mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2111904 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | ALLAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 21 septembre 2021 et 15 septembre 2023, M. et Mme A, représentés par Me Allais, demandent au tribunal :
1°) la réduction de la cotisation primitive à l'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ayant, pendant une durée supérieur à cent vingt jours, sur douze mois consécutifs, réalisé des activités de prospection commerciale à l'étranger, les rémunérations perçues par M. A en lien avec cette activité sont exonérées d'impôt sur le revenu en application du 1° du I du A de l'article 81 du code général des impôts ;
- l'interprétation administrative référencée BOI RSA GEO 10-20-20 est également en ce sens ;
- la part de sa rémunération perçue à raison de ces activités s'élève à 359 026 euros de telle sorte que M. et Mme A peuvent prétendre à une réduction d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2017 de 132 301 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Bories, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, qui exerce la fonction de Senior Vice-President Global Clients and Compute solutions au sein de la société Dell Technologies a demandé, le 28 novembre 2020, à bénéficier au titre de l'année 2017 des dispositions du 1° du I du A de l'article 81 du code général des impôts permettant sous certains conditions l'exonération d'impôt sur le revenu des rémunérations liée à une activité professionnelle exercée à l'étranger. Après le rejet de leur réclamation préalable, M. et Mme A demandent au tribunal la réduction des cotisations primitives à l'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2017.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 4 A du code général des impôts : " Les personnes qui ont en France leur domicile fiscal sont passibles de l'impôt sur le revenu en raison de l'ensemble de leurs revenus ". Aux termes de l'article 81 A du même code dans sa version applicable au litige : " I. - Les personnes domiciliées en France au sens de l'article 4 B qui exercent une activité salariée et sont envoyées par un employeur dans un Etat autre que la France et que celui du lieu d'établissement de cet employeur peuvent bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu à raison des salaires perçus en rémunération de l'activité exercée dans l'Etat où elles sont envoyées. / L'employeur doit être établi en France ou dans un autre Etat membre de l'Union européenne, ou dans un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. L'exonération d'impôt sur le revenu mentionnée au premier alinéa est accordée si les personnes justifient remplir l'une des conditions suivantes : / 1° Avoir été effectivement soumises, sur les rémunérations en cause, à un impôt sur le revenu dans l'Etat où s'exerce leur activité et sous réserve que cet impôt soit au moins égal aux deux tiers de celui qu'elles auraient à supporter en France sur la même base d'imposition ; / 2° Avoir exercé l'activité salariée dans les conditions mentionnées aux premier et deuxième alinéas : / () / - soit pendant une durée supérieure à cent vingt jours au cours d'une période de douze mois consécutifs lorsqu'elle se rapporte à des activités de prospection commerciale () ".
3. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 30 décembre 2005 de finances rectificative pour 2005 dont elles sont issues, que l'exonération prévue à l'article 81 A du code général des impôts en faveur d'un contribuable qui a été envoyé à l'étranger par son employeur et y a exercé une activité salariée de prospection commerciale pendant une durée de cent vingt jours au cours d'une période de douze mois consécutifs est réservée aux salariés dont l'activité en cause a été menée pour assurer le développement des activités ou des marchés à l'étranger de leur employeur. Pour bénéficier de cette exonération le contribuable doit établir avoir exercé une activité salariée de prospection commerciale à l'étranger pendant une durée supérieure à cent vingt jours au cours d'une période de douze mois consécutifs. La durée totale d'activité à l'étranger comprend notamment les congés payés et les congés de récupération auxquels donne droit la réalisation de la mission confiée au salarié par son employeur, quel que soit le lieu dans lequel ces congés sont effectivement pris.
4. Au titre de l'année 2017 M. A a, dans un premier temps, déclaré l'intégralité de ses revenus à l'impôt sur le revenu pour un montant total de 515 325 euros. Il a toutefois, le 28 novembre 2020, sollicité l'exonération des salaires entrant dans le cadre des dispositions précitées pour un montant de 359 026 euros et la réduction d'impôt sur le revenu correspondante.
5. M. A indique à cet effet, produisant une attestation du directeur des ressources humaines de la SA Dell du 26 juin 2020, que ses fonctions de directeur des ventes sénior en charge du développement du chiffre d'affaires du groupe Dell sur la région Europe l'ont conduit pour des raisons professionnelles à passer cent trente-quatre jours à l'étranger en 2017. Toutefois, cette attestation ne fait pas le détail des jours passés à l'étranger et de la rémunération y afférente. A cet égard, en ce qui concerne ses déplacements professionnels à l'étranger, M. A se borne à produire un tableau réalisé par ses soins, corroboré par aucune pièce tel qu'un agenda, indiquant les jours passés à l'étranger et leurs motifs allégués ainsi qu'un relevé du logiciel de réservation de ses déplacements attestant de différents voyages à l'étranger mais ne permettant pas d'en identifier la cause. Ainsi, ces différents éléments ne sont pas de nature à établir le nombre de jours passés à l'étranger par M. A au titre d'une mission de prospection commerciale alors qu'il en supporte la charge. Dans ces conditions, par application des principes qui ont été rappelés au point 3 ci-dessus, l'administration fiscale a pu à bon droit refuser de faire application des dispositions du 1° du I du A de l'article 81 du code général des impôts à une partie des rémunérations perçue en 2017 par M. A.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration () ".
7. M. et Mme A ne sont pas fondés à se prévaloir, en application de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de l'interprétation administrative de la loi fiscale référencée BOI-RSA-GEO-10-20 n° 2010 et 220 qui ne comporte aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle qui lui est appliquée dans le présent jugement.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. et Mme A tendant à la réduction des cotisations primitives à l'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2017 ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions liées aux frais du litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
M. Jacquinot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Z. Saïh
La greffière,
K. Nabunda
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2111904
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026