lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2111903 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | ERNST & YOUNG SOCIETE D'AVOCATS PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 septembre 2021 et 13 mai 2022, la société LVB HOLDINGS LTD, représentée par la SELAS Ernst et Young Société d'avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer le remboursement, à concurrence de 639 559 euros, d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) au titre de la période du 1er septembre 2019 au 31 août 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de rejet du 15 juillet 2021 est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article R. 198-10 du livre des procédures fiscales ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle se fonde à tort sur des conclusions non définitives d'une vérification de comptabilité ;
- elle dispose de l'ensemble des conditions et documents permettent de justifier du remboursement de crédits de TVA pour la période visée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, le directeur départemental des finances publiques du Val d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jacquinot,
- les conclusions de M. Boriès, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société LVB HOLDINGS LTD, de droit chinois, qui exerce une activité de vente par correspondance de produits français à destination de clients particuliers habitant en Chine, est exonérée de TVA sur ces ventes de la France vers la Chine. Elle a sollicité les 24 octobre 2019, 22 novembre 2019, 23 décembre 2019, 16 janvier 2020, 24 février 2020, 24 mars 2020 et 22 septembre 2020 le remboursement de crédits de TVA au titre de la période allant du 1er septembre 2019 au 31 août 2020 pour un montant total de 639 559 euros. Par une décision du 15 juillet 2021, l'administration fiscale a rejeté ces demandes. La société conteste ce rejet.
Sur la régularité de la procédure :
2. Les vices qui entachent soit la procédure d'instruction, par l'administration, de la réclamation d'un contribuable, soit la décision par laquelle cette réclamation est rejetée, sont sans influence sur la régularité des impositions contestées. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation de la décision de l'administration fiscale du 15 juillet 2021 est inopérant et doit être écartés.
Sur le remboursement du crédit de TVA :
3. Aux termes de l'article L. 177 du livre des procédures fiscales : " En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée déductible dans les conditions fixées par l'article 271 du code général des impôts, les redevables doivent justifier du montant de la taxe déductible et du crédit de taxe dont ils demandent à bénéficier, par la présentation de documents même établis antérieurement à l'ouverture de la période soumise au droit de reprise de l'administration ". Il s'ensuit que la société LVB HOLDINGS LTD supporte la charge de la preuve du bien-fondé du crédit de taxe sur la valeur ajoutée dont elle demande le remboursement.
4. Pour rejeter la demande de remboursement de crédit de taxe sur la valeur ajoutée, l'administration fiscale a considéré que la société n'apportait aucun élément de nature à justifier, conformément aux dispositions de l'article L 177 du livre des procédures fiscales, du montant de la taxe déductible dont le remboursement est demandé et de la satisfaction des conditions du droit à déduction. L'administration fiscale a également fait valoir que les conclusions de la vérification de comptabilité portant sur la période immédiatement antérieure avaient mis en évidence la pratique par la société de fraudes caractérisées en matière de TVA, notamment l'existence de fausses factures, de tickets de caisse falsifiés, de fausses déclarations postales et douanières, privant par conséquent ses prétentions de toute crédibilité.
5. Il résulte de l'instruction que si la société la LVB HOLDINGS LTD fait valoir détenir des preuves permettant de justifier du remboursement de crédits de TVA pour la période visée, notamment des déclarations en douanes, des factures de ventes, des preuves de dépôt de marchandises des factures relatives au transport des marchandises, des validations de réception de leur commande par les clients, elle n'apporte aucun justificatif à l'appui de ces affirmations. Dans ces conditions, la société LVB HOLDINGS LTD, qui n'apporte pas la preuve du bien-fondé du crédit de taxe sur la valeur ajoutée dont elle demande le remboursement, n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration lui a refusé le remboursement du crédit d'impôt correspondant à la taxe sur la valeur ajoutée déductible au titre de la période allant du 1er septembre 2019 au 31 août 2020 ou que ce refus serait dépourvu de base légale. La circonstance que l'administration fiscale ait relevé dans sa décision de rejet du 15 juillet 2021 l'existence d'irrégularités à l'occasion d'une précédente vérification de comptabilité est sans incidence sur la présente analyse.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société LVB HOLDINGS LTD doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administration.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société LVB HOLDINGS LTD est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société LVB HOLDINGS LTD et au directeur de la direction départementale des finances publiques du Val d'Oise.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
M. Jacquinot, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Jacquinot
Le président,
Signé
T. Bertoncini La greffière,
Signé
N. Magen
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026