jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2112764 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | BIANGOUO NGNIANDZIAN KANZA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 4 octobre 2021 et 27 janvier 2022, M. B A, représenté par Me Biangouo-Ngniandzian Kanza, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 12 mai 2021 par laquelle le centre hospitalier de Gonesse a mis fin à son contrat ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Gonesse de le rétablir dans ses fonctions, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, de condamner l'établissement à lui verser la somme globale de 13 780 euros au titre de l'indemnité de licenciement, l'indemnité compensatrice de congés annuels, l'indemnité compensatrice de préavis et en réparation des préjudices financier résultant de la perte de salaire et moral subis.
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée constitue un licenciement et non pas une décision de non-renouvellement de contrat dès lors qu'il a continué à travailler au-delà de la date initiale de fin de contrat sans en avoir signé de nouveau, ce qui a fait naître un nouveau contrat ;
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le centre hospitalier de Gonesse ne l'a pas informé du non-renouvellement de son contrat ni de son licenciement et ne lui a pas communiqué son dossier et ne l'a pas convoqué à un entretien préalable ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il n'existe aucun motif de droit ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il n'existe aucun motif de fait ;
- le centre hospitalier de Gonesse a commis une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la décision a des conséquences sur sa situation personnelle ;
- il a droit au versement de l'indemnité de licenciement, des indemnités compensatrices de congés annuels et de préavis dès lors qu'il s'agit d'un licenciement ;
- il a subi un préjudice financier résultant de la perte de salaire et un préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2022, le centre hospitalier de Gonesse conclut au rejet de la requête et demande la condamnation de M. A à lui verser une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable du fait de sa tardiveté ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables pour défaut de liaison du contentieux ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Par une ordonnance du 23 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 17 juillet 2023 à 12h.
Des pièces ont été enregistrées le 18 mars 2024 pour M. A et n'ont pas été communiquées.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 modifiée ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jacquelin, rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté au centre hospitalier de Gonesse par un contrat de travail à durée déterminée conclu du 8 mars 2021 au 30 avril 2021, en qualité d'agent d'entretien qualifié, renouvelé jusqu'au 28 mai 2021. Par décision du 12 mai 2021, le directeur du centre hospitalier de Gonesse l'a informé que son contrat ne sera pas renouvelé au-delà du 28 mai 2021, et de sa radiation des effectifs à compter du 29 mai 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la qualification juridique de la fin de contrat du requérant :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 9-1 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " () II. - Pour les besoins de continuité du service, des agents contractuels peuvent être recrutés pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an. Il ne peut l'être que lorsque la communication requise à l'article 36 a été effectuée. / Sa durée peut être prolongée, dans la limite d'une durée totale de deux ans, lorsque, au terme de la durée fixée au deuxième alinéa du présent II, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi par un fonctionnaire n'a pu aboutir. () ". Selon l'article 41 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels des établissements publics de santé : " Lorsque l'agent contractuel a été recruté pour une période déterminée susceptible d'être reconduite, l'autorité signataire du contrat notifie son intention de renouveler ou non le contrat, au plus tard : / ()1° Huit jours avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée inférieure à six mois ; / 2° Un mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans ; () ".
3. D'une part, il résulte de ces dispositions que les contrats passés par les établissements publics de santé, sur le fondement de l'article 9-1 de la loi du 9 janvier 1986, en vue de recruter des agents contractuels, notamment pour faire face temporairement à la vacance d'un emploi, comme en l'espèce ainsi qu'il résulte des mentions du contrat conclu par M. A, ne peuvent être conclus que pour une durée déterminée et ne peuvent être renouvelés que par reconduction expresse.
