin de déterminer le tarif horaire applicable à sa situation, faute de quoi le tarif horaire maximum de 3,57 euros lui serait appliqué. Il n'est pas davantage contesté que Mme B n'a communiqué cette information que le 22 mars 2021. Ainsi, le moyen selon lequel la décision de la commune de Nanterre d'appliquer le tarif horaire de 3,57 euros sur les factures de février et mars 2021 serait entachée d'une erreur de droit n'est pas fondé et doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Nanterre.

Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président,

M. Viain, premier conseiller,

Mme Froc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.

La rapporteure,

signé

E. FROCLe président,

signé

C. HUONLa greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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