4. D'autre part, la décision par laquelle l'autorité administrative compétente met fin aux relations contractuelles doit être regardée comme un refus de renouvellement de contrat si elle intervient à l'échéance de celui-ci et comme un licenciement si elle intervient en cours de contrat.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a signé un premier contrat à durée déterminée du 8 mars 2021 au 30 avril 2021, comme rappelé au point 1. Par ailleurs, l'intéressé a été informé au cours de son entretien d'évaluation du 27 avril 2021, dont il a signé le compte rendu, de l'intention de l'administration de renouveler son contrat pour une durée d'un mois soit jusqu'au 28 mai 2021 puis de mettre fin au contrat, ainsi qu'il est expressément mentionné dans ce compte rendu. Selon les pièces du dossier, un avenant à son contrat initial a été signé par l'administration le 5 mai 2021, lequel, selon les affirmations de la défense non contredite, lui a été adressé pour signature sans que ce dernier ne retourne ce contrat signé. Enfin, par décision du 12 mai 2021, le centre hospitalier l'a informé que l'avenant au contrat prenant fin le 28 mai 2021, il ne sera pas renouvelé et a prononcé sa radiation des effectifs à compter du 29 mai 2021. Dans ces conditions, la seule circonstance que M. A ait été maintenu en fonctions au-delà du terme de son contrat initial, alors qu'il n'a pas signé l'avenant qui lui était proposé afin de reconduire ce contrat pour une durée d'un mois, ne saurait faire regarder l'intéressé comme titulaire d'un contrat à durée déterminée d'une durée autre que celle mentionnée dans l'avenant. Le requérant ne démontrant pas que la fin de son engagement constitue un licenciement en cours de contrat, la décision attaquée porte refus de renouvellement de son contrat à durée déterminée. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige vaut licenciement et non pas refus de renouvellement, doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision de non renouvellement du contrat du requérant :
6. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de la décision du 1er mars 2021 portant délégation de signature, le directeur délégué de l'hôpital, M. C D, a donné délégation de signature à Mme E, adjoint des cadres hospitaliers, responsable de la gestion des personnels médicaux, pour signer " l'ensemble des actes, décisions et courriers relatifs à la gestion des personnels non médicaux contractuels ". Par suite, le moyen tiré du vice de compétence ne peut qu'être écarté.
7. En deuxième lieu, une décision de non renouvellement à son terme d'un contrat à durée déterminée d'un agent public, même prise pour des raisons tirées de la manière de servir de l'intéressé, n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées. Par suite, en l'espèce, compte tenu de ce qui vient d'être dit au point 2, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision en litige doit être écarté.
8. En troisième lieu, d'une part, une décision de non renouvellement à son terme d'un contrat à durée déterminée d'un agent public, même prise pour des raisons tirées de la manière de servir de l'intéressé, n'est pas au nombre des décisions qui doivent être précédées de la communication du dossier. D'autre part, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe général du droit n'imposent, à peine d'illégalité, que les décisions portant refus de renouvellement de contrat soient précédées d'un entretien préalable et que l'agent concerné soit invité à prendre connaissance de son dossier, dès lors que la mesure ne revêt pas un caractère disciplinaire
9. En l'espèce, la décision attaquée de non renouvellement de contrat à durée déterminée, dont il n'est ni établi ni même allégué qu'elle revêt un caractère disciplinaire, n'avait à être précédée ni d'un entretien préalable, ni d'une communication du dossier. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté dans ses deux branches.
10. En dernier lieu, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent, que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Dès lors qu'elles sont de nature à caractériser un intérêt du service justifiant le non renouvellement du contrat, la circonstance que des considérations relatives à la personne de l'agent soient par ailleurs susceptibles de justifier une sanction disciplinaire ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'une décision de non renouvellement du contrat soit légalement prise, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.
11. Il ressort des pièces du dossier que le contrat à durée déterminée avait pour objet l'embauche de M. A, au titre d'une vacance temporaire d'emploi. Si le contrat initial du 8 mars 2021 au 30 avril 2021 a été reconduit par un avenant jusqu'au 28 mai 2021, ainsi qu'il a été rappelé ci-dessus, il ressort des pièces du dossier, et notamment des mentions manuscrites de l'évaluation de M. A du 27 avril 2021, que ledit contrat n'avait pas vocation à perdurer. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas davantage allégué que la décision en litige aurait été prise pour un motif étranger à l'intérêt du service. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'erreur de fait, de l'erreur de droit et celui relatif à l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
Sur les conclusions indemnitaires :
12. D'une part, le directeur du centre hospitalier de Gonesse, en prenant la décision attaquée, qui n'est pas entachée d'illégalité, n'a commis aucune faute de nature à engager la responsabilité de cet établissement. D'autre part, compte tenu de ce qui a été dit au point 5, la décision en litige ne valant pas licenciement, le requérant ne peut prétendre au versement ni de l'indemnité de licenciement, ni des indemnités compensatrices de préavis et de congés annuels au motif qu'il a été mis fin de manière anticipée à son contrat. Il s'ensuit que M. A n'est pas fondé à demander la condamnation du centre hospitalier de Gonesse.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation et par voie de conséquence aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles à fin indemnitaire de la requête présentée par M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
14. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Gonesse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement à M. A de la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme demandée par le centre hospitalier de Gonesse sur le fondement des mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Gonesse sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier de Gonesse.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
M. Jacquelin, premier conseiller ;
Mme Debourg, conseillère ;
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
G. Jacquelin
La présidente,
signé
H. Le Griel
La greffière,
signé
E. Pradel
La République mande et ordonne au Ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2112764
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026